#Le brief du 09 mars 2026

Oracle prévoit de supprimer des milliers d’emplois pour financer ses datacenters

Le 09 mars 2026 à 13h59

Oracle envisagerait de licencier des milliers de personnes pour financer son expansion dans l’intelligence artificielle, rapporte Bloomberg, dans toutes ses branches. L’entreprise a déjà annoncé en interne qu’elle étudierait toutes les offres ouvertes dans son département cloud, ralentissant voire stoppant tout processus de recrutement.

L’information vient confirmer un rapport de la banque d’investissement TD Cowen obtenu fin janvier par le média CIO, et dans lequel Oracle chiffrait à 20 000 ou 30 000 le nombre d’emplois à supprimer pour dégager de 8 milliards à 10 milliards de dollars de trésorerie. En mai 2025, ses effectifs mondiaux s’élevaient à 162 000 personnes.

L’entreprise envisagerait par ailleurs de se séparer de Cerner, fournisseur de systèmes d’information spécialisés dans la santé dont l’entreprise avait fait l’acquisition en 2022 pour 28,3 milliards de dollars.

Alors que l’action de la société tutoyait des sommets en septembre 2025, ce qui ne l’empêchait pas, déjà, de tailler dans ses effectifs, elle est aujourd’hui revenue peu ou prou à son niveau de mars 2025.

Dans le cas présent, les différentes pistes sont envisagées alors que diverses banques états-uniennes ont pris leur distance avec certains projets de financement de centres de données portés par le géant du cloud et de la gestion de bases de données.

Au total, d’après TD Bowen, l’entreprise fondée par Larry Ellison aurait besoin de 156 milliards de dollars d’investissements pour mener à bien ses différents projets d’infrastructure. Or, à mesure que les banques se sont faites hésitantes, les prêteurs ont quasiment doublé les primes d’intérêt proposées à Oracle depuis septembre, ce qui leur fait atteindre aujourd’hui un niveau habituellement réservé aux sociétés non cotées.

Entre autres stratégies pour faire face à ces coûts, l’entreprise a notamment commencé à demander 40 % d’acompte à ses nouveaux clients pour que ces derniers participent au financement de l’infrastructure, elle a levé 58 milliards de dollars sur le marché obligataire, et explore désormais des accords dits BYOC (Bring your own chip, apportez vos propres puces). Ceux-ci impliqueraient que les clients apportent leur propre hardware, ce qui allégerait d’autant les comptes d’Oracle.

Le 09 mars 2026 à 13h59

Ce que GPT-4o dit de l’attachement émotionnel à l’IA

Le 09 mars 2026 à 11h55

S’il a été controversé, le modèle GPT-4o de l’application ChatGPT a aussi ses fervents défenseurs. Lancé en mai 2024, ce modèle était aussi apprécié que critiqué pour ses capacités de simulation de l’empathie.

Si GPT-4o a valu à OpenAI des poursuites en justice au motif que la machine aurait encouragé des usagers au suicide, elle a aussi été si plébiscitée que, lorsqu’OpenAI a fait le choix de débrancher le modèle, à l’été 2025 d’abord, puis définitivement le 13 février 2026, l’entreprise s’est retrouvée confrontée à une levée de boucliers.

Pour la chercheuse Mai Huiqian Lai, interrogée par Libération, on peut même parler « d’un mouvement de résistance », incarné par exemple dans des pétitions ou d’intenses échanges sur le subreddit r/MyBoyfriendIsAI.

En février 2026, 0,1 % des utilisateurs recouraient à l’option payante de GPT-4o, indique OpenAI. Pour une société en recherche de modèle économique, c’est loin d’être suffisant, mais rapporté aux 900 millions d’utilisateurs de ChatGPT, cela revient tout de même à quelques centaines de milliers d’internautes.

Pour ressusciter GPT-4o – et quelquefois, pour protester contre les récents contrats d’OpenAI avec l’armée américaine, par exemple dans le cadre d’appels au boycott comme QuitGPT –, certains clonent les conversations et la relation entretenue avec la machine sur des services payants, nommés 4o-Revival ou just4o.chat.

OpenAI, de son côté, a promis de lancer un ChatGPT « adulte », mais la réponse ne satisfait pas Mai Huiquian Lai. Autrice d’un article intitulé « « S’il vous plaît, ne tuez pas le seul modèle qui donne une impression d’humanité » : Comprendre le backlash #Keep4o », la chercheuse regrette auprès de Libération que là où des internautes demandent « la reconnaissance de leurs besoins de connexion existentielle », OpenAI ne réponde que par de la pornographie.

Et d’appeler à obliger les constructeurs de robots conversationnels à respecter les usagers et l’intimité que ces derniers créent avec des machines. Après tout, celle-ci découle directement de la manière dont les robots conversationnels sont conçus.

Mai Huiquian Lai estime donc qu’il faudrait créer des régulations qui prennent en compte les préjudices « relationnels et émotionnels » créés par la suppression brutale de machines qui avaient initialement été fabriquées pour susciter l’attachement.

Le 09 mars 2026 à 11h55

Emma, 21 ans, passe de 7 à 11 h devant ses écrans, par jour (mais pas pour travailler)

Le 09 mars 2026 à 10h47

« Mon temps d’écran est énorme, j’en ai bien conscience », raconte Emma à « Tant d’écran », la chronique du Point qui analyse le rapport des Français à leurs téléphones. Cette étudiante de 21 ans passe en effet et en moyenne 7h19 chaque jour devant ses écrans, et parfois plus de 11 heures le week-end : « Il y a eu les bébés Covid. Moi, je fais partie de la génération des ados Covid », résume-t-elle.

Emma reçoit plus de 219 notifications chaque jour sur son smartphone, la conduisant à scroller 3 heures sur TikTok, un peu moins d’une sur WhatsApp, une autre sur Netflix et dans ses notes, une demi-heure sur Safari, et une autre à envoyer des messages, moins de 25 minutes sur Instagram.

« Je me rends bien compte que j’ai un temps d’attention réduit », reconnaît-elle : « J’ai énormément de mal avec le long, que ce soit les vidéos YouTube qui excèdent 50 minutes, ou les épisodes de Bridgerton sur Netflix qui durent plus d’une heure chacun ! »

Un déficit d’attention qu’elle éprouve aussi avec les podcasts, et même avec TikTok : « Quand je vois qu’une vidéo dure plus d’une minute trente, je scrolle, je sais que je ne la terminerai pas, ou en accéléré ! Quand je regarde un film ou une série et qu’une scène m’ennuie, je la saute en avançant de dix secondes. »

« Je passe ma vie dessus et je ne me sens pas coupable », tempère la jeune femme : « Si c’est ce qui me fait plaisir après une longue journée, pourquoi me restreindre ? D’autant plus que j’ai vraiment le sentiment d’être en contrôle : c’est moi qui choisis quand je reste sur une vidéo ou quand je passe à une autre, combien de temps je lui accorde, quel intérêt je trouve… Même si j’ai bien conscience que mon algorithme m’a très bien cernée ! »

À la journaliste qui lui demande si elle a déjà essayé de réduire son temps d’écran, Emma répond qu’ « il arrive que je passe des journées sans mon téléphone, pour me prouver que je peux y arriver. Si je trouve de quoi m’occuper, ça ne me pose aucun souci ! » :

« Ma mère pense que je passe trop de temps sur mon téléphone, mais elle est elle-même les yeux rivés sur son ordinateur à longueur de journée, je ne sais pas si c’est beaucoup mieux ! Mes amis ont à peu près la même consommation que moi, donc il n’y a pas de jugement sur ce point-là. »

Interrogée sur ce qui lui manquerait le plus si elle perdait son téléphone, Emma estime que « ce qui peut me manquer plus que TikTok, ce sont tous mes mots de passe, qui y sont déjà pré-enregistrés : si je le perds, je serais bien incapable de les retrouver ».

Le 09 mars 2026 à 10h47

Projet Helix : la console Next Gen de Microsoft, compatible avec les jeux Xbox et PC

Le 09 mars 2026 à 08h18

Fin février, la division Xbox de Microsoft vivait un important séisme : Phil Spencer (38 ans d’ancienneté, présent pour le lancement de toutes les consoles) était remplacé par Asha Sharma. Elle est désormais CEO de Microsoft Gaming, alors qu’elle s’occupait depuis deux ans de la branche produit de Microsoft CoreAI.

Sur X, elle a publié un message annonçant le « projet Helix, nom de code de notre console de nouvelle génération ». Son message est relativement court, sans aucun détail. Elle précise simplement que « project Helix offrira des performances exceptionnelles et sera compatible avec vos jeux Xbox et PC ».

Elle donne rendez-vous aux « partenaires et studios » à la GDC (Game Developers Conference) qui se tient cette semaine, au Moscone Center de San Francisco. Un rendez-vous important de la communauté où elle devra prendre ses marques et s’imposer alors que le « fantôme » de Phil Spencer (qui a écumé les GDC pendant des années) sera certainement présent.

Lors de la présentation des résultats financiers au début du mois, la CEO d’AMD, Lisa Su, expliquait que « le développement de la Xbox de nouvelle génération, équipée d’un SoC semi-personnalisé AMD, progresse bien pour épauler un lancement 2027 », rapporte The Verge. AMD ne dit pas que Microsoft lancera sa console en 2027, mais se tient prêt si besoin.

L’année dernière, le compte officiel Xbox annonçait sur X « construire la prochaine génération d’appareils et de services cloud Xbox, y compris nos futures consoles Xbox, en collaboration avec AMD ». Asha Sharma a donné le coup d’envoi de la guerre des consoles « next gen », à voir maintenant ce qui va en sortir durant la GDC, et notamment si Sony va entrer dans la partie avec la PlayStation 6.

Le 09 mars 2026 à 08h18