Connexion Premium

Google DeepMind s’attaque à EVE Online

Après le Go, les échecs et même StarCraft, DeepMind veut devenir maître d’un autre jeu, mais cette fois, ce sera autrement plus ardu : le laboratoire IA de Google s’attaque en effet au monument EVE Online

Google DeepMind va jouer à EVE Online. Le MMORPG, lancé en 2003 et toujours bon pied bon œil, est un jeu bien particulier. Il permet à des milliers de joueurs d’évoluer dans une galaxie persistante, New Eden, sur un seul et même serveur mondial. L’économie est entièrement gérée par les joueurs, qu’il s’agisse du commerce et des ressources, tandis que les corporations se font et se défont au rythme des alliances de circonstance et des trahisons… 

EVE Online offre un terrain de jeu potentiellement très fructueux pour le labo d’IA de Google, qui a déjà démontré ses capacités dans d’autres domaines, aux échecs ou au go bien sûr, mais aussi dans des jeux vidéo comme ceux d’Atari ou StarCraft IIEVE Online reste néanmoins un très gros morceau. Comme dans notre monde, New Eden est régulièrement secouée par des guerres, des campagnes d’influence, de l’espionnage industriel, de la manipulation de marché, de la propagande. 

Les chercheurs IA et en sciences sociales s’intéressent à ce jeu plus particulièrement, car il produit des comportements émergents très riches où les joueurs sont amenés à coopérer, à créer des cartels, à spéculer, à s’organiser et même à développer des doctrines militaires et politiques. Ces interactions sociales complexes sont un terreau fertile : « C’est une simulation unique en son genre pour tester une intelligence artificielle généraliste dans un bac à sable sécurisé », explique Alexandre Moufarek, directeur de Google DeepMind.

Cette phase initiale de recherche se déroulera dans des environnements contrôlés et hors ligne d’EVE Online. « Cela ouvre la porte à des travaux qui correspondent parfaitement à l’esprit d’EVE : des problèmes complexes, des horizons à long terme, des possibilités étranges, et des personnes prêtes à explorer ce qui vient ensuite », se réjouit Hilmar Veigar Pétursson, directeur général de Fenris Creations, l’opérateur islandais du jeu.

La portée et la nature des travaux de DeepMind dans EVE Online sont encore assez floues, mais on en saura plus à l’occasion de la Fanfest la semaine prochaine. Une rencontre est prévue avec Adrian Bolton, un des fondateurs du laboratoire.

Ce partenariat intervient à un moment bien particulier dans l’histoire de EVE Online. Depuis 2018, le jeu était opéré par Pearl Abyss, un éditeur coréen qui vient de publier le hit Crimson Desert. L’entreprise a cédé à Hilmar Veigar Pétursson CCP Games, le studio à l’origine du jeu, rebaptisé Fenris Creations. Le tout contre un chèque de 120 millions de dollars, soit bien moins que les 225 millions de l’acquisition de CCP.

La somme comprend en outre 20 millions en crypto, en l’occurrence des tokens du jeu EVE Frontier qui doit toujours faire ses preuves. CCP/Fenris et Pearl Abyss semblent toujours croire dans cette monnaie virtuelle adossée à une blockchain. Malgré cette tambouille, Fenris se porte bien : non seulement Google DeepMind a pris une petite participation au capital du studio (de l’ordre de quelques millions de dollars), mais encore les résultats enregistrés fin 2025 ont été les plus solides de ces dernières années.

Commentaires (9)

votre avatar
Très curieux du résultat ! Ayant pratiqué EVE pendant de longues années, il y a en effet du boulot :)
J'imagine bien le pauvre vaisseau DeepMind se faire gangbang par quelques joueurs béliqueux :D
votre avatar
Je ne connais pas le jeu, mais si ça marche est-ce que ça ne risque pas de foutre en l'air le plaisir de jouer, avec des IA qui écrasent tout le monde ?
votre avatar
C'est pour ça que les tests se feront dans des "environnements contrôlés et hors ligne d’EVE Online". Et le but est aussi d'avoir un retour d'expérience comme à l'époque avec StarCraft II. Je ne crois à un objectif d'intégrer à terme un joueur en ligne 100% IA. Ca serait considéré comme de la triche et je suis sûr que les conditions d'utilisation d'EVE interdit l'usage de bot.
votre avatar
Pour avoir passer de trop nombreuses années sur ce jeu, je trouve ultra intéressant pour le test des AGI, car le jeu peux se décomposer en 3 grande phase d'apprentissage: le jeu en 3D avec la gestion de l'équipement et les manœuvre dans l'espace (safe zone), puis le passage en mid zone avec le minage, le convoyage de bien entre les secteurs, la gestion de petite faction pour avoir des passe-droit et enfin le null-sec avec les corporations :)
votre avatar
La naissance d'une IA capable de faire de la politique, ça sent (très) mauvais...
votre avatar
Il y a déjà un peu ça pour le jeu "Diplomacy", un jeu sur table à la base avec des versions PC. Next en avait parlé il me semble.
votre avatar
"Shall we play a game ?"

youtube.com YouTube
votre avatar
Et après, le Jihad butlérien dans EVE Online ? :transpi:
votre avatar
Mouais... Ayant gagné à EVE après 15 ans de jeu, je vois mal une IA capable de suivre une fleet de Goons et encore plus en vocal. Son action sera donc limitée à la vie PVE en Empire, ce qui sera déjà pas mal. Peut-être du PVP low-sec à l'extrème-limite mais j'ai un gros doute là-dessus.

Pour autant j'aurai voulu voir ça AVANT l'arrivée des Skill Injectors, qui selon moi ont tué le jeu... Car l'IA va pouvoir atteindre un niveau d'efficacité élevé par ce biais ceci d'autant qu'elle n'a pas la contrainte de dormir ou gagner sa vie, alors qu'à "l'ancienne" il lui aurait fallu patienter des mois et faire avec ce qu'elle a.