#Le brief du 15 mai 2026

Meta promet des discussions « vraiment privées » avec son IA

Meta inaugure les discussions incognito avec son assistant IA. Les conversations resteront privées entre Meta AI et l’interlocuteur humain, et elles seront supprimées sans tarder.

Pour Instagram, discuter avec des humains ne mérite pas de protection renforcée : le chiffrement de bout en bout qui empêchait jusqu’à présent quiconque d’accéder à une conversation dans la messagerie de l’app a en effet été supprimé le 8 mai. La fonction était très peu utilisée, a affirmé l’entreprise (elle était aussi compliquée à utiliser).

En revanche, discuter avec une IA nécessite (probablement) un luxe de précautions diverses et variées. La nouvelle fonction Discussion Incognito de l’assistant Meta AI permet de discuter en toute confidentialité avec l’assistant dans WhatsApp, ainsi que dans son application dédiée. La conversation est traitée dans un « environnement sécurisé » basé sur la technologie maison de traitement privé des requêtes envoyées au bot, lancée l’an dernier.

À l’instar du chiffrement de bout en bout, cette technologie empêche quiconque d’espionner en douce une conversation avec l’assistant, pas même Meta qui publie un livre blanc sur le sujet. À cela s’ajoute la disparition des discussions quand la session est terminée. Par ailleurs, elles ne sont pas enregistrées sur les serveurs.

Image : Meta

Meta précise perfidement que si d’autres apps intègrent des fonctions proches de ce mode incognito, « les questions posées et les réponses envoyées leur restent visibles ». Le chat temporaire de ChatGPT conserve les conversations jusqu’à 30 jours, contre 72 heures chez Gemini. « Il s’agit du premier grand produit d’IA pour lequel aucune trace de vos conversations n’est stockée sur des serveurs », s’enorgueillit Mark Zuckerberg.

Les discussions avec les bots peuvent aller au-delà du trivial ou des requêtes pour le travail. Beaucoup d’utilisateurs posent des questions très personnelles sur la gestion de leurs finances ou la santé (à consommer avec modération, tout de même). Durant la présentation de ChatGPT Health, OpenAI avait ainsi expliqué que la santé était un des usages les plus courants de son bot. On comprend dès lors que personne ne veuille partager ces informations avec un tiers, à plus forte raison s’il s’agit d’une entreprise dont le modèle économique repose quasi exclusivement sur l’attention et le ciblage publicitaire.

Le Sovereign Tech Fund allemand investit plus d’un million d’euros dans KDE

Le Sovereign Tech Fund allemand investit près de 1,3 million d’euros dans le développement des logiciels KDE. Cet investissement « servira à renforcer la fiabilité et la sécurité structurelles de l’infrastructure centrale de KDE, notamment Plasma, KDE Linux et les frameworks qui sous-tendent ses services de communication », précise son communiqué :

« KDE mettra à profit l’investissement du Sovereign Tech Fund pour faire passer ses logiciels essentiels à un niveau supérieur, offrant ainsi à chaque individu, entreprise et administration publique la possibilité de retrouver sa vie privée, sa sécurité et le contrôle de sa souveraineté numérique. »

Illustration : Flock

Filiale de SPRIND, l’Agence fédérale pour l’innovation disruptive du ministère fédéral allemand de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, la Sovereign Tech Agency avait déjà investi 1M€ en 2023 pour moderniser la plateforme, améliorer les outils et l’accessibilité, et prendre en charge des fonctionnalités d’intérêt public de GNOME.

Depuis 2022, le Sovereign Tech Fund a investi plus de 37M€ dans 108 technologies. La liste de ses investissements en cours montre qu’elle a aussi investi dans Samba, FFmpeg, FreeBSD, OpenStreetMap, Arch Linux, systemd, PHP, Drupal, Reproducible Builds, ActivityPub, Let’s Encrypt, Mastodon, ainsi que dans les fondations Rust, OpenSSL, Python et Trifecta. Elle avait aussi préalablement investi dans systemd, Wireguard, OpenPGP, curl, coreutils, Fortran, GStreamer, ou encore Log4j.

Le Royaume-Uni ouvre une enquête sur la position dominante de Microsoft

L’Autorité de la concurrence et des marchés britannique (Competition and Markets Authority, CMA) a déclaré que son enquête viserait à déterminer si le regroupement de Windows, Word, Excel, Teams, Copilot et d’autres produits constituait une pratique anticoncurrentielle tels que les licences cloud, rapporte l’agence Reuters.

L’enquête britannique examinera également comment les concurrents dans le domaine de l’IA ont pu s’intégrer aux logiciels professionnels de Microsoft, a déclaré la CMA. Dans son communiqué, elle indique vouloir recueillir l’avis des entreprises, y compris des start-ups technologiques, des clients et des concurrents, afin de déterminer si leurs choix sont susceptibles d’être limités, « notamment en raison de la vente liée, du manque d’interopérabilité et des paramètres par défaut » :

« Des centaines de milliers d’entreprises et d’organismes du secteur public britanniques utilisent quotidiennement les logiciels professionnels de Microsoft (tels que Windows, Word, Excel, Teams et, de plus en plus, Copilot), avec plus de 15 millions d’utilisateurs professionnels à l’échelle de son écosystème. L’écosystème de Microsoft joue donc un rôle important pour la productivité de l’économie britannique. »

Flock

Un porte-parole de Microsoft a déclaré que l’entreprise américaine était « déterminée à collaborer rapidement et de manière constructive avec la CMA afin de faciliter son examen du marché des logiciels d’entreprise ».

Reuters rappelle que Microsoft fait déjà l’objet d’enquêtes antitrust à l’échelle mondiale, notamment au sein de l’Union européenne et aux États-Unis, portant sur ses logiciels d’entreprise, ses activités de cloud computing et ses partenariats dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Revente de données volées : un jeune de 19 ans incarcéré de retour de Thaïlande

ZDNet a appris du parquet de Paris qu’un jeune homme de 19 ans, de retour de vacances en Thaïlande, a été mis en examen et placé en détention provisoire ce jeudi 14 mai.

Il est soupçonné d’être le créateur de « C3N Backup », un portail qui usurpait le nom et le logo du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie.

capture d’écran du portail « Identité numérique C3N » – archive.org

Le site proposait d’accéder à des informations d’identification à partir de différents critères : identité, téléphone, adresse e-mail ou plaque d’immatriculation.

Le parquet de Paris explique qu’il s’agissait d’un site de « lookup », du nom des services illégaux agrégeant des bases de données illicites à des fins malveillantes. Il permettait en outre d’obtenir des identifiants bancaires, données médicales ou liées à la détention d’armes à feu.