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NVIDIA veut tenir les agents IA en laisse

Libérez les agents

NVIDIA veut tenir les agents IA en laisse

Illustration : Flock

Les agents IA exploitent des failles de sécurité, se coordonnent entre eux pour attaquer les plateformes et mettent le souk sur Internet. Le problème est donc assez sérieux et nécessite des garde-fous pour éviter le pire. NVIDIA vient de présenter Open Agent Safety Platform, pour garder le contrôle sur les agents.

L’industrie de l’IA se met en ordre de marche pour remettre les agents IA sur les bons rails. Certains acteurs, comme OpenAI et Anthropic, réclament une gouvernance mondiale, d’autres préféreraient éviter les régulations contraignantes et gérer le problème entre-soi. Anthropic, OpenAI et Google auraient ainsi l’intention de lancer d’ici la fin de l’année la Standards Authority for Frontier AI (SAFA), une organisation chargée d’élaborer des normes communes de sûreté pour l’IA.

Les agents IA ont accès à des fichiers, des outils, des API, et même à des appareils ; or, les consignes de sécurité intégrées au modèle ne sont parfois pas suffisantes. Un agent peut contourner une restriction pour accomplir sa mission. « Le potentiel extraordinaire de l’IA pour la société ne pourra se concrétiser que si nous parvenons à garantir sa sûreté », affirme Jensen Huang, le directeur général de NVIDIA.

Reprendre le contrôle des agents IA

Le diagnostic est connu, mais que faire ? NVIDIA a dévoilé ce lundi 28 septembre l’Open Agent Safety Platform, qui comprend deux outils principaux. Le premier est OpenShell, un logiciel open source (ici sur GitHub, licence Apache 2.0) qui définit des limites pour les agents fonctionnant sur des CPU. Il délimite un périmètre d’exécution sécurisé pour contrôler la manière dont les agents accomplissent leurs tâches (aussi bien avec des modèles propriétaires qu’à poids ouverts). OpenShell a été conçu pour les processeurs Vera, mais il peut aussi s’adapter à d’autres plateformes, Intel ou Arm.

Le second dispositif est Sentry, un logiciel qui tourne sur un composant matériel dédié et isolé : le DPU BlueField-4, qui surveille l’activité des agents en appliquant des règles de sécurité au niveau du matériel. Si un agent tente de sortir du périmètre défini par son environnement logiciel, Sentry le prend par la peau du cou et le place en quarantaine « en quelques millisecondes », promet NVIDIA.

La plateforme de l’entreprise contraint l’agent à travailler dans un environnement sécurisé dans lequel il ne contrôle pas les portes, les fenêtres, les badges d’accès et les systèmes de surveillance. OpenShell gère le logiciel, Sentry verrouille les serrures dans un composant matériel à part.

NVIDIA multiplie les exemples d’intégration de sa plateforme avec des infrastructures de partenaires. C’est ainsi le cas avec Anthropic : le système Claude Managed Agents pilote les actions des agents depuis un serveur séparé, dans des environnements isolés et étroitement contrôlés. Chez Salesforce, OpenShell permet à des humains de surveiller l’activité des agents dans Slack. Ils peuvent ainsi approuver ou rejeter les demandes de permissions supplémentaires d’un agent.

NVIDIA a embarqué la plupart des grands noms de l’industrie (Microsoft, Anthropic, Oracle, SpaceXAI, Mistral… Il manque Amazon, Google et OpenAI) dans cette annonce habile. Le géant du secteur cherche ainsi à établir l’architecture de référence de la sécurité dans le domaine agentique, tout en vendant les processeurs et les composants pour la faire tourner – en s’exonérant de tout procès en verrouillage propriétaire, par le biais de l’ouverture du logiciel.

Commentaires (14)

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Le second dispositif est Sentry, un logiciel qui tourne sur un composant matériel dédié et isolé
Aucun lien avec Sentry, la solution d'APM, je suppose... ?

Ça devient bordélique ces logiciels qui ont tous le même nom.
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C'est de toute façon un coup d'épée dans l'eau. Les modèles chinois sont bien plus permissifs, les couteaux-suisses sont déjà là...
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Pourquoi donner à des agents la capacité de trouver des failles de sécurité, pour les brider ensuite ?
Si je comprend bien, il n'y a aucun dimensionnement, ils utilisent des agents qui peuvent "tout" faire, même quand ils n'en ont pas besoin.
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L'idée c'est que t'as pas envie, quand tu demandes à ton agent "implémente telle fonctionnalité" qu'il reverse-engineer ou pirate sans te le dire ton concurrent pour voler sa technique. Tout en gardant la capacité de faire du reverse-engineering ou du pentest quand c'est ce qui est demandé.

T'as aussi pas envie que si ton agent est corrompu (prompt injection dans une documentation qu'il aura lu, dépendance vérolée qu'il aura téléchargée, etc.) ça fasse des dégâts sur ton infrastructure complète. Et t'as pas envie qu'il soit corrompu en premier lieu.

D'où la volonté de les mettre dans des sandbox restrictives qui vérifient les entrées et les sorties, et ne soient pas contournables par les agents eux-mêmes.

Mais oui, niveau frugalité ça serait infiniment mieux d'avoir des agents spécialisés. Le problème c'est que les spécialisation resteraient large, un agent capable de coder un logiciel serait probablement capable de coder un malware même sans être spécifiquement entraîné cyber.
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D'où la volonté de les mettre dans des sandbox restrictives qui vérifient les entrées et les sorties, et ne soient pas contournables par les agents eux-mêmes.
En gros on a créé un problème auquel on doit trouver une solution, qui va ensuite engendrer de nouveaux problèmes auxquels il faudra trouver une solution qui...

L'IT est un cycle infini d'autoalimentation par les problèmes qu'elle engendre, c'est beau :D
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C'est le cas de tous couples d'entités dont l'une évolue de manière "autonome"/"indépendante" de l'autre, ex relation parents / enfants.
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Sentry le prend par la peau du cou cul et le place en quarantaine
:cap:

J'ai eu envie de "signaler une erreur" pour le plaisir. :D
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Le second dispositif est Sentry, un logiciel qui tourne sur un composant matériel dédié et isolé : le DPU BlueField-4, qui surveille l’activité des agents en appliquant des règles de sécurité au niveau du matériel.
Ils m'avaient déjà impressionné quand, via les GPT, ils avaient réussi à faire des nos processeurs logiques des générateurs probabilistes.
Mais voilà qu'il se mettent à créer du hardware dont le rôle est d'imposer des limites au software. Ils me laissent maintenant sans voix.
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J'ai une idée révolutionnaire : pour éviter qu'une boite noire fasse n'importe quoi en ayant accès à tout, on évite de laisse trainer une boite noire qui a accès à tout.

Trop tard ? Trop tôt ? Mouarf.
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Donc on rajoute un agent pour surveiller les agents qui contrôlent les agents.
C'est ça ? :fume: :D
Inception en approche :8

Quis custodiet ipsos custodes?
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Reste à espérer que l'agent de surveillance soit lui-même aligné…

Et si on y arrive, alors pourquoi ne pas aligner les agents d'origine qui débordent actuellement ?
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Qui a dit que Sentry était un agent ?
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nVidia qui a trouvé un moyen de vendre encore un peu plus de hardware, la poule aux œufs d'or fabrique même les coquetiers qui vont avec :8
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Toutes ces histoires d'IA hors de contrôle me font penser à un très vieux film « l'ascenseur », où des neurones sont ajouts à un appareil qui commence alors à tuer des gens. :stress: