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Yann LeCun va quitter Meta en désaccord sur la stratégie de R&D de l’entreprise

Le 12 novembre à 09h40

Douze ans après son arrivée au sein de ce qui s'appelait à l'époque Facebook, le chercheur français Yann LeCun s'apprête à quitter l'entreprise de Mark Zuckerberg, devenue depuis Meta.

Arrivé en 2013 pour créer et diriger le laboratoire de recherche et développement de l'entreprise Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR), le chercheur a amené à Facebook puis Meta ses connaissances sur le deep learning dont il est l'un des pionniers. Ainsi, le FAIR a permis à Facebook d'être l'un des premiers réseaux sociaux à intégrer des systèmes d'intelligence artificielle, notamment pour la reconnaissance faciale.

Mais la récente reprise en main des recrutements sur l'IA par Mark Zuckerberg semble avoir donné une direction que le Français ne veut pas suivre. En effet, depuis cet été le CEO de Meta a redirigé toutes les forces de R&D dans la création d’un laboratoire dédié à la « superintelligence » en s'appuyant sur les modèles génératifs dérivés des LLM. Il a débauché des spécialistes chez Apple, Anthropic, OpenAI ou Scale AI et misé sur Alexandr Wang pour la direction de la R&D. Mark Zuckerberg veut pousser ses chercheurs à creuser cette voie et sortir plus de modèles qui doivent alimenter en IA plus rapidement les produits de Meta.

Ce choix, selon le Financial Times, aurait poussé Yann LeCun à quitter l'entreprise en vue de fonder sa propre startup. En effet, s'il soutient que les LLM sont « utiles », il pense qu'ils ne seront jamais capables ni de raisonner ni de planifier comme les humains. Il pousse donc, au sein du laboratoire de Meta, le travail sur ce que les chercheurs en IA appellent les « world models », des modèles capables de conceptualiser un monde, comme l'ont proposé en 2018 les chercheurs David Ha et Jürgen Schmidhuber. Ceci permettrait d'intégrer de véritables robots dans le monde réel.

Ainsi, Meta a travaillé sur plusieurs séries d'architectures : JEPA, V-JEPA, DINO-WM et PLDM. Mais ceux-ci en sont encore aux débuts de la recherche sur le sujet et subissent des critiques. Par exemple, tout en admettant que V-JEPA 2 « marque une avancée » sur des tâches de manipulation de bras robotiques, des chercheurs doutent de ses capacités sur « des tâches plus diverses (par exemple, préparer le petit-déjeuner) ou adaptées à des environnements plus complexes avec des dépendances à long terme (par exemple, l'alpinisme) ».

Le chercheur français semble vouloir continuer dans cette voie en montant sa propre startup.

Le 12 novembre à 09h40

Commentaires (16)

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A-t-on des informations sur le futur lieu d'implantation de la startup? FR/US ?
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Pour l'instant, pas d'information sur le sujet.
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LeCun s'en fout de la mode et du fric sauf pour avoir les moyens de faire ses recherches. Suivre son travail c'est suivre l'avenir des IA. Les LLM ne suffiront pas mais c'est l'archi qui ne demandais que de la puissance de calcul pour arriver à être efficace. Merci pour la news, je vais creuser les world models.
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Espérons que sa startup se plante. On n'a pas besoin de superintelligence. Il y a que des coups à prendre à créer une superintelligence artificielle. Ces gens qui se concentrent exclusivement sur la question du "est-ce possible ?" sans se demander une seule seconde "est-ce souhaitable ?" sont une plaie.
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Malheureusement, avec oui sans lui, ca se fera.

Pour une fois que ca serait quelqu'un de bien à la tête du machin, je pense que même contre, ca reste ta meilleure option.
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Reste à voir si ça se fera avant que la planète ne soit plus habitable
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Qu'est-ce qu'il a de bien, en dehors du fait qu'on l'a à la bonne parce qu'il est français ? J'ai pas l'impression qu'il se distingue particulièrement des autres dans le domaine de l'IA en terme d'éthique, si ce n'est dans le fait qu'il a permis à Facebook de démultiplier l'exploitation de nos données personnelles jusqu'à un niveau quasi-biométrique, en permettant d'exploiter la reconnaissance faciale.
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y aura un jour une superintelligence. je reprends les propres propos de LeCun qui faisait un parallèle avec l'IA : "Personne ne remets en doute le progrés amené par l'imprimerie pour la diffusion du savoir. Et pourtant elle a d'abord diffuser la bible qui a amener le protestantisme et 200 de guerres de religion". Il faut donc s'y préparer et de s'yconnaitre un minimum pour être acteur du changement. ce n'est que mon avis.
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Si un des buts des world models est de faire fonctionner des robots autonomes, est-ce qu'on doit s'attendre à ce que tous les métiers (ou presque) soient pris en charge par l'IA ? Si oui, quel modèle économique pour les humains qui ne sont pas riches à millions ?
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je verrais bien un avenir pour les humains comme décris par Ian Banks et le worldbuilding (on utilise aussi ce mot en SF) de ses space opéra autour de La Culture. Je resume : les humains ne travaillent plus, peuvent avoir ce qu'ils veulent, etre ce qu'ils veulent.. je vous invite a le lire, on ne s'ennuie pas.
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J'ai déjà vu des œuvres de SF où les humains n'ont plus besoin de travailler, mais je n'ai jamais vu d'explication sur comment ça marchait économiquement parlant (surtout la période de transition).
Et si on a tous droit à du "temps robotique", les riches en ont-ils plus ? Comment ? Pourquoi ? Bref, plein de questions qui sont peut-être abordées dans les œuvres de Iain Banks. Merci pour la découverte.

De ce qu'en sait Lumo, par contre, le présupposé est qu'on a accès à de l'énergie infinie... Ça complexifie un chouïa la mise en place dans un monde réel. ^^
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surtout la période de transition => du sang et des larmes
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Ça pose aussi des questions éthiques sur ces robots eux même. S'ils sont vraiment doués d'intelligence et même d'une superintelligence, de quel droit pourrait-on les réduire en esclavage ? Et accessoirement, comment peut-on croire qu'ils se laisseraient faire éternellement ou qu'on arriverait à les empêcher de se rebeller ? Sachant qu'ils seraient beaucoup plus intelligents que nous (c'est le principe d'une superintelligence)...
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Pour le coup, là, c'est plutôt du côté du cycle des robots d'Asimov qu'il faut aller chercher. ^^
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Je suis pas vraiment d'accord avec cette vision semi-défaitiste "si c'est possible alors ça arrivera", semi-technoscientiste "si c'est nouveau alors c'est un progrès". On peut avoir des règles technoéthiques comme on a des règles de bioéthique. On n'est pas obligé d'aller vers le clonage humain (et on a même des lois contre ça) juste parce que c'est techniquement envisageable, et je pense la même chose de la superintelligence artificielle.
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Alors oui, mais actuellement, ce que tu décris ne semble clairement pas être la voie envisagée par les différents pays actuellement...

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