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VR Glasses, nouvelle tentative de Meta pour la réalité virtuelle

Meta nous la fait à la métavers

VR Glasses, nouvelle tentative de Meta pour la réalité virtuelle

Image : Meta

Contre toute attente, Meta n’en a pas terminé avec le métavers. Mais pas question cette fois de vendre le rêve (ou le cauchemar) d’une deuxième vie dans des mondes virtuels. Les VR Glasses sont des lunettes de réalité virtuelle pour regarder la télé, travailler et jouer. Ce qui n’est déjà pas si mal.

Par bien des aspects, les VR Glasses présentées par Meta à l’occasion de son événement Connect sont la continuation des casques Quest mais dans un format « lunettes ». Oui, les guillemets sont nécessaires ici car malgré un design qui évoque effectivement des montures un peu épaisses (mais de 100 grammes seulement), l’appareil a un fil à la patte. En l’occurrence, un boîtier qui fait aussi bien office de batterie que d’ordinateur.

Image : Meta

Meta a déporté une bonne partie de l’électronique dans ce pack de 300 grammes, qui fournit environ 3 heures d’autonomie. Il intègre aussi 128 Go de stockage (ainsi qu’un slot pour carte microSD), 12 Go de mémoire vive, et tourne avec une puce Snapdragon Reality Elite (XR2 Gen 3) de Qualcomm.

Entre le Quest 3 et le Vision Pro

Les lunettes ne sont pas dénuées de technologies non plus : on y trouve deux écrans micro-OLED « Infinite Display » (2 412 x 2 288 pour chaque œil) avec un rafraîchissement jusqu’à 120 Hz et une résolution angulaire de 37 pixels par degré (PPD) qui indique la finesse des pixels une fois vus à travers les lentilles.

Pour parvenir à de telles dimensions, les lunettes embarquent un système de lentilles pancakes ultra-compact. Le champ de vision annoncé par Meta est de 70 degrés à l’horizontal, et de 66 degrés à la verticale. On devrait donc bénéficier d’une bonne netteté (37 PPD), mais d’un champ de vision assez étroit.

Pour donner une idée, le champ de vision du Quest 3 est bien plus large (110° x 96°), pour une netteté limitée à 25 PPD. On ne peut pas tout avoir, en particulier sur un casque qui doit jongler entre des impératifs d’immersion et de prix abordable. Les VR Glasses possèdent également quatre caméras infrarouges pour le suivi des mouvements des yeux, et six caméras dédiées à la vision par ordinateur et au positionnement spatial.

Image : Meta

À l’instar des Quest, les VR Glasses peuvent afficher dans leurs écrans l’environnement immédiat de l’utilisateur. Attention cependant, la netteté du monde extérieur est moindre que ce que peuvent proposer les écrans. Le passthrough RGB monte à 26 PPD ; c’est 44 % de résolution angulaire de plus que sur le Quest 3 (18 PPD).

L’environnement devrait donc apparaître sensiblement plus précis que dans le casque. Les VR Glasses embarquent un autofocus et un système de mesure de la profondeur qui sert à placer correctement les objets virtuels et gérer les occultations (quand un objet réel masque un objet virtuel).

Mais on n’en sera pas à « voir » le monde au travers des VR Glasses comme on le voit à l’œil nu. Aucun appareil de réalité virtuelle ou mixte ne propose ça, d’ailleurs. Il devrait toutefois être possible de lire assez confortablement, et avec une bonne précision, les petits caractères et les écrans de smartphones au travers de ces lunettes.

Pour interagir avec ces lunettes connectées, Meta n’a pas fait dans la demi-mesure : l’utilisateur peut en effet contrôler l’appareil avec les yeux pour viser une fenêtre ou un bouton, avec les mains pour sélectionner ou valider, avec la voix pour Meta AI, mais aussi avec des contrôleurs, des claviers Bluetooth, des manettes de jeu.

Une salle de cinéma sur le nez

Un tel appareil n’est rien sans des applications et les usages qui vont avec. Meta a manifestement appris des erreurs d’Apple et du Vision Pro. Là où le constructeur de Cupertino vendait un appareil polyvalent montrant la voie d’une « informatique spatiale » très vague, le géant des réseaux sociaux a une idée très claire de ce qu’il a entre les mains et sur le nez : un écran de télé.

Image : Meta

Et Meta promet qu’il y aura de la matière : partenariat avec Disney pour profiter des versions VR Enhanced des blockbusters Marvel et Star Wars dans des environnements immersifs 3D ; accords avec les grands noms du streaming (YouTube, Prime Video, Plex… mais pas de Netflix à l’horizon) pour accéder à leurs contenus dans une app dédiée ; accès aux catalogues de films 3D de HBO Max et Paramount+ ; diffusion de compétitions sportives 8K à 180° chez ESPN ; contenus exclusifs avec de grands noms de Hollywood…

Meta a tout intérêt à mettre le paquet sur les contenus vidéo : c’est un des principaux atouts du Vision Pro, mais Apple et ses partenaires sont très chiches et ne distillent les nouveautés qu’au compte-goutte. Meta a clairement un coup à jouer ici.

Image : Meta

Les VR Glasses peuvent aussi projeter un écran de Mac, de PC ou de console, connecté avec ou sans fil sur un moniteur virtuel (ou plusieurs) qui n’a pas les contraintes du monde physique. En plus des périphériques physiques à connecter en Bluetooth, un clavier et un trackpad virtuels peuvent s’afficher sur une surface plane sous les mains de l’utilisateur.

Meta annonce que 75 jeux peuvent être contrôlés par les gestes des mains, ce qui n’est pas nécessairement la plus évidente des interactions. Les jeux similaires sur le Vision Pro n’ont jamais vraiment donné de bonnes sensations et la latence est généralement catastrophique. Plus intéressant, le service de streaming de jeux Xbox Cloud Gaming est compatible pour jouer avec une manette.

Meta propose sa propre version des Persona d’Apple : il s’agit d’un « hologramme » de la personne qui apparait devant soi (il faut porter les lunettes, bien sûr…) lors d’un appel. Contrairement à la technologie d’Apple, les hologrammes de Meta ont un corps au complet, pas uniquement une tête et un tronc. La fonction prend en charge les apps visio comme WhatsApp et Zoom.

Meta marche donc sur les platebandes d’Apple et du Vision Pro… mais dans un design bien moins encombrant et autrement plus léger – le casque XR d’Apple pèse la bagatelle de 600 grammes, ce qui fatigue rapidement. Et surtout, pour le tiers du prix : 1 299,99 dollars. L’appareil sera disponible au printemps prochain, y compris en France.

Sans caméra, pas de « pervert glasses » ?

La rumeur avait éventé une autre nouveauté présentée par Meta : des lunettes connectées sans caméra. Les Ray-Ban Meta Audio sont en quelque sorte la réponse à la colère des personnes harcelées (des femmes et des filles, en général) par des utilisateurs de « pervert glasses » (« lunettes de pervers »), un surnom qui colle à la peau des modèles équipés d’un capteur photo.

Image : Meta

Ces nouveaux modèles (il y en a 23 en tout) font office d’écouteurs pour les appels, la musique et les podcasts, et permettent d’utiliser l’assistant Meta. Un bouton d’action est d’ailleurs intégré pour le lancer depuis la monture sans avoir à dire « Hey Meta » au beau milieu de la foule ou dans un café bondé. L’entreprise avance une autonomie de 12 heures sur une seule charge, un poids de 43 grammes, et des tarifs à partir de 349 euros.

Le Tamagotchi de Meta

Mark Zuckerberg n’a pas résisté au plaisir de dévoiler une dernière petite chose durant la keynote de Meta Connect. Et quand on dit petite, ce n’est pas qu’une vue de l’esprit : le Muse Charm est un minuscule boîtier équipé d’un écran tactile OLED de 2 pouces, d’un lecteur d’empreintes digitales, d’une puce 5G, de capteurs photo à l’avant et à l’arrière, et d’une dragonne. Le tout ressemble à un reboot high-tech du Tamagotchi.

Image : Meta

Comme son nom le laisser penser, l’appareil permet de discuter avec son agent Muse, représenté sous la forme d’un personnage animé (l’histoire ne dit pas encore s’il meurt au cas où on ne s’en occupe pas). L’interface a été conçue par Alan Dye, transfuge d’Apple qui occupait les plus hautes fonctions au sein de l’équipe de design logiciel.

Le Muse Charm a été pensé pour ceux qui ne portent pas de lunettes Meta, qui n’ont pas toujours leur smartphone à portée de main, mais qui ne peuvent pas imaginer vivre sans leur agent IA. Le patron de Meta n’a pas annoncé de prix ni même une date de lancement ferme, mais il a promis que le bidule sera disponible pour les fêtes de fin d’année.

Commentaires (17)

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J’ai aucun doute que ce sera une réussite technique. Le Quest 3 est un chef d’œuvre de technologie grand public, gâché par les décisions purement logicielles.

Pitié que Meta revende Occulus qu’on ait enfin de la VR sympa.
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«Le Muse Charm a été pensé pour ceux qui ne portent pas de lunettes Meta, qui n’ont pas toujours leur smartphone à portée de main»
Il y a peut-être une bonne raison que le Muse Charm feins d'ignorer?
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Sans caméra, pas de « pervert glasses » ?
Comme dit dans l'autre article, s'il y a un micro, alors ça restera une violation de vie privée au vu de la considération de Meta pour celle-ci.
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Et de toute façon il doit bien y avoir des "camera" d'une sorte ou d'une autre car pour s'intégrer à l’environnement détecter les mouvements positions des mains... il faut forcément des capteurs avec des définitions plus ou moins élevé.
Seule différence avec les « pervert glasses » c'est que ce n'est pas le but premier de filmer son entourage de manière discrètes mais le fait que le nombre d'appareils (les voitures moderne en sont gavés, Apple veux même en caser dans ses AirPods) équipé explose dans l'espace publiques rend les utilisations détournés de plus en plus difficile à contrôler.
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Non vous mélangez deux objets différents :

  • Les VR Glasses, qui ont bien des caméras et qui détectent les mouvements des mains. Ce sont des lunettes de réalité virtuelle, à §1299. C'est l'équivalent des casques de réalité virtuelle mais avec un format plus proche des lunettes.

  • Les Rayban Meta Audio, qui sont des lunettes sans écran ni caméra et uniquement dédiée à l'audio. C'est ni plus ni moins que la même chose que 90% des écouteurs intra (les airpods justement) que portent déjà beacoup de gens. Ca sert de kit mains libres et ça permet de discuter avec l'IA. C'est juste qu'au lieu d'avoir un truc désagréable et voyant dans les oreilles c'est directement intégré dans les lunettes de vue (ou de soleil). Et ça vaut 350€.



Ce sont clairement deux produits qui n'ont rien à voir ni dans leur conception ni dans leur usage, leur seul point commun étant d'avoir des verres devant les yeux tenus par des branches sur les oreilles.

D'ailleurs Meta lance aussi au passage la Gen3 des Meta Glasses, qui elles conservent leurs caméras.
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Désolé d'avoir une confiance absolue dans Meta pour violer la vie privée des gens. L'essence originelle de Facebook repose là dessus, et tout leur business-model aussi.

Je n'ai pas encore d'accoutumance aux caméras et micros partout et espère ne jamais sombrer dedans.
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Le seul but de Meta, c'est de coller les pubs le plus proche des yeux de l'utilisateur.
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C'est aussi le but des annonceurs :yes:
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Le seul but de Meta, c'est de coller les pubs le plus proche des yeux de l'utilisateur.
Google aussi.

À quand l'Eye-phone de Futurama ? :D
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C'est dommage que tous ces dispositifs de lunette / casque ne permettent pas de faire la correction de la vue à la volée également pour se passer de lunettes (ou alors j'ai raté le truc dans l'article :p)
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Si si. Les Rayban Meta ont toujours pu être équipées de verres correctifs, et les Rayban Audio le seront également. C'est même pris en charge par la sécu / mutuelle au même titre qu'une monture classique puisque ça sert de lunettes avant tout. Par contre il me semble que la complexité des verres est limitée.
Le Meta VR par contre ne l'est pas, puisque ce n'est pas un appareil de vision, mais on peut aussi y ajouter des verrres correcteurs (j'ai cru voir passer des lentilles qui s'accrochent magnétiquement à l'intérieur). Ca évite de devoir porter ses lunettes / lentilles dessous.
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minuscule boîtier équipé [...] d’une puce 5G, de capteurs photo à l’avant et à l’arrière,
Après les pervert glasses, le pervert tamagochi pour pouvoir toujours filmer les gens à leur insu ? 😐
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Les VR Glasses embarquent un autofocus et un système de mesure de la profondeur qui sert à placer correctement les objets virtuels et gérer les occultations (quand un objet réel masque un objet virtuel).
Et s'ils ouvrent un SDK correct, j'ai connaissance de plusieurs boites qui en aurait usage : sav, maintenance, assemblage ...
Même si avec les outils de VR actuels on arrive à faire des choses potables.
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C'était déjà un terrain sur lequel Microsoft voulait vendre ses Hololens à l'époque.
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Aucun appareil de réalité virtuelle ou mixte ne propose ça, d’ailleurs.
Euh sauf erreur de ma part les XReal Aura, sous Android XR, le font, elles ont fait beaucoup de bruit lors de leur présentation à l'IFA et devraient être commercialisées bientôt également. Par contre l'interaction avec l'environnement n'est pas le même.



Je suis à la fois content de voir le marché des lunettes connectées exploser, car je crois réellement qu'à terme (2030 ou au-delà) elles remplaceront le smartphone,
Par contre au niveau du prix c'est encore 3 à 4 fois trop cher pour que ça puisse réellement percer en dehors des professionnels.
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Pas sûr que ça le remplace : montrer quelque chose sur son écran à quelqu'un d'autre c'est un gros usage du téléphone
Et comme les écosystèmes seront tous cloisonnés c'est pas tout de suite qu'on aura des fonctionnalités de partage en temps réel potable.

Je suis hypé par ce que permettra l'AR, en ayant des écrans larges partout.
Mais je suis aussi effrayé des systèmes propriétaires, complètement fermés et compatibles avec la technosurveillance. Avec les téléphones on avait android qui se referme peu à peu. Mais avec les casques AR/VR je sens qu'ils vont en profiter pour tout fermer mettre du tracking et remonter toutes les infos à la portée des publicitaires et des régimes autoritaires.
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Meta est l'Apple des années 2020