Nouvelles extensions Internet : 1 616 demandes payées, joyeux Hunger Games à tous
ICANN’t stop them now
Illustration : Flock
Le 24 septembre à 09h43
L’ICANN vient de confirmer que 1 616 demandes ont été payées pour de nouvelles extensions de premier niveau sur Internet. La liste n’est pas encore connue, mais devrait l’être dans les prochaines semaines, ce qui permettra de savoir quelles sont les extensions demandées plusieurs fois. Un long processus s’engagera alors… mais certains n’ont pas attendu pour déjà s’attaquer aux tribunaux.
Nouvelles extensions Internet : 1 616 demandes payées, joyeux Hunger Games à tous
ICANN’t stop them now
Illustration : Flock
L’ICANN vient de confirmer que 1 616 demandes ont été payées pour de nouvelles extensions de premier niveau sur Internet. La liste n’est pas encore connue, mais devrait l’être dans les prochaines semaines, ce qui permettra de savoir quelles sont les extensions demandées plusieurs fois. Un long processus s’engagera alors… mais certains n’ont pas attendu pour déjà s’attaquer aux tribunaux.
Internet
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6 min
Cela fait déjà 14 ans que les dernières extensions ont été ajoutées sur Internet, on parle des extensions de premier niveau, comme les .alsace, .best, .sncf et .xyz pour ne citer qu’elles. Les propriétaires de ces extensions peuvent ensuite vendre des domaines de deuxième niveau.
1 663 demandes, 1 616 payées
L’ICANN a rouvert les vannes cette année, avec le « round 2 » (ou série 2026) qui a suscité un engouement certain. Au total, 1 663 demandes ont été envoyées. Pour valider leur participation, les candidats avaient jusqu’au 19 août pour payer des frais de 227 000 dollars minimum par candidature, sauf dans le cadre du Applicant Support Program qui permet d’avoir des réductions sur la facture. Fin aout, l’ICANN annonçait que 56 entités étaient éligibles, mais sans indiquer combien ont réellement déposé des demandes.
Sur les 1 663, 1 616 se sont acquittés des frais nécessaires pour continuer, ce qui représenterait donc plus de 360 millions de dollars. Il y en avait un peu moins de 2 000 lors de la précédente campagne en 2012, pour un montant de 350 millions de dollars, selon l’ICANN.
Le détail des candidats sera annoncé au plus tard le 14 octobre, à l’occasion du Reveal Day. De plus amples détails sur le calendrier seront donnés en début de semaine prochaine. L’ICANN en profite pour lancer un avertissement :
« Ces dernières semaines, plusieurs candidats au Round 2026 ont décidé de divulguer publiquement à quelle(s) extension(s) ils auraient postulé. L’ICANN encourage les candidats et les parties intéressées à rester méfiants de toute information ne provenant pas directement de l’ICANN. Elle est la seule source pour des informations complètes et vérifiées sur les candidatures du Round 2026, y compris les entités qui ont postulé et pour quelle extension (ou extensions) ».
.easy : déjà des attaques devant les tribunaux
Comme nous le rappelions, « si plusieurs ont déposé les mêmes termes, les litiges pourraient bien se régler aux enchères au cas où les discussions à l’amiable sous l’égide de l’ICANN n’ont pas abouti ». Cette fois-ci, l’ICANN interdit aux candidats de régler directement entre eux (arrangement, accord financier…) un litige sur une extension. Pas besoin d’attendre le Reveal Day pour que les combats autour d’une extension commencent, comme le rapporte Domainnamewire. Le litige concerne l’extension .easy.
EasyGroup, qui a notamment EasyJet, « a menacé les candidats au domaine de premier niveau .easy, et l’un d’eux riposte désormais en justice », comme l’expliquent nos confrères. EasyGroup a en effet mis en demeure Link Freedom Group (LFG) de retirer sa candidature au plus tard le 9 septembre. Un troisième larron, Aruba, aurait aussi déposé une candidature pour cette extension.
De son côté, LFG demande à un juge de préciser que « tout litige concernant l’extension « .easy » doit se régler via la procédure d’arbitrage de l’ICANN, ou bien que l’extension de premier niveau « .easy » qu’elle projette de lancer ne portera pas atteinte aux marques d’easyGroup ». Le 10 septembre, LFG a aussi demandé à l’ICANN de disqualifier (la demande est publiée par Domainnamewire) EasyGroup pour ne pas avoir, selon elle, respecté les règles (notamment la communication interdite entre candidats) de ce deuxième round.

Le Texas « s’oppose à la candidature pour l’extension gTLD ".texas" »
Sur le .texas, l’État a pris les devants dans une lettre publiée par l’ICANN : « Je crois comprendre que des personnes n’ayant aucun lien avec le gouvernement de l’État du Texas pourraient déposer, ou auraient déjà déposé, une candidature pour la chaîne gTLD « .texas » dans le cadre du cycle 2026 du programme gTLD de l’ICANN […] Sur instruction du gouverneur, je vous informe par la présente que l’État du Texas ne soutient pas et s’oppose à la candidature pour l’extension gTLD « .texas », ainsi qu’à toute extension qui en serait dérivée ». L’État ne précise pas s’il est candidat, mais le ton de la lettre laisse penser que non. En tout cas, aucune candidature tierce pour le .texas ne pourra être validée par l’ICANN.
L’ICANN n’a rien publié pour le moment concernant le .easy. La dernière correspondance concerne bien les nouveaux gTLD ; il s’agit d’une lettre de l’avocat Jeff Neuman (fondateur et CEO de JJN) qui demande à l’ICANN de publier au plus vite la suite du calendrier et les modalités afin que chacun puisse se préparer.
Il rappelle notamment que « les candidats n’auront par ailleurs que 14 jours pour décider s’ils optent pour une extension de remplacement désignée à l’avance. Cette décision est irréversible » et nécessite donc un certain délai de réflexion, affirme-t-il. Les extensions de remplacement sont nombreuses, comme l’expliquait l’ICANN cet été dans un premier bilan : « plus de 1 600 candidatures primaires, dont plus de 1 100 incluent des candidatures pour des extensions de remplacement (candidatures secondaires) ».
De plus, « si le Reveal Day a lieu avant ou pendant l’ICANN 87 [du 17 au 22 octobre 2026 à Bali, ndlr], les candidats doivent être prêts, dès ce jour-là, à respecter les restrictions de communication » qui s’appliquent à ceux ayant postulé pour une même extension. C’est d’ailleurs sur ce point que porte la demande de LFG à l’ICANN, mais sur une zone grise : les discussions/attaques sont réalisées en amont du Reveal Day.
Commentaires (19)
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Abonnez-vousLe 24 septembre à 10h03
Je découvre au passage que l'ICANN a un budget annuel de $150M, ça me semble énorme pour une activité "non lucrative" qui semble quand même rester ultra-stable dans le temps.
Le 24 septembre à 12h57
vacancesReveal Days à Bali ! Bon, je suis mauvaise langue : si on considère 1000 $ le taux journalier d'un expert pour étudier un dossier, cela ne permet de passer que 227 hommes-jours par candidature à analyserLe 24 septembre à 15h51
Il y aurait 407 salariés à l'ICANN, pour environ 60% du budget (90M$), avec dedans une floppée d'experts techniques pour les sujets de sécurité, des juristes de haut vol pour le législatif, etc., Donc ça fait un brut annuel à près de $220k.
Ça correspond à la moyenne de salaire d'un ingénieur de la Silicon Valley, où est le siège de l'ICANN. Bon, ils sont aussi répartis un peu partout dans le monde et j'imagine que dans certains pays c'est pas le salaire standard, d'autant qu'ils ont forcément dans le lot des postes de "petites mains" pour l'administratif qui sont loin de ces salaires.
En bref, il doit y avoir quelques trucs louches mais c'est pas pire qu'autre chose.
Le 24 septembre à 10h09
Ils vont générer un nombre assez limité de domaines de niveau 2 (je pense à EasyJet par exemple, il devrait pas y avoir des millions de trucs de niveau 2 liés à EasyJet). Du coup pourquoi ils s'arrangent pas entre candidatures pour créer une structure tierce neutre, gouvernance partagée, qui va gérer pour les compte des candidat.es ?
L'exemple de .easy est pas mal, pour le coup. Ca parait pas déconnant qu'un marketeu/publicitaire/pipeauteur (rayez la mention inutile) se dise que "macdonalds.easy" ou "monplombierduquartier.easy" soit vendable. EasyJet pourrait garder ce dont ils ont besoin pour leurs affaires et se faire plein de blé à vendre d'autres .easy facilement.
Le 24 septembre à 13h56
Le 24 septembre à 15h17
Le 24 septembre à 18h31
Donc si c'est easyjet qui gagne, ça serait impossible de faire un macdonalds.easy
Et surtout normalement chaque entité candidate sans en parler avec les autres, donc impossible de s'arranger avant. Sauf qu'ici des entreprises ont décidé de parler des gTLD qu'elles avaient proposé.
Le 25 septembre à 08h42
Le 25 septembre à 09h56
C'est 500$ en plus pour un brand TLD, mais je suppose que derrière ça réduit les frais car tu ne dois pas proposer un bureau d'enregistrement etc
Par exemple .sncf ils ne doivent que gérer leurs dizaines de domaine en interne.
T'es chez eux et t'as besoin d'un .sncf ça doit être du genre "un émail à l'IT" alors que s'ils devraient s'ouvrir à l'extérieur ça demande de la gestion, de la facturation etc
Le 29 septembre à 09h06
Le 25 septembre à 12h46
Le 25 septembre à 13h27
S'ils continuent a demander des nouveaux, c'est que ça marche je suppose.
Pour les marques c'est beaucoup de communication, ça permet d'avoir un wifi.sncf pour le portail wifi.
Leclerc a le TLD pour faire e.leclerc (ou recrutement.leclerc)
Une entreprise peut aussi proposer de faire une page web pour chaque magasin par exemple, et donc de proposer des émails en compta@lyon.nomdelamarque
Modifié le 25 septembre à 16h04
Y avait des gens qui ne trouvaient pas le site avec le .fr ? La plupart des gens non techniques que je connais tapent très rarement les adresses directement mais plutôt dans un moteur de recherche, sauf celles qu'ils connaissent très bien et donc n'a pas besoin d'être "simplifiée". En plus ça change les habitudes des gens qui vont s'étonner qu'il n'y a plus de point quelque chose après le nom de la marque (enfin parfois, pas toutes les marques).
Le 25 septembre à 22h12
-tu peux rassurer les clients si t'explique que les émails provenant d'autre chose que le .marque c'est pas toi (mais faut s'y tenir, coucou La Poste qui est incohérente)
Modifié le 26 septembre à 11h45
A ma connaissance il n'y a qu'une marque qui est obligé de forcer sur le .fr dans ses (nombreuses) annonces radio, le .com étant pris par la même boîte mais dans un autre pays. S'ils ne sont déjà pas capables de renvoyer les clients français vers le .fr depuis le .com, ou de faire un seul site, je les vois mal utiliser un TLD ensemble.
Les autres noms de domaines que j'entends à la radio, personne n'insiste sur le TLD. Par contre je serais pas surpris qu'une marque qui a son TLD soit obligée de préciser dans ses spots radio qu'il n'y a pas le point quelque chose habituel. Peut-être que dire "tout court" suffirait, peut-être pas.
Le 25 septembre à 15h54
Le 25 septembre à 16h26
Pareil pour les certificats TLS.
Le 25 septembre à 21h47
Le 26 septembre à 01h42
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