L’IA est un défi environnemental pour la planète et une « opportunité pour la France »
Consommez français… oui, c’est quoi français ?
Illustration : Flock
Le 21 septembre à 17h13
Pour réduire l’empreinte environnementale des IA (génératives), un rapport du Sénat préconise une IA « française ». Pas tant dans le sens souverain (et respectueux), mais dans le sens d’implantation des datacenters et de consommation des ressources, notamment d’électricité bas carbone (nucléaire). Cela soulève toutefois des questions sur le foncier et l’acceptation sociale.
L’IA est un défi environnemental pour la planète et une « opportunité pour la France »
Consommez français… oui, c’est quoi français ?
Illustration : Flock
Pour réduire l’empreinte environnementale des IA (génératives), un rapport du Sénat préconise une IA « française ». Pas tant dans le sens souverain (et respectueux), mais dans le sens d’implantation des datacenters et de consommation des ressources, notamment d’électricité bas carbone (nucléaire). Cela soulève toutefois des questions sur le foncier et l’acceptation sociale.
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11 min
La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat vient de présenter le rapport d’une mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle. Comme nous, le Sénat se heurte à un problème de taille : les données disponibles sont encore et toujours « lacunaires », aussi bien sur la consommation en eau qu’en électricité.
Pourtant, l’enjeu est important puisque l’empreinte environnementale de l’IA est présentée comme « un défi pour la planète », mais il se heurte aux géants (principalement américains). Malgré de belles promesses sur leur empreinte environnementale, ils consomment toujours plus.
Les rapporteurs ont une solution qui ne plaira pas à tout le monde : venez en France. « L’empreinte environnementale de l’IA, qui renforce les constats établis par notre commission en 2020, constitue à la fois un défi pour la planète et une opportunité pour la France et pour l’Europe », affirme le rapporteur Damien Michallet.
Consommation en eau : voir au-delà des m³
Le rapport rappelle à juste titre que « la consommation d’eau destinée au refroidissement dépend cependant des technologies utilisées ». Les tours aéroréfrigérantes ont l’empreinte hydrique la plus élevée, avec « l’évaporation d’environ 80 % de l’eau prélevée ». C’est encore plus problématique « dans les pays, comme les États-Unis, où certains centres sont implantés dans des régions déjà soumises à un fort stress hydrique ».
- Tout savoir de la consommation en eau des datacenters, le WUE et ses limites
- Plongée dans les datacenters : Google prélève autant d’eau en 30 h qu’OVHcloud en un an
Vous pouvez retrouver les zones de stress hydrique définies par l’ONG World Resources Institute (WRI) dans son Aqueduct Water Risk Atlas directement sur notre carte mondiale des datacenters et des ressources associées. Nous avons aussi ajouté les prévisions à 2030, 2050 et 2080.
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Lundi 08 juin 2026 à 17h01 08/06/2026 17h01
En France, d’autres technologies sont utilisées et « les prélèvements d’eau destinés aux centres de données restent très limités ». Le Sénat reprend les derniers chiffres de l’Arcep sur l’année 2023 : 681 000 m³ d’eau en consommation directe, mais laisse de côté (dans la version condensée de son analyse) la consommation indirecte liée notamment à l’électricité.
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Commentaires (9)
Le 21 septembre à 22h25
Modifié le 21 septembre à 22h55
L'IA consomme des quantités effroyables de ressources, et plus les IA s'amélioreront et seront optimisées, plus elles seront utilisées, augmentant encore plus les ressources consommées. C'est l'effet rebond / paradoxe de Jevons.
Pour la "croissance verte", il est possible (au moins jusqu'à un certain point) de diminuer nos émissions tout en augmentant la création de richesse. C'est en gros ce qu'a fait l'Europe ces 25 dernières années.
Parvenir à un niveau d'émission et de consommation de ressources viable pour la planète implique probablement une diminution du niveau de vie, mais le lien n'est pas direct, car les humains valorisent aussi des choses non matérielles et la nature. Et la valeur qu'on attribue aux choses matérielles ne correspond pas nécessairement à leur poids pour la planète.
C'est la raison pour laquelle la "décroissance" comme concept politique est une mauvaise idée à mon avis, car le message envoyé par ce concept n'est pas "on va diminuer notre poids sur l'écosystème dont nous dépendons afin de le préserver, et ça nécessitera de faire des efforts" mais plutôt "le fric c'est mal, il faut s'appauvrir pour sauver la planète".
La différence est subtile, mais dans un cas c'est une logique rationnelle de survie, et dans l'autre de l'idéologie qui utilise l'écologie comme prétexte. Pour cette raison, la "croissance verte" est plutôt un bon slogan politique et n'est à mon avis pas aussi absurde que l'"IA frugale".
Modifié le 21 septembre à 23h49
Et même pour le CO2 j’ai des doutes. Ça compte le bilan de tout ce qui est importé ?
La croissance c’est le résultat d’un bilan comptable financier. On pourrait imaginer avoir des bilan comptables séparées pour l’écologie et le social.
Parce que c’est présenté comme une évidence que la croissance économique a réduit les inégalités et amélioré les conditions de vie, mais il faudrait peut‑être le vérifier. La société occidentale moderne est quand même sacrément atomisée et beaucoup en sont malades, non ?
Le 22 septembre à 08h53
Je pense que tu parles des importations, et c'est différent, car ce n'est pas tellement de la croissance chez nous (ce sont les pays exportateurs qui font du PIB avec ça).
Modifié le 22 septembre à 16h46
Par exemple, depuis 2023, un européen émet moins par personne qu'un chinois, même en prenant en compte les imports-exports.
Un français émet moins qu'un chinois par personne depuis 2019, même en prenant en compte les imports-exports.
https://ourworldindata.org/grapher/forest-area-as-share-of-land-area?tab=line&time=1987..latest&country=USA~OWID_EU27~CAN~CHN~FRA
La couverture forestière augmente aussi en Europe depuis un moment, au point qu'à l'échelle européenne on se rapproche du Canada.
On prend en compte le bilan carbone à travers le marché carbone en Europe. Cela permet d'intégrer le coût pour la planète dans le prix des biens et services, et donc de favoriser naturellement les biens et services causant moins d'émissions. Le total des crédits carbone disponibles qui peuvent être échangé sur le marché est calculé en fonction des limites planétaires et diminue avec le temps.
Oui, mais c'est un autre sujet.
Le 22 septembre à 09h37
Le 22 septembre à 20h21
Alors l’argumentaire :… suivi du cocorico :… en se basant sur des données de 2023, ça fait au mieux doucement rigoler et sinon plutôt foutage de gueule.
Ah, c’est vrai qu’on a inventé le slogan : « En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! ». Sous-entendu, les autres pays sont des cons !
Pour l’anecdote, j’ai retrouvé cette
“publicité d’État”“Communication du Gouvernement” sur Youtube il y a une dizaine d’années pour la montrer à mon fils. Ça aurait pu être un sketch des nuls.La rigolade, quand j’ai vu (ben oui, j’avais oublié depuis le temps, c’était en 1974) que le personnage qui annonce le slogan est en train de pêcher à la ligne au bord d’une rivière et nous vante toutes les belles choses que nous avons en France (dont les boules et la tour, c’est magnifique) hormis du pétrole.
À voir ici :
Quant au nucléaire, en raison de la canicule, l’été 2026 a battu des records d’indisponibilité des réacteurs :
https://www.franceinfo.fr/environnement/energie/nucleaire/plus-de-15-du-parc-nucleaire-francais-indisponible-dimanche-a-cause-de-la-chaleur-un-record_8143136.html
Un problème qu’on ne peut pas ignorer non plus.
Le 22 septembre à 20h48
Le 25 septembre à 11h45
Je repère également dans cette citation et l'article que personne ne précise à aucun moment si ce sont des réserves probables, prouvées ou possibles.
Et surtout, je te rejoins là dessus :
Tout en notant que les USA ont des grandes zones désertiques où l'exploitation du schiste est moins problématique. Ça m'étonnerait que ce soit facile de faire passer une installation de fracking dans la banlieue de San Francisco ou New York.
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