Ford rappelle les vieux briscards pour épauler son IA déficiente
L’IA passe au contrôle technique
Image : Ford
Le 29 juin à 08h08
Ford a décidé de faire appel à la bonne vieille expérience humaine pour corriger les problèmes de qualité qui affectent ses gammes. Le constructeur automobile états-unien a réembauché des centaines de vétérans pour former la jeune génération et améliorer les outils IA incapables de remplacer, à eux seuls, ce savoir-faire.
Ford rappelle les vieux briscards pour épauler son IA déficiente
L’IA passe au contrôle technique
Image : Ford
Ford a décidé de faire appel à la bonne vieille expérience humaine pour corriger les problèmes de qualité qui affectent ses gammes. Le constructeur automobile états-unien a réembauché des centaines de vétérans pour former la jeune génération et améliorer les outils IA incapables de remplacer, à eux seuls, ce savoir-faire.
IA et algorithmes
IA
4 min
Aux États-Unis, Ford se traîne depuis des années une mauvaise réputation : un manque de fiabilité. En 2023, l’entreprise a ainsi englouti 4,8 milliards de dollars pour éponger les coûts des prises en charge au titre de la garantie de ses voitures, soit 4 % du chiffre d’affaires du constructeur automobile (trois fois plus élevé que le reste de l’industrie). Ford provisionnait à l’époque 1 203 dollars pour les réparations sous garantie sur chaque véhicule vendu, contre 591 dollars en 2019.
Le coût astronomique de la garantie
Des frais énormes que le groupe s’est engagé à résorber. Et cela passe par le retour sur les lignes de production de vétérans. Ces trois dernières années, l’entreprise a réembauché 350 « anciens », des ex-employés Ford et de fournisseurs. Ils forment les salariés plus jeunes, et surtout ils entraînent les outils IA utilisés par le groupe.
« L’intelligence artificielle est un outil formidable, mais elle ne vaut que par les informations utilisées pour l’entraîner », explique Charles Poon, vice-président de l’ingénierie matérielle du géant de Detroit. « Ces dernières années, nous n’avons pas accordé toute l’attention nécessaire à l’expérience de nos ingénieurs les plus chevronnés, ceux qui nous ont accompagnés sur de nombreux cycles de produits », poursuit-il dans une déclaration reprise par Bloomberg.
Ces ingénieurs capés dirigent désormais des réunions obligatoires où les problèmes de qualité sont passés au crible. « Nous nous étions de plus en plus reposés sur des systèmes automatisés de contrôle qualité », ajoute Kumar Galhotra, le directeur des opérations. Ces spécialistes « traquent les points de défaillance avant même qu’une pièce n’arrive sur la ligne de production ».
L’IA désemparée
Résultat : les coûts liés à la prise en charge de la garantie diminuent, « des centaines et des centaines de millions de dollars », se réjouit Jim Farley, le patron de Ford. L’image de marque en profite aussi. Le dernier classement JD Power sur la qualité initiale des véhicules durant les trois premiers mois suivant l’achat montre que Ford dépasse des références en la matière, dont le modèle à suivre, Toyota. En fait, seules les marques de luxe Porsche et Genesis (la marque haut de gamme de Hyundai) ont fait mieux.
Charles Poon bat sa coulpe : « Nous avons cru, à tort, qu’il suffisait d’introduire de l’intelligence artificielle et d’y intégrer nos exigences de conception pour obtenir un produit de grande qualité ». Pour améliorer certains outils d’automatisation et d’IA, le constructeur a compris qu’il fallait les entraîner « par les personnes les plus expérimentées ». L’histoire ne dit pas encore si l’IA saura garder le cap le jour où les vieux briscards ne seront plus là pour lui tenir la main.
Ford n’en reste pas moins le constructeur automobile américain comptant toujours le plus de rappels ; les coûts liés aux garanties devraient tourner autour du milliard de dollars en 2026. La direction espère toutefois que ce volume va se dégonfler avec les nouveaux modèles.
Commentaires (8)
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Abonnez-vousModifié le 29 juin à 08h23
Le 29 juin à 10h18
Le 29 juin à 12h53
Qui aurait pu prédire ?
Notez tout de même que l'on ne rappelle par les brisquards pour les valoriser, mais pour les utiliser comme support de formation.
La même logique quand on demande aux expérimentés d'absolument tout coucher par écrit en espérant pouvoir les dégager et continuer de bénéficier de leur expérience sans plus avoir à les rémunérer.
Mais comme les brisquards se font dégager de partout et embaucher nulle part, peinant en conséquence à trouver de l'emploi à niveau de rémunération adapté… beh ils reviennent dès qu'on les siffle.
Je pense que si vous supposez qu'ils ont bénéficié d'un quelconque pouvoir de négociation individuellement, vous prenez un de vos désirs les plus ardents pour une réalité.
Modifié le 29 juin à 18h10
L'intérêt de la documentation est que d'autres puissent travailler à ta place sans avoir besoin de comprendre ta logique, c'est primordial dans certains secteurs comme le développement logiciel.
J'ai connu une personne qui ne mettait rien par écrit (ou qui expliquait à un tiers qui lui, le mettait par écrit). Au final, personne ne voulait passer derrière lui parce que c'était complément incompréhensible.
Avantage pour lui (et pas pour ses collègues, hélas), il est indélogeable car il détient la connaissance de la logique métier. Dommage que son niveau de compétence ne soit pas associé à ses années d'ancienneté ...
Le 2 juillet à 18h29
Ou pire pour lui ...
Jusqu'à ce qu'on le dégage et que dans la foulée on embauche un jeune dédié à corriger petit à petit toute sa merde ... Tout en disant aux utilisateurs, ah ben machin est parti alors on fait ce qu'on peut, vivez avec.
Le 29 juin à 11h42
Mais .....
Le 29 juin à 12h34
Modifié le 29 juin à 12h01
Qui peut croire que faire les choses à l'arrache aboutit à faire des conneries ? C'est dingue, hein.
PS : les retour en SAV dans l'automobile c'est doublement pénalisant => ça coûte directement (location véhicule, main d'oeuvre, logistique, pièces non vendues etc...) mais surtout l'image de marque et les clients qui vont s'en souvenir. A bon entendeur Stellantis...
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