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Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Slop or perish?

Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Illustration : Flock

Depuis le début de l’année, un statisticien de l’université de Chicago, Nicholas Polson, a mis en ligne plus de 200 prépublications. Assumant d’utiliser l’IA générative pour augmenter sa productivité, il soulève l’indignation de ses consœurs et confrères.

La course à la publication coûte que coûte dans le milieu de la recherche s’intensifie encore avec l’utilisation généralisée de l’IA générative. Pour nombre de chercheuses et chercheurs, le travail consiste à mettre en ligne quelques articles issus de leurs travaux de recherche par an au maximum. Mais on peut voir sur le profil Google Scholar de Nicholas Polson, statisticien bayésien de l’école de commerce Booth de l’université de Chicago, que celui-ci en a signé plus de 200 depuis le début de l’année, comme le soulignait sur X déjà mi-aout Auyon Siddiq, chercheur à l’université de Californie (UCLA), .

La plupart des articles listés sur son profil ont été mis en ligne sur la plateforme de prépublications scientifiques SSRN. Cette plateforme a été lancée en 1994, quelques années après la pionnière du genre, arXiv, et a été rachetée en 2016 par Elsevier.

258 working papers en 8 mois

« D’après mes calculs, basés sur sa page SSRN, Nicholas Polson a déjà rédigé 258 working papers rien qu’en 2026. Il a déjà rédigé (ou du moins publié sur SSRN) six articles aujourd’hui, le 26 août 2026. Au cours du mois d’août 2026, il a rédigé et publié sur SSRN un total de 104 documents – et ce n’est pas fini, puisque le mois n’est pas encore tout à fait terminé », expliquait l’économiste de l’université de Central Arkansas, Jeremy Horpedahl, dans un billet de blog.

« Il s’agit probablement, à des degrés divers, de slops générés par IA, mais contrairement à beaucoup de ce genre de contenu, celui-ci recèle sans doute une réelle valeur. Ce que je n’ai pas encore pu vérifier, c’est si une partie de ce contenu a fait l’objet d’une vérification, d’une analyse ou d’une sélection rigoureuse de la part de l’auteur », ajoutait Michael Makowsky, économiste à l’université de Clemson.

Interrogé par le Washington Post, Nicholas Polson assume utiliser l’IA générative pour plus de productivité : « il est évident que l’IA rend un chercheur productif encore plus productif ». Il ajoute qu’ « une grande partie du travail fastidieux est grandement simplifiée ». Et il a, selon nos confrères, laissé entendre que ces plaintes étaient motivées par « la jalousie et l’envie de s’approprier ma méthode. Mais qui sait ? ».

Suppression des articles sur SSRN

Depuis que plusieurs de ses confrères ont pointé du doigt ce nombre prolifique, plus aucun article récent de Nicholas Polson n’est accessible sur SSRN. Par exemple, la page de l’article titré « Over-parameterization in Statistical Genomics » et listé sur son profil Google Scholar affiche maintenant : « Cet article est en cours d’évaluation ou a été retiré de SSRN à la demande de l’auteur, de SSRN ou du titulaire des droits ». Son profil sur la plateforme ne liste plus que des articles mis en ligne avant octobre 2018.

Plusieurs chercheurs ont souligné que les articles de Nicholas Polson ne faisaient pas mention d’utilisation de l’IA. Mais la plateforme souligne que « s’il est vrai que bon nombre de ces articles ne comportaient pas de mention relative à l’IA, ce n’est pas notre principale préoccupation. […] Le problème le plus important résidait dans l’activité inhabituelle en matière de soumission d’articles ». Elle indique que le statisticien s’était aventuré dans des champs dont il n’est pas spécialiste, bien que la plupart des articles y restaient.

« Ce n’est pas seulement une question de volume, mais aussi de diversité des thèmes abordés et de la manière dont ils se distinguent de ses œuvres précédentes », insiste Auyon Siddiq interrogé par nos confrères.

Commentaires (7)

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Au cours du mois d’août 2026, il a rédigé et publié sur SSRN un total de 104 documents – et ce n’est pas fini, puisque le mois n’est pas encore tout à fait terminé.
C'est en soi une preuve qu'il n'y a absolument aucune vérification qui est faite. Ça fait une moyenne de plus de 3 articles par jours. C'est pas possible de sérieusement lire et reviewer 3 articles par jours. Ou alors ce sont des articles creux qui ne contiennent aucune matière intéressante qui poserait forcément question et donc demanderait au moins un peu de temps temps pour être appréhendé et compris et validé.

Bref, c'est forcément n'importe quoi.
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Ce sont des prépublications, donc non vérifié par les pairs
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Pas vérifiées par les pairs, mais visiblement pas vérifiées par lui-même. Il écrit plus vite qu'on ne lit !
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Sans compter que demander à des pairs de vérifier de la daube auto-générée, quand en plus on ne l'a manifestement même pas lue en l’occurrence, forment deux actes d'un irrespect glaçant.
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À ce train là il est bien parti pour battre notre druide marseillais national et ses 2 à 3000 (co-)publications.
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" s’il est vrai que bon nombre de ces articles ne comportaient pas de mention relative à l’IA, ce n’est pas notre principale préoccupation."

Le fait que ce ne soit pas leur principale préoccupation, et que ce soit plutôt le fait qu'il ait juste publié beaucoup (trop), montre au contraire toute l'étendue du problème.

Un chercheur qui publie en mentant devrait être expulsé de la plateforme. Quelle crédibilité conserve-t-elle, sinon ? Aucune.
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Apparemment, le gars a tout dégagé:
https://economistwritingeveryday.com/2026/08/26/nicholas-polson-has-written-over-200-academic-papers-in-2026-so-far/
"As Andrew Gelman documented in real time, all of the papers appear to have been removed from SSRN for now. No explanation as of yet, but you can still see many of the papers listed (for now) on Polson’s Google Scholar page."
Google Scholar: scholar.google.com Google