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Au Grand collisionneur de hadrons, des tests grandeur nature pour la haute luminosité

Le 24 février à 12h12

Dans un communiqué, le CERN ne cache pas sa joie et annonce avoir « franchi une étape importante dans la progression du projet Grand collisionneur de hadrons à haute luminosité (HiLumi LHC), avec le début du refroidissement cryogénique à 1,9 K (‑271,3 °C) d’un banc d’essai de 95 m de longueur », une opération qui devrait prendre plusieurs semaines. Il s’agit d’une réplique grandeur nature de l’installation qui se trouve sur le Grand collisionneur de hadrons.

Si tout se passe bien, la mise en place est prévue pour l’été prochain avec « le lancement de quatre années de travaux de grande envergure au cours du troisième long arrêt (LS3) ». Le LS3 était prévu pour 2025 à 2027, avant d’être repoussé et rallongé à partir de mi-2026.

Le retour des opérations est donc prévu pour 2030. L’accélérateur sera de nouveau mis à l’arrêt et amélioré en 2034 et 2035, avant de passer au Run 5.

Dans le cas présent, la luminosité correspond au nombre de collisions de particules. Avec la haute luminosité, elle « sera multiplié par dix, ce qui augmentera très fortement le volume de données de physique disponibles pour la recherche ». « Ce bond en avant permettra d’étudier avec une précision inédite le comportement du boson de Higgs et d’autres particules élémentaires, voire éventuellement de découvrir de nouveaux phénomènes rares », explique le CERN.

Mark Thomson, directeur général du CERN, tient à mettre les points sur les i : « On ne soulignera jamais assez l’importance et l’intérêt du LHC à haute luminosité. C’est le plus grand projet entrepris par le CERN depuis 20 ans […] Il permettra d’étudier pour la première fois comment le boson de Higgs interagit avec lui-même : cette mesure clé pourrait nous aider à faire la lumière sur les premiers instants de l’Univers et son évolution ».

Il ajoute que « le LHC à haute luminosité servira également à explorer de nouveaux horizons, et pourrait conduire à des découvertes inattendues. C’est tout l’intérêt de sonder l’inconnu : on ne sait pas ce qui s’y trouve ». Il faudra être patient. Les mesures ne débuteront pas avant 2030, et il faudra ensuite les analyser.

Le 24 février à 12h12

Commentaires (5)

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Merci pour l'article hautement éclairant.

(Je sais elle est facile, mais ce ne pas parce-que c'est facile qu'il ne faut pas le faire. ;-) )

PS : Je sais déjà que je ne suis pas une lumière, et que mon humour est saturé de boson de Higgs... il est lourd quoi ...:dent:
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Le DG du CERN n'a pas résisté non plus :
le « LHC à haute luminosité [...] pourrait nous aider à faire la lumière sur les premiers instants de l’Univers »
(alors que la lumière a mis 380 000 ans pour s'échapper de la "soupe primordiale")...
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C'est sans doute compliqué vu que c'est une installation unique mais c'est courant d'avoir autant de temps d'interruption par rapport au temps effectif d'utilisation ?
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A mon avis le calibrage/centrage des aimants, la descente stabilisée en température et autres subtilités doivent prendre du temps.
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Principalement à cause de la taille et de l’emplacement du LHC : 27km en tunnel!
Il n’est pas possible d’augmenter de façon exponentielle le nombre d’intervenants dans le tunnel pour des raisons de sécurité.

Au Grand collisionneur de hadrons, des tests grandeur nature pour la haute luminosité