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L’IA est un défi environnemental pour la planète et une « opportunité pour la France »

Consommez français… oui, c’est quoi français ?

L’IA est un défi environnemental pour la planète et une « opportunité pour la France »

Illustration : Flock

Pour réduire l’empreinte environnementale des IA (génératives), un rapport du Sénat préconise une IA « française ». Pas tant dans le sens souverain (et respectueux), mais dans le sens d’implantation des datacenters et de consommation des ressources, notamment d’électricité bas carbone (nucléaire). Cela soulève toutefois des questions sur le foncier et l’acceptation sociale.

La commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat vient de présenter le rapport d’une mission d’information sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle. Comme nous, le Sénat se heurte à un problème de taille : les données disponibles sont encore et toujours « lacunaires », aussi bien sur la consommation en eau qu’en électricité.

Pourtant, l’enjeu est important puisque l’empreinte environnementale de l’IA est présentée comme « un défi pour la planète », mais il se heurte aux géants (principalement américains). Malgré de belles promesses sur leur empreinte environnementale, ils consomment toujours plus.

Les rapporteurs ont une solution qui ne plaira pas à tout le monde : venez en France. « L’empreinte environnementale de l’IA, qui renforce les constats établis par notre commission en 2020, constitue à la fois un défi pour la planète et une opportunité pour la France et pour l’Europe », affirme le rapporteur Damien Michallet.

Consommation en eau : voir au-delà des m³

Le rapport rappelle à juste titre que « la consommation d’eau destinée au refroidissement dépend cependant des technologies utilisées ». Les tours aéroréfrigérantes ont l’empreinte hydrique la plus élevée, avec « l’évaporation d’environ 80 % de l’eau prélevée ». C’est encore plus problématique « dans les pays, comme les États-Unis, où certains centres sont implantés dans des régions déjà soumises à un fort stress hydrique ».

Vous pouvez retrouver les zones de stress hydrique définies par l’ONG World Resources Institute (WRI) dans son Aqueduct Water Risk Atlas directement sur notre carte mondiale des datacenters et des ressources associées. Nous avons aussi ajouté les prévisions à 2030, 2050 et 2080.

En France, d’autres technologies sont utilisées et « les prélèvements d’eau destinés aux centres de données restent très limités ». Le Sénat reprend les derniers chiffres de l’Arcep sur l’année 2023 : 681 000 m³ d’eau en consommation directe, mais laisse de côté (dans la version condensée de son analyse) la consommation indirecte liée notamment à l’électricité.

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Commentaires (9)

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L'IA frugale, c'est un peu comme la "croissance verte"...
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Oui et non.

L'IA consomme des quantités effroyables de ressources, et plus les IA s'amélioreront et seront optimisées, plus elles seront utilisées, augmentant encore plus les ressources consommées. C'est l'effet rebond / paradoxe de Jevons.

Pour la "croissance verte", il est possible (au moins jusqu'à un certain point) de diminuer nos émissions tout en augmentant la création de richesse. C'est en gros ce qu'a fait l'Europe ces 25 dernières années.
Parvenir à un niveau d'émission et de consommation de ressources viable pour la planète implique probablement une diminution du niveau de vie, mais le lien n'est pas direct, car les humains valorisent aussi des choses non matérielles et la nature. Et la valeur qu'on attribue aux choses matérielles ne correspond pas nécessairement à leur poids pour la planète.
C'est la raison pour laquelle la "décroissance" comme concept politique est une mauvaise idée à mon avis, car le message envoyé par ce concept n'est pas "on va diminuer notre poids sur l'écosystème dont nous dépendons afin de le préserver, et ça nécessitera de faire des efforts" mais plutôt "le fric c'est mal, il faut s'appauvrir pour sauver la planète".
La différence est subtile, mais dans un cas c'est une logique rationnelle de survie, et dans l'autre de l'idéologie qui utilise l'écologie comme prétexte. Pour cette raison, la "croissance verte" est plutôt un bon slogan politique et n'est à mon avis pas aussi absurde que l'"IA frugale".
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Pour la "croissance verte", il est possible (au moins jusqu'à un certain point) de diminuer nos émissions tout en augmentant la création de richesse. C'est en gros ce qu'a fait l'Europe ces 25 dernières années.
Ça c’est pour le CO2, mais pour les autres limites planétaires ?

Et même pour le CO2 j’ai des doutes. Ça compte le bilan de tout ce qui est importé ?

La croissance c’est le résultat d’un bilan comptable financier. On pourrait imaginer avoir des bilan comptables séparées pour l’écologie et le social.
Parce que c’est présenté comme une évidence que la croissance économique a réduit les inégalités et amélioré les conditions de vie, mais il faudrait peut‑être le vérifier. La société occidentale moderne est quand même sacrément atomisée et beaucoup en sont malades, non ?
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La croissance en Europe a été beaucoup dopée par l'immatériel, qui ne pollue pas beaucoup (mais qui ne nourrit pas, et ne chauffe pas en hiver, ne refroidit pas en été). C'est un peu artificiel, c'est composé de beaucoup de services superflus, et ça risque de nous porter préjudice en cas de crise (les premiers postes de dépenses qui sauteront seront le luxe et les loisirs), mais économiquement parlant, c'est effectivement de la croissance sans trop d'impacts environnementaux.

Je pense que tu parles des importations, et c'est différent, car ce n'est pas tellement de la croissance chez nous (ce sont les pays exportateurs qui font du PIB avec ça).
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Et même pour le CO2 j’ai des doutes. Ça compte le bilan de tout ce qui est importé ?
Oui: https://ourworldindata.org/grapher/consumption-co2-per-capita?tab=line&country=OWID_EU27~CHN~FRA

Par exemple, depuis 2023, un européen émet moins par personne qu'un chinois, même en prenant en compte les imports-exports.
Un français émet moins qu'un chinois par personne depuis 2019, même en prenant en compte les imports-exports.

https://ourworldindata.org/grapher/forest-area-as-share-of-land-area?tab=line&time=1987..latest&country=USA~OWID_EU27~CAN~CHN~FRA

La couverture forestière augmente aussi en Europe depuis un moment, au point qu'à l'échelle européenne on se rapproche du Canada.
La croissance c’est le résultat d’un bilan comptable financier. On pourrait imaginer avoir des bilan comptables séparées pour l’écologie et le social.
On prend en compte le bilan carbone à travers le marché carbone en Europe. Cela permet d'intégrer le coût pour la planète dans le prix des biens et services, et donc de favoriser naturellement les biens et services causant moins d'émissions. Le total des crédits carbone disponibles qui peuvent être échangé sur le marché est calculé en fonction des limites planétaires et diminue avec le temps.
Parce que c’est présenté comme une évidence que la croissance économique a réduit les inégalités et amélioré les conditions de vie, mais il faudrait peut‑être le vérifier. La société occidentale moderne est quand même sacrément atomisée et beaucoup en sont malades, non ?
Oui, mais c'est un autre sujet.
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Remplacer "une catastrophe" par "un défi", la bonne technique marketing 😅
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Pondre ce rapport alors que, depuis le mois de mai et jusqu’à aujourd’hui (et les dernières prévisions indiquent encore et toujours que la pluie n’arrivera pas dans la ou peut-être même les semaines à venir), la majorité des départements de France sont en situation de restrictions ou de crise concernant la consommation en eau, il fallait oser.
Alors l’argumentaire :
C’est encore plus problématique « dans les pays, comme les États-Unis, où certains centres sont implantés dans des régions déjà soumises à un fort stress hydrique ».
… suivi du cocorico :
En France, d’autres technologies sont utilisées et « les prélèvements d’eau destinés aux centres de données restent très limités ». Le Sénat reprend les derniers chiffres de l’Arcep sur l’année 2023 […]
… en se basant sur des données de 2023, ça fait au mieux doucement rigoler et sinon plutôt foutage de gueule.

Ah, c’est vrai qu’on a inventé le slogan : « En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! ». Sous-entendu, les autres pays sont des cons !
Pour l’anecdote, j’ai retrouvé cette “publicité d’État” “Communication du Gouvernement” sur Youtube il y a une dizaine d’années pour la montrer à mon fils. Ça aurait pu être un sketch des nuls.
La rigolade, quand j’ai vu (ben oui, j’avais oublié depuis le temps, c’était en 1974) que le personnage qui annonce le slogan est en train de pêcher à la ligne au bord d’une rivière et nous vante toutes les belles choses que nous avons en France (dont les boules et la tour, c’est magnifique) hormis du pétrole.
À voir ici : youtube.com YouTube

Quant au nucléaire, en raison de la canicule, l’été 2026 a battu des records d’indisponibilité des réacteurs :
https://www.franceinfo.fr/environnement/energie/nucleaire/plus-de-15-du-parc-nucleaire-francais-indisponible-dimanche-a-cause-de-la-chaleur-un-record_8143136.html
Un problème qu’on ne peut pas ignorer non plus.
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« En France on n’a pas de pétrole »
L'ancrage de cette contre-vérité dans l'opinion publique me surprendra toujours :
Dans le bassin parisien, le pétrole de schiste se trouve enfermé dans des couches géologiques du Lias à 2 750 mètres de profondeur. L'Institut français du pétrole estime que les ressources locales se situeraient entre 60 et 100 milliards de barils de pétrole ce qui représente entre 90 et 150 années de consommation actuelle de la France Source
Son exploitation, extrêmement polluante, est -à juste titre- interdite depuis 2011. Ce qui ne nous empêche pas d'en acheter aux USA, qui ne s'encombrent pas de telles précautions (drill, baby, drill)
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Attention, la source est un article du Figaro, qui a un traitement assez particulier des sujets autour de l'environnement. D'autant qu'il faut se rappeler que le bassin parisien, ce sont des habitations et des terres agricoles déjà assez mises mal en point par l'artificialisation des sols due à l'urbanisation de la région parisienne.

Je repère également dans cette citation et l'article que personne ne précise à aucun moment si ce sont des réserves probables, prouvées ou possibles.

Et surtout, je te rejoins là dessus :
Son exploitation, extrêmement polluante, est -à juste titre- interdite depuis 2011. Ce qui ne nous empêche pas d'en acheter aux USA, qui ne s'encombrent pas de telles précautions (drill, baby, drill)
Tout en notant que les USA ont des grandes zones désertiques où l'exploitation du schiste est moins problématique. Ça m'étonnerait que ce soit facile de faire passer une installation de fracking dans la banlieue de San Francisco ou New York.