DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès
La bête noire qui court sur les nerfs d'Apple
Illustration : Flock
Le 08 juillet à 15h27
Apple est un contrôleur d’accès aux yeux du règlement sur les marchés numériques (DMA), a jugé le Tribunal de l’Union européenne. Les recours introduits par le constructeur américain ont été rejetés par la juridiction.
DMA : pour la justice européenne, Apple reste bien un contrôleur d’accès
La bête noire qui court sur les nerfs d'Apple
Illustration : Flock
Apple est un contrôleur d’accès aux yeux du règlement sur les marchés numériques (DMA), a jugé le Tribunal de l’Union européenne. Les recours introduits par le constructeur américain ont été rejetés par la juridiction.
Droit
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3 min
En septembre 2023, la Commission européenne nommait les six premiers contrôleurs d’accès (« gatekeepers ») concernés par le DMA, qui totalisaient 22 services de plateformes essentiels (SPE). Parmi eux, Apple, à la tête de l’App Store, d’iOS et du navigateur Safari. Cette désignation, basée sur des critères quantitatifs, impose aux entreprises des obligations liées à la concurrence et à l’interopérabilité.
Bruxelles conforté dans ses décisions
Apple n’a pas cessé de batailler contre ce dispositif, en prenant le grand public à témoin ou devant la justice européenne. C’est peine perdue : le Tribunal de l’Union européenne a rejeté les recours introduits par l’entreprise et confirmé sa désignation « en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS et juge irrecevables les recours relatifs au service iMessage ».
Le dossier iMessage avait rebondi en février 2024. La Commission avait alors finalement décidé de ne pas désigner Apple comme contrôleur d’accès pour son protocole propriétaire d’envoi et de réception de messages texte dans l’application Messages. Néanmoins, l’enquête de Bruxelles a continué de qualifier iMessage comme service de communication interpersonnelle non fondé sur la numérotation (NIICS), ce qui constitue un service de plateforme essentiel.
Apple avait alors saisi le Tribunal pour contester cette décision concernant iMessage, ainsi que sa désignation en tant que contrôleur d’accès pour l’App Store et iOS. La justice a renvoyé (PDF) le groupe dans les cordes. Le Tribunal écarte d’abord un argument procédural d’Apple : l’entreprise ne peut pas contester, dans ce recours, la légalité des obligations d’interopérabilité du DMA. Ces règles ne sont pas directement liées à la décision qui l’a désignée comme contrôleur d’accès.
Apple dans les cordes
Le Tribunal conforte également la Commission dans son appréciation de l’App Store, qui constitue bien un seul et unique service de plateforme essentiel. Apple tentait de faire valoir les différences dans les déclinaisons de sa boutique (pour l’iPhone, pour l’iPad, le Mac, etc.). L’objectif pour l’entreprise était évidemment de circonscrire le statut de SPE à l’App Store pour l’iPhone, le seul qui atteint les seuils requis de désignation.
« Indépendamment des appareils concernés, ces boutiques poursuivent une finalité identique, à savoir mettre en relation les développeurs d’applications et les utilisateurs finaux afin de faciliter la distribution d’applications logicielles », explique le Tribunal. Quant aux griefs d’Apple concernant la qualification d’iMessage comme NIICS constituant un SPE, le jugement les retoque : « cette qualification ne produit pas, à elle seule, d’effets juridiques obligatoires modifiant la situation juridique d’Apple ».
Aucune obligation du DMA ne s’applique à iMessage et pour cause, le service n’est pas désigné comme point d’accès majeur. Malgré ce revers, Apple continue de critiquer le DMA. « Nous sommes fermement convaincus que les obligations imposées par le DMA vont au-delà de ce qui est légal et proportionné, menaçant de fragiliser des décennies de protections en matière de confidentialité et de sécurité que nous avons construites, et exposant nos utilisateurs à de nouveaux risques », s’est plaint un porte-parole à Reuters.
L’entreprise peut faire appel de ce jugement auprès de la Cour de justice de l’Union, la plus haute juridiction européenne.
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