Il y a 40 ans, Arpanet sortait du contrôle militaire

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Vincent Hermann

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Internet

09/10/2023 6 minutes
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Il y a 40 ans, Arpanet sortait du contrôle militaire

Il y a quelques jours, on a fêté les 40 ans de la division d’Arpanet, créant les deux premiers systèmes autonomes (AS). Cette scission ne vous dit peut-être rien, mais il s’agissait alors de séparer les activités militaires du reste. C’est ce « reste » qui a donné naissance à l’internet que l’on connait. Retour sur une étape marquante.

Si vous ne le savez pas, l’origine d’internet est militaire. Il s’agissait initialement d’un projet commandé par l’US Air Force à la DARPA. Cette dernière est une agence du département américain de la Défense, créée en 1958 pour faire de la recherche et développement sur de nouvelles technologies à application militaire.

Sa première grosse mission lui est confiée par l’US Air Force en 1961 : développer un programme pour gérer le commandement des bombardements stratégiques, ce qui impliquait des liaisons entre plusieurs centres. Pour ce faire, l’armée confie à l’agence l’AN/FSQ-32, énorme ordinateur qu’IBM a produit pour les besoins du Strategic Air Command. Joseph Carl Robnett Licklider, qui avait déjà travaillé avec l’US Air Force sur un programme capable d’envoyer des données via les lignes téléphoniques, est placé à la tête du projet. Il embauche Fred Frick, qu’il connait, pour le seconder.

C’est un point important du développement qui va conduire à internet : si le projet est une commande de l’armée, les deux hommes qui le pilotent initialement sont des universitaires, ce qui va profondément teinter la suite des travaux.

Les ordinateurs étant à l’époque extrêmement chers, Licklider et Frick militent pour que leur puissance soit partagée entre les entités qui pourraient en avoir besoin : agences fédérales, chercheurs, universités, entreprises, etc. En 1962, ils commencent alors à travailler sur une utilisation généralisée du concept de temps partagé, avec un réseau qui serait capable de relier les ordinateurs aux centres de recherche qui en auraient besoin.

Interconnexions, nœuds et routeurs

Le projet va changer de mains plusieurs fois dans les années suivantes, mais l’idée centrale reste. En 1964, le bureau de contrôle et commande devient l’IPTO (Information Processing Techniques Office), avec à sa tête le mathématicien et psychologue Robert Taylor. Deux ans plus tard, l’IPTO reçoit un budget d’un million de dollars pour créer officiellement un réseau informatique reliant les universités en contrat avec la DARPA. Plusieurs personnes sont alors recrutées, dont Lawrence Roberts et Wesley Clark.

C’est ce dernier qui, en 1968, propose d’utiliser un ordinateur à chaque nœud du réseau, plutôt que tout centraliser. Cet ordinateur sera spécifiquement développé (sur la base d’un Honeywell 516) pour cette tâche. Nommé Interface Message Processor (IMP), il est l’ancêtre du routeur.

Arpanet est fonctionnel en septembre 1969, les deux premiers nœuds du réseau étant alors l’université de Californie à Los Angeles et l’institut de recherche à Stanford. Ils sont rejoints rapidement par les universités de Californie à Santa Barbara et de l’Utah. En 1971, on compte 23 nœuds. Six ans plus tard, ils sont 111. Surtout, Arpanet montre la viabilité d’un réseau décentralisé. Les IMP font leur travail, et la panne d’un équipement n’empêche pas le reste de fonctionner.

Arrivée du TCP/IP et séparation

C’est durant cette période de développement, qu'en 1974 TCP/IP est officiellement créé. Son arrivée marque un changement majeur.

À cette époque, Bob Kahn travaillait déjà à la DARPA. Une mission lui avait été confiée :  parvenir à une commutation des paquets, mais cette fois par la radio. Sur Arpanet, le protocole utilisé était le NCP (Network Control Protocol). Il était cependant impossible de reprendre ce dernier, car il exigeait la présence des IMP pour fonctionner. TCP/IP a été ainsi conçu, avec l’aide de Vinton Cerf, pour supplanter NCP et constituer une suite de protocoles capable d’uniformiser les communications sur le réseau. Ce fut un succès : il est toujours utilisé aujourd’hui.

Les deux grands actes de création de ce qui allait devenir internet ont lieu en 1983. En janvier, Arpanet bascule intégralement sur TCP/IP. Comme l’indique l’un des ingénieurs sur place, Peter Sevcik, ce changement est souvent considéré comme la naissance officielle d’internet.

« Cependant, TCP/IP ne séparait pas le trafic militaire, universitaire, de recherche et commercial. Toutes ces communautés fonctionnaient encore sur le même réseau physique et logique. Les militaires avaient besoin d'un réseau séparé pour leur trafic critique. Par conséquent, la scission du 4 octobre 1983 a séparé les parties DoD et non DoD pour former le MILNET et un Arpanet beaucoup plus petit », raconte Sevcik.

Arpanet scission internet darpa sevcik

Pour réaliser cette opération, un script est minutieusement préparé. Le 4 octobre 1983, il y a 40 ans, le colonel Heidi Heiden lance la commande sur un terminal du centre d’exploitation d’Arpanet à Cambridge (Massachusetts). Il ne faut que quelques minutes pour que la séparation soit faite. L’armée a alors son propre réseau, le MILNET, et va développer des technologiques spécifiques, tandis que le petit reste, toujours nommé Arpanet, est confié au monde civil. Il s’agit alors des deux premiers systèmes autonomes (ou AS).

Dans son billet, Sevcik pointe deux conséquences importantes. La première est l’uniformisation des échanges de données au sein de l’armée, puisque l’on comptait à ce moment plus de 800 petits réseaux indépendants et utilisant tous leurs propres protocoles, incompatibles. La seconde est la libération d’Arpanet du contrôle militaire. La communauté universitaire crée alors en 1985 le National Science Foundation Network (NSFNET), qui finit par remplacer l’Arpanet.

Le terme « internet » est cependant utilisé officiellement dès 1983, l’année de la bascule vers TCP/IP et de la scission. Bob Kahn l’employait dès 1972 dans sa documentation, mais on ne sait pas s'il est l'auteur du terme lui-même. S'il est resté et a pris de l’ampleur, c’est parce qu’il était explicite et exprimait bien l'idée de ce qu'était devenu Arpanet : un réseau interconnectant d’autres réseaux, décentralisé et commutant les paquets pour acheminer les données.

Écrit par Vincent Hermann

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Introduction

Interconnexions, nœuds et routeurs

Arrivée du TCP/IP et séparation

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Commentaires (24)


Très intéressant, je ne savais pas qu’il y avait eu un protocole NCP ^^



C’est fou comme une invention “anodine” peut modifier toute l’humanité.


Et depuis sont arrivés FB, TT et compagnie.
:eeek2:


C’est toujours personnellement dérangeant de dire que c’est l’armée qui amène le progrès. J’aimerais tellement un monde où le progrès provient de la société civile pour le bien de l’humanité.



Il faut croire que ça en dit long sur nos gouvernements.


On a eut notre moment recherche et recherche fondamentale qui a amené pleins de trucs aussi et dans pleins de domaines. Perso. ce qui me pose problème, c’est la militarisation et/ou la politisation de la recherche ou des découvertes qui en découle.



swiper a dit:


C’est toujours personnellement dérangeant de dire que c’est l’armée qui amène le progrès. J’aimerais tellement un monde où le progrès provient de la société civile pour le bien de l’humanité.



Il faut croire que ça en dit long sur nos gouvernements.




Pas mal de recherches militaires ont débouché sur des applications civiles… Par exemple les ICBM (missiles balistiques intercontinentaux) ont permis le développement des lanceurs spatiaux (même techno, d’ailleurs le père de la fusée lunaire Saturn V est aussi le père des V2 allemands, Wernher von Braun).



Pour cette raison aussi qu’à chaque fois que la Corée du Nord essaye (oui essaye) de lancer un satellite, fut-il espion, c’est pas pour le satellite que la communauté internationale râle, c’est pour le lanceur qui pourrait servir de missile très longue portée…



Bref… Pour toute invention, il y a presque souvent un côté obscur qui sera exploité par le génie humain (voir la révolution de l’IA et le début des dérives.)
Pity …


Marrant la phrase :
Le terme « internet » est cependant utilisé officiellement dès 1983, l’année de la bascule vers TCP/IP et de la scission.
Évidemment, puisque pour rappel, IP = Internet Protocol. Je dirais même, sans prendre de risque, que c’était utilisé au moins depuis septembre 1981 et la RFC 791 !


Oui mais si l’armée cherchait avant tout un réseau décentralisé, la société civile n’en a que faire. Il suffit de regarder, depuis son avènement, on ne fait que centraliser de plus en plus … avant chaque ordinateur était un noeud du réseau. Maintenant les ordinateurs sont des interfaces de consultation de services centralisés. Enlève google (et gcp), aws, azure et cloudflare et plus rien ne fonctionne.



Rien que les emails c’est flagrant. Le user@server c’était au début le mail local sur chaque ordinateur (le @server c’était le nom de ta machine). Puis c’est devenu le @server du réseau. Puis le @server du FAI. Puis le @server de google.



swiper a dit:


C’est toujours personnellement dérangeant de dire que c’est l’armée qui amène le progrès.




L’armée a de l’argent pour mener ses recherches. Logique que le progrès soit issu de là où il y a de l’argent.


Mais l’argent vient bien du civil, non ? Donc c’est l’état qui décide de mettre ses billes dans la recherche militaire, il me semble.



eglyn a dit:


Très intéressant, je ne savais pas qu’il y avait eu un protocole NCP ^^



C’est fou comme une invention “anodine” peut modifier toute l’humanité.




Et l’humanité inventa NextInpact 😀



Gu0sur20 a dit:


Et l’humanité inventa NextInpact 😀




Je ne connaissais pas la filiation entre l’humanité et NXI… :mad2:



Pas taper, je sors ——————->


Je serais curieux de voir des log de “conversations” de l’époque. Je suis sûr que c’était poli, scientifique et mesuré, très technique… un peu comme la CB à ses débuts !



Je ne sais pas si certains d’entre vous se rappellent la grande époque de la CB, mais à l’époque on y avait des conversations absolument passionnantes, sur les antennes, la portée des ondes radio, sur l’électronique en général…



…avant que les pichous du quartier ne s’en emparent pour draguer, ou pour provoquer des bagarres entre bandes de nazes ! Dans les années 80, c’était devenu très exactement l’ancêtre de facebook !



…Et puis à un moment j’ai découvert la BLU (Bande Latérale Unique) : c’était génial ! :yaisse: Grâce à mon meilleur pote - geek lui aussi - qui était équipé d’une excellente antenne mobile + un ampli HF, j’ai pu discuter avec des gens de l’autre bout du monde, bien sûr tout dépendait des conditions météo et autres (c’est là que j’ai appris le rôle perturbateur des éruptions solaires…)…



Imaginez le truc : vous répétez inlassablement votre annonce (une série de codes pour annoncer - entre autres l’endroit d’où vous appelez (pour nous c’était : “QTH south of France”, suivi du nom de la ville, lattitude + longitude, et éventuellement, si je m’en rappelait, d’un code pour le pays) )…. et tout d’un coup… quelqu’un à l’autre bout de la planète vous capte et vous réponds !



Je sais que ça a l’air bête vu d’internet, mais a l’époque, c’était considéré un peu comme un exploit, vu la nature infiniment variable de l’émission et de la réception BLU, je veux dire par là qu’arriver à accrocher quelqu’un sur cette bande très spéciale relève du hasard le plus total : à moins d’être un techno de haut vol, tu ne peux absolument pas prédire sur qui - ou quoi - tu vas tomber, ni même si tu vas tomber sur quelqu’un - il arrivait souvent que l’on rentre bredouille d’une “séance de BLU”… et d’autres fois, que l’on croise plusieurs communications qui s’entrecroisent, dans lesquelles on ne peut pas intervenir, vu que les personnes ne nous captent pas…



Mais les jours “fastes”, j’ai eu comme ça des conversations absolument passionnantes - en anglais - avec de parfaits étrangers, suivi d’un échange de carte postale pour confirmer l’heure, la date et les conditions de la communication (la plupart du temps, au dos c’était une photo du matos), carte postale qui servait alors de preuve.



Tout ça pour dire : le véritable ancêtre d’internet, c’était les radio-amateurs !



(reply:2157643:DantonQ-Robespierre)




Merci pour ce partage. Je n’ai pas eu la chance de jouer avec les ondes :yes:



(reply:2157648:nextdrOp) C’est vraiment d’excellents souvenirs de dialogues orientés tech ou on ne se préoccupe pas des apparences - vu qu’on ne voit rien - mais où on peut aller au fond des choses, en restant toujours correct et respectueux…




A l’heure actuelle, les rares fous furieux qui restent font surtout de la radio-amateur… numérique ! En effet, d’aucuns ont trouvé le moyen de transmettre des 0 et des 1 sur les ondes - avec des modules externes spécialisés, des antennes hyper-sophistiquées, mais surtout - vu la nature imprévisible des bandes radio utilisées - avec un protocole de correction d’erreurs à l’épreuve des balles !



Perso je suis complètement dépassé, mais c’est juste pour dire que cette vieille idée qu’est la radio-amateur a continué d’évoluer, même si elle n’est plus utilisée depuis des éons pour les secours en mer - sa première application historique, sa raison d’être en quelque sorte !



(reply:2157643:DantonQ-Robespierre)




Passionnant ! Merci pour le témoignage !



(reply:2157643:DantonQ-Robespierre)




Ton retour me fait penser à cette interview de Gaël Musquet dans le cadre de l’émission “Le Code à Changé” (France Inter). Il parle entre autre des radio-amateurs.



Peut être que tu as déjà entendu parler du bonhomme. Je ne le connaissais pas avant cette émission et j’ai trouvé son propos fascinant.



obor2 a dit:


Mais l’argent vient bien du civil, non ? Donc c’est l’état qui décide de mettre ses billes dans la recherche militaire, il me semble.




Oui, mais à partir du moment où l’état met beaucoup d’argent dans les recherches militaires, il n’y a rien d’étonnant à ce que beaucoup de résultats de recherches viennent des militaires.


Oui, mais @swiper émettait des regrets que [c’est l’armée qui amène le progrès. J’aimerais tellement un monde où le progrès provient de la société civile pour le bien de l’humanité.]



Donc, il n’est pas étonné que ce soit le militaire qui apporte les avancées technologiques, juste déçu que ce ne soit pas le civil.



D’où qu’[Il faut croire que ça en dit long sur nos gouvernements.]


Merci pour cet article très détaillé.
j’aimerais bien voir la tête du “script de séparation” de l’époque :-)



Et merci aussi aux impactiens pour le propos sur les radio-amateurs , j’ai trouvé ça aussi intéressant que l’article :-) et j’irais écouter l’épisode du podcast.



Comme quoi la communauté & les commentaires, pour moi, sont vraiment utile et pas uniquement pour des débats ou des digressions sans fin :-)
:inpactitude:



(reply:2157653:DantonQ-Robespierre)




J’ai eu l’occasion en début d’année d’avoir une démonstration de cet “internet des ondes” par un pote radio amateur : bluffant.


Le plus impressionnant, c’est que Vint Cerf est toujours en activité :‘Chief internet evangelist’ ; un titre qui claque. J’avais eu l’occase d’avoir un congrès avec lui ou il présentais son travail actuel: les protocoles de communication dans l’hypothèse de communication interplanétaire (avec notion donc d’interruptions / indisponibilité temporaire et asynronicité des échanges (et anticipation des potentielles réponses)).



swiper a dit:


C’est toujours personnellement dérangeant de dire que c’est l’armée qui amène le progrès. J’aimerais tellement un monde où le progrès provient de la société civile pour le bien de l’humanité.




Concrètement, ce n’est pas l’armée qui produit quoi que ce soit, mais qui a fourni… le financement.
On ne s’intéresse ici au final pas vraiment à ce à quoi ces réseaux servait, mais seulement au fait qu’ils existaient. Donc que ce soit MILNET ou ARPANET : c’est de ce point de vue l’un qui est une réplique de l’autre, interconnecté au départ, puis isolés ensuite : ce qui synthétise que l’idée fonctionne dans un sens ou l’autre.



La création des concepts, leur implémentation, et l’essaimage nécessaire à la réalisation concrète du réseau a été réalisée par des universitaires : c’est donc bien une communauté de chercheurs qui a porté l’innovation.
On remarquera qu’ARPANET a existé à la marge, pour devenir gigantesque. La technique du “pied dans la porte” pour récupérer quelques ressources à la marge, aura accouché d’un géant.
On aura évidemment moins d’informations sur l’évolution de MILNET, mais qui aura en définitive suivi l’évolution de l’autre réseau. C’est là toute l’ironie !




swiper a dit:


Il faut croire que ça en dit long sur nos gouvernements.




Effectivement : quand tu vois l’imbrication du militaire et du civil, même chez nous, cela peut mettre mal à l’aise.
Mais les États ne font qu’au final proliférer le conflit (ou la capacité d’y participer) au nom de la paix.




Est-ce un mal ? Est-ce un bien ? C’est ainsi.



Article très intéressant, merci.



Et commentaires encore plus intéressants. Très chouette récit sur l’activité radio-amateur.



Un coup d’œil dans le rétro pour voir d’où on est parti et quels chemins ont été pris est toujours instructif.



Et quel plaisir de lire une suite de commentaires courtois et argumentés ! ;-)



swiper a dit:


C’est toujours personnellement dérangeant de dire que c’est l’armée qui amène le progrès.




La guerre a toujours amené aussi des progrès techniques ou médicaux. Les guerres napoléoniennes (quoi qu’on en pense c’est pas le sujet) ont fait progresser la médecine de guerre mais pas seulement, par exemple.




J’aimerais tellement un monde où le progrès provient de la société civile pour le bien de l’humanité.




C’est aussi le cas.




Il faut croire que ça en dit long sur nos gouvernements.




Ça ne dit rien du tout sur nos gouvernements, ça n’a pas de rapports avec eux.




(quote:2157614:alex.d.)
L’armée a de l’argent pour mener ses recherches. Logique que le progrès soit issu de là où il y a de l’argent.




L’armée n’est qu’un des éléments qui fait progresser la technique (au sens large), et elle n’est pas la seule à avoir de l’argent.




refuznik a dit:


On a eut notre moment recherche et recherche fondamentale




Notre “moment” ?
Il y a un moment où il n’y avait plus de recherche ?




ce qui me pose problème, c’est la militarisation et/ou la politisation de la recherche ou des découvertes qui en découle.




Ben la recherche de progrès militaire remonte déjà aux grecs, rien de nouveau. Et la recherche civile peut bénéficier au militaire tout comme l’inverse.