Connexion Premium

Qualité des réseaux fibre : « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre »

Attends, je débranche celui-là, ça laissera une place

Qualité des réseaux fibre : « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre »

Alors que, l’année dernière elle reconnaissait que la qualité des réseaux en fibre s’est améliorée, l’Arcep demande maintenant à la filière de maintenir ses efforts. L’autorité constate, en publiant son observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique, que « la qualité de l’exploitation se stabilise sur la majorité des réseaux »

Le 23 février à 10h43

L’Arcep a publié ce jeudi 19 février sa 7ème édition de l’observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique, utilisant les chiffres jusqu’en septembre 2025. Depuis juillet 2023, le régulateur met en avant ses constats sur ce réseau qui, à l’époque, souffrait de nombreuses critiques des clients.

En septembre dernier, l’Arcep constatait que la situation continuait à s’améliorer et sa présidente, Laure de la Raudière, expliquait « que c’était très long pour avoir ces résultats ».

Mais le régulateur semble indiquer que la vitesse d’amélioration est encore plus faible. « La qualité de l’exploitation se stabilise sur la majorité des réseaux », affirme l’Arcep dans son communiqué.

Amélioration du taux de pannes signalées aux opérateurs d’infrastructure

Il constate une amélioration du taux de pannes signalées aux opérateurs d’infrastructure par les opérateurs commerciaux. « Depuis la publication de la première édition de l’observatoire sur la qualité des réseaux en fibre optique, le nombre de réseaux présentant un taux de pannes supérieur ou égal à 1 % est en diminution, passant de 9 réseaux (représentant environ 420 000 abonnés) à 3 réseaux (représentant 83 500 abonnés) en septembre 2025 », explique l’autorité dans son rapport.

Avec, en parallèle, un nombre plus important de réseaux passant sous les 0,3 % : « de 187 réseaux (représentant 20,5 millions d’abonnés) à 196 réseaux (représentant 23,4 millions d’abonnés) en septembre 2025 ». Finalement, l’Arcep constate un taux de pannes national « de 0,11% en moyenne sur la période concernée ».

Les trois réseaux pointés du doigt par le régulateur restent les mêmes qu’il y a six mois, appartenant à Altitude mais récupérés en 2021 suite au rachat de l’opérateur d’infrastructure Covage par SFR FTTH (devenue depuis XpFibre, appartenant à Altice).

Les données de l’Arcep montrent aussi l’évolution dans le temps du taux de pannes mensuel agrégé par maison mère d’opérateurs. Et on peut voir qu’après s’être beaucoup améliorés en 2024, les opérateurs d’Iliad sont revenus à un taux de pannes moyen de plus de 0,5 % alors que les autres sont tous bien en dessous :

Dans une note sous ce graphique, l’Arcep explique que, « depuis 2023, le groupe Iliad, par l’intermédiaire de sa filiale Réseau Optique de France, met en œuvre un plan de modification structurelle de son réseau. Celui-ci vise notamment à substituer les « Points de Mutualisation Grande Capacité » par des points de mutualisation intérieurs et extérieurs. Cette démarche s’est intensifiée à la fin de l’année 2025 et a pu entraîner des interruptions de service pour les utilisateurs. Le déploiement de ce plan devra être achevé au plus tard le 31 décembre 2026 ».

Une stabilité des taux d’échecs

Concernant le taux d’échecs au raccordement, l’autorité constate « une stabilité globale des taux d’échecs au raccordement sur les derniers mois d’observation ».

« La moyenne nationale des taux d’échecs au raccordement s’établit à 5,88 % en septembre 2025 », explique l’Arcep. Mais elle ajoute que « 31 réseaux présentent un taux d’échecs au raccordement supérieur ou égal à 11 %, soit 2 réseaux de plus que dans la précédente version de l’observatoire » et « 82 réseaux présentent un taux d’échec au raccordement inférieur ou égal à 5 %, soit 13 réseaux de moins que dans la précédente version de l’observatoire ».

L’observatoire mesure aussi la qualité des raccordements effectués par les opérateurs commerciaux. Comme la dernière fois, quelques précautions sont néanmoins à prendre puisque le régulateur ne s’appuie que sur les données de l’opérateur d’infrastructure Altitude, mais l’Arcep indique qu’elle poursuit les travaux pour obtenir des données d’autres acteurs.

On peut néanmoins observer dans les chiffres d’Altitude une augmentation nette des malfaçons chez SFR au dernier trimestre 2025 et une baisse importante chez Free (plus la couleur est foncée dans les graphiques, plus le problème est important) :

Amélioration sur la reprise des malfaçons

L’observatoire recueille aussi les données sur la reprise des malfaçons par les opérateurs commerciaux qui doit en théorie être effectuée dans les 30 jours.

Orange et Bouygues sont les bons élèves depuis longtemps avec « des niveaux élevés et relativement stables, avec une performance supérieure pour Orange sur l’ensemble de la période », selon l’Arcep. Elle observe que « SFR et Free montrent une amélioration progressive en 2025 réduisant l’écart avec les autres opérateurs, mais qui reste insuffisante » :

Au global, « le taux national moyen de malfaçons reprises sous 30 jours s’améliore, passant de 73 % en février 2025 à 82 % en août 2025, et les écarts entre les opérateurs commerciaux tendent à se réduire ».

Sur les abonnés affectés par au moins une panne au cours du mois, l’Arcep « observe des disparités entre les réseaux » :

Poursuivre les efforts

Elle ajoute observer, pour cet indicateur, « une relative stabilité […] malgré une hausse à 2,0 % en septembre 2025. La moyenne annuelle (sur douze mois glissants) s’établit à 1,74 % ».

Dans son communiqué, l’Arcep insiste sur le fait que si elle observe une stabilisation au niveau national, « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre, notamment sur les réseaux les plus dégradés ».

Notamment, elle explique que « les taux de pannes et d’échecs au raccordement observés sur certaines zones concernées par un plan de reprise demeurent souvent supérieurs aux standards du marché ».

Commentaires (9)

votre avatar
Il faut aussi parler des tournantes - même si je pense que les chiffres ci-dessus les prennent en compte c'est un problème qui peux vraiment pourrir la vie dans les villages car personne n'a envie d'intervenir...
votre avatar
Désolé d'avoir trop bref, une tournante c'est ça : https://www.midilibre.fr/2026/02/23/pour-avoir-un-nouveau-branchement-a-la-fibre-on-enleve-celui-du-voisin-les-habitants-de-ce-village-heraultais-nen-peuvent-plus-13239268.php - quand l'opérateur d'infra n'a pas tiré assez de fibre sur une zone donnée, les techniciens de raccordement - pour être payé de leur intervention - débranchent paul pour raccorder jacques, et inversement le lendemain.

Ca a existé aussi en ADSL / VDSL.
votre avatar
Alors c'est plus compliqué que cela. Oui, l'opérateur d'infrastructure peut avoir sous-dimensionné son réseau. Mais comme l'Arcep l'indique elle-même dans son dernier observatoire, l'utilisation d'une mauvaise fibre est la première cause de malfaçon technique sur les raccordement FttH et ce, pour les 4 opérateurs commerciaux. Du coup, quand un raccordeur voit une fibre utilisée à tort, il débranche le client de l'autre OC pour raccorder le sien. Et lorsque le client débranché réclame une intervention, le technicien de son OC ne s'encombre souvent pas et lui remet la même fibre qu'avant.
Quant à la deuxième cause de malfaçon technique mesurée par l'Arcep, c'est l'utilisation du mauvais PBO. On se retrouve avec des PBO artificiellement saturés quand d'autres plus compliqués à atteindre (nacelle, chambre sous chaussée etc.) restent vides.
Donc oui il y a des réseaux sous-dimensionnés, mais il y a surtout 4 OC qui de toutes façons laissent leurs sous-traitants faire ce qu'ils veulent quant il veulent, du moment que le client est rétabli.
votre avatar
Je pense qu'il y a un peu de tout.

Ya des OI , (et vu ton pseudo je pense que tu vois duquel je parle.... ) , franchement.... ya des baffes qui se perdent.

Après je ne nie pas ce que tu dis sur les PBO - bien au contraire.

T'a les fibres cassées aussi car comme parfois les câbles sont en passage dans les PBO, ben suffit qu'un sous-module dans un PBO en amont se soit pris un coup de cutter malheureux, et en aval t'a plus de continuité sur des fibres... Et bien sur aucun tech de racco te le dira.

Les OC sont pas en reste, quand il s'agit des tiroirs saturé au PM mais YOLO on prends quand même des commandes... (ça en plus c'est facile à voir de chez eux lorsque LEUR propre arbre GPON est saturé...)

Pour moi on a créé une situation où il reste assez facile de faire de la merde à tous les niveaux. Et les gens sur le terrain qui veulent faire bien se découragent. (A une époque j'allais jusqu'à ramasser les bouchons de jarretière dans les PMZ... le jour où j'ai trouvé une bouteille avec de la pisse dedans j'ai arrêté).
votre avatar
Je ne comprend pas bien:
Quand l'OI sait que son PB est saturé, il ne doit plus fournir de position de connexion à l'OC, non ?
Et le technicien terrain n'a pas à intervenir dans l'armoire sans position à raccorder fournie par l'OC ou l'OI.
Ou alors, personne ne signale à l'OI que son PBO est saturé ?
votre avatar
"Quand l'OI sait".

Il faut se rendre compte comment ça marche vraiment, sur le terrain.

En théorie, quand tu construis un logement, ou que tu divises un bien , ou que tu rénoves une grande, ou je ne sais quoi, tu es aussi censé l'indiquer à l'OI. A fortiori quand c'est carrément un lotissement.

Tu le fais bien pour Enedis par exemple et pour l'eau, sinon ça va être compliqué.....
Sauf que si avant pour le téléphone il n'y avait que Orange (et ce dernier n'était pas des plus réactifs, déjà à l'époque...) , ben actuellement ça peux être orange, mais ça peux être un autre, ça peux être Orange mais en DSP,.... et personne ne sais (et ne s'intéresse) à qui contacter pour telle ou telle zone géographique.

Et ça c'est doublé du fait que , encore actuellement la fibre (comme le cuivre avant elle) reste moins considérée comme essentielle que l'élec où l'eau courante pour viabiliser un logement - tant par les constructeurs que par les OI eux-même.

Si en plus, tu construis le 13ème logement sur une zone où un câble de 12 fibres arrivent, ben l'OI va devoir re-tirer un câble juste pour toi, avec un second PBO, voire armer un nouveau tiroir dans l'armoire.
Beaucoup de frais pour un foyer qui va finalement acheter du SFR pourri à 23€/mois....



Et ça, c'est quand l'OI est averti qu'il y a de nouveaux logements.

Et qu'il consens à participer aux opérations de raccordement en amont avec des positions préparée et tout et donc que la Base Adresse Nationale a été 1/ mise à jour par la mairie et 2/ prise en compte par l'OI.


La plupart du temps, quand tu viens d’emménager et que tu te pointes à la boutique de l'opérateur commercial XXX, le gars en face de toi il est commissionné à la vente , et si il vend bien il a son portrait comme "employé du mois" dans la salle café et une prime.

Donc si tu habites au 250 et que lui voit que au 125 ya une éligibilité, ben.... "ca paaaaassse". Il a pas moyen de connaitre depuis sa boutique si le PBO est saturé ou pas (et si le PBO est pas saturé, ça marchera et tlm sera content).
Tu repars donc avec ta box et un rdv avec le technicien.



Ce technicien arrive, il est payé ~ 90€ par intervention réussie (0 si ya le moindre souci). Lui il sais pas comment est le PBO, souvent il sait à peine où ce PBO est situé.

Du coup, lui, si il arrive sur un PBO saturé, il va tirer la fibre et tout, et .... débrancher un mec sur le PBO, te brancher toi, brancher la jarretière à l'armoire, mettre en service la box, mettre l’intervention en "succès", toucher ses 90 balles et basta (il a encore 5 personnes après toi aujourd'hui).

Ton voisins débranché , lui, sera l'objet d'une nouvelle intervention à 45€ demain ou après demain.

Dans ce jeu-là, à aucun moment l'OI n'a été averti de ce qui se passe. Ils n'a pas non plus les infos de liens up/down des opérateurs d'infra.

Tu peux avoir d'autres surprises aussi par exemple avec des tiroirs opérateurs saturés, des fibres cassées dans les armoires (donc des fibres au PBO inutilisables),.... bref, le manque de place au PBO n'est qu'un des problèmes possible. A la fin si le technicien de racco fait "the right thing", cad avertir l'OI et abandonner le racco il se fait pourrir par le client, pourrir ses propres stats, et toucher 0€. Alors que c'est pas de sa faute.


Au mieux les applis sur les téléphones des tech remontent les stat de racco et avec un peu de datamining (pardon on dis "IA" maintenant) ça va ptet remonter une alerte (sauf chez XPFibre car eux ils ont déjà du mal a savoir où sont leurs fibres/armoire/PBO, alors monter un système informatique... on y est pas du tout).


Et voilà comment tout ce système "marche".


On dit merci Orange qui a fait un lobbying ARCEP agressif entre 2009 et 2011 pour avoir .... ça , là ou beaucoup d'autres opérateurs avaient pourtant anticipé (et écrit) les problèmes qui se posent aujourd'hui lors des consultations publiques notamment.
votre avatar
Le problème à mon avis, c'est que le tech terrain intervient au nom de l'OC, mais pour faire le travail de l'OI (sa responsabilité va jusqu'au PTO, jusqu'à preuve du contraire). Quand un PTO est en place, personne n'intervient, le client se débrouille tout seul chez lui.
Si j'ai bien compris, il est même question que, sur les lignes avec PTO, ce soit l'OI qui reprenne le brassage au PM et non l'OC, ce sera peut-etre le même tech terrain, mais sans doute pas avec les mêmes règles du jeu.
Restent les de plus en plus rares déploiements sans PTO, on est dans les 80% de raccordés quand même, si je suis bien, qui devraient être réalisés au moins jusqu'au PTO par les OI directement, maintenant que le gros de la vague est passé.
votre avatar
Tu as tout a fait raison - cette confusion des genres est problématique (Technicien sous-traitant voire AE intervenant sur une infra qui n'est pas propriété du donneur d'ordre).

Un autre problème selon moi est que ce technicien, si il est embauché par l'OI, devrait alors être salarié - de manière que sa rémunération ne soit pas directement lié à la réussite d'une intervention par tous les moyens.
Comme à l'époque du cuivre, en somme.


En 2009, la raison pour laquelle Orange / France Télécom ne voulais pas qu'un OI intervienne chez le client sous le nom d'un tiers était pour , je cite , "garder la relation client et l'identité de l'opérateur vis à vis du client".
On parle d'une époque où les techniciens Sogetrel (entre autre) se baladaient avec des camionnettes et des chasuble flocké "Orange" pour l'ADSL.
Une autre raison était que les techniciens d'un opérateur commercial étaient "formé" sur une box et pas celle du concurrent, pour montrer à $client les bienfait de s'engager 1 an et prendre l'option TV++.

Ah et ils ne voulaient que UNE et UNE SEULE intervention chez le client. Comme si Darty envoyait chez toi l’électricien pour brancher ta TV _et_ refaire le tableau électrique, car tu comprends sinon c'est pénible pour le client de poser 2 jours...

Bref la somme de ces contraintes a amené la misère actuelle.

Maintenant, oui, un seul tech avec sa soudeuse avec uniquement l'OI derrière... ça changerais la donne, j'en suis sur , car un technicien à force va bien connaitre sa zone, ce qu'il manque et et où, connaitre les gens, sur place, leur filer son n° pro...
Typiquement après les tempêtes c'est utile.
votre avatar
Je suis en train de pourrir ces statistiques !

Qualité des réseaux fibre : « les efforts engagés par la filière doivent se poursuivre »

  • Amélioration du taux de pannes signalées aux opérateurs d’infrastructure

  • Une stabilité des taux d'échecs

  • Amélioration sur la reprise des malfaçons

  • Poursuivre les efforts