[MàJ] IA : Grammarly suspend son outil de révision à la manière de vos auteurs préférés
Sloppelgänger
Illustration : Flock
Mathilde Saliou
Le 12 mars à 09h03
Désormais équipé d’intelligence artificielle générative, l’assistant d’écriture Grammarly proposait jusqu’au 11 mars des « révisions expertes » supposées émaner de personnalités réelles. Next a repéré les noms d’Annie Ernaux, Valérie Masson-Delmotte ou Florence Aubenas, entre autres personnalités de la recherche, de la littérature ou des médias français. Plusieurs des personnes citées indiquent ne pas avoir donné leur accord à un tel usage de leur nom.
[MàJ] IA : Grammarly suspend son outil de révision à la manière de vos auteurs préférés
Sloppelgänger
Illustration : Flock
Désormais équipé d’intelligence artificielle générative, l’assistant d’écriture Grammarly proposait jusqu’au 11 mars des « révisions expertes » supposées émaner de personnalités réelles. Next a repéré les noms d’Annie Ernaux, Valérie Masson-Delmotte ou Florence Aubenas, entre autres personnalités de la recherche, de la littérature ou des médias français. Plusieurs des personnes citées indiquent ne pas avoir donné leur accord à un tel usage de leur nom.
Le 12 mars à 09h03
Société numérique
Société
9 min
Mise à jour 12 mars, 08h48 : ajout de la plainte déposée contre Grammarly et de la suspension de fonctionnalité.
Mise à jour 11 mars, 16:30 : ajout de la réponse de Valérie Masson-Delmotte
Assistant d’écriture, Grammarly proposait jusqu’au 11 mars des révisions d’IA « expertes » supposées imiter le travail de n’importe quel auteur de fiction ou de non-fiction, vivant ou mort. Spécialiste de la relecture orthographique et grammaticale, Grammarly s’est renommé en octobre « Superhuman ». L’idée, expliquait alors son PDG Shishir Mehrotra : refléter l’évolution de ses outils et services alors que ceux-ci étaient alimentés de fonctionnalités d’IA générative. L’outil d’aide à l’écriture, lui, garde son nom initial.
Outre ce nouveau nom évoquant un dépassement de l’humain, une nouvelle fonctionnalité de l’outil Grammarly crée le débat, depuis la publication d’un premier article de Wired sur le sujet. Son nom : Expert review. Accessible aux utilisateurs payants, cette révision assistée par IA propose une série de noms d’auteurs, de chercheurs ou de journalistes réels, supposés fournir leurs avis pour améliorer le texte en cours d’élaboration.
Testée depuis le français et l’anglais, la machine nous propose par exemple des relectures du présent article par les chercheuses Kate Crawford (notamment autrice du Contre-atlas de l’intelligence artificielle) et de Timnit Gebru (notamment co-autrice d’un célèbre article sur les « perroquets stochastiques »). Sur des extraits de fiction, la machine nous suggère des reprises supposément données par les autrices Annie Ernaux, Delphine de Vigan ou Marie Darrieussecq. Sur d’autres tests, elle nous propose des éditions présentées comme appuyées sur les travaux des chercheuses Geneviève Pruvost, Valérie Masson-Delmotte, ou encore de la journaliste Florence Aubenas.
Concernée par ces usurpations d’identité d’un nouveau genre, la journaliste Julia Angwin a déposé plainte le 11 mars contre Grammarly, en son nom et en celui d’autres personnes dans la même situation. Dans la soirée, Shishir Mehrotra a indiqué que Grammarly suspendait la fonctionnalité Expert review.
Chercheuses et écrivains automatisés fournissent des suggestions d’édition
Quelques heures plus tôt, nous avons mené l’expérience en français et en anglais sur plusieurs textes journalistiques ou de fiction de l’autrice de ces lignes (traduits avec Deepl lorsqu’ils venaient du français).
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Commentaires (10)
Le 11 mars à 16h16
https://hachyderm.io/@evacide/116207648749663738
L'aspect intéressant c'est qu'elle bosse à l'EFF (Electronic Frontier Foundation) qui défend les libertés et les droits sur internet et ils ont des juristes assez compétents sur le sujet…
Le 11 mars à 20h00
Le 11 mars à 16h41
Que cette aide à l'écriture ait été abreuvée d'ouvrages sans l'accord préalable de leurs auteurs, ça pose déjà de nombreux soucis éthiques.
Mais que ça exploite en plus l'image et le nom d'auteurices sans leur consentement, je trouve ça juste dingue...
_À l'extrême rigueur_, que l'entreprise rémunère des professionnels pour créer des textes dans des styles différents afin d'alimenter un LLM d'aide à l'écriture, pourquoi pas. Que ça permette de générer du texte avec des étiquettes génériques, pourquoi pas aussi (genre "roman noir américain du XXe", "roman de gare à la française", "comédie sentimentale début XXIe"...).
Mais là...
Le 11 mars à 21h03
Le 11 mars à 22h25
Un LLM avait du leur dire que ça serait une idée géniale de la mettre en place…
Le 12 mars à 09h22
(Bon, le mieux serait d'avoir du versionning et de pouvoir faire des diffs :p )
Modifié le 12 mars à 09h39
(Je vais voir comment je peux faire ça élégamment)
Le 12 mars à 12h06
Le 12 mars à 16h13
Le 13 mars à 08h35
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