Impression 3D : au ministère de la Culture, une charte pour tracer l’ensemble des reproductions

Impression 3D : au ministère de la Culture, une charte pour tracer l’ensemble des reproductions

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Marc Rees

Publié dans

Droit

20/05/2019
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Impression 3D : au ministère de la Culture, une charte pour tracer l’ensemble des reproductions

Au ministère de la Culture, une charte sur l’impression 3D est sur les rotatives. Son objectif ? Faire respecter les droits de propriété intellectuelle, dont le droit d’auteur. Les prestataires seront invités d’ici la fin de l’année à la signer. Next INpact dévoile le document et ses annexes, qui plaident pour un numéro de série sur chaque reproduction. 

L’impression 3D, nouvel Eldorado de la contrefaçon ? Une certitude : le ministère de la Culture entend anticiper ces éventuelles atteintes au Code de la propriété intellectuelle.

Pas plus tard que le 8 janvier 2018, une mission avait ainsi été confiée à Olivier Japiot et Vincent Ploquin-Duchefdelaville au sein du CSPLA (Conseil supérieur de la propriété intellectuelle), organe de conseil gorgé d’une majorité de représentants d’ayants droit. L’objectif ? Rédiger « une charte des bonnes pratiques portant sur l’utilisation des procédés de numérisation et d’impression tridimensionnelles et visant à prévenir les utilisations illicites d’œuvres ».

C'est l'ADAGP, société des auteurs dans les arts graphiques et plastique, qui est à l'origine de cette mission, si on en croit ce bulletin interne, suite à des travaux relatifs à la lutte contre les faux et contrefaçons.

Le document, en phase finale de rédaction, sera diffusé dans quelque temps pour inciter les prestataires du secteur à respecter une série de dispositions légales. L’adhésion à cette charte sera volontaire, mais permettra aux acteurs engagés d’apposer un « label 3D art confiance » (nom encore non définitif). Elle sera proposé pour signature d’ici la fin de l’année.

Que prévoit cette charte ?

Des obligations allégées pour les ayants droit et le marché de l'art...

Plusieurs acteurs sont concernés, mais les obligations varient considérablement selon les personnes impliquées.

Il est demandé par exemple aux sociétés de gestion collective du secteur de la 3D et de l’image de jouer un rôle de conseil (« fournir aux autres signataires de la Charte toute information pertinente sur les règles relatives au droit d’auteur et à la fraude artistique, dans leur domaine d’activité ») ou d’intermédiaire, histoire de mettre les signataires en relation avec des tiers.

Les professionnels du marché de l’art s’engagent aussi à une belle collaboration, à « faire leurs meilleurs efforts pour répondre aux questions des autres signataires relevant du champ de la présente charte ».

Mais en contraste, les prestataires de la numérisation, de la modélisation et de la fabrication 3D ont des obligations nettement plus lourdes. Qu'on en juge. 

Une démarche proactive attendue des prestataires 3D

Selon le résumé dressé par les auteurs de la mission, ils devront « aborder une démarche proactive pour s’assurer que leur client a bien conscience du droit commun qui régit la commande qu’il entend passer, notamment afin de savoir s’il détient les autorisations concernant les œuvres dont il demande la reproduction ».

Ainsi, leur site devra reprendre cette charte sous forme de résumé, qui sera appelé dans chaque bon de commande. Une annexe (en deux versions) est proposée par la mission du CSPLA à cette fin. Au passage, l'une de ces versions indique, sans les nuances de la directive e-commerce, que le prestataire d’impression 3D « est tenu au respect du droit d’auteur, même s’il n’est pas celui qui a décidé de faire la copie ». 

Les clients devront pour leur part certifier « que leur commande respecte les règles en matière de droit d’auteur et de fraude artistique, et en particulier s’il s’agit de la copie d’une oeuvre existante, qu’ils ont obtenu l’autorisation de l’auteur de l’oeuvre ou de son ayant droit pour effectuer une telle copie, qu’elle soit numérique ou physique à moins que l’oeuvre n’appartienne au domaine public ». 

Les intermédiaires devront également demander systématiquement à chaque client « si l’objet dont la reproduction à l’identique est demandée est une oeuvre d’art originale déjà existante ». 

La mention « reproduction » sur chaque fichier, chaque objet

Dans l’objet même ou le fichier de numérisation, une mention « reproduction » sera impérativement insérée, « de telle sorte qu’elle soit clairement visible et indélébile sur l’objet en cas d’impression 3D de celui-ci à partir du fichier, à moins qu’exceptionnellement la configuration, la matière ou la taille de l’objet ne rende cette insertion matériellement impossible ». 

Ces prestataires devront toujours refuser « de fabriquer une copie physique d’un exemplaire numéroté d’une oeuvre lorsque la matière, la finition et le numéro demandés par le client sont destinés à rendre l’apparence de la copie similaire à celle de l’exemplaire numéroté ». Ce qui supposera là aussi un contrôle approfondi sur l’ensemble des contenus à imprimer.

Ce n’est pas fini. Ces acteurs auront à contacter un organisme de gestion collective ou tout autre signataire de la charte « en cas de doute sur la conformité de la commande envisagée par le client aux règles en matière de droit d’auteur et de fraude artistique ». Une bonne idée pour mettre la puce à l’oreille de ces organismes, avant pourquoi pas d'éventuelles actions plus répressives. Le texte envisage plusieurs cas de figure comme la « création d’un moule à partir d’une oeuvre originale, la fabrication d’exemplaires numérotés susceptibles de recevoir la qualification d’originaux au sens de la loi (…), la reproduction à l’identique d’une oeuvre d’art (mêmes dimensions, même apparence) ». 

charte 3D ministère culture
Extrait de la charte, crédits : ministère de la Culture

Un numéro de suivi sur chaque reproduction, visible à l'oeil nu ou par rayon X

La charte plaide aussi pour une profonde traçabilité des œuvres reproduites. Un numéro de suivi devrait être appliqué sur chaque commande et « imprimé directement dans la matière ». Ce numéro pourra être visible à l’œil nu ou bien n’être lisible qu’« avec des outils comme le rayon X ou l’échographie ».

L’idée s’inspire de la législation prévue en matière de galerie d’art, mais aussi d'une proposition du Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui en 2015 plaidait pour un marquage obligatoire des objets imprimés en 3D.

Avec ce numéro, les autorités pourront alors « retrouver l’auteur de la commande en cause » en cas de différend, via un registre où seront enregistrés nom, coordonnées de chaque client, accompagné bien entendu du numéro d’identification. Ce fichier sera « accessible aux personnes autorisées par la loi à constater les infractions au droit d’auteur », dixit la charte, donc à la police, mais aussi aux sociétés de gestion collective puisqu’elles sont chargées de représenter les intérêts de leurs membres. 

Un Comité du Label, sans prestataire technique

Pour contrôler ces labels de confiance, voire décider de leur retrait, un « Comité du Label » sera instauré.

Sa composition n'est pas aussi nuancée que les couleurs d'un arc-en-ciel. Il sera composé d’un représentant de l’ADAGP (et donc une société de gestion collective en matière d’arts graphiques), un représentant du Syndicat Professionnel des experts en oeuvres d’art et objets de collection, un autre représentant du Comité Professionnel des Galeries d’Art (CPGA) et enfin deux personnalités qualifiées.

On retrouvera Olivier Japiot, conseiller d’État et coauteur de cette charte, mais aussi Tristan Azzi, professeur des universités, lequel avait déjà participé à une conférence sur le sujet avec l’inévitable Pr. Pierre Sirinelli, l'une des sources d'inspiration de la toute récente directive sur le droit d'auteur.

On ne trouvera donc aucun membre représentant des industriels ou des prestataires d'impression. 

Le sujet de l’impression 3D soulève d’autres préoccupations. Les attentions des auteurs de la mission se portent sur les services de proximité, ces petites boutiques d’impression 3D qui, fleurissant, pourraient devenir « à échéance de cinq ou dix ans, un vecteur majeur de contrefaçon ».

L'espoir du format .3mf, cher à Microsoft, avec DRM inclus

Pour y remédier, « l’espoir réside dans le fait qu’un consortium d’entreprises, dont Microsoft et Dassault Systèmes, a défini il y a quelques années un format de fichier (.3mf) équivalent au PDF pour le texte, assorti d’un système de protection anticopie ». En contraste à ce consortium, le format .STL en est démuni.

« Olivier Japiot s’étonne du fait que très peu de prestataires 3D utilisent le format .3mf , qui permet pourtant de préciser la couleur, la texture », note le rapport du CSPLA. Ce format serait à ses yeux « beaucoup plus riche ». Il aimerait en conséquence que l’INPI et le ministère de la Culture s’emparent du sujet pour relayer les charmes de ce format verrouillé.

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Écrit par Marc Rees

Tiens, en parlant de ça :

Sommaire de l'article

Introduction

Des obligations allégées pour les ayants droit et le marché de l'art...

Une démarche proactive attendue des prestataires 3D

La mention « reproduction » sur chaque fichier, chaque objet

Un numéro de suivi sur chaque reproduction, visible à l'oeil nu ou par rayon X

Un Comité du Label, sans prestataire technique

L'espoir du format .3mf, cher à Microsoft, avec DRM inclus

Commentaires (53)


Trog Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 22

Et si je fais une impression 3D en chocolat, ça compte ? <img data-src=" />


Trog Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 24

Blague à part, on le sentait venir…


fred42 Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 25

Ils s’attaquent à un vrai problème de copies d’œuvres ou ils jouent juste à se faire peur ?


Le 20/05/2019 à 14h 26

De quelles œuvres parlons nous en fait, dans cette loi ?


Le 20/05/2019 à 14h 27

Quelqu’un pour expliquer si vraiment&nbsp;.3mf&gt;.stl ?


jayr0m Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 31

Dassault Systems… C’est pour ne pas imprimer de Famas qu’ils sont engagés dans la démarche ? :p


Le 20/05/2019 à 14h 34

Dites .. j’ai une question. J’ai sur mon bureau au boulot plusieurs objets fait par mon pére avec une imprimante 3D :



* un porte crayon

* Un casse tête (En fait c’est 2 casse tête en un mais bon&nbsp; …)



J’ai la certitude qu’ils sont uniques en leur genre. Je risque quoi avec leur anneries ? <img data-src=" />


Chaft52 Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 37

Rien ça ne concerne à prioris que les prestataire qui t’imprime par exemple un fichier stl que tu leur aurais fournit.


Le 20/05/2019 à 14h 38

Le FAMAS (Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Arme de Saint Etienne) c’est Manufrance, pas Dassault.


tpeg5stan Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 44

Euh attention, si vous faites allusion à l’impression 3D d’armes, c’est bien souvent le droit des brevets qui s’applique et non le droit d’auteur. Je pense assez clairement que le ministère de la culture ne souhaite absolument pas s’occuper des armes, qui relèvent d’un tout autre domaine.


MarcRees Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 48







CryoGen a écrit :



De quelles œuvres parlons nous en fait, dans cette loi ?





Si tu imprimes 3Dement une sphère, pas de question de propriété intellectuelle.

Si tu imprimes un Donald (le personnage de Disney, pas l’autre), cela en soulève.&nbsp;



Le 20/05/2019 à 14h 53

Quand tu dis “tu” imprimes… C’est dans le confort de ta maison et de ton intimité ? Ou comme l’a souligné quelqu’un avant : par le biais d’un prestataire professionnel de l’impression 3D ?



Petite question bien évidemment orientée. Ça me ferait mal aux fesses de pas pouvoir reproduire un Donald (le personnage Disney, pas l’autre) par le biais de mes propres moyens. Ça peut être une pièce d’imprimante, aussi… par exemple.


MarcRees Abonné
Le 20/05/2019 à 14h 58







Kevsler a écrit :



Quand tu dis “tu” imprimes… C’est dans le confort de ta maison et de ton intimité ? Ou comme l’a souligné quelqu’un avant : par le biais d’un prestataire professionnel de l’impression 3D ?



Petite question bien évidemment orientée. Ça me ferait mal aux fesses de pas pouvoir reproduire un Donald (le personnage Disney, pas l’autre) par le biais de mes propres moyens. Ça peut être une pièce d’imprimante, aussi… par exemple.





Il y a plusieurs scénarios, tous intégrés dans cette charte au regard du champ très large de la partie “prestataires” (regarde le pdf)




  1. un presta qui réalise l’impression à ta demande

  2. un presta qui héberge des modèles 3D que tu DL sur demande

  3. etc.&nbsp;



fred42 Abonné
Le 20/05/2019 à 15h 01

Que tu imprimes chez toi ou chez un prestataire ne change rien à la question de la propriété intellectuelle. Et de ce point de vue, son créateur est mort en 1990, donc il est loin d’être passé dans le domaine public.



Par contre, la charte ne concerne que les prestataires, pas les gens qui impriment chez eux.


Le 20/05/2019 à 15h 02

Même si c’est toi qui fait la modélisation 3D du Donald (l’équivalent d’un Fanart en 2D) ?


Le 20/05/2019 à 15h 07







MarcRees a écrit :



Il y a plusieurs scénarios, tous intégrés dans cette charte au regard du champ très large de la partie “prestataires” (regarde le pdf)





Tellement large que je ne vois pas le périmètre de définition ^^’

Mes fesses… (Enfin, mes futures fesses… c’est une charte aujourd’hui et une loi à la con demain)







fred42 a écrit :



Par contre, la charte ne concerne que les prestataires, pas les gens qui impriment chez eux.





Oui m’enfin à moins d’être modélisateur 3D … Si cette charte ce transforme en décret d’application de loi, ça va vite enlever beaucoup d’utilité aux imprimantes 3D pour le quidam.




Le 20/05/2019 à 15h 15







Kevsler a écrit :



Oui m’enfin à moins d’être modélisateur 3D … Si cette charte ce transforme en décret d’application de loi, ça va vite enlever beaucoup d’utilité aux imprimantes 3D pour le quidam.







Sauf si le scanner 3D se vulgarise également. Tu achètes une figurine © tu la scannes et tu l’imprimes en 3D.



vince120 Abonné
Le 20/05/2019 à 15h 25







fred42 a écrit :



Ils s’attaquent à un vrai problème de copies d’œuvres ou ils jouent juste à se faire peur ?





Ils anticipent une future extension des assiettes de la rcp



jayr0m a écrit :



Dassault Systems… C’est pour ne pas imprimer de Famas qu’ils sont engagés dans la démarche ? :p





Dassault est éditeur de SolidWorks et probablement aussi le papa du format DXF… Ils sont tout à fait concernés.





Pour le format 3mf par contre, je vois pas comment ils comptent l’imposer… pour le moment, les slicers gèrent bien le STL et la “couleur” est supportée vu qu’il fonctionne pour les imprimantes à buses multiples…



Le 20/05/2019 à 15h 38

Il y a encore des gens qui croient sérieusement que les DRM emmerdent quelqu’un d’autre que les honnêtes gens?


Citan666 Abonné
Le 20/05/2019 à 15h 38

Entre nous, l’autre aussi ça peut en soulever… Par le biais du droit à l’image. <img data-src=" />

(Après j’avoue, à part un américain profond je vois pas qui imprimerait une réplique réaliste de Trump pour l’exposer publiquement. En revanche en version nain de jardin… :sifflote:)


fry Abonné
Le 20/05/2019 à 15h 56

oh la bonne idée

je suis sur qu’il y a un marché avec des caricatures d’un bon paquet de politiques à convertir en accessoires de déco pour jardin XD


Le 20/05/2019 à 15h 57



L’originalité d’une œuvre est appréciée par le juge en cas de litige. Pour qualifier l’empreinte de la

personnalité, celui-ci tient compte notamment des choix faits par l’auteur : choix de la couleur, de

la matière, de la forme, du point de vue adopté, etc. En raison du très large spectre de protection

par le droit d’auteur, il est préférable de considérer qu’une œuvre est protégée tant qu’aucun

jugement n’est rendu en sens contraire





Sorti du PDF.



J’imagine que ca va se solder par une case à cocher sur les factures : “je certifie blabla bla”.


Le 20/05/2019 à 16h 16







CryoGen a écrit :



De quelles œuvres parlons nous en fait, dans cette loi ?





Pour le moment pas grand chose vu que l’impression 3D est extrêmement limité comparée à des figurines du commerce mais d’ici quelques années la donnes peut très vite changer.

&nbsp;





Vilainkrauko a écrit :



J’ai la certitude qu’ils sont uniques en leur genre. Je risque quoi avec leur anneries ? <img data-src=" />





Rien sauf si l’objet est sous copyright et payant.

&nbsp;





ManusDei a écrit :



Quelqu’un pour expliquer si vraiment&nbsp;.3mf&gt;.stl ?





Le stl ne permet pas de définir une échelle ainsi que certains autres trucs, c’est un peu le jpg du .3mf.



MarcRees Abonné
Le 20/05/2019 à 16h 41







Citan666 a écrit :



Entre nous, l’autre aussi ça peut en soulever… Par le biais du droit à l’image. <img data-src=" />

(Après j’avoue, à part un américain profond je vois pas qui imprimerait une réplique réaliste de Trump pour l’exposer publiquement. En revanche en version nain de jardin… :sifflote:)





Nous évoquions le seul domaine de la PLA ;)



Le 20/05/2019 à 16h 42

Donc je vais imprimer une pièce qui a cassé sur ma machine à laver et …



DRM3D CONTENT PROTECTION, you’re not allowed to print/repair.

&nbsp;

rachète, paie, jette et pollue.

Je le sens tellement venir…


Le 20/05/2019 à 16h 48

Pour des pièces “géométriques”, c’est facile de les concevoir soi-même. Et il ne peuvent pas empêcher quelqu’un de la faire pour toi au pire.


tpeg5stan Abonné
Le 20/05/2019 à 17h 00

Sur un sujet connexe, la protection des pièces automobiles a pour conséquence logique la flambée des prix :https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/vers-une-liberalisation-du-m…



L’intérêt d’une imprimante 3D c’est d’imprimer une roue d’aspirateur, un cache-piles ou autre bitoniau en plastique qu’il est quasi-impossible de remplacer sinon, si on blinde ça de droits d’auteur, ça va flinguer l’intérêt.


linkin623 Abonné
Le 20/05/2019 à 17h 33

on dirait la même chose qu’avec la photocopie des livres à l’EN.



Pourquoi pas mettre les choses au clair maintenant, mais si c’est encore pour imposer le format Microsoft… L’impression (dsl <img data-src=" /> ) que depuis l’open bar de la défense, MS essaye de placer partout ses services/formats en disant qu’il y a pas mieux.



La danse du serpent…


Salamandar Abonné
Le 20/05/2019 à 18h 44

Il permet de préciser la texture et la couleur… Mais on s’en tape. On fait rarement de la couleur en impression 3d. Et quand c’est le cas on peut avoir 2 fichiers STL, un pour chaque couleur (plus de deux couleurs ? Virtuellement inexistant avec les méthodes standard actuellement).

Et la force du STL est justement sa simplicité et sa compatibilité.

À part peut-être pour le support des courbes, le STL remplit parfaitement sa tâche.


fred42 Abonné
Le 20/05/2019 à 18h 45







vince120 a écrit :



Ils anticipent une future extension des assiettes de la rcp





Ce n’est pas ma question.



Le problème est-il réel ou fantasmé en ce qui concerne des œuvres d’art ?



Les pièces mécaniques ne sont pas couvertes par cette charte si j’ai bien compris.



Le 20/05/2019 à 18h 47

Ah ça, j’en suis persuadé, l’impression 3D ouvre grand la voix à la contrefaçon. Mais comme toujours, les férus de technologie me diront c’est voir le mal partout.



Je sais, je sais… la France aime mettre des cadres légaux pour tous les domaines. Nous légiférons sur tout. Nous légiférons même trop. Cependant certains domaines méritent que le législateur s’y attarde plus que les autres.



L’impression 3D permet, en tout permettra, de reproduire à l’identique des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Je pense notamment aux sculptures, à l’art plastique, ect…



Même si la propriété intellectuelle est honnie par un certain nombre de personnes, un artiste, quel qu’il soit, a le droit de voir son oeuvre protégée. Un artiste vit de la création de ses oeuvres ! C’est un métier comme un autre. Si tu veux reproduire son oeuvre, tu dois passer à la caisse… et encore faut-il qu’il autorise cette reproduction.



Je trouve ça normal. Pas d’autres. L’art doit être accessible à tout le monde, ce qui ne veut pas dire que l’art doit être gratuit. C’est un mode de pensée qui me dépasse, dans un monde mercantiliste comme le nôtre.


fred42 Abonné
Le 20/05/2019 à 18h 54

Ouais, mais bon, une copie de statue en plastique, ce n’est pas vraiment ce que j’appelle une œuvre d’art. Perso, ça ne me donne pas envie.


Le 20/05/2019 à 19h 05







fred42 a écrit :



Le problème est-il réel ou fantasmé en ce qui concerne des œuvres d’art ?



&nbsp;

Tout dépend ce que tu appelle une œuvre d’art <img data-src=" />



Je t’invite à parcourir un site comme shapeways / thingverse / sculptéto, tu verra que trois catégories domines :





  1. l’inutile : un gadget qui servira au pire deux fois.

  2. l’utile : tu t’en servira tout les jours, c’est un bon tremplin pour les designers.

  3. Le “copyright” : des artistes qui font des “répliques” de buste, ect et les propose gratuitement ou les vendent.



    J’aurais tendance à dire que sur les sites “pro” c’est le copyright qui domine, car l’utilise est possible sur une machine bas de gamme et l’inutile coute bien trop cher.

    &nbsp;





    Romaindu83 a écrit :



    Un artiste vit de la création de ses oeuvres !



    &nbsp;

    Si t’est assez connu pour te faire pomper puis imprimer tes œuvre c’est que tu est assez riche pour en vivre correctement, le reste n’est que du pipeau industriel pour essayer de protéger certaines figurines super mercantile genre disney, rien de plus.



    Après t’a deux philosophie, ceux qui ferment et ceux qui ouvrent. Sur la “scène” des figurines certains permettent de télécharger les modèles et de les imprimer sois même ou alors de les imprimer avec une machine “pro” pour quelques sous supplémentaire. D’autre essayent par tous les moyen possible de rester sur du traditionnel, ce qui est con car ça ferme certaines portes du genre personnalisation.



Le 20/05/2019 à 19h 08







fred42 a écrit :



Ouais, mais bon, une copie de statue en plastique, ce n’est pas vraiment ce que j’appelle une œuvre d’art.



&nbsp;

La n’est pas la question… Cette même statue est surement disponible moulée en taille réduite à tuffeau pour décorer ton jardin, et en imprimer une copie en plastique c’est de la contrefaçon. Personnellement je pense que si la statue est sur copyright alors la personne imprimera juste autre chose. Conclusion : C’est à truffeau de proposer une réplique de votre chien imprimé en 3d pour votre jardin !



choukky Abonné
Le 20/05/2019 à 19h 34







jayr0m a écrit :



Dassault Systems… C’est pour ne pas imprimer de Famas Rafale qu’ils sont engagés dans la démarche ? :p



<img data-src=" />







Tandhruil a écrit :



Sauf si le scanner 3D se vulgarise également. Tu achètes une figurine © tu la scannes et tu l’imprimes en 3D.





Il est déjà possible de “scanner” un objet à l’aide d’un appareil photo et d’un logiciel propriétaire ou open source et vu que nous sommes nombreux a être équipé d’un smartphone… <img data-src=" />







keul a écrit :



Donc je vais imprimer une pièce qui a cassé sur ma machine à laver et …

DRM3D CONTENT PROTECTION, you’re not allowed to print/repair.

rachète, paie, jette et pollue.

Je le sens tellement venir…



D’où l’interët de ne prendre que des imprimantes 3D compatible avec le firmware open source Marlin. <img data-src=" />



Larsene_IT Abonné
Le 21/05/2019 à 06h 00

mais par contre, si je place un fichier sur Thinkiverse, c’est donc cette plateforme qui est visée par ce projet ?



imaginons que ce soit une oeuvre d’art (bon, je préfère les conceptions utilitaires, mais admettons), Thingiverse va donc être obligé de modifier le document pour y insérer un numéro ? Et par là même dénaturer mon oeuvre ?



si c’est une pièce technique, l’insertion d’un numéro quelque part va nuire d’une part à la qualité mécanique de l’impression, voire la remettre en cause.



c’est vraiment n’importe quoi. Non seulement le fichier STL est juste parfaitement simple à utiliser, un fichier avec des DRM, non merci. Puis, avec eux, je distribue également les sources .rsdoc qui permettent à ceux qui le souhaitent d’ouvrir le fichier natif pour le modifier. Bien mieux !&nbsp;


la_hyene Abonné
Le 21/05/2019 à 07h 03

Pirates !

Bientôt on nous interdira de reproduire la roue parce que Michelin aura mis un droit d’auteur. Tout boucler, tout tenir, asservir. Pas de créativité possible sans un peu de liberté. Je vais mettre un copyright sur l’ O² pour en produire, faudra payer. D’autres voulaient le faire pour le génome humain.

La propriété intellectuelle doit être rémunérée, mais je me sens corseté par tout types de directives, droits, licences etc…Le moindre contrat doit être discuté par les services juridiques des deux parties. C’est lourd !

À moins que ce ne soit encore une énième commission pour rémunérer des gens à ne rien faire, comme mettre 5 ans pour pondre un clavier AZERTY et rappeler que le Bépo existe ( je le sais, il est sur mon bureau <img data-src=" />)


Le 21/05/2019 à 07h 10







skankhunt42 a écrit :



(…) Si t’est assez connu pour te faire pomper puis imprimer tes œuvre c’est que tu est assez riche pour en vivre correctement, le reste n’est que du pipeau industriel pour essayer de protéger certaines figurines super mercantile genre disney, rien de plus.(…)





Désolé mais cette affirmation est complètement fausse. Ce sont souvent les artistes peu connus qui se font plagier, parfois même par des multinationales.

Les artistes célèbres ont souvent un agent et une batterie d’avocats suffisamment conséquente pour empêcher tout plagiat.



Le 21/05/2019 à 07h 45

Un article faisant le point sur l’impression 3D (techno, composants, etc) serait le bienvenu !


Le 21/05/2019 à 07h 57







tpeg5stan a écrit :



Euh attention, si vous faites allusion à l’impression 3D d’armes, c’est bien souvent le droit des brevets qui s’applique et non le droit d’auteur. Je pense assez clairement que le ministère de la culture ne souhaite absolument pas s’occuper des armes, qui relèvent d’un tout autre domaine.







Dans ce cas la tres précis, c’est considéré comme une arme artisanale, et c’est strictement interdit ! Si tu te fait choper avec ca, tu va prendre tres tres cher ! <img data-src=" />



vizir67 Abonné
Le 21/05/2019 à 08h 13

pour moi : SEUL l’original reste ‘une œuvre d’art’ (dans le sens 1 jet)

une “Copie’ peut s’en approcher à 99.99 %, mais……. <img data-src=" />


Le 21/05/2019 à 08h 20

Le problème est le “Pop Art” qui a fait de la copie détournée une forme d’art.


Nozalys Abonné
Le 21/05/2019 à 09h 33







Salamandar a écrit :



[…]Et la force du STL est justement sa simplicité et sa compatibilité.[…]





En effet.



De toutes façons, maintenant que le format de fichier STL existe, est ouvert, éditable (c’est du texte), simple, et massivement utilisé, je souhaite bon courage pour que le 3mf de caca le remplace.



A moins que notre cher pays la France, ne soit capable de créer une loi interdisant l’utilisation d’un format de fichier. Ça serait une première tiens !



Et là encore, rien n’obligerait les constructeurs d’imprimantes 3D (qui sont tout sauf Français) à respecter la règle, et vu que tous les outils logiciels (ouverts ou pas) en accès libre sont édités en dehors de notre sacro-sainte terre de ruissellement…. C’est mort dans l’œuf (heureusement).



Sans compter que c’est un secteur “de niche”, plutôt prisé par les geeks, au sens noble du terme, et que c’est pas cette population qui ira par elle-même chercher autre chose que le STL.



Le 21/05/2019 à 09h 36







ManusDei a écrit :



Quelqu’un pour expliquer si vraiment&nbsp;.3mf&gt;.stl ?









Salamandar a écrit :



Il permet de préciser la texture et la couleur… Mais on s’en tape. On fait rarement de la couleur en impression 3d. Et quand c’est le cas on peut avoir 2 fichiers STL, un pour chaque couleur






3mf &gt; stl, tu peux y ajouter tout un tas de trucs. Ca peut aller de paramètres pré-rentré pour paramétrer l'impression, tu peux y mettre plusieurs pièces, et un peu tout ce dont tu a besoin (comme des drm apparemment). Le logiciel d'impression 3D prusa slicer utilise le .3mf pour sauvegarder un projet (comme le .xcf pour gimp). Le stl reste assez basique, un .obj en un poil mieux, le plus grand avantage est de pouvoir être écrit en binaire (non lisible &amp; éditable directement, contrairement à ce que Nozalys prétend, bien que personne de sain ne veuille éditer un fichier 3D manuellement).


jayr0m Abonné
Le 21/05/2019 à 09h 37







Tandhruil a écrit :



Le FAMAS (Fusil d’Assaut de la Manufacture d’Arme de Saint Etienne) c’est Manufrance, pas Dassault.&nbsp;



Merci pour la précision <img data-src=" />



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vince120 a écrit :



Ils anticipent une future extension des assiettes de la rcp

Dassault est éditeur de SolidWorks et probablement aussi le papa du format DXF… Ils sont tout à fait concernés.



&nbsp;Au temps pour moi, merci :harou:



Le 21/05/2019 à 09h 49







Tandhruil a écrit :



Désolé mais cette affirmation est complètement fausse. Ce sont souvent les artistes peu connus qui se font plagier, parfois même par des multinationales. Les artistes célèbres ont souvent un agent et une batterie d’avocats suffisamment conséquente pour empêcher tout plagiat.





Pour trainer ma bosse depuis bientôt trois ans sur les sites d’impression 3d le “plagiat” concerne toujours les gros studio et pas les “petits artistes”. T’a du bender, du pokemon, du marvel, ect.



Le 21/05/2019 à 10h 41

Tu confonds licence et artiste. Tu peux avoir un artiste qui a modélisé un Iron Man ou un Mickey sans être payé par Disney.


Le 21/05/2019 à 14h 21

Impression 3D : au ministère de la Culture, une charte pour taxer, censurer, racketer l’ensemble des reproductions


Le 21/05/2019 à 20h 30







tpeg5stan a écrit :



Sur un sujet connexe, la protection des pièces automobiles a pour conséquence logique la flambée des prix :https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/vers-une-liberalisation-du-m…



L’intérêt d’une imprimante 3D c’est d’imprimer une roue d’aspirateur, un cache-piles ou autre bitoniau en plastique qu’il est quasi-impossible de remplacer sinon, si on blinde ça de droits d’auteur, ça va flinguer l’intérêt.





C’est bien le but , non ?

Pour le fabriquant de machine à laver, le but est bien que tu rachètes une machine à laver en cas de casse, et que _au pire_ tu rachètes une pièce détachée ‘officielle’ très chère via un circuit de distribution labellisé.



Comme le dit ton article c’est une stratégie qui marche excessivement bien pour Renault & PSA !



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D’où cette loi très en avance de phase…. alors même que le gouvernement tente d’enrayer le problème dans l’automobile (quand on parle de schizophrénie, on tombe vite sur les législateurs…)

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Après toujours pareil, il faudra voir comment en pratique ça marche : Les imprimantes 3D coûtent de moins en moins cher, et au pire au lieu de société qui impriment à la demande , il faudra faire des associations ou de simples groupes de personnes. Les logiciels sont opensource, les machines parfois aussi.



Ca me rappelle cette histoire où , un jour, les flics arrêtaient les gens et fouillaient leur bagnole pour chercher des CD gravés…



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tpeg5stan Abonné
Le 22/05/2019 à 07h 20







OB a écrit :



Pour le fabriquant de machine à laver, le but est bien que tu rachètes une machine à laver en cas de casse, et que _au pire_ tu rachètes une pièce détachée ‘officielle’ très chère via un circuit de distribution labellisé.







Attention, une pièce auto est différent d’une pièce de machine à laver ou d’aspirateur. Il n’est pas envisageable de rouler sans capot, par contre aspirer sans roulette ou laver sans poignée est possible mais « chiant »



Au contraire, une marque de qualité (donc autre chose que le positionnement minable de PSA/Renault qui consiste à surfacturer quand tu passes au garage) serait ravie de proposer d’imprimer en 3D les pièces non essentielles, donnant une bonne image à l’entreprise.



Le 22/05/2019 à 08h 01







Tandhruil a écrit :



Tu confonds licence et artiste. Tu peux avoir un artiste qui a modélisé un Iron Man ou un Mickey sans être payé par Disney.





L’artiste qui modélise un mickey sans être payé par disney c’est déjà plus ou moins de la contrefaçon. Après si j’ai bien compris toute l’histoire, si un artiste pond un truc original il est effectivement interdit d’imprimer et vendre même si l’artiste ne met pas son oeuvre en vente, et même si toit tu vend une version peinte.



Le 23/05/2019 à 09h 28

Pour les pièces d’électroménager imprimées en 3D une société bien connue&nbsp; réfléchit sérieusement à simplifier ses coûts de réparation par l’impression 3D et ainsi de se donner une image écolo auprès du client.



En revanche concernant les œuvres je crois surtout que c’est une affaire de coût d’impression/originalité. Il ne sert à rien de paniquer, seules les boutiques des musées sont impactés par l’impression 3D et je ne vois pas bien ce qu’elles auraient à perdre à proposer des copies mais de là à s’inquiéter pour les formats de fichiers non.

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En revanche au motif de lutte contre la fraude hors art, là je crains en effet des atteintes à la liberté de création comme pour photoshop et son algo visant à interdire l’édition des billets de banque… Tant qu’il y aura du choix en matière de logiciels, tout ira bien, mais si l’un des poids lourd du secteur fini par s’imposer dans 5 ou 10 ans nous aurons des merdiers de ce genre.