Manuel Valls promet une « réponse définitive » aux bugs des STIC et JUDEX
Fichiers partout, insécurité nulle part ?
Le 02 novembre 2012 à 14h03
5 min
Droit
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À un député inquiet des bugs des données inscrites dans le « Système de traitement des infractions constatées » (STIC), le gouvernement promet un avenir radieux dans le nettoyage de ces fichiers.
Le député Daniel Goldberg avait saisi le ministère de l’Intérieur suite aux constats de la CNIL quant au « fort taux d'anomalies » relevées dans la mise à jour du fichier STIC. Ces anomalies ont été dénoncées dans un rapport 2009 de la CNIL selon qui « seulement 17 % des fiches étaient exactes, notamment suite à des défauts d'actualisation des fiches individuelles, en particulier lorsque les personnes sont mises hors de cause ». Problème, ajoute-t-il : « des administrations se fient pourtant à ce fichier dans le cadre de l'examen de demandes de naturalisation ou lors des enquêtes avant embauche dans certaines professions, par exemple pour la délivrance de badges d'accès aux zones aéroportuaires ». Comment du coup assurer la purge de ces erreurs ?
Une réponse définitive
Le ministère de l’Intérieur l’assure : un « plan de régularisation des fichiers de police et de gendarmerie se poursuit activement, en lien avec la CNIL, et devrait prochainement arriver à son terme ». Dans sa réponse, Manuel Valls promet que « l'action menée dans les services de police et de gendarmerie pour développer une véritable « culture informatique et libertés » sera également poursuivie, afin de garantir au quotidien, sur le terrain, un respect rigoureux du droit des fichiers. »
Au-delà des déclarations, la place Beauvau garantie qu’une « réponse définitive » sera apportée « dans les mois à venir » aux difficultés relevées par la CNIL dans le STIC de la police et le JUDEX, son équivalent auprès de la gendarmerie « notamment quant à l'exactitude des données qu'ils contiennent et à leur mise à jour. »
Pour l’actuel ministre, « ces deux fichiers sont placés sous le contrôle des parquets et la loi impose l'effacement des données en cas de décision de relaxe ou d'acquittement devenue définitive. L'exactitude des données de ces fichiers est donc largement tributaire des informations que doivent transmettre les parquets aux services de police et de gendarmerie. De ce fait, il arrive que des mentions subsistent dans les fichiers alors que, du fait d'une décision judiciaire favorable (notamment une relaxe ou un acquittement), elles devraient être effacées. » Et voilà comment des innocents ont pu se faire ficher comme potentiel délinquant malgré ces décisions favorables, avec les conséquences qu’on imagine sans mal pour l’accès à des postes à risque.
À l’avenir, jure Manuel Valls, ces bugs n’auront plus droit de cité « grâce à la mise en service prochaine de TAJ (traitement d'antécédents judiciaires) » qui fusionnera le STIC et JUDEX. Elle est donc là, la réponse « définitive » : le TAJ également désigné TPJ, acronyme de Traitements de Procédures Judiciaires, prévu par la LOPPSI 2. La clef de ce succès garanti ? « Ce fichier d'antécédents judiciaires unique sera relié au traitement CASSIOPEE du ministère de la Justice, qui indiquera automatiquement à TAJ les décisions judiciaires et permettra ainsi une mise à jour immédiate des données. »
Sauf exception
Valls veut rassurer le député sur la fiabilité des données qui y seront inscrites, d’autant, ajoute-t-il, que le fichier « sera placé sous le contrôle d'un magistrat spécialement désigné, qui exercera sa mission en plus des parquets, mais à plein temps ». C’est cette personne qui « sera chargée de veiller à la mise à jour des fichiers de police et veillera, d'office ou sur demande, à l'effacement des données lorsque celui-ci est prévu par la loi ». De même, « toutes les décisions de classement sans suite - quel que soit leur motif – [feront] l'objet d'une mention » de sorte que « les agents consultant le fichier sauront (…) que telle ou telle infraction n'a pas été poursuivie par l'autorité judiciaire ».
Enfin, les procédures judiciaires qui ont fait l'objet d'un classement sans suite « et qui ne donnent pas lieu, sauf exception, à effacement des données dans le fichier, ne seront pas consultables dans le cadre des enquêtes administratives préalables à certains recrutements, demandes d'autorisations ou agréments ».
Claude Guéant avait activé ce méga fichier en publiant son décret d’application quelques heures avant l’élection de François Hollande. Le fichier en question ne se contentera pas seulement d’être relié à CASSIOPEE, il contiendra aussi toute une série d’information sur les personnes qui y sont enregistrées, le tout sur finalité judiciaire ou administrative. Outre les données d’état civil, le fichier stockera aussi le « lierne générale visage », l’« aspect du visage », la « couleur des yeux », l’« abondance », l’« aspect », la « longueur des cheveux », la « coiffure », le « type de pilosité », l’« accent » ou un éventuel « défaut [de] prononciation ».
Si « aucun élément de signalement ne résultera d'une analyse automatisée des photographies enregistrées », la CNIL constatait dans un avis sur le TAJ ou TPJ dans le même temps l’existence d’un système de comparaison automatisée de photographies via les points biométriques du visage : «L'application TPJ permettra de comparer à la base des photographies signalétiques du traitement, les images du visage de personnes impliquées dans la commission d'infractions captées via des dispositifs de vidéoprotection. »
Les données seront enfin stockées par défaut durant vingt ans pour les majeurs et cinq ans pour les mineurs dès l’enregistrement. Selon les cas des durées dérogatoires plus courtes (cinq ans) ou plus longues sont prévues. Jusqu'à vingt ans pour les mineurs et quarante ans pour les majeurs.
Manuel Valls promet une « réponse définitive » aux bugs des STIC et JUDEX
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Une réponse définitive
Commentaires (32)
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Abonnez-vousLe 02/11/2012 à 14h30
le gouvernement promet un avenir radieux dans le nettoyage de ces fichiers
l’action menée dans les services de police et de gendarmerie pour développer une véritable « culture informatique et libertés » sera également poursuivie
Je propose mes humbles services pour corriger les fichiers :
Et comme je suis sympa, je mets cette méthode sous licence CC-BY-SA " />
Le 02/11/2012 à 14h41
Le 02/11/2012 à 14h44
booom du ferme.
le pauvre gars il passait vraiment juste par la.
Le 02/11/2012 à 14h47
« garantir au quotidien, sur le terrain, un respect rigoureux du droit des fichiers. »
Tous les fichiers naissent libres et égaux en droits d’accès.
Le 02/11/2012 à 14h52
Le 02/11/2012 à 14h58
Seuls les SDF du XI arrondissement resteront fichés." />
Le 02/11/2012 à 15h04
Le 02/11/2012 à 15h05
Le 02/11/2012 à 15h18
Le 02/11/2012 à 15h49
seulement 17 % des fiches étaient exactes, notamment suite à des défauts d’actualisation des fiches individuelles, en particulier lorsque les personnes sont mises hors de cause
Messieurs du gouvernement ? J’ai une piste pour faire baisser le taux de chômage…
Le 02/11/2012 à 15h53
Le 02/11/2012 à 16h09
Le 02/11/2012 à 16h45
“Une réponde définitive” ? réponse serait mieux je pense
Le 02/11/2012 à 17h38
" /> on y croit tous, dans stic il y a plusieurs millions de fiches, un magistrat tout seul avec ses petits bras va réussir là où personne ne réussit " />
wiki :
Le STIC a été critiqué par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). En décembre 2008 le fichier recensait 33,8 millions d’individus (5,5 millions de mis en cause, 28,3 millions de victimes)1. En 2009, il comportait 3,96 millions de fiches de personnes mises en cause et 28 millions de fiches relatives à des victimes d’infraction et, au 1er novembre 2011, 6,5 millions de mis en cause et 38 millions de victimes.
Bon, ben, on se sent moins seul quand on est dedans " />
edit : 33 millions c’est un français sur deux quand même
Le 02/11/2012 à 18h30
Le 02/11/2012 à 21h32
Le 02/11/2012 à 14h09
seulement 17 % des fiches étaient exactes, notamment suite à des défauts d’actualisation des fiches individuelles,
" /> " />
Le 02/11/2012 à 14h14
Tant qu’ils y sont s’ils peuvent supprimer les fichiers illégaux également…
Le 02/11/2012 à 14h23
“STIC, JUDEX, CNIL , TAJ, TPJ, CASSIOPEE, LOPPSI” ==> RAF, LOL!
Le 02/11/2012 à 21h37
« Ce fichier d’antécédents judiciaires unique sera relié au traitement CASSIOPEE du ministère de la Justice, qui indiquera automatiquement à TAJ les décisions judiciaires et permettra ainsi une mise à jour immédiate des données. »
OMG, relier des usines à gaz entre elles, ça sonne quand meme comme « chronique d’un échec annoncé » ; ils sont trop bons les décideurs " />
le STIC tout le monde connait mais pour tater un peu cassiopée essayez un peu ça :
http://owni.fr/2012/05/18/le-gros-bug-des-fichiers-policiers/
et sinon une bonne recherche sur “justice cassiopee” sur ton moteur préféré…
On a pas fini de se marrer/pleurer. " />
Le 02/11/2012 à 21h40
Le 03/11/2012 à 07h31
Cool. Il manque le fichier des douanes !
Sinon, après il y a des gens qui viennent te demander d’avoir confiance en la Police… Même pas foutus de tenir à jour leur fichier, qui est leur base de travail….
Par contre, il manque toujours un accès personnel à ses données dans les fichiers : ie que vous, ou moi, puissions aller chez les keufs et demander un accès en consultation aux données qui nous concernent… Un peu comme quand on demande un extrait de casier.
Mais ca, j’imagine que c’est pas demain… Mais bon, ca permettrait de repérer les erreurs un peu plus vite.
Le 03/11/2012 à 07h35
Le 04/11/2012 à 01h52
Ben voyons, la solution de Valls pour résoudre le problème c’est de mettre un magistrat à temps plein dans les juridictions pour s’en occuper ! La justice manque de budget dans tous les domaines, ce sera le dernier des soucis des tribunaux de gérer ça. Pendant ce temps personne parmi nos gouvernants ne semble se poser la question du bien fondé du fichage de plus en plus généralisé de la population dans une démocratie.
Le 04/11/2012 à 13h35
Le 04/11/2012 à 13h43
Commentaire inutile (cliqué sur commenter au lieu d’éditer ;p)
Le 04/11/2012 à 19h36
De plus aucun fichage n’est entré en base tant que tu n’as pas été reconnu coupable par un tribunal.
selon la CNIL tu as tort, tu peux être “mis en cause” et ton adn sera mis dedans et conservé 25 ans. Et 40 ans pour un condamné.
Bref, on peut t’accuser à tort d’un crime sexuel imaginaire et tu seras fiché 25 ans.
http://www.cnil.fr/en-savoir-plus/fichiers-en-fiche/fichier/article/fnaeg-fichie…
Le 04/11/2012 à 21h12
Le 04/11/2012 à 21h39
et pas n’importe quel type d’infraction
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decis…
C’est quand même bizarre qu’avec une liste si précise “on” demande aux faucheurs de maïs OGM de donner leur ADN… D’autant plus qu’ils médiatisent à mort leurs actions, donc ça sert à rien de les chercher.
Je sais que les tribunaux les ont “exempté” de don mais après des années de combat judiciaire. Il y a quand même de drôles interprétations des textes.
Le 04/11/2012 à 23h09
Le 05/11/2012 à 05h53
Le 12/11/2012 à 09h51