Le dernier Patch Tuesday de Microsoft crée des problèmes, l’IA en faute ?
Plus de corrections, plus de régressions ?
Illustration : Flock
Le 17 septembre à 14h07
Les dernières mises à jour de sécurité avaient une ampleur jamais vue. Elles ont entraîné dans leur sillage bon nombre de régressions, forçant Microsoft à publier des correctifs sans attendre le mois prochain. Malgré ces réparations, d’autres problèmes restent ouverts, notamment dans Excel et Active Directory.
Le dernier Patch Tuesday de Microsoft crée des problèmes, l’IA en faute ?
Plus de corrections, plus de régressions ?
Illustration : Flock
Les dernières mises à jour de sécurité avaient une ampleur jamais vue. Elles ont entraîné dans leur sillage bon nombre de régressions, forçant Microsoft à publier des correctifs sans attendre le mois prochain. Malgré ces réparations, d’autres problèmes restent ouverts, notamment dans Excel et Active Directory.
Logiciel
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9 min
Le Patch Tuesday de septembre 2026 a établi un nouveau record chez Microsoft. En frôlant le millier de failles corrigées, l’éditeur a montré les résultats concrets de sa traque boostée à l’IA, notamment son harnais MDASH et son infrastructure Perception. La firme l’avait assuré : elle pouvait détecter plus de failles dans le code que n’importe qui. Des failles, elle en a trouvé à un rythme effréné depuis juin, chaque bulletin mensuel corrigeant des centaines de vulnérabilités.
Nous nous étions cependant posé la question : si la correction d’un nombre croissant implique une augmentation nette des modifications dans le code, ne risque-t-elle pas d’entrainer des régressions ? Par régressions, on entend les problèmes provoqués par ces modifications, qui font apparaitre un bug ou cassent un élément qui fonctionnait jusque-là. En clair, un effet secondaire imprévu que les tests de qualité (QA) n’ont pas détecté.
Or, le dernier Patch Tuesday a provoqué bon nombre de ces régressions.
Deux gros problèmes vite résolus
Il a fallu à Microsoft publier en urgence un correctif (KB5129195) pour rétablir plusieurs fonctions cassées. Ces publications hors cycle (hors du cycle mensuel) sont rares et réservées aux situations qui l’exigent. Le mécanisme est plus souvent utilisé pour le colmatage d’une brèche de sécurité que pour réparer des fonctions, signe que la situation dérapait.
Le 14 septembre, la mise à jour a ainsi réparé de sérieux problèmes avec les services de bureau à distance (RDS). Selon Bleeping Computer, les entreprises ont signalé des serveurs RDS qui fonctionnaient quelques heures (voire moins) avant que les connexions échouent. Les sessions existantes ne se fermaient plus correctement et, dans certains cas, seul un redémarrage forcé rétablissait le service. Le problème a été corrigé dans la mise à jour du 14 septembre. Mieux valait d’ailleurs que Microsoft s’en occupe rapidement, car certains administrateurs finissaient par désinstaller la mise à jour fautive, alors qu’elle corrigeait une faille critique (CVSS 9,8) dans RDS.
Parmi les autres problèmes corrigés, on trouve un partage inopérant de dossier vers les machines virtuelles Linux gérées par HCS. Le souci se produit quand Plan9 est utilisé sur un hôte Windows, provoquant un effet boule de neige dans plusieurs scénarios, dont le sous-système Linux (WSL) et Claude Cowork. Les machines Hyper-V classiques ne sont pas concernées si elles n’utilisent pas Plan9.
En revanche, une partie des erreurs rencontrées par les utilisateurs n’a pas encore de solution complète.
Connexions aux domaines et périphériques audio USB
L’un des bugs les plus pénibles est lié à la gestion du son dans Windows : certains périphériques audio USB deviennent inutilisables. Microsoft évoque l’absence de son, l’impossibilité de modifier le volume sur le système ainsi que des paramètres audio inaccessibles. Le problème est centré sur les fonctions multicanaux.
La mise à jour du 14 septembre ne répare que partiellement la situation. Les modes audio 8 canaux et 3D sont restaurés, mais d’autres périphériques ne fonctionnent toujours pas, relève Windows Latest. Selon nos confrères, certains microphones sont également concernés.
Autre fonction cassée le 8 septembre avec le Patch Tuesday, la perte d’approbation avec le domaine en entreprise avec des comptes protégés par Credential Guard. Le symptôme est un message d’erreur signalant que la relation de confiance a été rompue entre la machine et le domaine Active Directory.
Dans ses notes, Microsoft indique que l’origine du problème a été trouvée : depuis le Patch Tuesday, les mises à jour activent la fonction d’isolation de l’identité de la machine. « Cependant, cette fonctionnalité n’est prise en charge que pour les environnements connectés à des contrôleurs de domaine fonctionnant à un niveau fonctionnel de domaine (DFL) de Windows Server 2025 et supérieur. La fonctionnalité devrait être désactivée ailleurs », indique Microsoft.
Cette situation n’est actuellement pas résolue par une mise à jour. Elle est en revanche atténuée par une procédure consistant à désactiver l’isolation de l’identité machine, en utilisant la même méthode que pour l’activer : soit par Intune, soit par une stratégie de groupe, soit manuellement dans le registre.
Si la formulation de Microsoft laisse penser que les administrateurs sont « fautifs », plusieurs ont remonté à Bleeping Computer et IT-Connect des cas de bascule automatique sur la fonction avec la mise à jour du 8 septembre. En outre, Neowin relève que la désactivation de l’isolation après coup peut casser l’authentification et imposer de sortir puis réintégrer le poste au domaine. Ce qui explique peut-être pourquoi le problème est en statut « Mitigated » et pas « Resolved » sur la page consacrée aux problèmes.
Et le reste ?
Il ne s’agit là que des problèmes directement abordés par Microsoft. Windows Latest a dressé une liste d’autres symptômes remontés par les utilisateurs. Nos confrères expliquent ainsi avoir reçu des rapports sur des plantages continus d’Explorer.exe juste après la connexion, « laissant certains PC bloqués sur un écran noir sans bureau ou barre des tâches fonctionnelles ». Il semble que les machines concernées soient en entreprise, avec des produits comme Citrix UPM, FSLogix, Horizon ou ProfileUnity ProfileDisks sur les configurations. Un simple redémarrage d’Explorer.exe via le Gestionnaire des tâches suffirait à contourner le problème.
Autre fonction a priori cassée : l’Historique de fichiers. C’est une vieille capacité introduite par Windows 8 et qui permet la sauvegarde de plusieurs versions des fichiers vers un périphérique externe de stockage (l’opération n’est pas disponible sur le disque interne). Même si Windows 11 met largement l’accent sur le cloud (via OneDrive) et masque la fonction (on peut la trouver en écrivant « Historique » dans le menu Démarrer), Historique reste là.
Problème, la mise à jour du 8 septembre rend la fonction inexploitable. Chez une partie des utilisateurs, Historique ne parvient plus à détecter les disques externes, même quand il s’agit de ceux déjà utilisés pour la sauvegarde.
Windows Latest pointe également des bugs potentiels avec les GPU AMD. Des joueurs ont signalé des écrans noirs et des gels du système après l’installation de la mise à jour, mais toujours en dehors des jeux. Un fil sur Reddit mentionne une expiration du pilote GPU sans changement récent de ce dernier. Des configurations à base de Radeon RX 6600, RX 7700 XT, RX 7800 XT, RX 7900 GRE, RX 7900 XTX et RX 7900 XT ont été mentionnées.
On note aussi un bug gênant dans Excel : sur certaines machines, quand on copie une cellule et que l’on cherche à la coller dans une autre (dans le même tableau ou non), l’opération n’aboutit pas. Le bug semble se produire avec les séries incrémentées automatiquement quand on fait glisser l’ancrage à la souris. On peut contourner le problème en passant par la fonction Collage spécial. La désinstallation de la mise à jour n’est pas recommandée, à cause des correctifs de sécurité qu’elle contient (29 pour Excel).
Le nombre de régressions a-t-il augmenté ?
La question est délicate. En théorie, plus on intervient dans le code, plus les chances de régression augmentent. C’était vrai avant l’usage intensif des LLM, ça l’est toujours. Pour sa part, Microsoft a indiqué clairement que l’explosion du nombre de correctifs était directement imputable à son infrastructure de LLM. L’éditeur a prévenu que les mises à jour mensuelles corrigeraient ainsi un plus grand nombre de vulnérabilités. Selon Krebs on Security, Microsoft en est environ à 2 600 failles colmatées en tout depuis le début de 2026, soit le double de 2020, jusqu’ici l’année record avec ses 1 245 failles.
Cependant, Microsoft avait également précisé que les mêmes LLM servaient à augmenter les tests de régression. De fait, peut-on mettre les problèmes de cette rentrée sur le compte de cette utilisation massive ? Si l’hypothèse est « séduisante », elle n’est pas prouvée. CrowdStrike souligne par exemple qu’environ la moitié des failles corrigées le 8 septembre concernent des élévations de privilège, dont les correctifs impliquent généralement de resserrer les contrôles. Un processus pouvant effectivement engendrer des effets dans des scénarios peu ou pas testés.
En outre, les bugs engendrés par des mises à jour mensuelles n’ont rien de nouveau. En janvier 2018 par exemple, les correctifs publiés pour les failles Meltdown et Spectre rendaient certaines configurations AMD incapables de démarrer. Quatre ans plus tard, les corrections de janvier 2022 avaient créé de gros problèmes en entreprises, avec des redémarrages en boucle de contrôleurs de domaines et des volumes ReFS inaccessibles.
Si l’usage des LLM augmente mathématiquement les modifications dans le code, l’historique de Microsoft montre que ces problèmes peuvent surgir n’importe quand. Certaines mises à jour majeures, dont les versions H2 sortant à l’automne, sont connues pour créer de nombreuses incompatibilités. Contrairement aux correctifs mensuels cependant, l’entreprise ne les diffuse que petit à petit, au fur et à mesure qu’elle reçoit des signalements et écarte les PC présentant des configurations (matérielles et/ou logicielles) problématiques, jusqu’à ce que les bugs soient résolus.
On manque encore de recul pour établir des statistiques fiables. Pour l’instant, on peut simplement observer que l’historique a montré des régressions tout aussi graves avec des volumes de correctifs bien plus faibles.
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Abonnez-vousIl y a 37 minutes
Les LLMs ont introduit deux types de changement majeurs:
C'est le cas par exemple pour Firefox, où l'usage des LLMs a augmenté le nombre de patchs de sécurités grâce aux LLMs et n'ont pas à cause du Slop.
Si pour Firefox c'est plutôt positif, pour Microsoft ça semble plus nuancé. C'est certains que les LLMs augmente le volume de correctif. Reste à déterminer ce qui relève du slop de ce qui relève de la découverte de failles déjà existantes.
Et Windows c'était du slop avant les LLMs
À l'instant
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