Proxmox lance enfin son Datacenter Manager pour centraliser les opérations de gestion
Là ! Une porte !
La société autrichienne Proxmox vient de lancer la première version finale de son Datacenter Manager. Le composant était attendu, car il permet de centraliser de nombreuses opérations de gestion et de garder une vue d’ensemble sur les infrastructures Proxmox VE. Dans un contexte tendu par le rachat de VMware par Broadcom, le nouveau produit pourrait offrir une porte de sortie aux entreprises.
Le 05 décembre 2025 à 17h20
5 min
Logiciel
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Dans son communiqué publié hier soir, Proxmox reconnait volontiers qu’il manquait une brique essentielle dans son offre : « Gérer des centres de données en pleine croissance, répartis sur plusieurs sites ou clusters, présente constamment des défis majeurs pour les entreprises et les équipes. L’absence de supervision globale, des indicateurs fragmentés et la nécessité d’effectuer manuellement des opérations complexes dans divers environnements peuvent rapidement entraîner des inefficacités et une plus grande susceptibilité aux erreurs ».
Le nouveau Datacenter Manager est donc une réponse à cette problématique. Il joue le rôle d’agent de liaison entre les nœuds et clusters individuels et propose une vue unifiée.
Cap sur la centralisation et le pilotage
PDM, pour Proxmox Datacenter Manager, propose ainsi un tableau de bord pour avoir un œil sur les principales informations. Le tableau affiche ainsi l’état de santé des clusters Proxmox VE et instances Backup Server, agrège l’utilisation critique des ressources (CPU, mémoire et entrées/sorties pour le stockage), fournit une vue des KPI (key performance indicators) et indicateurs de performances, avec une promesse de vision immédiate des goulots et autres problèmes. Les données sont mises en cache, pour que le dernier état connu reste accessible.
Ce dashboard général peut être accompagné d'autres tableaux personnalisés, pour cibler une partie spécifique de la structure, ou des indicateurs particuliers. Le contrôle d’accès basé sur les rôles (RBAC) permet d’accorder des accès à ces vues personnalisées sans fournir pour autant un accès aux machines virtuelles ou aux hôtes.

Migration à chaud des machines virtuelles
Autre capacité attendue, la possibilité de migrer à chaud des machines virtuelles d’un cluster à un autre, facilitant notamment les opérations de maintenance. La même interface centrale permet de réaliser d’autres opérations comme le démarrage, l’arrêt ou la configuration des machines virtuelles, conteneurs et autres ressources de stockage. Là encore, le RBAC permet d’octroyer des permissions spécifiques à des utilisateurs et de centraliser les historiques et journaux, par exemple à des fins d’audits.
Et tant qu’à y être, PDM propose d’autres fonctions, notamment un moteur de recherche décrit comme « très puissant » et inspiré de ce que l’on trouve déjà dans Elastic Search et GitHub, surtout pour filtrer et trouver des ressources. Datacenter Manager prend également en charge le réseau défini par logiciel (SDN) et centralise les mises à jour dans un panneau dédié.
Proxmox Datacenter Manager est basé sur la distribution Debian 13.2, avec un noyau Linux 6.17 et le support de ZFS 2.3. L’éditeur ajoute que sa pile logicielle centrale est écrite en Rust et que l’interface (en responsive) fournit « une expérience utilisateur optimale ». Les images ISO sont disponibles depuis le site officiel. Pour rappel, les produits sont gratuits, mais l'entreprise vend des abonnements incluant notamment le support technique.
Une porte de sortie ?
Depuis le rachat de VMware par Broadcom, la situation s’est crispée pour de nombreux clients autour de la virtualisation. Des plaintes ont été déposées et une partie des entreprises cherche à briser sa dépendance aux produits VMware en regardant vers la concurrence. Proxmox fait partie des solutions envisagées, mais l’absence d’une solution pour centraliser la gestion de nombreux nœuds était un frein.
Chez moji (la société ayant racheté Next il y a un peu plus de deux ans), le SRE (Site Reliability Engineer) Alexandre Gliganic nous indique que le produit est testé depuis les premières versions alpha et que les nouvelles fonctions font la différence, notamment le tableau de bord unifié. L’entreprise se sert largement de Proxmox depuis plusieurs années.
« Pour moi, une des fonctionnalités les plus fortes, c’est la migration live inter-clusters. Avant, pour migrer une VM du cluster A vers le cluster B, il fallait passer par une migration à froid via le système de backup Proxmox (PBS), ou utiliser des commandes QEMU (pas très user-friendly pour la plupart des gens). Avec PDM, on ajoute simplement les deux clusters au système, on sélectionne la VM et on clique sur “migrer” vers le cluster cible. Et ça fonctionne directement », s’enthousiasme l’ingénieur.
Il met également en avant les tableaux de bord personnalisés : « On peut créer des dashboards personnalisés en fonction des rôles assignés aux utilisateurs PDM. C’est très pratique. Par exemple, pour que l’équipe support voie les métriques des clusters clients, mais pas celles des clusters internes ».
« Ce qui est intéressant avec PDM, c’est qu’on retrouve enfin une logique de gestion globale qui manquait à l’écosystème Proxmox, un peu comme ce que beaucoup d’équipes infra ont toujours eu avec des plateformes comme vCenter dans le monde VMware/ESXi », ajoute Alexandre Gliganic.
Proxmox lance enfin son Datacenter Manager pour centraliser les opérations de gestion
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Migration à chaud des machines virtuelles
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Une porte de sortie ?
Commentaires (11)
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Abonnez-vousLe 05/12/2025 à 17h37
Blague à part, je n'ai jamais rencontré un seul problème critique depuis que je m'en sers (et pour cause, base Debian stable, tout ça...)
Le 05/12/2025 à 20h46
Le 06/12/2025 à 03h45
Le 06/12/2025 à 10h05
Le 05/12/2025 à 21h36
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Full stack VCF obligatoire, NSX et SDDC obligatoire, Management Domain imposé, VCF Operator nécessaire, etc.
C'est 😱
Modifié le 06/12/2025 à 08h46
C’est : C’était prévisible
La solution Proxmox tombe à point nommé
Le 06/12/2025 à 10h07
Mais j'ai l'impression que ça passe totalement sous les radars, alors que les contraintes et composants imposés changent drastiquement (et encore, c'est un euphémisme) par rapport à la v6/7/8.
Sans aucune fonctionnalités supplémentaires réellement d'ailleurs...
Modifié le 07/12/2025 à 11h12
Tu parles de changer le matériel de force ?
Le 07/12/2025 à 22h22
Demain, pour faire tourner un esx en cluster (voire même en standalone), tu auras besoin de :
- un vcenter dans un workload domain VCF
- un NSX dans ce workload domain VCF
- un SDDC Manager dans ce workload domain VCF
Et ensuite de la même chose dans un Management Domain au dessus.
Donc:
- un nouveau vcenter pour ce management domain
- un nouvel NSX
- un nouvel SDDC
Et enfin au dessus de tout ça, un VCF Fleet Manager, avec la même chose plus:
- Un VCF Operations
- Un VCF Automation
Tout ça, pour un 'pauvre' ESX.
(Et si vous pensiez vous en sortir sans VCF, la version 9 n'existe pas hors VCF...)
Le 08/12/2025 à 08h16
Le 09/12/2025 à 20h02
Mon chef va être content, il pensait s'en sortir à moindre frais lors de la bascule vers les licences mensuelles dans quelques mois ^_^
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