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Google annonce un investissement de 13 milliards d’euros en Finlande

Google promet d’investir dans les deux prochaines années en Finlande la somme de 13 milliards d’euros pour financer des projets d’infrastructures dans le sud et le centre du pays.

Dans un communiqué de presse publié ce mercredi 9 septembre, Google affirme que « cela comprend les investissements dans des centres de données et d’autres infrastructures de soutien, ainsi que des partenariats à Hamina, Kajaani, Muhos et Vaala [des villes situées au sud et au centre du pays] ».

Concernant les «  infrastructures de soutien », l’entreprise parle, de fait, de centrales, de barrages et du réseau électriques du pays. Ainsi, Google évoque un partenariat avec les entreprises Fingrid et Business Finland pour « identifier des sites pour l’infrastructure de Google et mettre en place un raccordement respectueux du réseau », un contrat de 22 ans avec Fortum pour lui fournir de l’énergie venant de la centrale nucléaire de Loviisa et aider à « la viabilité commerciale de cette centrale », ou encore un contrat avec Valorem concernant l’électricité d’un parc éolien situé à l’est du pays.

Illustration : Flock

Ruth Porat, directrice financière de Google affirme que cet investissement est « le plus important investissement ponctuel de l’entreprise en Europe ».

Le représentant de Google en Finlande, Antti Järvinen, a souligné que ce projet constituait l’un des plus importants investissements de l’histoire industrielle du pays, rapporte le média finlandais Yle.

Les projets de création de data centers font aussi face à de vives critiques en Finlande, comme ailleurs, notamment sur l’épuisement des ressources locales et sur l’aggravation de la crise climatique, expliquent nos confrères finlandais. Lors de l’annonce de l’investissement de Google, le Premier Ministre, Petteri Orpo, y a répondu en mettant en avant les emplois promis par la multinationale. « Dans le débat public en Finlande, l’impact des centres de données sur l’emploi est souvent sous-estimé. Je trouve cela étrange dans un pays qui est confronté depuis longtemps à un taux de chômage élevé . Cela signifie des emplois, de nombreux emplois pour les Finlandais partout en Finlande », a-t-il promis.

Google annonce dans son communiqué la promesse 37 000 emplois « induits », dont 16 000 dans la construction, lors de la phase initiale et 7 000 emplois de support ensuite.

La perspective d’emplois est régulièrement citée par les promoteurs de nouveaux centres de données, mais elle suscite des débats. En France, par exemple, une étude EY pour l’organisation France Data Center a établi que l’industrie des centres de données comptait 48 374 emplois en France en 2024, parmi lesquels 18 328 emplois « indirects et induits ». L’année suivante, le cabinet Trendeo comparait de son côté l’intensité capitalistique des emplois créés dans diverses filières : la filière des centres de données ayant attiré 52 % des investissements nationaux et créé 2 800 emplois, elle établissait un ratio de 40 millions d’euros par emploi. Un chiffre à comparer à ceux constatés dans l’énergie (5 millions d’euros par emploi), dans la recherche et développement (1,8 million d’euros par emploi) et dans le reste de l’industrie numérique (entre 0,2 et 0,3 million d’euros par emploi).

Commentaires (5)

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Bon c'est pas un hasard. Le froid c'est moins cher à produire dans les pays du Nord. Et y'en a besoin.
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Haha, un data center US à quelques kilomètres de la Russie.
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40 000 millons d'euros par emploi!!
Hein?!? 😱
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Oui, moi aussi j'ai tiqué, et depuis c'est corrigé. ^^
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L’année suivante, le cabinet Trendeo comparait de son côté l’intensité capitalistique des emplois créés dans diverses filières : la filière des centres de données ayant attiré 52 % des investissements nationaux et créé 2 800 emplois, elle établissait un ratio de 40 millions d’euros par emploi. Un chiffre à comparer à ceux constatés dans l’énergie (5 millions d’euros par emploi), dans la recherche et développement (1,8 million d’euros par emploi) et dans le reste de l’industrie numérique (entre 0,2 et 0,3 million d’euros par emploi).
Définition de l'intensité capitalistique par l'INSEE :
L'intensité capitalistique mesure, pour une unité, les actifs nécessaires pour générer un revenu. Elle se calcule en rapportant des immobilisations corporelles brutes à l'effectif salarié en équivalent temps plein (ETP).
Donc en gros, c'est pas si intéressant que ça de faire venir des DC pour l'emploi.

Voilà par exemple ce qu'en dit Lumo :

## Ce que révèle le chiffre clé

La filière des centres de données (data centers) aurait attiré 52 % des investissements nationaux tout en ne créant que 2 800 emplois. Le rapport entre les deux donne environ 40 millions d'euros investis par emploi créé.


## Le message de fond

L'argument implicite de l'auteur est probablement critique ou du moins nuancé : les data centers sont extrêmement capitalistiques mais peu créateurs d'emplois directs. En effet :


  • 200 fois plus que le reste de l'industrie numérique (0,2 à 0,3 M€/emploi) : ce secteur crée beaucoup d'emplois (logiciels, services) avec peu de capital.

  • Environ 22 fois plus que la R&D, qui génère de la valeur intellectuelle et de l'innovation avec un capital modeste.

  • 8 fois plus que l'énergie, pourtant réputée gourmande en infrastructures.



Autrement dit, si l'on juge une politique industrielle à sa capacité à créer de l'emploi par euro investi, attirer des centres de données — par exemple via des incitations fiscales ou des subventions liées à l'IA — apparaît bien moins efficace que de soutenir le logiciel, les services numériques ou la recherche. Cela invite à s'interroger sur les choix d'orientation des investissements publics et privés, même si les data centers ont d'autres bénéfices (souveraineté numérique, effet d'entraînement indirect, etc.) que cet indicateur ne capture pas.