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Amazon met fin à la livraison gratuite des livres en consignes automatiques

Amazon vient de faire une petite concession à ses adversaires dans la bataille qui l’oppose depuis deux ans aux acteurs de la vente de livres, librairies et grandes surfaces spécialisées. Un porte-parole de la branche française de l’entreprise a en effet déclaré au Figaro qu’elle allait mettre un terme à la livraison gratuite de livres quand ces derniers sont récupérés en consigne automatique (locker).

« Nous avons décidé, pour les livres neufs, de concentrer la remise de 5% et la livraison gratuite sur les points de retrait en comptoir et accueils de magasin – et d’exclure les casiers automatiques », annonce l’intéressé. En pratique, Amazon France va donc continuer à combiner gratuité des frais de port et remise de 5 % sur le prix des livres neufs, mais uniquement lorsque le retrait s’opère au niveau de l’accueil d’un magasin.

Rappelons que depuis 2023, la loi Darcos impose des frais de port de 3 euros pour toute commande en ligne de moins de 35 euros intégrant un ou plusieurs livres neufs. Dans le prolongement de la loi Lang sur le prix unique du livre (1981), elle prévoit toutefois une possibilité de livraison gratuite quand « le livre est retiré dans un commerce de vente au détail de livres ».

Amazon s’est appuyé sur cette subtilité pour proposer la livraison gratuite dans ses consignes à partir de 2024, arguant du fait que seuls les casiers « situés dans les magasins français vendant des livres » (par exemple, un supermarché) sont éligibles.

livre dématerialisé
Illustration : Flock

Saisi par le ministère de la Culture à la demande du Syndicat de la librairie, le médiateur du livre avait conclu quelques mois plus tard que les pratiques d’Amazon constituaient « un réel défi à la mise en œuvre de la loi ». Loin de s’en émouvoir, le géant du e-commerce a remis le couvert en octobre 2025, en ajoutant à la livraison gratuite en casiers la réduction de 5 % sur les livres neufs. En décembre de la même année, son DG France Frédéric Duval (depuis remplacé par Jean-Baptiste Thomas) s’était fendu d’une tribune pour dénoncer la « taxe sur la lecture » que représentent, selon lui, les frais de port obligatoire sur le livre.

Dix mois plus tard, Amazon a donc décidé de lâcher du lest. Il faut dire qu’entre temps, l’entreprise a vu son recours visant à faire annuler l’arrêté de mise en œuvre de la loi Darcos rejeté par le Conseil d’Etat le 15 avril dernier.

« Adoptée à l’unanimité par les deux chambres du Parlement, cette loi protège la diversité culturelle, soutient un réseau unique au monde de plus de 4 700 librairies et commerces physiques du livre sur l’ensemble du territoire, et contribue à faciliter l’accès à la lecture et à un conseil de qualité », s’était félicité (PDF) à cette occasion le syndicat de la librairie.

Un autre facteur a peut-être motivé cette décision. D’après le Figaro, le Syndicat de la librairie française, le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels et la Fnac se préparaient en effet à assigner Amazon devant le tribunal des affaires économiques de Paris.

Commentaires (1)

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D’après le Figaro, le Syndicat de la librairie française, le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels et la Fnac se préparaient en effet à assigner Amazon devant le tribunal des affaires économiques de Paris.
Surprenant qu'ils ne l'aient pas fait plus tôt.