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Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

L'addiction est un bon filon

Meta va se lancer sur le marché des plateformes de paris en ligne avec « Arena »

Meta a dans les cartons une application, nommée Arena, qui pourrait, à terme, concurrencer Polymarket et Kalshi sur le marché des plateformes de paris en ligne. Celui-ci est cependant assez instable légalement aux États-Unis et se voit critiqué par une partie de la classe politique.

Après le Metaverse, les lunettes connectées et l’IA générative, Mark Zuckerberg a dans le viseur un autre marché du numérique à la mode : les plateformes de paris en ligne. En effet, Meta a dans les cartons une application expérimentale nommée Arena prévue pour concurrencer les deux grosses plateformes du marché, Polymarket et Kalshi.

Des sources du New York Times ont expliqué à nos confrères que, contrairement aux plateformes citées ci-dessus, Meta avait prévu, au moins dans un premier temps, que les utilisateurs d’Arena ne puissent pas utiliser de l’argent réel pour parier. L’idée est de proposer des paris avec un système de points comme dans un jeu vidéo. Mais Meta n’exclut pas d’introduire ensuite des paris utilisant de l’argent réel.

Un projet en « priorité absolue » dans l’entreprise

Si Arena devrait être une application indépendante d’Instagram, Facebook ou WhatsApp, Meta espère bien s’appuyer sur le nombre d’utilisateurs de ces plateformes pour créer rapidement une audience importante à sa plateforme de paris en ligne.

Au sein de l’entreprise, le projet reste étiqueté « expérimental » mais est considéré comme une « priorité absolue » poussée par Mark Zuckerberg.

Des applications qui jouent sur la ligne de la légalité, voire qui la dépasse

Les applications comme Polymarket et Kalshi sont présentées à leurs utilisateurs comme des plateformes de paris. Et elles peuvent générer du revenu en prélevant une commission sur chaque pari. Mais, comme nous l’expliquions, aux investisseurs, elles s’affichent comme de potentiels systèmes de prédiction pour le milieu financier. D’autant plus qu’on a vu apparaitre, rapidement et en nombre, des paris soupçonnés de s’appuyer sur des délits d’initiés. L’administration Trump parie d’ailleurs sur l’IA pour les détecter.

Ça n’empêche pas, pour le moment, des cas de délits d’initiés de faire les titres de la presse états-unienne. Récemment, le Département de la Défense du pays a par exemple lancé lancé une enquête à propos de l’ancien élu à la Chambre des représentants des États-Unis, George Santos.

Et la légalité du marché des applications de paris est remise en cause dans certains États comme celui de New York. La procureure générale de cet État expliquait en avril s’allier avec 37 autres procureurs généraux contre Kalshi, « accusée de proposer illégalement des paris sportifs en violation de la législation de l’État en matière de jeux d’argent ». En mai, l’administration Trump a, de son côté, attaqué la loi récemment votée dans l’État du Minesota contre ce genre de plateforme.

Du côté de Polymarket, les utilisateurs américains doivent utiliser un VPN pour accéder au site autrement qu’en lecture seule. Ça n’a pas empêché l’entreprise de payer des influenceurs américains pour créer et partager des vidéos de promotion de la plateforme montrant de faux gains faramineux.

« Marché de prédiction »

De fait, Meta n’en est pas à son premier essai dans le secteur. En effet, l’entreprise de Mark Zuckerberg (qui s’appelait encore Facebook à l’époque) avait lancé Forecast de façon opportune dans les premiers mois de la pandémie de Covid-19. Le projet, lancé seulement aux États-Unis et au Canada permettait de poser des questions et d’utiliser des points gagnés dans l’application pour faire des prédictions. Ainsi, l’entreprise invitait les personnels de santé et de la recherche de proposer des prévisions concernant la pandémie et ses impacts. Finalement, l’entreprise a fermé le projet au bout d’un peu plus de deux ans.

Concernant le nouveau projet de Meta, le sénateur Richard Blumenthal (démocrate) a réagi sur X, en affirmant : « Meta s’est inspiré des machines à sous pour rendre les enfants accros à Instagram. Aujourd’hui, Zuckerberg transforme son entreprise en marché de prédiction. » Il a ajouté : « Le modèle économique de Meta consiste à tirer profit de la dépendance : enfants, joueurs, etc. Mettons-y un terme grâce à KOSA [le projet de loi fédérale Kids Online Safety Act qu’il porte, ndlr] et à mes projets de loi sur les marchés prédictifs. »

Commentaires (7)

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Le seul moyen de gagner à la roulette, c'est de posséder le casino.
Ceux qui ne le comprennent pas n'ont que ce qu'il méritent.
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C'est un peu facile. L'addiction pathologique au jeu peut-être le resultat de nombreux facteurs, dont certains sont liés à l'offre, a la conception du produit et à sa disponibilité.

Autant rentrer physiquement dans un Casino demande une démarche volontaire (au moins au début), autant ne pas répondre aux dizaines de sollicitations insidieuses qu'il vont bombarder aux usagers de Whatsapp, FB et Insta, c'est autre chose.

Associer la puissance du groupe Meta et ses milliards d'utilisateurs à une offre addictive potentiellement problématique, qu'est-ce qui pourrait mal se passer?
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Et être utilisateur de "Whatsapp, FB et Insta" (et par extension, tous ce genre d'outils), ça ne demande pas "une démarche volontaire (au moins au début)" peut-être ?

Tomber dans une addiction par manque d'informations, ou par des manœuvres qui tiennent de la manipulation, ça va bien quand c'est nouveau. Mais maintenant, qui ignore le caractère délétère de ces outils et autres plateformes ?

Comme pour le tabac, il n'est pas simple d'arrêter de fumer (moins que de ne pas commencer), mais c'est possible; ceux qui ne le font pas sont pour le moins responsables des conséquences sur leur santé.

Je ne plains pas les victimes de l'économie de l'attention.
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cette notion de mérite qui sert à justifier tout et n'importe quoi en rapport avec l'argent, c'est bullshit
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Il y a beaucoup d'autres choses qui ont changé autour.
L'état néolibéral a dénationalisé la française des jeux qui avait un monopole, et tellement libéralisé le secteur que c'est la moitié des pubs que l'on peut croiser dans des transports.
Il y a aussi la tentative de rendre floue la frontière entre épargne et casino, avec aussi beaucoup de publicité qui présentent les cryptomonnaies et des dérivés comme un investissement, alors qu'en pratique elles n'offrent pas plus de garanties que des jetons.
On n'est pas dans le même environnement et celui ci est optimisé pour faire des victimes.
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Y a une technique mais qui est interdite
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L'idée selon laquelle jouer à la loterie peut s'avérer « rationnel » pour les classes populaires malgré une espérance de gain mathématiquement négative est un sujet de sociologie économique. Je ne me souviens plus des références (un article de Pour La Science probablement). Voici ce que Gemini fournit:


  1. La théorie de la privation relative et du piège de la mobilitéJens Beckert et Mark Lutter (2013) – « Why the Poor Play the Lottery: Sociological Approaches to Explaining Class-based Lottery Play » C'est l'étude de référence sur ce sujet précis. Les sociologues Jens Beckert et Mark Lutter démontrent que la consommation de jeux de hasard augmente à mesure que l'on descend dans la structure sociale. L'argument : Pour les individus qui subissent une « privation sociale relative » (l'écart entre leurs aspirations de vie et leurs opportunités réelles), le choix d'acheter un ticket est structurellement rationnel. Face à un horizon professionnel saturé, le loto est le seul levier disponible pour espérer briser le plafond de verre.

  2. Le concept d'investissement asymétriqueEdward J. McCaffery (1994) – « Why the Poor Play the Lottery: The Science of Luck and Hope »Cet économiste et juriste américain a modélisé la rationalité économique derrière ce comportement.L'argument : Pour une personne à faible revenu, économiser $2 €$ par semaine ne changera jamais sa trajectoire financière ou son statut social. La perte de ces $2 €$ a une utilité marginale presque nulle (elle ne prive pas d'un besoin vital). En revanche, le gain potentiel (plusieurs millions) a une utilité marginale infinie, puisqu'il permet de sortir immédiatement de la précarité. L'asymétrie rend le pari logique : sacrifier une somme insignifiante pour acheter la seule opportunité d'accéder au capital.

  3. L'utilité de l'imaginaire (Buying a Dream)Jens Beckert (2016) – « All You Need Is a Dollar and a Dream » Beckert développe ici le concept d'« attentes fictionnelles » (fictional expectations). L'argument : Le joueur n'achète pas seulement une probabilité mathématique d'enrichissement, il achète une utilité procédurale (le plaisir lié à l'acte lui-même). Posséder un ticket valide jusqu'au tirage donne le droit légitime de rêver, de fantasmer une autre vie et d'échapper mentalement à l'aliénation du quotidien. Cette parenthèse d'espoir vaut, pour le joueur, bien plus que le prix du ticket.

  4. La rationalité cognitive et les « bonnes raisons » d'agirRaymond Boudon (2003) – Théorie de la rationalité cognitive et axiologiqueLe sociologue français Raymond Boudon a beaucoup travaillé sur le fait que ce que les économistes qualifient d'« irrationnel » repose souvent sur des « bonnes raisons » lorsque l'on adopte le point de vue de l'acteur en contexte.L'argument : Un individu prend une décision rationnelle si celle-ci fait sens par rapport à sa situation vécue. Si le système social ne garantit plus la mobilité par le mérite, s'en remettre au hasard pur devient une stratégie de rechange parfaitement compréhensible pour tenter de reprendre le contrôle de son destin. En résumé : D'un point de vue purement comptable, le loto est une « taxe sur l'espoir ». Mais d'un point de vue sociologique et de l'utilité globale, c'est un choix cohérent : pour le prix d'un café, c'est l'unique mécanisme de redistribution radicale auquel les classes populaires ont librement accès, là où les autres institutions de l'ascension sociale ont échoué.



Les références pour les points 1,2,3 semblent corrects, le point 4 j'ai des doutes après lecture de l'article.