IA : les « travailleurs du clic » à bas coûts sont eux-mêmes remplacés par des « experts »
Well, that escalated quickly
Après avoir été massivement employés pour annoter, corriger et étiqueter les données utilisées pour entraîner les IA, les « travailleurs du clic » œuvrant majoritairement dans des pays permettant à leurs employeurs de les sous-payer sont de plus en plus remplacés par des experts susceptibles d'améliorer les modèles dits « de raisonnement » des IA avancées.
Le 22 juillet à 16h42
8 min
IA et algorithmes
IA
De grandes entreprises spécialisées d'intelligence artificielle ont commencé à remplacer certains de leurs « étiqueteurs de données » et « travailleurs du clic » africains et asiatiques « low cost » par des spécialistes hautement rémunérés, en vue de créer des modèles plus « intelligents » et plus puissants, rapporte le Financial Times.
Le FT mentionne plus particulièrement Scale AI, Turing et Toloka, qui recrutent des experts en code, biologie ou en finance afin de les aider à disposer de données d'entraînement « plus sophistiquées », qualifiées d' « essentielles au développement de la prochaine génération de systèmes d'IA ».
L'essor des modèles dits « de raisonnement », tels que o3 d'OpenAI et Gemini 2.5 de Google, aurait accéléré l'abandon du recours à des milliers de « travailleurs du clic » dans des pays tels que le Kenya et les Philippines, généralement payés moins de 2 dollars de l'heure pour annoter les énormes ensembles de données utilisés pour former les modèles d'IA.
Meta investit 15 milliards de dollars, et licencie employés et sous-traitants
Dans le même temps, le FT constate un afflux massif d'investissements dans des start-ups spécialisées dans l'étiquetage des données. Meta a ainsi récemment investi 15 milliards de dollars pour racheter 49 % des parts de l'entreprise états-unienne Scale AI, doublant sa valorisation à 29 milliards de dollars.
Dans la foulée, Scale AI annonçait le licenciement de 14 % de ses effectifs, soit 200 employés, mais également qu'elle cesserait de travailler avec 500 de ses sous-traitants.
En mars, l'entreprise californienne Turing avait de son côté levé 111 millions de dollars, se retrouvant ainsi valorisée à 2,2 milliards de dollars, tandis que Bezos Expeditions, la société personnelle de Jeff Bezos, avait mené en mai une levée de fonds de 72 millions de dollars pour le néerlandais Toloka, créé par un ancien directeur du russe Yandex.
Les tâches de « travailleurs du clic » sont désormais automatisées
Les « étiqueteurs de données » ont longtemps été employés, rappelle le FT, à effectuer des tâches relativement simples et répétitives consistant, par exemple, à entraîner les IA à mettre les bons mots sur des images, parfois particulièrement pénibles, afin d'empêcher ces mêmes IA de relayer des contenus violents ou choquants.
Or, nombre de ces tâches peuvent désormais être automatisées, explique au FT Olga Megorskaya, directrice générale et cofondatrice de Toloka, et la demande a donc considérablement diminué. A contrario, la course à la « superintelligence » pousse de grandes entreprises telles qu'OpenAI, Anthropic et Google à recourir à des experts susceptibles d'examiner des problèmes complexes.
Il reste 64% de l'article à découvrir.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un journalisme indépendant,
libre de ton, sans pub et sans reproche.
Accédez en illimité aux articles
Profitez d'un média expert et unique
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
IA : les « travailleurs du clic » à bas coûts sont eux-mêmes remplacés par des « experts »
-
Meta investit 15 milliards de dollars, et licencie employés et sous-traitants
-
Les tâches de « travailleurs du clic » sont désormais automatisées
-
Des salaires supérieurs de 20 à 30 % à leurs emplois actuels
-
Des millions d'ingénieurs et experts ès-AI supervisés... par des IA
Commentaires (4)
Le 22/07/2025 à 17h46
Merci @Jean-MarcManach de nous éclairer sur ça, c'est assez perturbant.
y'a tout un tas de jobs qui vont disparaître les prochaines années, à priori.
Le 22/07/2025 à 18h00
Le 23/07/2025 à 10h00
Le 23/07/2025 à 14h15
Résultat : niveau nul, A2
Je dis que c'est n'importe quoi, je travail depuis 5ans entièrement en anglais, la RH revoit la session : "Oui effectivement vous parlez bien".
C'est pas du tout au point, le tunning ne doit pas aller, ou l'interprétation des accents est trop aléatoire.
C'est le problème actuel, on donne tout à l'IA, alors que c'est pas fiable, et qu'on ne prévient même pas le candidat de comment se comporter.
Ca aurait été un "dialogue" avec l'IA, j'aurais pu adapter la prononciation/épeler différemment pour me faire comprendre mais là ça ressemblait plus à un centre d'appel ou on finit par hurler à force qu'ils nous répètent : "je n'ai pas compris, veuillez réessayer".
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?