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À Hong Kong, des villages traditionnels détruits pour construire une « Silicon Valley »

L’opposition entre grands projets numériques et préoccupations environnementales se joue partout sur le globe. À Hong Kong, 30 000 hectares de marais (environ 1/3 du territoire), de terres agricoles, et de terrains accueillant 25 villages traditionnels (selon l’ONG Liber Research Community) sont en cours de démolition pour construire une nouvelle zone urbaine. Hong Kong est confronté depuis des décennies à un vrai problème : très densément peuplée, elle cherche par tous les moyens à s’étendre, dans le cas présent sur ses propres terrains historiquement préservés.

Nommé « Northern Metropolis », cet aménagement doit permettre de loger 2,5 millions de personnes et de fournir 650 000 emplois, selon les calculs gouvernementaux. Il doit aussi renforcer le développement technologique et les échanges avec neuf villes chinoises des environs, notamment Shenzhen, qualifiée par certains de capitale mondiale de la tech.

Pour les défenseurs de l’environnement comme des droits des habitants, le projet risque d’être très destructeur aussi bien pour la faune et la flore que pour les populations locales, voire les finances publiques, rapporte l’AFP. Des préoccupations qui font écho à celles constatées ailleurs dans le monde, alors que la vague de l’intelligence artificielle entraîne une accélération et/ou une refonte de certains projets immobiliers dédiés à l’industrie technologique.

Dans le cas de Northern Metropolis, la question des datacenters s’est rapidement invitée. « Le cluster Sandy Ridge Data Facility, d’une superficie totale de plus de 110 000 m², a été attribué à Hong Kong Range Intelligent Computing Technology Company Limited pour développer un cluster avancé de centres de données », indiquait en mars le gouvernement de Hong Kong.

Illustration : Flock

D’après le gouvernement, qui espère tirer 13 % du PIB hongkongais de cette future zone, le projet coûtera au moins 24,6 milliards d’euros pour être construit.

Initialement présenté en 2021, celui-ci pourrait apporter à la Chine, qui a renforcé sa mainmise sur la ville depuis 2020, un accès plus large à diverses connexions internationales, ainsi qu’au marché financier et à l’écosystème de recherche déjà développés sur place.

En août, la Northern Metropolis a déjà cédé de premiers terrains à un groupe de six entreprises, parmi lesquels JD.com, leader chinois du e-commerce.

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