Le retour de la console 3DO annulé une semaine après son annonce
La 3DO encore déCD
Le 03 juillet à 08h43
Ça ressemblait à une belle aventure, et puis finalement elle s’est écrasée sur le mur froid et gris de la réalité. La société Empire Interactive avait annoncé la semaine dernière sa volonté de relancer la console 3DO. Ce « retour d’une légende » a malheureusement été de très courte durée.
Le retour de la console 3DO annulé une semaine après son annonce
La 3DO encore déCD
Ça ressemblait à une belle aventure, et puis finalement elle s’est écrasée sur le mur froid et gris de la réalité. La société Empire Interactive avait annoncé la semaine dernière sa volonté de relancer la console 3DO. Ce « retour d’une légende » a malheureusement été de très courte durée.
Hardware
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6 min
Les consoles rétro sont décidément à la mode. Encore tout récemment, les joueurs nostalgiques se sont rués sur les précommandes de la Neo-Geo AES+ – une version fidèle à la console SNK des années 90 qui a fait briller les yeux de bien des gamins à l’époque. Empire Interactive, éditeur britannique de jeux vidéo, a voulu s’adresser aux connaisseurs il y a une semaine en annonçant rien moins que « le retour d’une légende », la 3DO.
Une joie de courte durée
Oui, on parle bien de la console 3DO lancée en 1993 et qui n’a pas fait long feu face au rouleau compresseur de Sony et de sa PlayStation. Malgré tout, il y avait probablement l’opportunité ici d’un revival. C’est pourquoi Empire a annoncé la semaine dernière l’acquisition de la marque et d’une partie des droits de propriété intellectuelle de la 3DO Company.
L’objectif était ambitieux : faire revivre aux jeunes générations les débuts des consoles 32 bits. « Les années 1990 et le début des années 2000 ont vu naître d’innombrables jeux marquants et des expériences inoubliables », rappellait l’entreprise. « Beaucoup de ces trésors ont été perdus avec le temps, devenant inaccessibles aux nouvelles générations de joueurs. Nous pensons que cet héritage mérite d’être préservé, célébré et découvert à nouveau. »
En plus de la remise au goût du jour de la console, Empire était « déterminé à restaurer l’héritage oublié de l’histoire du jeu vidéo, un grand classique à la fois ». Un engagement qui n’aura pas tenu longtemps. « Après mûre réflexion, nous avons décidé d’abandonner à la fois la production de la console et l’idée de remastériser des jeux rétro », annonçait la société hier.
Plusieurs parties ont revendiqué des droits de propriété, sur les jeux comme sur le processus de fabrication de la console. « Compte tenu du caractère très spécialisé de ce marché et du risque de longues procédures judiciaires, nous avons choisi de ne pas nous engager dans des litiges prolongés. » Rideau sur cette belle idée !
Empire est visiblement tombé sur un os, celui de l’entreprise Throwback Entertainment qui assure toujours détenir les droits de la marque ainsi que du site web associé. Des actifs qui n’ont pas été cédés, transférés ou licenciés, comme le rapporte Time Extension.
Işık Şekercigil, le patron d’Empire, a reconnu avoir acquis les droits de la marque The 3DO Company, mais pas de la console en elle-même. Des droits qui se limitent au développement et à l’édition de jeux. Ça n’inclue pas la production de la console ou de matériel. Le dirigeant ajoute que Panasonic, Goldstar et « au moins quatre entreprises » sont titulaires de droits pour ce qui concerne la fabrication de l’appareil.
En avance sur son temps, trop vite dépassée
La 3DO partait avec les meilleures intentions du monde. Trip Hawkins, fondateur et ancien patron d’Electronic Arts, a l’idée de lancer non pas une console en tant que telle, mais une plateforme technique pour une console 32 bits et d’en vendre des licences aux plus offrants. Matsushita, qui se lance le premier en avril 1993 sous la marque Panasonic, mord à l’hameçon, suivi par Goldstar et Sanyo qui sortent leurs propres boîtiers.
Samsung, Toshiba et l’opérateur américain AT&T ont aussi obtenu une licence, sans rien en faire (même si AT&T a présenté un prototype durant l’édition 1994 du CES). L’histoire tourne rapidement court : les consoles sont très chères – la Panasonic FZ-1 est facturée 699 dollars aux États-Unis –, car contrairement aux consoliers traditionnels, les fabricants de 3DO doivent réaliser leur marge sur le matériel.
L’idée de Trip Hawkins était de créer un standard de la console, à la manière du format VHS pour le marché de la vidéo. Techniquement, la 3DO était effectivement en avance sur son temps – sur les consoles 16 bits, en tout cas – avec son processeur ARM 32 bits, à une époque où la Mega Drive et la SNES tournaient sur des puces 16 bits. Le format était aussi pensé dès le départ autour du CD-ROM, qui offrait plus de stockage que les cartouches. La 3DO avait aussi une certaine ambition multimédia, puisqu’elle savait lire les CD audio, gérait la vidéo et servait de système interactif.
Mais ça n’a pas duré très longtemps : en 1994, Sega et Sony disputaient ce titre avec la Saturn d’un côté, et la PlayStation de l’autre. La 3DO sort dans une période de fin de règne où se mêlent une 3D naissante et le CD-ROM. À l’époque, l’industrie sait que l’avenir sera fait de ces deux technologies, mais personne ne sait trop comment les articuler.
Les consoles 3DO n’ont pas manqué de bons jeux comme The Need for Speed, qui connaitra la carrière que l’on sait, ou encore des portages de jeux PC ou arcade qu’aucune autre console ne pouvait proposer avec une telle qualité, comme Alone in the Dark, Myst, Crash’n Burn, Super Street Fighter II Turbo…
Hélas, il n’y a pas eu l’équivalent d’un Mario ou d’exclusivité véritablement emblématique qui aurait permis à la plateforme 3DO de sortir du lot. À côté des jeux reconnus pour leur qualité, la ludothèque se trainait aussi une mauvaise réputation : jeux FMV très datés (avec des vidéos interactives), CD pornos, etc.
Commentaires (4)
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Abonnez-vousIl y a 45 minutes
Il y a 45 minutes
À l'instant
J’aimerais bien savoir lesquels.
Skalalaw ! Nous sommes partis
Il y a 32 minutes
Les "nouvelles générations de joueurs" n'en ont rien à faire des vieux jeux de leurs parents. Et s'ils veulent les découvrir, ils préfèreront acheter une console rétro à 50€ (pour faire tourner des jeux mythiques, comme... euh... et puis aussi... euh...).
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