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La Cada revient sur « ses propres olympiades » et les défis qui l’attendent

C’est une cadastrophe sur les délais

La Cada revient sur « ses propres olympiades » et les défis qui l’attendent

photographie originale : Дмитрий Пропадалин pour Pexels

L’année dernière, les demandes à la CADA étaient en hausse… comme les délais de traitement qui dépassent allègrement la limite d’un mois. La Commission a dû faire face à de nouvelles demandes pendant les Jeux olympiques et prévoit des changements importants pour la suite, avec l’intelligence artificielle.

Le 09 juillet 2025 à 11h06

La Commission d'accès aux documents administratifs, CADA de son petit nom, permet à tout un chacun de solliciter des documents publics : rapports, codes sources, statistiques, notes de frais… Elle est notamment prisée par les journalistes pour récupérer des documents que certaines administrations refusent de communiquer. Next vous propose même un tuto pour bien faire une demande.

Hausses des demandes et des délais de traitement

La Commission vient de publier son bilan 2024 (.pdf), marqué par une hausse des saisines : 11 361 demandes,+ 10 % en un an, pour 58 % d’avis favorables.

Le délai moyen de traitement était de 66 jours, contre 52 jours en 2023 et 59 jours en 2022. C’est deux fois plus que le délai durant lequel la Commission doit normalement se prononcer (un mois).

Un des problèmes étant que le budget de la CADA ne suit pas la même tendance que les demandes, participant inexorablement à l’allongement des délais.

Bruno Lasserre, président de la CADA, se félicite autant qu’il s’inquiète de cette hausse. D’un côté, « on peut bien sûr voir dans ces chiffres une soif accrue de transparence administrative de la part de nos concitoyens », mais de l’autre « on peut aussi y déceler des dysfonctionnements ou un manque d'acculturation au sein des administrations […] et je m'en inquiète quelque peu ».

En 2024, des demandes sur les JOP et caméras augmentées

L’année 2024 était marquée par les Jeux olympiques et paralympiques, ce qui a débouché « sur des demandes – en nombre mesuré – portant sur cet événement et notamment sur les marchés passés par le Comité d'organisation de jeux olympiques, les circulaires ministérielles relatives à des dispositifs de prévention de certaines menaces ou les documents relatifs au déploiement de "caméras augmentées" ». Le président parle même de « ses propres olympiades ».

Nous avions d’ailleurs obtenu le feu vert de la CADA sur les documents d'un marché de capteurs biométriques attribués par le ministère de l'Intérieur. Malgré l’avis positif, la procédure est toujours en cours pour récupérer les documents en question.

Algorithmes, codes sources, intelligences artificielles : les demandes évoluent

Enfin, le président revient sur les demandes concernant les nouvelles technologies face à l'utilisation de plus en plus importante par les administrations d'applications. Cela pose la question de la « communication des codes sources mais aussi de toutes les informations relatives aux algorithmes qu'elles utilisent ». Nous pouvons citer l’arlésienne Parcoursup par exemple, dont le code n’est toujours pas totalement ouvert malgré de multiples promesses.

Bruno Lasserre rappelle que la position de la CADA sur les algorithmes et codes sources est de « garantir le droit d'accès à ces nouveaux documents administratifs » :

« Si les demandes relatives à l'intelligence artificielle restent encore modestes, il y a fort à parier que le déploiement de l'utilisation de cette technologie au sein des administrations débouchera rapidement sur de nouvelles questions pour la CADA. »

Bénédicte Farthouat-Danon, conseillère à la Cour de cassation et membre du collège de la CADA, y va aussi de ses prévisions sur les enjeux à venir : « Il y a dans l'immédiat un enjeu quantitatif lié à l'augmentation continue des demandes d'accès ». Elle milite pour donner plus « de moyens aux administrations, notamment des moyens informatiques, et poursuivre les actions de formation des agents qui la composent ».

L'intelligence artificielle, et la transformation numérique dans son ensemble, soulèvent « des questions nouvelles, comme le montrent les saisines relatives aux algorithmes et aux codes sources ». Les années qui arrivent ne devraient qu’amplifier ce phénomène.

Commentaires (3)

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Le problème c'est la suite à donner de l'avis de la CADA. Si l'administration traine des pieds et fait la sourde oreille, il faut saisir le juge administratif, donc avocat. Cela a donc un coût, de combien?? C'est clairement pas évoqué par les journaliste et cela limite la force de la justice.
Et même si le juge administratif condamne le ministère, il se passe quoi?? Une amende?? Une peine de prison pour le responsable juridique du ministère ?! Des gros yeux?
Contrairement à des professionnels comme les avocats, les médecins, l'administration n'est responsable de rien, les responsable de l'administration n'ont jamais de sanctions. C'est la personne morale qui sanctionne et pas le responsable qui a pris la décision ou la non-décision.
Cela donne l'impression d'une immunité des corps de l'État, immunité que ne bénéficie pas le simple citoyen.
" Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."
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Si l'administration traine des pieds et fait la sourde oreille, il faut saisir le juge administratif, donc avocat.
Non.
Cela a donc un coût, de combien??
Non, donc 0 €.
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Au tribunal administratif, tu peux obtenir une injonction à fournir le document dans un délai précis, suivi d'une astreinte par jour de retard.
La direction concernée va par ailleurs devoir saisir le service juridique (souvent "en centrale" c'est-à-dire au niveau ministériel) donc passer pour un con auprès de son ministère de tutelle et pour une direction qui ne sait pas se débrouiller. Ces personnes ayant souvent une haute estime d'elles-mêmes et un besoin de se faire bien voir de leur hiérarchie et autres collègues de même niveau pour leur future cooptation, elles apprécient peu qu'un "simple citoyen" ou une agente les humilie.

La Cada revient sur « ses propres olympiades » et les défis qui l’attendent

  • Hausses des demandes et des délais de traitement

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