#Le brief du 19 juin 2026

Bercy crée une direction dédiée à l’intelligence artificielle

Bercy intègre une nouvelle direction chargée de l’intelligence artificielle et du numérique (DIAN). Œuvrant pour les ministères économiques et financiers, la DIAN va avoir du pain sur la planche.

Grosse semaine sur le front de l’IA dans l’administration publique. Sébastien Lecornu a ainsi dévoilé une série de mesures destinées à intégrer cette technologie pour « changer d’échelle », selon le mot du Premier ministre. On compte dans le lot la mise à disposition d’un « agent conversationnel souverain » pour l’ensemble des agents publics, l’ouverture des technologies « les plus avancées » du ministère des Armées aux autres administrations, un assistant santé publique dans Ameli, ou encore le remplacement des solutions de Palantir par celles de ChapsVision.

Le ministère de l’Économie et des Finances y est allé de sa propre annonce ce jeudi 18 juin : la création de la Direction de l’intelligence artificielle et du numérique. Ce n’est pas une entité nouvelle, puisque la DIAN succède à l’actuel Service du numérique du Secrétariat général des ministères économiques et financiers (MEF). Bercy devient le premier ministère à intégrer une direction ayant explicitement l’IA non seulement dans l’intitulé, mais aussi et surtout dans son périmètre.

Image : Loukian Jacquet (Unsplash)

La création de la DIAN accompagne la publication, d’ici la fin du mois, d’une « feuille de route IA » 2026 - 2027 pour les MEF. Il s’agit de fixer les grandes orientations stratégiques pour le déploiement de l’IA au sein de ces administrations. Il sera notamment question de garantir un accès à l’IA pour l’ensemble des agents, de contribuer à l’enrichissement des « briques interministérielles communes », de mutualiser les capacités de calcul et les infrastructures, ou encore d’accélérer le développement d’agents et d’apps IA. Un programme chargé, donc.

« Pour que la France reste dans la course, l’État doit être exemplaire dans sa capacité à adopter ces technologies, à les diffuser et à les mettre au service de sa performance », explique le ministre de l’Économie Roland Lescure. Cela passera aussi par « un effort massif » pour la formation et l’accompagnement des agents (les agents humains, pas les agents IA). Cette initiative doit également porter au-delà des frontières de Bercy : la DIAN est « un signal fort aux acteurs de l’innovation et contribue à structurer un marché de confiance pour les solutions d’IA », affirme Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’IA.

Comme dans l’UE, Apple forcée d’ouvrir l’iPhone aux boutiques alternatives au Brésil

Il n’y a pas que dans l’Union européenne où Apple est obligée d’ouvrir le jardin fermé d’iOS à la concurrence. Plusieurs autres pays ont embrayé, comme le Japon en fin d’année dernière, et désormais le Brésil. iOS 26.5, disponible depuis début mai, contient tout le nécessaire pour installer des boutiques alternatives à l’App Store sur les iPhone brésiliens.

Apple a formalisé ce changement, exigé par l’autorité de la concurrence du pays (Conselho Administrativo de Defesa Econômica, CADE). Les développeurs ont donc la possibilité de distribuer leurs applications via ces boutiques alternatives ; ces dernières devront toutefois avoir reçu le feu vert d’Apple. Ce système de notarisation, similaire à celui en vigueur en Europe, repose sur des examens automatisé et humain pour s’assurer que les apps fonctionnent comme annoncé.

Apple ne manque pas l’occasion de rappeler que la notarisation est « moins approfondie » que le processus de validation de l’App Store. Dans les faits, ce processus, qui est normalement purement technique, est parfois utilisé par le constructeur pour interdire la distribution d’apps dans les boutiques tierces. Ça a été un temps le cas de l’Epic Game Store.

Les développeurs ont aussi la possibilité d’intégrer un système de paiement autre que celui de l’App Store, ou bien un lien vers un site web pour régler un achat. Apple insiste lourdement sur les risques sur la sécurité et la confidentialité de ces boutiques et du paiement alternatifs. Ces risques sont très théoriques : il n’y a pas eu d’énorme scandale de sécurité lié aux boutiques alternatives depuis la mise en œuvre du DMA dans l’UE.

Apple réduit également (un peu) sa commission appliquée aux applications présentes sur l’App Store au Brésil : elle est désormais de 21 %, mais la grande majorité des développeurs se qualifieront pour une dîme de 10 %. Il leur faudra cependant ajouter 5 % s’ils utilisent le système de paiement de l’App Store pour les achats intégrés. Au bout du compte, les gains ne sont pas énormes (26 %, contre 30 % habituellement).

Apple réclame aussi une commission de 10 ou de 15 % (en fonction des différents programmes de soutien aux développeurs) sur les transactions réalisées depuis un lien externe. Enfin, une commission de 5 % s’applique sur les achats réalisés dans les apps distribuées en dehors de l’App Store. Oui, c’est tout un bazar.

Rufus 4.15 améliore l’installation silencieuse de Windows

Rufus est une petite application très pratique qui permet de préparer des clés USB pour l’installation de systèmes d’exploitation. Elle s’est fait un nom avec Windows 11 en particulier, en incluant des options permettant de faire « sauter » les prérequis techniques, comme la présence obligatoire d’une puce TPM 2.0.

Quand la version 4.14 est sortie le 30 avril, elle a introduit une nouveauté majeure : l’installation silencieuse pour Windows 11. On peut ainsi paramétrer par avance tous les choix du processus, afin que l’installation se déroule d’une traite, sans intervention manuelle. On peut configurer ce que l’on souhaite comme configuration de stockage, créer un nouveau compte ou encore passer le premier assistant de configuration.

Cette version comportait cependant plusieurs problèmes. La mouture 4.15, disponible en bêta, en corrige la plupart, notamment deux importants : un blocage qui pouvait survenir à 75 % de l’installation, ou encore un autre qui entrainait un plantage au démarrage sur les machines ARM64 équipées d’une puce Snapdragon X. L’utilisation d’une image ISO contenant plusieurs conteneurs WIM pouvait également déclencher une boucle de redémarrage sans fin.

Dans les notes de version, on peut voir que les garde-fous autour de cette fonction d’installation silencieuse ont été améliorés. En outre, il est maintenant possible d’annuler l’opération si des erreurs d’écritures sont rencontrées.

On peut récupérer cette bêta depuis le dépôt GitHub de l’application. Les plus prudents attendront cependant l’arrivée de la version finale.

Netflix ajoute les programmes et le direct de TF1+

Depuis ce vendredi 19 juin, les abonnés Netflix peuvent accéder aux programmes et aux chaines en direct du groupe TF1. Une première mondiale qui pourrait transformer la plateforme de streaming américaine en véritable agrégateur de contenus.

Netflix

D’un coup d’un seul, Netflix vient d’ajouter 35 000 heures de programmes supplémentaires à son catalogue : ceux du groupe TF1. Zodiaque, Koh-Lanta, Demain nous appartient, le JT de 20 heures… Non seulement les abonnés au service de streaming peuvent profiter de ce contenu à la demande, mais ils pourront aussi accéder aux programmes en direct des chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI. Et cela inclut également les compétitions sportives en live (dans un premier temps, le direct n’est proposé que sur les téléviseurs connectés).

C’est en fait tout TF1+ qui se retrouve [PDF] dans Netflix. Avec en sus les fonctions spécifiques de Netflix : les émissions et films de TF1 sont intégrés dans « Ma liste », le top 10 ou encore la poursuite de lecture, au même titre que les autres contenus de la plateforme. Une section dédiée TF1+ est aussi accessible depuis la page d’accueil de Netflix. Le tapis rouge, en quelque sorte.

« Nous créons ainsi la destination de divertissement ultime pour nos abonnés français », se réjouit Greg Peters, le co-PDG de Netflix. Une formule qui laisse songeur : la plateforme a-t-elle des ambitions d’agrégateur de contenus, à la manière de Canal+ ? Il y a un an, jour pour jour, l’annonce de ce partenariat inédit avait soulevé la question – mais en dehors de TF1, aucun autre groupe audiovisuel traditionnel n’est venu frapper à la porte du géant américain pour y proposer ses programmes.

Cela finira peut-être par arriver, si d’aventure cette nouvelle proposition remporte le succès. TF1+, présenté par le groupe TF1 comme une véritable plateforme de streaming et un concurrent des services comme Netflix, n’est pas en danger. Rodolphe Belmer, le PDG de l’entreprise, expliquait l’an dernier ne pas craindre de cannibalisation des audiences de TF1+, bien au contraire : « [l’opération] sera nettement positive pour nous en termes d’audience ».

Sur un plan plus pragmatique, l’arrivée des contenus de TF1 sur Netflix signifie aussi que ces programmes sont truffés de publicité… y compris, comme le souligne Univers Freebox, pour les titulaires d’un abonnement Netflix sans pub. Il est possible, dans les réglages de son compte Netflix, de désactiver l’affichage du catalogue de TF1+.

Amazon, partenaire d’OpenAI, ne veut plus du film Artificial sur Sam Altman

Pas touche aux icônes de l’IA. Amazon, en sa qualité de studio de production (MGM), a décidé de ne pas distribuer le film Artificial, centré autour de Sam Altman. Il se trouve qu’Amazon, en sa qualité de géant du web (AWS), est un partenaire important d’OpenAI. Hasard ou coïncidence ?

Artificial, le dernier long métrage de Luca Guadagnino, va devoir se trouver une nouvelle maison. Amazon MGM a en effet décidé de s’en débarrasser alors qu’il est quasiment terminé. Le réalisateur d’After the Hunt, de Challengers, ou encore du remake 2018 de Suspiria, a mis en boîte une biographie de Sam Altman, fondateur et patron d’OpenAI, incarné par nul autre qu’Andrew Garfield.

Sam Altman (CC BY 2.0) et Andrew Garfield (CC BY-ND 2.0)

« Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour Luca Guadagnino en tant que réalisateur primésans parler de la relation de longue date que nous entretenons avec lui et que nous espérons poursuivre », affirme sans rire un porte-parole d’Amazon à Variety. « Nous pensons qu’Artificial sera mieux servi s’il est distribué par un autre studio, et nous travaillons en étroite collaboration avec l’équipe du film afin de lui trouver un nouveau foyer. »

Le film va donc être vendu à un autre studio pour y être distribué. Sous quelle forme, au cinéma, en streaming ? À ce stade, il est impossible de le dire. Amazon MGM n’a avancé aucune explication pour justifier l’abandon d’Artificial, mais tous les regards se tournent vers le partenariat entre AWS et OpenAI annoncé en novembre dernier, et renforcé au mois de février. Un engagement qui porte le total des investissements à 100 milliards de dollars sur huit ans.

Artificial avait fait l’objet de plusieurs projections tests ayant suscité des réactions très positives, selon Variety. Les personnages inspirés de Sam Altman et d’Elon Musk (incarné par Ike Barinholtz) apparaitraient parmi les moins sympathiques aux yeux du public de ces projections… Cet abandon en rase campagne est d’autant plus étonnant qu’Amazon aurait eu accès aux premières versions du script avant que Luca Guadagnino ne s’empare du projet.

Apple explique pourquoi l’Apple Watch Ultra de 2022 n’est pas compatible avec watchOS 27

La nouvelle version du système d’exploitation pour l’Apple Watch, watchOS 27, ne s’installera que sur les versions les plus récentes des montres connectées. Une nécessité pour Siri AI, a expliqué Apple.

Les utilisateurs de la première génération d’Apple Watch Ultra seront privés de watchOS 27. Le modèle n’est pourtant pas si vieux, puisqu’il a été lancé en 2022. Malgré tout, cette version devra se contenter de 3 ans de nouveautés : à l’avenir, elle ne recevra que des mises à jour de sécurité.

watchOS 27 fait aussi l’impasse sur les Apple Watch Series 6, 7, 8 ainsi que sur la SE 2. Pour pouvoir profiter des nouveautés logicielles annoncées durant la conférence mondiale des développeurs d’Apple, il faut donc posséder une Series 9, une Ultra 2 ou une SE3 au minimum, autrement dit des modèles sortis à partir de 2023.

Pourquoi donc abandonner des modèles d’Apple Watch toujours très capables ? « À chaque mise à jour de nos plateformes, notre priorité est de vous offrir la meilleure expérience possible. C’est pourquoi nous accordons une attention particulière aux performances et à l’autonomie de nos appareils », explique Cait Dooley, le directeur produit Apple Watch à TechRadar. Il poursuit :

« Les nouvelles fonctionnalités de watchOS, notamment les capacités d’IA de Siri et le nouveau geste de pincement, tirent le meilleur parti de la puissance de calcul disponible sur l’Apple Watch Series 9 et les modèles ultérieurs, l’Ultra 2 et les versions suivantes, ainsi que la SE 3. »

La messe est dite : les nouveautés logicielles de watchOS 27, à commencer par le support de Siri AI, nécessitent donc une puissance que seules les montres équipées d’une puce S9 ou S10 peuvent offrir. Bien sûr, les modèles plus anciens continueront de fonctionner normalement, jumelés à un iPhone. Mais ils sont maintenant considérés comme des citoyens de seconde zone. C’est d’autant plus dommage qu’iOS 27 est compatible avec tous les iPhone prenant en charge iOS 26.