Suncatcher : Google envoie en orbite ses premiers TPU pour l’IA
The World Is Not Enough
Le 28 septembre à 11h07
Cette semaine, Google va envoyer dans l’espace ses premiers TPU (des puces dédiées à l’intelligence artificielle). Il ne s’agit pour le moment que de récolter des informations sur l’état des puces, puis en 2027 ce sera au tour des communications entre satellites.
Suncatcher : Google envoie en orbite ses premiers TPU pour l’IA
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Cette semaine, Google va envoyer dans l’espace ses premiers TPU (des puces dédiées à l’intelligence artificielle). Il ne s’agit pour le moment que de récolter des informations sur l’état des puces, puis en 2027 ce sera au tour des communications entre satellites.
Hardware
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6 min
Le 1ᵉʳ octobre, la mission Transporter-18 de SpaceX décollera du Space Launch Complex 4E (SLC-4E) à Vandenberg en Californie. À l’intérieur, 130 charges utiles (cubesats, microsats, véhicules spatiaux…), dont le projet Suncatcher de Google, avec Planet Labs pour la conception du prototype.
Nous en parlions déjà il y a un an : le géant du Net va analyser « comment un réseau interconnecté de satellites alimentés grâce à l’énergie solaire et équipés de nos puces IA Tensor Processing Unit (TPU) pourrait exploiter toute la puissance du Soleil ».
Le lancement prévu jeudi est donc la première étape concrète de ce projet. But de l’opération : récolter des données. Google résume la situation : « certaines choses ne peuvent être testées que dans l’espace ».
10 minutes de « folie » avant d’arriver dans l’espace
Le décollage d’une fusée dure une dizaine de minutes avant d’arriver sur une orbite basse. Cette période est intense avec des « vibrations intenses ainsi que des accélérations atteignant jusqu’à 10 fois la force de gravité (ou force g) », rappelle Google.
L’entreprise ajoute que « certains composants, comme les puces TPU, peuvent être soumis à des forces encore plus élevées, allant de 50 à 100 g ». Ces pics sont causés par les vibrations et les chocs qui se produisent lors du décollage. Google a réalisé des tests en laboratoire, mais rien ne remplace l’expérience du terrain.
Voici une photo de la carte mère envoyée en orbite, avec quatre TPU dessus :

Les radiations et le refroidissement, deux enjeux importants
Une fois dans l’espace, un autre problème arrive : les radiations. Elles peuvent endommager les composants lors d’une longue exposition. Là aussi, Google a réalisé des tests en amont : « Les premiers résultats montrent que nos TPU Trillium affichent une résistance remarquable et peuvent supporter une dose totale de rayonnement ionisant supérieure à celle qu’ils recevraient durant une mission de cinq ans ». Mais les radiations peuvent aussi provoquer des inversions de bits (bit-flip) pendant les phases de calculs, et donc conduire à des erreurs.
En outre, on imagine souvent l’espace comme glacial, et on pourrait se dire que c’est idéal pour refroidir des puces. Pas si vite, car un satellite exposé au Soleil peut rapidement chauffer. Un exemple parlant avec les températures que peuvent subir les combinaisons spatiales des astronautes : entre - 157 et + 121 °C, selon la NASA.
À l’intérieur des machines, les « TPU génèrent une quantité importante de chaleur sur une petite surface […] Dans l’espace, il n’y a pas de circulation d’air, la dissipation thermique ne peut s’effectuer que par rayonnement (via des radiateurs) ». Google s’est lancé sur « une solution combinant caloducs et radiateurs pour refroidir les puces ». Après le passage dans une chambre à vide thermique, place à l’espace.


En 2027, des tests de communication entre satellites
Plus tard, en 2027, la communication entre deux satellites du projet Suncatcher sera testée. C’est un point crucial pour Google car les calculs liés à l’IA générative répartis entre plusieurs satellites nécessitent une forte bande passante, de l’ordre de 10 Tb/s.
L’entreprise va utiliser des lasers, une technologie spatiale déjà éprouvée, mais « la plupart des systèmes de pointe sont optimisés pour une faible bande passante sur de longues distances, alors que nos lasers doivent fonctionner avec une bande passante très élevée sur des distances extrêmement courtes », de l’ordre de « quelques centaines de mètres » entre les satellites.
Google a besoin d’une précision extrême selon son communiqué, de l’ordre de celle permettant d’atteindre « une cible de la taille d’une pièce de monnaie à plusieurs kilomètres de distance », avec les deux parties en mouvement.
Cette première étape ne vise donc qu’à démontrer que le matériel « peut résister aux réalités physiques et imprévisibles d’une exploitation en orbite ». Une série de vidéos a été mise en ligne pour l’occasion. C’est aussi l’occasion d’identifier les « surprises » qui peuvent arriver.
HPE avait connu quelques surprises avec ses serveurs en orbite
Ce n’est pas HPE qui dira le contraire avec des serveurs envoyés dans l’ISS (Spaceborne Computer). La situation n’est pas tout à fait identique puisque la Station spatiale internationale est pressurisée, des ventilateurs peuvent donc se servir de l’air pour dissiper la chaleur. Suncatcher sera dans le vide et n’aura pas cette possibilité.
Un exemple de surprise chez HPE : « En l’absence de pesanteur, les composants non attachés flottent à l’intérieur du châssis, y compris le câblage interne. Des fils se sont aventurés trop près des ventilateurs du système de refroidissement, ce qui a limé les fils pendant le fonctionnement, produisant des poussières à l’intérieur du système. Elles ont ensuite été capturées par les filtres ». À voir maintenant si Google proposera à la communauté un retour d’expérience aussi complet.
Google rappelle enfin que, « en orbite terrestre basse, les satellites peuvent accéder à une lumière solaire quasi constante, générant jusqu’à huit fois plus d’énergie solaire que sur Terre », de quoi profiter d’une électricité 100 % renouvelable (pour de vrai) avec une empreinte carbone sur la Terre nulle lors de l’utilisation des satellites.
Le coût d’un datacenter spatial comparable à un terrestre ?
L’électricité est captée en direct, le refroidissement ne prélève pas d’eau et ne rejette rien dans notre atmosphère. Reste tout de même la production des puces et leur envoi dans l’espace, deux postes à forte empreinte carbone. Il n’y a pas de recyclage, les satellites en basse altitude finissent par se désintégrer dans l’atmosphère.
Google a mené une étude de coût avant de se lancer : les prix des lancements « pourraient tomber à moins de 200 dollars par kg d’ici le milieu des années 2030 […] À ce prix, le coût de lancement et d’exploitation d’un centre de données spatial pourrait devenir à peu près comparable aux coûts énergétiques d’un centre de données terrestre équivalent ».
Commentaires (37)
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Le 28 septembre à 12h06
on les voit sur le coté de la boite (pleins de petite carrées)
Modifié le 28 septembre à 12h01
Le 28 septembre à 13h09
Le 28 septembre à 21h27
Le 28 septembre à 14h05
Le 29 septembre à 09h27
satisfaire leur égonous amener les services dont nous rêvions.Le 1er octobre à 00h28
En vrai le trou dans la couche d'ozone était lié à l'émission dans l'atmosphère de CFC, qui ont fini par être interdits et qui permettent a la couche d'ozone de se réparer lentement.
C'est un des (trop) rares exemples ou une action coordonnée mondiale a permis de faire les choses pour le bien commun.
Modifié le 1er octobre à 15h49
Le 1er octobre à 16h57
Le 28 septembre à 15h00
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https://taranis.ie/datacenters-in-space-are-a-terrible-horrible-no-good-idea/
Est-ce vraiment possible de dissiper de la chaleur dans l’espace de façon pragmatique? Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils vont faire.
Le 28 septembre à 15h34
Le 28 septembre à 15h56
Si une partie tombe en panne, il vire le "petit" datacenter spatial (d'où la nécessiter d'avoir de nombreux satellites qui travaillent ensemble) et le remplace par un nouveau ? Une nouvelle constellation à venir, que dis-je, plusieurs constellation vu qu'il y a concurrence ?
Car je vois mal aller remplacer une pièce dans ces satellites, ça couterait terriblement cher avec des temps d'attente pour de la dispo dans des lanceurs. Et, bien sur, prévoir des robots pour faire l'opération car envoyer des gens pour remplacer une barrette mémoire/CM/... dans un satellite, c'est prendre des risques inutiles.
Pour ce qui est du coût, j'ai un doute quand même, vu la quantité d'énergie cramée pour mettre en orbite les satellites. J'imagine même qu'au niveau fabrication il y aura + de consommation de matière première (pour la résilience et la dissipation de la chaleur) et donc d'énergie. Il restera à comparer le lancement + le satellite au coût en énergie/matière première pour le datacenter (la place qu'aurait pris ces quelques équipements) au niveau construction + exploitation
Le 29 septembre à 18h06
Modifié le 30 septembre à 11h16
Le 30 septembre à 11h33
Modifié le 28 septembre à 22h07
Le 28 septembre à 17h42
Je reste convaincus que c'est une connerie, mais cet R&D va sans doute infuser vers les satellites de recherche genre ESA ou NASA. La capacité de calculs et stockage / communication est un facteur souvent limitant sur les ambitions des chercheurs, et là c'est un peu du lourd qu'on envoie en orbite "pour voir ce que ça donne".
Depuis le début de l'air spatial, on envoie des composants "durcis" voire carrément développés pour résister, et leur perfs sont en retrait de l'électronique grand public / industrielle.
Le 28 septembre à 18h31
Le 28 septembre à 19h44
Ça me semble relever de l’amateurisme le plus complet quand même, non?
Ils n’auraient pas pu prévoir un truc pareil?
Le 28 septembre à 20h44
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