Cybersécurité : Éléna Poincet, cofondatrice et ex-PDG de Tehtris, est limogée
Le 02 octobre 2025 à 11h35
3 min
Économie
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C’est via un communiqué de presse des plus succincts que l’annonce a été faite : « Tehtris, éditeur européen et pionnier de l’automatisation de la cybersécurité, annonce aujourd’hui une évolution de sa gouvernance »… et pas un petit changement.
Éléna Poincet, cofondatrice et ancienne présidente-directrice générale, quitte ses fonctions sur le champ. « Le conseil d’administration et les actionnaires la remercient pour son rôle décisif dans la création et le développement » de l’entreprise, précise quand même le communiqué.
Elle est remplacée par deux personnes, un changement de gouvernance qui n’est pas sans rappeler celui d’Orange après le départ de Stéphane Richard en 2022. Richard Vacher Detournière (administrateur indépendant depuis près de trois ans) devient ainsi président exécutif (le « P » de l’ancien poste de PDG). De son côté, Jean-Philippe Lion est directeur général (le « DG » dans PDG) en charge de superviser l’ensemble des opérations.
Dans une interview dans Welcome to the Jungle, Éléna Poincet revenait sur son parcours, notamment d’agent des renseignements français. Elle était en effet « militaire dans les troupes d’élite pendant 12 ans, puis agente pour la DGSE durant 14 ans ». « J’ai décidé d’arrêter en 2009 lorsque j’ai rencontré Laurent Oudot en mission, avec qui j’ai ensuite fondé Tehtris. Il était aussi à la DGSE. Ça a été un coup de foudre professionnel et sentimental », explique-t-elle.
Si la mention d’Éléna Poincet a purement et simplement disparu de la page du Comex de l’entreprise, Laurent Oudot (l’autre cofondateur) est toujours présent au poste de Chief Technology Officer (CTO, directeur technique). La page a été mise à jour un peu rapidement puisqu’on peut toujours lire que le directeur financier « travaille en étroite collaboration avec les Co-fondateurs », mais il n’y en a plus qu’un dans l’entreprise.
Il y a toujours six personnes au Comex, mais comme Élena Poincet est remplacée par deux personnes, cela signifie qu’il y a un autre départ. Et effectivement, Megs Suratkal (Chief Customer Experience Officer) n’est plus présent.
Avant/après du Comex de Tehtris :


Il y a quelques jours, La Tribune expliquait que Tehtris était « dans le creux de la vague » et que l’entreprise était « contrainte de licencier pour se donner du temps ». De 260 employés, elle est passée à environ 150 salariés en 2025 et « a été contrainte par ses actionnaires de déclencher un plan de sauvegarde de l'emploi ».
Dans un nouvel article, nos confrères précisent que « Tehtris vient de faire homologuer un plan de suppression de 43 postes, soit environ 25 % de l’effectif ». L’ex-PDG est de son côté « poussée vers la sortie ». Entre 2020 et 2022, l’entreprise avait pour rappel levé 64 millions d’euros auprès de plusieurs acteurs.
D’après Les Echos, « ce sont justement les actionnaires, notamment Tikehau Ace Capital et Jolt Capital Partners qui ont sifflé la fin de la partie ». Selon nos confrères, le nouveau président Richard Vacher Detournière n’est pas tendre avec l’ex-PDG : « L'entreprise a connu un fort développement, négligeant peut-être de construire des bases solides ». La nouvelle direction de l’entreprise promet « un mode de management différent ».
Le 02 octobre 2025 à 11h35
Commentaires (15)
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Abonnez-vousLe 02/10/2025 à 11h49
Modifié le 02/10/2025 à 13h11
Il existe des actions qui ne donnent pas de droit de vote.
L'inverse est aussi possible:
Jean-Luc Lagardère, avec seulement 5% du capital de sa société MATRA, était quand même majoritaire en terme de droit de vote au comité de direction, mais - il y a toujours un mais - pour cela MATRA était une structure de société en commandite, cad que Jean-Luc Lagardère était personnellement redevable sur ses biens et sa fortune personnels des pertes de sa société. En cas de faillite de MATRA, il aurait été totalement ruiné.
C'est en fait un sujet très complexe... bien pour cela que les avocats d'affaires sont si grassement rémunérés.
Le 02/10/2025 à 13h34
A plus petite échelle j'ai eu un copain dans la restauration: pâtissier de son état il faisait des trucs à livrer (gâteau sans gluten, des trucs un peu niche). Le jour où il a été malade il a été bien obligé de filer son livre de recettes à son associée (qui faisait la vente la pub et tout le reste) pour qu'elle trouve qqun en remplacement. Résultat il s'est fait virer de sa propre boite (il avait perdu ce qu'il avait d'exclusif, son livre de recettes) par son associée. Elle a bien du racheter sa part, mais ça fait un drama genre divorce.
Le 02/10/2025 à 13h45
Le 02/10/2025 à 16h17
Ensuite pour répondre aux autres commentaires, Même lors de la dernière levée de fonds, elle et son cofondateur (et compagnon si j'ai bien compris ce qu'elle a dit dans un article : elle parlait de rencontre professionnelle et sentimentale) avaient toujours le contrôle.
Par contre, quand ta société ne va pas bien et a encore besoin de fonds comme a l'air de dire @AlexandreLaurent , la majorité (qui devait être faible après 2 grosses augmentations de capital) ne suffit pas pour décider : ceux qui vont remettre au pot deviennent décideurs avant de devenir majoritaires.
Le 02/10/2025 à 13h52
Le 02/10/2025 à 13h40
Le fait qu'elle detienne un nombre important d'actions ni change rien, tout le temps qu'elle ne détient pas plus de 50% des droits de vote (seuil pouvant être definit à une valeur différente dans les status, pour certains sujets), ou bien qu'elle n'arrive pas à rallier suffisamment d'actionnaires pour constituer une majorité lors du vote.
Après une, ou plusieurs levées de fonds, il est rare que les fondateurs détiennent individuellement la majorité des droits de vote.
De plus, lors d'une levée de fonds, les status de la société sont souvent révisés afin de protéger les intérêts des investisseurs. Sur certaines natures de décisions, ou seuils financiers, les fondateurs ou actionnaires historiques peuvent alors se retrouver avec moins de poids sur certaines décisions lors des votes, ou se voir opposer un véto.
Modifié le 02/10/2025 à 14h02
J'avais écrit un peu près la même chose aussi, mais toi, c'est beaucoup beaucoup mieux rédigé et écrit que mon commentaire à moi.
Le 02/10/2025 à 14h34
C'est assez rare qu'il y ai de grosses dissensions entre les actionnaires et les investisseurs préfèrent investir dans des entreprises ou des structures avec des actionnaires qui leur ressemblent. C'est d'ailleurs pour cela que cela fait tout un foin dés qu'un nouvel actionnaire veut modifier les équilibres, on parle alors d'actionnaire activiste.
On ne connaîtra jamais le montage, mais à chaque levée de fond, la part des fondateurs est diluée. Il n'est absolument pas dit qu'elle ai encore une part significative des droits de vote. Tant bien même, elle peut se dire que mieux vaut passer la main afin de préserver la valorisation de ses parts.
Le 02/10/2025 à 13h38
Ca manque un peu de concret. Que leur reprochait-on ? De refuser de filer un rendement à deux chiffres aux actionnaires ? :)
Le 02/10/2025 à 13h52
Le 02/10/2025 à 14h18
L'histoire du mode de management est apparemment liée à des tensions RH internes (dont parle la Tribune) qui contribueraient à un turn over important.
Le 02/10/2025 à 14h42
Le 02/10/2025 à 14h46
Le 02/10/2025 à 16h54
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