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Quantique, semi-conducteurs, IA : en France on a des idées, mais on manque de verticalité

L’Europe en mode Raoul sur le quantique : « éparpillé par petits bouts, façon Puzzle »

Quantique, semi-conducteurs, IA : en France on a des idées, mais on manque de verticalité

Pour exister, se développer et lutter contre les puissantes sociétés américaines et chinoises, Français et Européens n’ont pas le choix : ils doivent travailler ensemble. Sur le quantique, il faut la trouver la « killer app » et développer un « TSMC du supraconducteur ».

En marge des annonces sur le quantique d’Emmanuel Macron, nous avons visité une partie des installations du TGCC au CEA, notamment la future chambre du supercalculateur Alice Recoque qui va remplacer Joliot-Curie. C’était aussi l’occasion d’échanger avec Julie Galland, directrice de la recherche technologique au CEA) et Jean-Philippe Nominé, expert HPC au CEA depuis plus de 18 ans.

Il était question de la position de la France et de l’Europe sur les supercalculateurs, le quantique et la microélectronique de manière plus large. Julie Galland nous dresse le portrait des start-ups européennes face aux géants américains qui ont un avantage indéniable : la verticalité. Avec Jean-Philippe Nominé, nous avons parlé des dangers de l’hégémonie de NVIDIA et du choix d’AMD pour le supercalculateur.

Supercalculateur en Chine : pour vivre heureux, vivons cachés

Pour Julie Galland, pas de doute, il faut se rassembler : « C’est très important que, en France bien sûr et en Europe, on arrive à faire collaborer l’ensemble des personnes, des entreprises et des organismes de recherche ensemble, sur toute la chaîne de valeur ».

L’adversaire est de taille : les géants du Net, principalement américains, même s’il ne faut pas oublier les Chinois. Lors de sa visite au CEA, le président de la République a d’ailleurs demandé par deux fois au moins où en étaient les Chinois ? La réponse était plus ou moins la même dans les deux cas : ils ont des capacités, c’est indéniable, mais ils ne communiquent pas dessus (il y a notamment la question de l’embargo américain sur plusieurs composants).

L’exemple le plus frappant est le Top500 des supercalculateurs auquel ne participe plus la Chine depuis plusieurs années maintenant (les résultats sont envoyés de manière volontaire par les centres de calcul). Le pays continue bien évidemment de développer des supercalculateurs, même parmi les meilleurs mondiaux (si ce n’est le numéro un). C’est le cas de LineShine avec ses 2,47 ExaFLOPS de puissance de calcul, dont nous avons découvert le démarrage et les performances au détour d’une publication scientifique.

L’énorme avantage des géants américains (et chinois) sur l’Europe et la France

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Commentaires (9)

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Attention, j'ai l'impression qu'il y a un mélange entre 2 notions : les supra-conducteurs et les semi-conducteurs. Tout ce qui est écrit est exacte mais vu que Julie Galland parle de TSMC (qui produit des semi-conducteurs) et de supraconducteur dans la même phrase, ça jette le trouble.
Du coup, si elle a bien parlé de supraconducteur, c'est intéressant en soi, mais ça n'a pas de rapport avec les semi-conducteurs dont il est question juste après.
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Elle parlait bien de supra-conducteur, TSMC sert d’exemple pour sa main mise sur la fabrication de semi-conducteurs pour les plus grandes sociétés du numérique. Il faudrait donc, selon elle, un équivalent de TSMC pour les supra-conducteurs en Europe, pour alimenter notamment les start-ups et sociétés du quantique :chinois:
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L’entreprise est pour rappel sous embargo américain et ne peut plus faire fabriquer ses puces chez TSMC ni utiliser les machines du néerlandais ASML.
En parlant de ASML, s'est la seul société au monde capable à ce jours de construire des Machines de lithographie. Or seuls ces machines sont capables de fabriquer les puces avec les plus grandes finesses de gravure.
Pour le coups il serait de bonne augure de la "protéger", enfin de pas la laisser se faire racheter par n'importe qui.

Et en passant Veritasium - The World's Most Important Machine
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Nope, tu as aussi les japonais même s'ils ne sont pas au même niveau. La protéger ? Quant tu vois le gouvernement Pays-Bas et ASML plier devant les US pour restreindre Huawei et les autres constructeur chinois je crois que personne ne bougera.
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Protéger une entité européenne et se méfier de fournisseurs issus de puissances menaçant notre souveraineté participent à mon sens d'une même logique : pourquoi opposer une protection d'ASML & une protection contre Huawei ?

Cela manque simplement de cohérence envers les États-Unis, dont pourtant les chercheurs en sécurité savent qu'ils faut se protéger (et certains le font activement) depuis des décennies.
Le seul point que j'accorde à ton commentaire et qu'effectivement, non seulement nous ne les considérons pas comme les adversaires qu'ils ont plutôt toujours été, mais qu'à l'aune de ce que l'on ne peut plus nier savoir sur leur compte depuis 15 ans, les dirigeants des cercles de pouvoir continuent à les traiter en alliés.

Le réveil trop tardif concernant les puces, ainsi que les inexorables délais & surcoûts révélateurs de notre décidément systématique incapacité à ne pas sous-estimer les problèmes, va piquer.
Je généraliserais même le problème plus globalement à la production de composants électroniques, auxquels l'accès illimité semble encore être considéré comme acquis. Ce pourrait être un carnage bien plus gros qu'un certain problème de barrettes.
Pour ne pas parler de la production de biens en général, évidemment.
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Parce que ne pas comprendre que les attaques sur les entreprises ici chinoises ou des pays (même si tu ne les aime pas) en faisant fi du droit, des règles et ou des institutions (OMC, ONU, etc...) n'a fait que les valider, te place dans une position de compromission vis à vis d'autres pays (isolement) voir de vassalisation (ASML ne doit pas vendre certains produits en chine) sans comprendre que ça peut se retourner contre toi.

Les US se sont positionnés contre les entreprises chinoises de mon point de vue à partir de 2005 date à laquelle je m'y suis intéressé surtout sur la tech (et on peut même trouver un historien sur France culture datant ça à la fin des années 90). On se rappellera de Trump I pour dire Oh, combien ça coute Nokia en 2020 appuyé par le ministre de la Justice américain ou que la 5G donnait des maladies. Bref quant tu as autant de truc, on devrait avoir un warning qui s'allume. Tiens d'ailleurs Ericsson a fait un don de 5,5 millions de couronnes suédoises pour l'investiture du président américain élu Donald Trump en 2020 https://www.zonebourse.com/cours/action/ERICSSON-6494918/actualite/Ericsson-a-fait-un-don-de-5-5-millions-de-SEK-pour-l-investiture-de-Trump-Di-48814025/

Se protéger est une chose, mais se positionner avec les US ou utiliser les mêmes pratiques que les US clairement non là ont fait fausse route.
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tu n'as pas regardé la conférence de Huawei qui vient justement de dire "on s'en fou de cette techno", ils ont développer leur propre technique de litho et au lieu de graver tout petit des couches de transistor, ils gravent un peu plus gros mais en 3D et diminuant les distances entre les blocs (donc augmente les debits/latence), et obtiennent les même performance que TSMC. voir la loi de TAU.
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Le souci la dedans et c'est bien abordé dans la vidéo c'est que pour mettre au point la machine EUV, ils ont du faire appel au entreprise tech et leur dollars pour la mettre au point. Il y a donc un souci pour usé de cette entreprise européenne contre les américains
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Et si nous sortions des injonctions pour entrer dans le concret ?

Avoir pléthore de petits acteurs interdépendant, c'est plutôt sain : c'est le fonctionnement d'un système libre & résilient, ce que l'on retrouve dans l'écosystème GNU/Linux ou ce qui forme Internet : l'essentiel est que chacun ne fasse pas forcément grand chose, mais le fasse bien.
C'est d'ailleurs une philosophie prédominante chez les adeptes (amoureux ?) du libre.

La question stratégique de savoir organiser tout ce beau monde vers un objectif commun et pour moi un domaine dans lequel le public, l'État (ou un groupe), trouve sa définition & son rôle à jouer : c'est un enjeu de souveraineté.
Lorgner sur des acteurs intégrés, verticalisés, c'est quelque part vouloir donner les clefs du camion à de telles structures.
Souhaite-t-on donner les clefs du pilotage d'un enjeu souverain à une structure privée répondant aux intérêts de quelques-uns pour répondre à l'intérêt général ? La question absurde étant posée, la réponse devient évidente.

Sortons des injonctions "Y a qu'à/'faut qu'on", et que l'État fasse ce pourquoi il existe :

  • Définir la vision, le(s) objectif(s)

  • Permettre aux entités intéressées d'y souscrire/postuler

  • Fournir le cadre légal de la coopération

  • Fournir les financements en contrepartie de s'assurer la plénitude de gouvernance/contrôle

  • Effectuer la gestion du projet, via l'armée d'administrations & collectivités diverses, en pilotant de manière (dé)centralisée chacun de sujets, en fonction de la pertinence



À une époque, cela se faisait. Le parc nucléaire n'est pas sorti de terre par hasard.
À privatiser à tout va, à ne plus prendre soi-même à bras le corps les sujets de souveraineté et la nécessité de l'investissement public, à supprimer toute capacité de dépense ainsi que toute capacité de recette de l'État le privant de facto de capacité d'investissement, l'État se serait-il dévoyé ? La réponse est dans la question, et la cause à rechercher du côté d'une certaine (non-)"vision", de certaines (non-)"idées" de l'existence de l'État.