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L’AfriNIC accuse un broker d’adresses IP de continuer à vouloir le paralyser

Le 16 mars à 17h15

La guerre des IPv4 en Afrique n’est pas finie. En septembre dernier, l’AfriNIC pensait avoir fait un pas important pour se remettre en selle en élisant son nouveau bureau.

Mais le registre régional d’adresses IP (RIR) desservant l’Afrique continue de subir les attaques de Cloud Innovation, un broker d’adresses IP qui avait réussi à déstabiliser sérieusement l’organisation (dont il est lui-même membre, puisqu’il gère des adresses IP allouées par l’AfriNIC).

Dans une communication sur son site publiée ce jeudi 12 mars, l’AfriNIC alerte sur l’ « intention de perturber et/ou de paralyser le seul registre Internet régional d’Afrique » de la part de Cloud Innovation.

Illustration : Flock

« Nous sommes actuellement confrontés à un enchevêtrement de litiges et d’obstacles procéduraux provoqués par CIL [Cloud Innovation limited], Larus Ltd et les campagnes de sensibilisation qui y sont associées », explique le registre.

L’AfriNIC liste : une contestation de l’élection, une demande de la prolongation de la mise sous tutelle qu’avait décidée la justice mauricienne avant le renouvellement du bureau, l’obstruction à de récentes attributions d’adresses IP, l’injonction toujours en cours de ne pas attribuer d’IP, des campagnes de désinformations et la tentative de faire échouer les réformes de la gouvernance.

L’AfriNIC demande à ses membres de rester vigilants et de continuer à participer activement à la vie du registre.

Le 16 mars à 17h15

Commentaires (3)

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À quand la fin de la récréation ?

L'ICANN voit bien le harcèlement subi par l'AfriNIC, voit bien que le litige est poussé pour tenter de basculer dans le monde judiciaire & étatique : à eux de prendre le responsabilité et de s'imposer comme cadre de résolution, non ?

Et au passage, édicter des règles contre les acteurs malveillants et la manière de les gérer.
Je suis pour ma part étonné que dans ce monde, les acteurs publics aient toujours été considérés comme plus dangereux que ceux privés : de ma propre expérience, ce sont bien ces-derniers dont il faut se méfier, en l'absence de règles de gestion de conflits claires.
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L'ICANN est justement en train de réviser les règles de fonctionnement des RIR (ICP-2) pour clarifier les règles et mieux gérer tous les problèmes qui peuvent arriver. Ce processus est assez lent.

L'idée de base était que l'Internet africain doit être géré par les africains, pour éviter toute forme de colonisation, ce qui explique une certaine frilosité à intervenir.
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Frilosité il y a si on ne sait pas clairement pourquoi on vient et/ou si certains membres de l'intervention sont ambigus.
L'idée n'est pas de décider à la place du RIR mais de lui permettre de s'organiser comme il est empêché de le faire. Il y a un acteur aux plusieurs visage mais à la constante d'action qu'il faut éjecter.

À situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : l'ICANN peut s'appuyer sur les fonctionnements stables et une forme d'unanimité des autres RIR pour jauger ce qui se passe chez AfriNIC et se servir de ce soutien à un mode de fonctionnement jugé normal pour éjecter l'acteur malveillant rapidement.
L'établissement de règles plus claire nécessite du temps long mais pourrait (devrait ?) être décorrélée à cause de cela.

La théorie des jeux, par l'exemple de cette superbe démonstration de The Evolution of Trust d'un certain "nicky case" (que je vous recommande chaudement d'expérimenter !), démontre que le déroulement d'une partie se définit moins par les règles du jeu que par le comportement des joueurs.
Il y a ici un joueur à éjecter rapidement avant que son impact sur la partie ne la transforme radicalement… d'autant plus lorsque l'on est en plein dans un fonctionnement accordant une lourde part d'importance à cette confiance.

Pour le reste, dans un des articles passés lié, le parallèle fait avec le RIPE en termes d'organisation et le sous-développement des acteurs d'infrastructure réseau en continent africain sont cités.
Tant que des membres stables ne sont pas en capacités de s'investir dans le RIR, il sera malmené par un plus motivé, plus financé.

La jeunesse des états africains transpire dans leurs difficultés de corruption et de stabilité du pouvoir, et transpire aussi dans la difficulté à libérer des ressources pour soutenir l'activité d'une structure multi-acteurs internationale non-gouvernementale.
On peut garder espoir de se dire qu'après l'adolescence arrive nécessairement l'âge adulte : on est simplement sur un problème temporel, car la menace n'attendra pas et souhaite profiter de la situation actuelle.