#Le brief du 03 décembre 2025

Le CNRS va proposer son chatbot IA Emmy à ses agents et proscrire les autres

Dans un email envoyé à ses agents le 2 décembre au soir qu’a obtenu Next, la direction du CNRS a annoncé l’ « ouverture d’Emmy, agent conversationnel en intelligence artificielle générative, pour les agents CNRS ».

Accessible via un portail du centre de recherche à partir du 16 décembre 2025, ce chatbot utilisera les modèles de Mistral AI, « grâce à un accord passé » avec l’entreprise, explique la DSI du CNRS.

Dans sa première version accessible aux agents, la DSI met en avant les fonctionnalités suivantes  :

  • traduction de textes en toutes langues ;
  • synthèses de documents ;
  • aide à la reformulation ;
  • aide à la réflexion ;
  • recherche sur le web ;
  • reconnaissance de textes et d’images ;
  • mode « raisonnement » : l’IA traite la question de l’utilisateur étape par étape afin de donner une réponse plus pertinente et plus complète ;
  • collections de documents : permet d’ajouter des documents externes pour contextualiser la réflexion (par exemple un chercheur peut télécharger ses publications pour permettre à l’IA de contextualiser et enrichir ses réponses).

Une page présentant le projet est en ligne depuis tout juste un an.

Le prénom féminin (comme Tay, Siri ou encore Alexa) utilisé pour ce chatbot est présenté comme une référence à la mathématicienne allemande Emmy Noether.

Dans son message, la DSI explique qu’ un « module de sensibilisation à l’intelligence artificielle ainsi que des recommandations d’usage de l’IA générative au CNRS » seront proposés aux agents « d’ici le 16 décembre pour garantir une utilisation d’Emmy dans un cadre sécurisé et adapté ».

Elle ajoute qu’une attestation de suivi de ce module devra être présentée pour accéder à Emmy et qu’ « au regard des risques avérés que présentent les autres outils d’IA en cloud public sur la confidentialité des données et la protection du patrimoine informationnel de l’établissement, tout autre outil d’agent conversationnel en IA générative sera désormais proscrit au CNRS ».

La direction du centre de recherche ne donne par contre pas d’information à ces agents sur le budget consacré à l’accord passé avec Mistral AI.

Opera déploie Gemini dans ses navigateurs One et GX

Opera fait partie des éditeurs ayant décidé d’investir massivement dans l’IA pour son navigateur. L’entreprise norvégienne est si sûre de son choix qu’elle a même lancé un navigateur dédié et payant, Neon, décrit comme un navigateur agentique.

Bien qu’Opera ait ses propres capacités dans le domaine, l’éditeur a décidé d’élargir ses horizons via un partenariat avec Google. En clair, Gemini débarque dans Opera One et Opera GX, respectivement son navigateur classique et celui dédié aux joueurs.

Les capacités décrites sont les mêmes qu’habituellement : requêtes diverses sur un ou plusieurs onglets, résumés d’informations, comparaisons de contenus sur plusieurs onglets (textes, images et vidéos), analyses diverses et ainsi de suite. Opera ajoute que son expérience avec Neon lui a permis d’optimiser son architecture, afin que les navigateurs répondent 20 % plus vite aux requêtes, mais on n’en sait guère plus.

« L’IA remodèle la façon dont les gens interagissent avec le web, et le navigateur est le point d’entrée naturel de ces expériences. Grâce à notre partenariat avec Google, nous pouvons offrir aux utilisateurs les expériences qu’ils désirent vraiment grâce à la recherche native et aux fonctionnalités d’IA, gratuitement, directement dans leurs navigateurs Opera One et Opera GX, tandis que nos utilisateurs les plus avancés du navigateur agentique Opera Neon ont déjà accès à Gemini 3 Pro », a déclaré Per Wetterdal, responsable de la publicité chez Opera.

Google semble également extatique : « En intégrant les derniers modèles Gemini, Opera ne se contente pas d’améliorer ses navigateurs, mais établit une nouvelle norme pour les expériences utilisateur alimentées par l’IA. Nous sommes fiers de fournir des capacités d’IA de pointe qui aident des partenaires comme Opera à prospérer et à continuer de façonner l’avenir de la navigation pour des millions d’utilisateurs dans le monde », a déclaré Per Gustafsson, directeur de Google Cloud Nordics.

OnlyOffice 9.2 officialise son agent pour le travail bureautique

Avec la version 9.1, la suite bureautique avait introduit un agent en version bêta. L’éditeur se sent suffisamment prêt désormais pour le lancer dans le grand bain.

Comme toujours avec ce type de fonction, elle est conçue pour gérer des requêtes comme le résumé de tout ou partie d’un document, des questions sur le contenu, le remplissage de PDF ou encore des modifications dans la présentation.

OnlyOffice ne dispose pas de son propre modèle. Pour utiliser l’agent maison, il faut disposer d’une clé API pour un LLM existant, comme ChatGPT, Claude ou Gemini. On peut aussi le connecter à un serveur LLM ou MCP local fonctionnant avec des solutions de type Ollama. Comme le rappelle OMGUbuntu cependant, le travail avec les LLM implique souvent des conditions d’utilisation incluant la réutilisation des contenus analysés à des fins d’entrainement.

Parmi les autres nouveautés de cette version, signalons la possibilité de choisir une couleur personnalisée pour caviarder des passages dans un document PDF, l’enregistrement d’une série d’actions sous forme de macro pour la réutiliser plus tard, la personnalisation des raccourcis clavier, la possibilité d’insérer des équations depuis des sources en ligne, la disponibilité de cases à cocher et de boutons radio dans l’éditeur de formulaires, ainsi qu’un correctif de sécurité.

La nouvelle mouture de la suite peut être téléchargée depuis le site officiel ou le dépôt GitHub.

Le temps légal français en passe de valider une nouvelle optimisation énergétique

Cela fait maintenant longtemps que l’Agence nationale des fréquences (ANFR) s’est lancée dans une opération de sobriété énergétique pour la diffusion du temps légal français via les ondes. Ce temps légal permet pour rappel aux équipements « d’être synchronisés de façon extrêmement précise ».

« Disposer d’un signal horaire permettant une synchronisation de tous les équipements concernés est donc essentiel pour la vie de la Nation, notamment dans des domaines touchant à la sécurité », expliquait l’Agence. Cet impératif peut se conjuguer avec la sobriété énergétique.

Des baisses ont déjà eu lieu. En 2020 par exemple, la puissance du site d’Allouis qui diffuse le signal est passée de 1 110 à 800 kW. Il y a un an, des expérimentations ont débuté pour la réduire encore, à 675 kW, pendant une semaine. Entre mai et novembre 2025, la puissance de diffusion a de nouveau été abaissée de 800 à 675 kW.

Dans les deux cas, tout s’est bien passé. La deuxième phase était plus complexe car elle « incluait une opération sensible : le passage de la diffusion du pylône nord au pylône sud le 14 octobre. Même durant cette manœuvre technique, aucune dégradation notable du signal n’a été enregistrée. Ces résultats confirment la robustesse de la diffusion, même avec une puissance réduite ».

De nouvelles phases de tests sont prévues pour valider définitivement l’optimisation énergétique avec le passage à 675 kW (soit quasiment deux fois moins que les 1 110 kW d’avant 2020) :

  • Retour à 800 kW à partir du 18 novembre 2025.
  • Nouvelle période à 675 kW du 16 décembre 2025 au 31 mars 2026.

« À l’issue de cet hiver d’observation, un passage permanent à 675 kW pourrait être décidé dès le deuxième trimestre 2026 », ajoute l’ANFR.

Après AOL, Bending Spoons va s’offrir Eventbrite et sa billetterie

Eventbrite, poids lourd américain de la billetterie en ligne, annonce son entrée en négociations exclusives avec le groupe italien Bending Spoons, qui propose de racheter l’entreprise, en cash, pour 500 millions de dollars (environ 430 millions d’euros).

Le prix de rachat, fixé à 4,5 dollars par action, représente une prime de 60 % par rapport au cours quelque peu végétant de l’action Eventbrite à Wall Street sur les soixante derniers jours. La proposition a été acceptée à l’unanimité par le conseil d’administration d’Eventbrite, et la transaction devrait être bouclée dans le premier semestre 2026, affirme l’acquéreur, après validation des différentes instances représentatives ou réglementaires concernées. Eventbrite vise pour son exercice fiscal 2025 un chiffre d’affaires de l’ordre de 290 millions de dollars.

« En tant que fans de longue date, nous avons identifié plusieurs pistes que nous avons hâte d’explorer avec l’équipe d’Eventbrite après la finalisation de la transaction. Il s’agit notamment de développer une messagerie dédiée, d’intégrer l’IA pour simplifier la création d’événements, d’améliorer la recherche et de créer un système pour le marché des billets de seconde main », indique Luca Ferrari, CEO de Bending Spoons.

Le groupe italien aux dents longues réalisera-t-il vraiment ces projets avec l’équipe actuelle d’Eventbrite ? La plupart de ses acquisitions récentes se sont soldées par des départs massifs au sein des entreprises ciblées par sa stratégie de build-up (construction d’un groupe par accumulation de sociétés distinctes, avec une recherche de synergies opérationnelles).

En 2025, Bending Spoons s’est déjà engagé dans le rachat de Vimeo, puis dans celui du portail AOL.

Le groupe dispose sur le papier des moyens de ses ambitions : fin octobre, il a annoncé coup sur coup une levée de fonds de 710 millions de dollars, sur la base d’une valorisation préalable à 11 milliards de dollars, et l’obtention d’une enveloppe de 2,8 milliards de dollars sous forme de dette bancaire.

Eventbrite revendique 4,7 millions d’événements et 83 millions d’entrées payantes distribuées en 2024 – extrait des résultats financiers, capture d’écran Next