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Guerre en Iran : nouvelles perturbations pour les infrastructures d’Amazon au Bahreïn

Collateral damages

Guerre en Iran : nouvelles perturbations pour les infrastructures d’Amazon au Bahreïn

Illustration : Flock

De nouvelles perturbations sur le centre de données d’AWS localisé au Bahreïn soulignent les enjeux que le conflit en Iran pose pour les projets d’infrastructure numérique lancés au Moyen-Orient.

Le 24 mars à 17h02

Début mars, AWS faisait déjà partie des victimes collatérales des combats entre États-Unis, Israël et Iran. Ce 23 mars, d’après les informations de Reuters, ses services installés à Bahreïn sont de nouveau perturbés par des activités de drones.

Si ces interruptions de service ont été confirmées par un porte-parole de l’entreprise, ce dernier n’a pas indiqué si le centre de données concerné avait été directement touché par un tir, ou s’il subissait des aléas dus à des frappes à proximité. L’épisode illustre la situation délicate dans laquelle l’attaque de l’Iran par les États-Unis place les plus grands acteurs du numérique, qui ont multiplié ces dernières années les investissements au Moyen-Orient.

Migration encouragée vers d’autres régions

Depuis les premières perturbations liées au conflit, tout début mars, Amazon semble avoir cessé de mettre à jour sa communication sur la situation de ses équipements. Les informations relatives à « me-south-1 », comme le centre de données du Bahreïn est nommé dans la nomenclature d’AWS, restent en effet inchangées depuis le 3 mars.


Services qui restent « touchés » par des perturbations (et non « réparés ») à la suite de perturbation du centre de données me-south-1, en date du 24.03.26
 / Capture d’écran Amazon

Auprès de Reuters, l’entreprise indique aider sa clientèle à migrer ses charges vers d’autres régions où les services d’AWS sont disponibles, le temps que les capacités de ce bâtiment puissent être rétablies. Début mars, l’entreprise avait indiqué plusieurs perturbations, notamment en termes d’approvisionnement électrique, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn. L’entreprise affirmait que les frappes du moment avaient causé des « dommages structurels », et qu’à ce titre, la remise en état des équipements serait « longue ».

Multiplication de projets au Moyen-Orient

Mis en service en 2019, le centre de données du Bahreïn est le premier qu’Amazon ait construit dans le Golfe persique. Depuis, elle a développé des infrastructures aux Émirats arabes unis et travaille désormais à un projet à 10 milliards de dollars en Arabie saoudite. Mais les tensions actuelles risquent de mettre en péril certains projets, que ceux-ci visent à fournir de l’infrastructure classique, ou des projets plus spécifiquement dédiés à l’intelligence artificielle. 


En quelques années, les Émirats, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont en effet dépensé des milliers de milliards de dollars dans l’industrie du numérique, tandis que géants historiques de l’industrie technologique et projets plus directement liés à l’essor de l’IA venaient y réaliser leurs propres larges investissements. Oracle, Nvidia et Cisco soutiennent ainsi financièrement le projet de campus dédié à l’IA d’Open AI, appelé UAE Stargate (en écho au Stargate états-unien) et financé en collaboration avec la société émiratie G42.



Au total, en 2025, les dépenses liées au numérique orienté business et consommateur auraient dépassé les 65 milliards de dollars en 2025, soit près du double des 36 milliards relevés en 2020, selon la société IDC. Les seuls secteurs du cloud et des centres de données ont enregistré une augmentation de 75 % des dépenses, pour un total de 895 millions de dollars en 2025, relève le New-York Times.

Déjà au moins de septembre, alors que Doha, la capitale qatarie, était touchée par des frappes israéliennes, des investisseurs questionnaient auprès de CNBC la stabilité géopolitique de la région. Et si Donald Trump lui-même a salué, voire aidé à la conclusion de certains projets, sa décision de se lancer dans l’attaque récente contre l’Iran vient largement rebattre les cartes.

Rien n’empêche de considérer, souligne en effet le directeur du Center for Strategic and International Studies, que des centres de données puissent devenir des « cibles d’attaques légitimes dans les conflits armés modernes ». Mi-mars, l’Iran durcissait justement le ton, qualifiant d’« infrastructures technologiques ennemies » les équipements d’Amazon, Microsoft, Google, Palantir, Nvidia, IBM et Oracle.

Si les projets initiés dans la région ne devraient pas disparaître du jour au lendemain, des analystes préviennent qu’à défaut de détente, les prochaines vagues d’investissements pourraient se tourner vers d’autres régions du monde pour s’épargner des risques géopolitiques. Un tel cas de figure pourrait notamment profiter à l’Europe du Nord, l’Inde ou l’Asie du Sud-Est.

Commentaires (2)

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De toute façon avec les 25-50° ambiants toute l'année je suis pas sur que ce soit pertinent.
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Très belle illustration de Flock, au passage. On a bien l'effet du mouvement. C'est de la bel ouvrage