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Vers la fin du « 100 % renouvelable » ? La réforme du Scope 2 fait grincer des dents

Le courant ne passe pas

Vers la fin du « 100 % renouvelable » ? La réforme du Scope 2 fait grincer des dents

Illustration : Flock

Une partie de l’industrie s’est levée comme un seul homme pour s’opposer à une réforme des règles de calcul des émissions indirectes de CO₂. Porté par le Greenhouse Gas Protocol, ce projet a pour objectif d’améliorer la fiabilité des données et leur utilité pour les politiques climatiques. Au vu de l’environnement politique aux États-Unis et des contraintes économiques, ces changements sont explosifs.

De grands groupes états-uniens (Apple, Amazon, FedEx, Akamai, GM, eBay…) mais aussi internationaux (BYD, Luxshare, Hon Hai…) ont signé une déclaration publique pour s’opposer à la réforme portée par le Greenhouse Gas Protocol qui veut donner davantage de transparence dans le calcul des émissions indirectes de gaz à effet de serre. C’est ce qu’on appelle le Scope 2, qui concerne les émissions liées à l’énergie (électricité, chaleur…) achetée et consommée par une entreprise.

Le Scope 1 correspond aux émissions directes, le Scope 3 mesure quant à lui toutes les autres émissions (indirectes), des fournisseurs au transport de marchandises, en passant par le déplacement des employés…

Du renouvelable en différé

Si ces émissions sont indirectes, c’est parce qu’elles sont attribuées à l’entreprise qui consomme une énergie produite ailleurs. Les émissions produites par une centrale électrique pour le compte d’une autre entreprise sont comptabilisées en Scope 2. La communication de ces émissions indirectes peut être obligatoire en fonction des régions.

Dans l’Union européenne, la directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité (CSRD), en cours d’application à l’échelle du continent, doit présenter les émissions Scope 1 et Scope 2, ainsi que Scope 3 si l’information est pertinente en regard de l’activité de l’entreprise.

Le Greenhouse Gas Protocol (GHGP) est utilisé partout dans le monde, en Europe comme en Asie et aux États-Unis, c’est un référentiel qui, depuis 2015, sert de base à de nombreux cadres réglementaires. Les règles plus strictes de la réforme en cours ont été imaginées pour limiter les risques de greenwashing : le texte propose un alignement horaire entre la production et la consommation.

Les entreprises « compensent » leur consommation d’énergie fossile en achetant des certificats d’électricité renouvelable sur une base annuelle sans nécessairement refléter leur consommation réelle heure par heure. 

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Commentaires (4)

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Les organisations craignent que la réforme du GHGP apporte « des gains limités en matière de précision du calcul des émissions de carbone », « ralentisse la décarbonation », décourage les achats volontaires d’énergie propre et entraîne une hausse des prix de l’électricité.
Ils craignent surtout que les bricolages (garanties d'origine, et autres comptabilisations purement virtuelles) soient plus visibles et que leur image de verdissement en prenne un coup.
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C'est pas mal, je trouve, comme initiative de la part des entreprises qui font du greenwashing, de nous donner une liste de celles qui le pratique. 😁
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Tellement d'entreprises jouent avec les conditions de calcul...

Les scopes 1 et 2 sont faciles à calculer et semblent logiques, surtout avec la réforme mentionnée qui évitera les abérrations franches. Mais le scope 3 c'est le fond du problème de l'environnement dans un monde capitaliste : les objets / la fabrication.

Dans le domaine de la transmission de l'énergie, certains exploitants ont graduellement des contraintes réglementaires sur leurs scopes 1 et 2. Par contre ils n'ont rien pour le 3...

Imaginez, on produit sur commande et mesure un équipement pour eux et eux disent que les émissions (on parle de milliers+ de tonnes de CO2eq) seraient à prendre chez nous...
C'est absurde, tord la concurrence et surtout contre productif. Nous on va dire la même chose pour nos fournisseurs et eux aussi. A la fin le scope 3 disparaît.

C'est comme si on arrêtait de dire que manger de la viande a un fort impact CO2 car ce n'est pas moi qui la "fabrique", c'est l'éleveur. Et lui dira que ce n'est pas lui, mais la vache qui rote ! Problème réglé, à vos hamburgers...
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Mais le scope 3 c'est le fond du problème de l'environnement dans un monde capitaliste : les objets / la fabrication.
C'est pas seulement les objets, c'est aussi les billets d'avion des employés, leurs trajets pour venir travailler, bref absolument tout ce qui n'est pas dans les scopes 1 et 2. Se limiter aux objets passe à côté d'un gros bout du problème.
C'est comme si on arrêtait de dire que manger de la viande a un fort impact CO2 car ce n'est pas moi qui la "fabrique", c'est l'éleveur. Et lui dira que ce n'est pas lui, mais la vache qui rote ! Problème réglé, à vos hamburgers...
Le CO2 de la viande, c'est pas seulement les rots du ruminant, c'est avant tout la quantité de cultures nécessaires à nourrir le futur hamburger (avec ce que ça implique de consommation de carburant et d'intrants pour que ça pousse, la récolte, le transport jusqu'aux bestiaux, etc.).