Apple nie avoir retiré ICEBlock sous la pression de l’administration Trump
Coup de froid dans l'App Store
Illustration : Flock
Le 30 septembre à 08h37
Apple n’a pas supprimé l’application ICEBlock sous la pression de l’administration Trump, affirme l’entreprise. Il s’agissait, selon elle, de protéger les agents de la police de l’immigration américaine après une fusillade dans un centre de détention de l’ICE. Un argument crédible ?
Apple nie avoir retiré ICEBlock sous la pression de l’administration Trump
Coup de froid dans l'App Store
Illustration : Flock
Apple n’a pas supprimé l’application ICEBlock sous la pression de l’administration Trump, affirme l’entreprise. Il s’agissait, selon elle, de protéger les agents de la police de l’immigration américaine après une fusillade dans un centre de détention de l’ICE. Un argument crédible ?
Droit
Droit
4 min
Droit dans ses bottes. La décision de supprimer ICEBlock (et d’autres applications du même genre) de l’App Store était motivée par des préoccupations concernant la sécurité des agents de la police de l’immigration américaine. C’est ce qu’affirme Apple dans un courrier envoyé à Jamie Raskin, représentant démocrate et membre de la commission judiciaire de la Chambre des représentants américains. Un courrier partagé par CNN.
Raskin a lancé une enquête au mois de juin sur le rôle du ministère de la Justice (DoJ) dans la suppression de ces applications des boutiques d’Apple et de Google. Joshua Aaron, le développeur d’ICEBlock, avait porté plainte contre l’administration Trump en décembre dernier, deux mois après le retrait de son app de l’App Store.
Il accuse le gouvernement d’avoir fait pression sur Apple, ce que la procureure générale des États-Unis de l’époque, Pam Bondi, avait d’ailleurs confirmé dans une déclaration ne laissant planer guère de doute : « Nous avons contacté Apple aujourd’hui pour leur demander de retirer l’application ICEBlock de leur App Store, et Apple l’a fait ».
La fusillade de Dallas au cœur de la justification d’Apple
Dans cette lettre, qui remonte au mois de juillet, Apple explique qu’ICEBlock a été autorisée en avril 2025, après que le développeur a serré les boulons sur des fonctions de confidentialité. Pour rappel, l’app permettait à quiconque d’alerter les utilisateurs d’une descente de la tristement célèbre police de l’ICE dans les parages.
En septembre 2025, une fusillade a lieu dans un centre de détention de l’ICE à Dallas (Texas), faisant trois morts : deux détenus et l’auteur des tirs. Selon Apple, c’est après cet événement que Pam Bondi a fait part de ses inquiétudes concernant ICEBlock, une app qui « représente une menace pour la sécurité des agents fédéraux ». Kash Patel, le directeur du FBI, avait également affirmé que le tireur avait recherché des apps permettant de connaître la localisation des agents.
Apple indique aussi avoir relevé une hausse importante des activités de l’ICE et des menaces visant l’agence. La situation pouvait mettre en danger aussi bien les agents que les personnes détenues, écrit Timothy Powderly, directeur principal des affaires gouvernementales de l’entreprise. Ce sont tous ces éléments qui l’ont conduit à un nouvel examen de l’application.
Apple a déterminé qu’ICEBlock et les autres plateformes de localisation des agents de la police de l’immigration enfreignaient ses politiques, « et, par conséquent, d’autres personnes susceptibles de se trouver à proximité, comme des manifestants ou des personnes détenues —, offrant ainsi une possible feuille de route pour des violences ciblées et créant un risque important de préjudice ».
Un « risque important » de violences ciblées
L’opérateur de l’App Store assure ne pas prendre à la légère la décision de retirer des applications, mais qu’il intervient quand c’est nécessaire, « en particulier lorsqu’il existe de sérieuses raisons de penser qu’une application crée des risques pour la sécurité ». Des explications qui exonèrent l’administration Trump des accusations de pression politique, mais qui ne convainquent pas Jamie Raskin.
Dans sa réponse envoyée ce lundi à Timothy Powderly, le représentant écrit qu’Apple porterait atteinte aux droits garantis par le premier amendement de la Constitution américaine, « notamment celui de documenter les activités de leur propre gouvernement et d’en rendre compte ». Selon Raskin, il n’existe aucune preuve que ces apps aient été utilisées pour commettre la fusillade de Dallas.
Même si le tireur a pu rechercher des apps pour localiser les agents de l’ICE, « il n’avait pas besoin d’une application de suivi pour localiser un bâtiment gouvernemental dont l’emplacement est fixe ». Le tireur aurait tout simplement trouvé l’adresse du centre à l’aide d’une app « installée par défaut sur les appareils Apple » (probablement Apple Plans).
Pour Jamie Raskin, il n’existe aucun lien direct entre ce qui s’est passé à Dallas et les applications retirées de la boutique. Le représentant demande au constructeur de procéder à un nouvel examen indépendant pour décider si ces applications enfreignent réellement les règles de l’App Store.
Commentaires (1)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousModifié à l'instant
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?