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Plus de 1 800 faux détectés : des chercheurs achètent des signatures pour gonfler leurs stats

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Plus de 1 800 faux détectés : des chercheurs achètent des signatures pour gonfler leurs stats

Illustration : Flock

Une étude montre que les actes des conférences scientifiques peuvent accueillir massivement des articles rédigés (ou générés par IA) dans le but de vendre aux chercheurs une place bien au chaud pour leur signature moyennant 11 à 400 dollars. Next est allé à la rencontre d’un des chercheurs de cette étude.

Des chercheurs de tous les coins du monde passent par des tiers peu scrupuleux pour publier en masse des actes de conférences qui n’ont aucun sens, juste pour gonfler leur nombre de publications et leur dossier de carrière.

Dans leur article mis en ligne sur la plateforme arXiv (avant relecture par les pairs donc), Anna Abalkina, Yagmur Ozturk et leurs collègues rappellent que « les usines à articles constituent une menace croissante pour l’intégrité de la science ». Jusque-là, certains de leurs collègues avaient déjà travaillé sur leur impact sur les revues scientifiques.

Mais leur travail montre que les conférences sont aussi touchées. Ici, ces chercheuses et chercheurs ont identifié plus de 1 800 articles issus d’actes de colloques créés par ces « Paper mills », des usines à articles qui proposent d’apposer une signature pour un prix allant de 11 à 400 dollars selon la position de l’auteur (premier ou dernier signataire, ça a de l’importance dans certaines disciplines) et le pays du vendeur.

On pourrait imaginer que les actes de conférences soient protégés de ce genre d’attaque car, en principe, les recherches y sont présentées de vive voix. Mais ça ne semble pourtant pas bloquer l’existence de présentations de fausses recherches. Jusque-là, personne n’avait cherché à analyser le phénomène sur les actes de conférences. « Cette lacune est importante car, dans certains domaines, notamment en informatique, les actes de conférences constituent le principal vecteur de diffusion des résultats de recherche originaux », expliquent les autrices et auteurs dans leur article.

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Commentaires (1)

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Si une conférence a une édition tous les ans et que ça vous prend plus d’une année pour enquêter sur les problèmes qu’il y a eu à la conférence précédente, le nombre d’articles problématiques ne va faire qu’augmenter.
Mon expérience avec IEEE ou leur service éthique en temps que responsable de conférence et éditeur associé de journaux très reconnus dès que je les alerte sur des problèmes éthiques, c'est 0 réponse et pas vraiment d'enquête.

J'ai eu un cas où je soupçonnais un reviewer d'avait généré ses reviews par LLM, j'ai fait une étude complète hyper qualitative sur le contenu en comparant à celui d'autres reviewers et aux reviews du même reviewer l'année d'avant. J'ai aussi argumenté avec une étude statistique sur le manque de variabilité de la taille de ses reviews, en comparant à 1800 autres reviewers (sur plusieurs années), montré que la personne soupçonné était un outlier... La réponse (au bout de 8 mois) : on ne fait pas d'enquête, il n'y a pas de citations erronées du coup on ne saura pas.


Récemment j'ai réussi à avoir une réponse à un mail d'alerte après 6 mois, parce que je me suis fâché fort, mais la réponse était juste "merci de nous envoyer les informations", et depuis plus rien (ça fait plus d'un mois)