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Les emplois liés au numérique ont explosé de + 79 % à la DGSE en 10 ans

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Les emplois liés au numérique ont explosé de +79 % à la DGSE en 10 ans

Clarote & AI4Media / Better Images of AI / Power/Profit / CC-BY 4.0

Les moyens, humains et financiers, des services de renseignement français ont profondément évolué depuis les attentats de 2015, notamment du fait de la montée en puissance de leurs directions techniques. Le nombre d’emplois liés au numérique a ainsi explosé de + 79 % à la DGSE en 10 ans, quand ceux du renseignement n’ont progressé que de + 18 %. Les services ont cela dit du mal à fidéliser leurs contractuels, malgré de nombreuses initiatives prises en la matière.

Composée de quatre sénateurs et quatre députés, la délégation parlementaire au renseignement (DPR) a pour mission de contrôler l’action du Gouvernement en matière de renseignement et d’évaluer la politique publique en ce domaine. En 2026, elle a « décidé de consacrer le thème central de son rapport annuel aux transformations en cours au sein de la communauté du renseignement ».

Son 17e rapport annuel montre en effet que les services de renseignement n’ont jamais reçu autant d’argent, et recruté autant d’agents, et rappelle que « les attentats de 2015 ont été le catalyseur de cette prise de conscience de la nécessité de réarmer notre appareil de renseignement ».

Cinq milliards d’euros ont en effet été consacrés au renseignement par la loi de programmation militaire (LPM) 2024 - 2030. L’ensemble des services de renseignement ont ainsi « bénéficié d’une augmentation substantielle de leurs moyens budgétaires et humains, en dépit de la crise des finances publiques que traverse notre pays ».

À la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la moyenne des crédits alloués par la LPM 2019 - 2025 « est en progression de 69 % par rapport à la LPM précédente 2014 - 2018 », et s’est « élevée à 3,3 milliards d’euros sur la période 2019 - 2015 ». La LPM 2024 - 2030 prévoit en outre une ressource en crédits de paiements à hauteur de 4,6 milliards d’euros pour la DGSE, « soit une évolution de + 53 % par rapport à la précédente loi de programmation ».

À la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le volume de crédits dépensés « a plus que doublé entre 2015 et 2024 », reflétant la priorité fixée en matière de lutte contre le terrorisme après les attentats de 2015. En autorisation d’engagement, le budget de la DGSI est ainsi passé de 41,6 millions d’euros en 2015 à 111,6 millions d’euros en 2024 (+ 168 %). Les crédits de paiement sont quant à eux passés de 44,7 millions d’euros en 2015 à 95,8 millions d’euros en 2025 (+ 114 %).

À la direction du renseignement militaire (DRM), les dépenses de fonctionnement du Service ont « quasiment doublé » entre 2014 et 2024, passant de 24,6 millions d’euros en 2014 à 47,2 millions d’euros en 2024. Si on y ajoute les crédits d’investissements, on atteint un total de dépenses de 62,17 millions en 2024 contre 40,8 millions d’euros dix ans auparavant.

À la direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD), chargée des habilitations et du contre-espionnage militaire, la LPM 2014 - 2019 accordait 77 millions d’euros en crédits de paiement, essentiellement fléchés sur des dépenses de fonctionnement. La LPM 2019 - 2025 avait initialement porté ce montant à 120,7 millions d’euros, avant d’être « fortement réévalué pour atteindre près de 220 millions ».

À la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), les crédits de paiement (fonctionnement et investissement) ont quant à eux quasiment triplé, passant de 10,3 millions d’euros en 2019 à 27,6 millions d’euros en 2024 avec la LPM 2019 - 2025.

+ 79 % d’emplois liés au numérique à la DGSE en 10 ans

Les services de renseignement ont également vu leurs effectifs « augmenter significativement » au cours de la décennie écoulée, sans pour autant préciser combien ils étaient en 2015. Tout juste apprend-on qu’ils sont passés de 14 912 en 2020 à 16 150 agents en 2024, et que la hausse des effectifs de la DGSE et de la DGSI s’élèvent respectivement de 9,08 % et de 10,72 % entre 2020 et 2024, reflétant également un élargissement des profils des recrues :

« Cette hausse du nombre des agents est allée de pair avec une importante diversification des profils recrutés, et une proportion plus importante des personnels civils et des contractuels par rapport aux personnels militaires et aux emplois de fonctionnaires. »

À la DGSE, le nombre d’équivalents temps plein (ETP) est en hausse de 29 % sur 10 ans, mais avec des « disparités importantes puisque les emplois créés dans le secteur du numérique ont progressé de 79 % quand ceux du renseignement n’ont évolué qu’à+ 18 % ».

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Commentaires (3)

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remplacés par des séries de « ⁎⁎⁎⁎⁎ », utilisées par la DPR pour masquer les informations classifiées « secret défense », convention typographique « invariable quelle que soit l’ampleur des informations rendues ainsi illisibles »
Sans se prononcer sur la pertinence ou non du caviardage, il faut admettre que c’est fait correctement. :windu:
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A noter aussi qu’une inflexion majeure dans la politique d’emploi semble avoir lieu: si on regarde les fiches de postes, il me semble qu’il apparait de plus en plus de CDI. Le CDD reste encore souvent la norme dans le service public: difficile d’être attractif avec ce genre de contrat…
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C'est très compliqué car dans certains services publics cohabitent contractuels en CDI et fonctionnaires. Les salaires sont souvent plus importants en contractuels sur les postes > B+3. Après cela fait pas mal de temps que la DGSE propose des CDI, et les avantages en nature sont impressionnants (location appartement, repas...).
Édit : Pour les postes en CDD ce qui est dommage c'est de ne pas avoir les taux de conversions des postes dans le public de CDD à CDI, car à certains endroits c'est presque systématique et d'autres c'est impossible. Après même la DSI du CNRS s'est mise aux CDI depuis 10 ans :francais: