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Alibaba prive ses employés de Claude Code

Alibaba et les 40 codeurs

Alibaba prive ses employés de Claude Code

Illustration : Flock

Alibaba interdit à ses employés d’utiliser Claude Code au bureau. Le géant chinois du commerce et des services en ligne leur demande de se servir de l’outil de programmation maison. Le tout dans une ambiance glaciale entre les deux entreprises.

Malgré les restrictions imposées par Anthropic aux utilisateurs et aux organisations basés en Chine, Claude Code est tout aussi populaire là-bas que partout ailleurs. Ça n’est plus du goût d’Alibaba, qui exigera de ses salariés l’usage de Qoder, la plateforme de code interne, à partir du 10 juillet. Une décision qui serait motivée selon Reuters par des risques de surveillance.

Les yeux indiscrets de Claude

L’interdiction intervient quelques jours après la découverte de fonctions dans Claude Code qui permettraient d’identifier les utilisateurs chinois – et donc… de leur en interdire l’accès. Les services de Claude (l’API et Claude.ai en particulier) ne sont effectivement pas censés être utilisables en Chine. Ce qui n’empêche pas les développeurs du pays d’y accéder tout de même, en utilisant toutes sortes de méthodes de contournement.

Depuis la fin juin, une rumeur court selon laquelle l’outil de programmation d’Anthropic contiendrait un spyware pour surveiller tous ceux qui s’en servent en Chine. Il s’agirait en fait d’un mécanisme qui coderait dans les requêtes envoyées par les utilisateurs des informations capables de les localiser (fuseau horaire, route empruntée pour diriger le prompt, configurations proxy).

Plus précisément, avec la version 2.1.91 du 2 avril, Claude Code aurait commencé à enregistrer ces données sur deux listes cachées : une d’entre elles mentionnerait des réseaux d’entreprises chinoises et de labos IA, dont Alibaba, Baidu ou encore ByteDance.

Anthropic aurait publié un correctif le 1er juillet. Ce dispositif serait donc resté actif pendant environ trois mois. Porte dérobée ? Outil d’espionnage ? Filtre antifraude ? Un peu de tout ça à la fois ? Impossible à dire, Anthropic n’ayant pas communiqué officiellement sur le sujet.

Malgré des contournements difficiles à contrôler, les efforts d’Anthropic pour repérer et bloquer l’accès à Claude Code depuis la Chine se poursuivent, comme le relève le Financial Times. Certains utilisateurs passent ainsi par des filiales étrangères, notamment via Azure de Microsoft, qui vendent des accès API à des entreprises chinoises ayant des entités à Singapour. Microsoft assure qu’Anthropic surveille l’usage du service et fait appliquer ses conditions, avec son soutien.

L’entreprise cible aussi les services dits de « transfert », qui relaient les requêtes d’utilisateurs basés en Chine via des comptes Claude enregistrés à l’étranger. Mais les grands labos chinois les évitent généralement, par crainte que ces intermédiaires stockent ou revendent les prompts – ce qui permettrait à des concurrents d’analyser leur manière d’exploiter les modèles avancés.

Maudite distillation

En février dernier, Anthropic pointait du doigt DeepSeek, Moonshot et MiniMax, trois labos chinois coupables de distillation de Claude. Rebelote fin juin, avec cette fois Alibaba en ligne de mire.

« Des opérateurs liés à Alibaba et à Alibaba Qwen, le laboratoire d’IA d’Alibaba [auraient généré] plus de 28,8 millions d’échanges avec Claude via près de 25 000 comptes frauduleux », se plaignait Anthropic devant des élus américains. La distillation, une pratique d’entraînement légitime, ne l’est plus quand elle permet à des rivaux d’acquérir des capacités « en une fraction du temps et à un coût bien inférieur », dénonçait le labo américain.

Si l’interdiction d’Alibaba est mise en œuvre le 10 juillet, ce serait le premier grand groupe chinois à restreindre formellement l’utilisation de Claude Code en raison de ce mécanisme, plutôt que pour des histoires de coût ou de concurrence.

Pékin interdit aux entreprises du pays d’utiliser des modèles IA étrangers hébergés dans des datacenters installés en dehors de Chine. Une restriction qui n’empêche toutefois pas d’exploiter ces mêmes modèles pour de la R&D interne. La frontière est parfois floue.

Commentaires (2)

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Le sous-titre ! 👌️😁️
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Je trouve ça amusant les plaintes sur la distillation : il est entrain de leur arriver ce qu'ils ont fait à des centaines de milliers de personnes/entreprises en volant du contenu en utilisant l'argument du "fair use".