Quantique, semi-conducteurs, IA : en France on a des idées, mais on manque de verticalité
L’Europe en mode Raoul sur le quantique : « éparpillé par petits bouts, façon Puzzle »
Le 26 mai à 17h26
Pour exister, se développer et lutter contre les puissantes sociétés américaines et chinoises, Français et Européens n’ont pas le choix : ils doivent travailler ensemble. Sur le quantique, il faut la trouver la « killer app » et développer un « TSMC du supraconducteur ».
Quantique, semi-conducteurs, IA : en France on a des idées, mais on manque de verticalité
L’Europe en mode Raoul sur le quantique : « éparpillé par petits bouts, façon Puzzle »
Pour exister, se développer et lutter contre les puissantes sociétés américaines et chinoises, Français et Européens n’ont pas le choix : ils doivent travailler ensemble. Sur le quantique, il faut la trouver la « killer app » et développer un « TSMC du supraconducteur ».
Hardware
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11 min
En marge des annonces sur le quantique d’Emmanuel Macron, nous avons visité une partie des installations du TGCC au CEA, notamment la future chambre du supercalculateur Alice Recoque qui va remplacer Joliot-Curie. C’était aussi l’occasion d’échanger avec Julie Galland, directrice de la recherche technologique au CEA) et Jean-Philippe Nominé, expert HPC au CEA depuis plus de 18 ans.
Il était question de la position de la France et de l’Europe sur les supercalculateurs, le quantique et la microélectronique de manière plus large. Julie Galland nous dresse le portrait des start-ups européennes face aux géants américains qui ont un avantage indéniable : la verticalité. Avec Jean-Philippe Nominé, nous avons parlé des dangers de l’hégémonie de NVIDIA et du choix d’AMD pour le supercalculateur.
Supercalculateur en Chine : pour vivre heureux, vivons cachés
Pour Julie Galland, pas de doute, il faut se rassembler : « C’est très important que, en France bien sûr et en Europe, on arrive à faire collaborer l’ensemble des personnes, des entreprises et des organismes de recherche ensemble, sur toute la chaîne de valeur ».
L’adversaire est de taille : les géants du Net, principalement américains, même s’il ne faut pas oublier les Chinois. Lors de sa visite au CEA, le président de la République a d’ailleurs demandé par deux fois au moins où en étaient les Chinois ? La réponse était plus ou moins la même dans les deux cas : ils ont des capacités, c’est indéniable, mais ils ne communiquent pas dessus (il y a notamment la question de l’embargo américain sur plusieurs composants).
L’exemple le plus frappant est le Top500 des supercalculateurs auquel ne participe plus la Chine depuis plusieurs années maintenant (les résultats sont envoyés de manière volontaire par les centres de calcul). Le pays continue bien évidemment de développer des supercalculateurs, même parmi les meilleurs mondiaux (si ce n’est le numéro un). C’est le cas de LineShine avec ses 2,47 ExaFLOPS de puissance de calcul, dont nous avons découvert le démarrage et les performances au détour d’une publication scientifique.
L’énorme avantage des géants américains (et chinois) sur l’Europe et la France
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Commentaires (9)
Le 26 mai à 17h46
Du coup, si elle a bien parlé de supraconducteur, c'est intéressant en soi, mais ça n'a pas de rapport avec les semi-conducteurs dont il est question juste après.
Le 27 mai à 08h15
Modifié le 26 mai à 19h54
Pour le coups il serait de bonne augure de la "protéger", enfin de pas la laisser se faire racheter par n'importe qui.
Et en passant Veritasium - The World's Most Important Machine
Le 27 mai à 02h18
Modifié le 27 mai à 07h26
Cela manque simplement de cohérence envers les États-Unis, dont pourtant les chercheurs en sécurité savent qu'ils faut se protéger (et certains le font activement) depuis des décennies.
Le seul point que j'accorde à ton commentaire et qu'effectivement, non seulement nous ne les considérons pas comme les adversaires qu'ils ont plutôt toujours été, mais qu'à l'aune de ce que l'on ne peut plus nier savoir sur leur compte depuis 15 ans, les dirigeants des cercles de pouvoir continuent à les traiter en alliés.
Le réveil trop tardif concernant les puces, ainsi que les inexorables délais & surcoûts révélateurs de notre décidément systématique incapacité à ne pas sous-estimer les problèmes, va piquer.
Je généraliserais même le problème plus globalement à la production de composants électroniques, auxquels l'accès illimité semble encore être considéré comme acquis. Ce pourrait être un carnage bien plus gros qu'un certain problème de barrettes.
Pour ne pas parler de la production de biens en général, évidemment.
Le 30 mai à 22h56
Les US se sont positionnés contre les entreprises chinoises de mon point de vue à partir de 2005 date à laquelle je m'y suis intéressé surtout sur la tech (et on peut même trouver un historien sur France culture datant ça à la fin des années 90). On se rappellera de Trump I pour dire Oh, combien ça coute Nokia en 2020 appuyé par le ministre de la Justice américain ou que la 5G donnait des maladies. Bref quant tu as autant de truc, on devrait avoir un warning qui s'allume. Tiens d'ailleurs Ericsson a fait un don de 5,5 millions de couronnes suédoises pour l'investiture du président américain élu Donald Trump en 2020 https://www.zonebourse.com/cours/action/ERICSSON-6494918/actualite/Ericsson-a-fait-un-don-de-5-5-millions-de-SEK-pour-l-investiture-de-Trump-Di-48814025/
Se protéger est une chose, mais se positionner avec les US ou utiliser les mêmes pratiques que les US clairement non là ont fait fausse route.
Le 27 mai à 11h53
Le 27 mai à 12h36
Modifié le 1er juin à 15h38
Avoir pléthore de petits acteurs interdépendant, c'est plutôt sain : c'est le fonctionnement d'un système libre & résilient, ce que l'on retrouve dans l'écosystème GNU/Linux ou ce qui forme Internet : l'essentiel est que chacun ne fasse pas forcément grand chose, mais le fasse bien.
C'est d'ailleurs une philosophie prédominante chez les adeptes (amoureux ?) du libre.
La question stratégique de savoir organiser tout ce beau monde vers un objectif commun et pour moi un domaine dans lequel le public, l'État (ou un groupe), trouve sa définition & son rôle à jouer : c'est un enjeu de souveraineté.
Lorgner sur des acteurs intégrés, verticalisés, c'est quelque part vouloir donner les clefs du camion à de telles structures.
Souhaite-t-on donner les clefs du pilotage d'un enjeu souverain à une structure privée répondant aux intérêts de quelques-uns pour répondre à l'intérêt général ? La question absurde étant posée, la réponse devient évidente.
Sortons des injonctions "Y a qu'à/'faut qu'on", et que l'État fasse ce pourquoi il existe :
À une époque, cela se faisait. Le parc nucléaire n'est pas sorti de terre par hasard.
À privatiser à tout va, à ne plus prendre soi-même à bras le corps les sujets de souveraineté et la nécessité de l'investissement public, à supprimer toute capacité de dépense ainsi que toute capacité de recette de l'État le privant de facto de capacité d'investissement, l'État se serait-il dévoyé ? La réponse est dans la question, et la cause à rechercher du côté d'une certaine (non-)"vision", de certaines (non-)"idées" de l'existence de l'État.
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