#Le brief du 02 octobre 2025

Cybersécurité : Éléna Poincet, cofondatrice et ex-PDG de Tehtris, est limogée

C’est via un communiqué de presse des plus succincts que l’annonce a été faite : « Tehtris, éditeur européen et pionnier de l’automatisation de la cybersécurité, annonce aujourd’hui une évolution de sa gouvernance »… et pas un petit changement.

Éléna Poincet, cofondatrice et ancienne présidente-directrice générale, quitte ses fonctions sur le champ. « Le conseil d’administration et les actionnaires la remercient pour son rôle décisif dans la création et le développement » de l’entreprise, précise quand même le communiqué.

Elle est remplacée par deux personnes, un changement de gouvernance qui n’est pas sans rappeler celui d’Orange après le départ de Stéphane Richard en 2022. Richard Vacher Detournière (administrateur indépendant depuis près de trois ans) devient ainsi président exécutif (le « P » de l’ancien poste de PDG). De son côté, Jean-Philippe Lion est directeur général (le « DG » dans PDG) en charge de superviser l’ensemble des opérations.

Dans une interview dans Welcome to the Jungle, Éléna Poincet revenait sur son parcours, notamment d’agent des renseignements français. Elle était en effet « militaire dans les troupes d’élite pendant 12 ans, puis agente pour la DGSE durant 14 ans ». « J’ai décidé d’arrêter en 2009 lorsque j’ai rencontré Laurent Oudot en mission, avec qui j’ai ensuite fondé Tehtris. Il était aussi à la DGSE. Ça a été un coup de foudre professionnel et sentimental », explique-t-elle.

Si la mention d’Éléna Poincet a purement et simplement disparu de la page du Comex de l’entreprise, Laurent Oudot (l’autre cofondateur) est toujours présent au poste de Chief Technology Officer (CTO, directeur technique). La page a été mise à jour un peu rapidement puisqu’on peut toujours lire que le directeur financier « travaille en étroite collaboration avec les Co-fondateurs », mais il n’y en a plus qu’un dans l’entreprise.

Il y a toujours six personnes au Comex, mais comme Élena Poincet est remplacée par deux personnes, cela signifie qu’il y a un autre départ. Et effectivement, Megs Suratkal (Chief Customer Experience Officer) n’est plus présent.

Avant/après du Comex de Tehtris :

Il y a quelques jours, La Tribune expliquait que Tehtris était « dans le creux de la vague » et que l’entreprise était « contrainte de licencier pour se donner du temps ». De 260 employés, elle est passée à environ 150 salariés en 2025 et « a été contrainte par ses actionnaires de déclencher un plan de sauvegarde de l’emploi ».

Dans un nouvel article, nos confrères précisent que « Tehtris vient de faire homologuer un plan de suppression de 43 postes, soit environ 25 % de l’effectif ». L’ex-PDG est de son côté « poussée vers la sortie ». Entre 2020 et 2022, l’entreprise avait pour rappel levé 64 millions d’euros auprès de plusieurs acteurs.

D’après Les Echos, « ce sont justement les actionnaires, notamment Tikehau Ace Capital et Jolt Capital Partners qui ont sifflé la fin de la partie ». Selon nos confrères, le nouveau président Richard Vacher Detournière n’est pas tendre avec l’ex-PDG : « L’entreprise a connu un fort développement, négligeant peut-être de construire des bases solides ». La nouvelle direction de l’entreprise promet « un mode de management différent ».

L’augmentation du prix de la mémoire tire vers le haut les tarifs des Raspberry Pi

Dans un billet de blog, Eben Upton, le papa des Rasbperry Pi, explique que la mémoire utilisée par les micro-ordinateurs « coûte environ 120 % de plus qu’il y a un an ». Selon lui, le responsable n’est pas à chercher loin : l’envolée des prix est due à l’« insatiable demande » en High Bandwidth Memory (HBM) pour les puces dédiées à l’IA, entraînant des pénuries sur d’autres segments de mémoire.

La fondation explique avoir commencé 2025 avec « des stocks substantiels » de mémoire permettant de maintenir les prix publics, mais l’heure est à la hausse afin « de répercuter une partie de ce coût ». Les hausses varient de 5 dollars sur les Raspberry Pi 3B+, ainsi que Compute Module 4 et 5 avec 4 Go, à 10 dollars pour les versions 8 Go. Pour le Compute Module 4, cela a pour effet d’annuler purement et simplement la baisse de prix de mai.

10 dollars aussi de plus pour le Raspberry Pi 500 qui passe ainsi à 100 dollars. La fondation précise « maintenir le prix du kit Raspberry Pi 500 à 120 $, en échange d’une marge fortement réduite ». Rien concernant le Raspberry Pi 500 + qui vient d’être annoncé, la pénurie était donc déjà prise en compte.

[MàJ] Internet est de retour en Afghanistan

Les coupures ont commencé lundi en fin de journée, comme l’explique Le Monde. Depuis quelques semaines, les connexions sont ralenties, voire partiellement coupées, mais là, c’est un black-out sur le territoire, le premier depuis le retour des talibans au pouvoir (2021). « Cette mesure a été prise pour prévenir le vice », affirmait le responsable d’une province du Nord mi-septembre, lors des premières coupures. En juin, c’était l’Iran qui se coupait d’Internet pendant plusieurs jours.

Nos confrères rapportent que, pour l’ONU, cette coupure des communications a des « répercussions extrêmement graves » sur l’accès aux informations, le système bancaire, aérien… Internet est aussi une fenêtre sur le monde et permet de communiquer entre proches. L’ONU ajoute que « les femmes et les filles, déjà exclues de la vie publique, sont particulièrement touchées ».

Un responsable du gouvernement taliban a expliqué à l’AFP (repris par Le Monde), sous couvert d’anonymat, que la coupure durerait « jusqu’à nouvel ordre ». Il ajoutait que « cela se fera progressivement [dans la nuit de lundi], de 8 000 à 9 000 pylônes de télécommunications seront mis hors service […] Il n’y a aucun autre moyen ou système pour communiquer (…) : le secteur bancaire, les douanes, tout le pays sera affecté ».

Selon NetBlocks, une organisation de surveillance de la liberté sur Internet, Internet est de retour depuis mercredi après-midi, après deux jours de black-out. Le Monde précise que ce retour a suscité « des scènes de liesse parmi la population, notamment dans la capitale afghane ».