Un pirate de jeux Switch devra verser 4,5 millions de dollars à Nintendo
Le SAV fatal
Image : Nintendo
Le 25 septembre à 17h30
Nintendo of America a remporté la partie contre un pirate, que la branche US du constructeur japonais accusait de vendre des copies illicites de jeux pour Switch. L’entreprise empoche 4,5 millions de dollars, dans une victoire facile puisque l’accusé n’a pas répondu à la plainte.
Un pirate de jeux Switch devra verser 4,5 millions de dollars à Nintendo
Le SAV fatal
Image : Nintendo
Nintendo of America a remporté la partie contre un pirate, que la branche US du constructeur japonais accusait de vendre des copies illicites de jeux pour Switch. L’entreprise empoche 4,5 millions de dollars, dans une victoire facile puisque l’accusé n’a pas répondu à la plainte.
Droit
Droit
4 min
Malgré la Switch 2, Nintendo continue de vendre les modèles première génération de la Switch (la commercialisation en Europe cessera en février prochain). Avec plus de 155 millions d’unités écoulées depuis 2017, ces consoles représentent un énorme vivier de joueurs (et donc de clients). Pas question de les abandonner à leur triste sort : des jeux continuent de sortir pour les Switch 1, y compris chez Nintendo.
Une victoire par défaut contre « Archbox »
C’est pourquoi, plus que jamais, l’entreprise lutte de toutes ses forces contre le piratage, d’autant que les méthodes pour « craquer » une Switch 1 sont relativement simples à obtenir, si on sait où chercher. En juin 2024, Nintendo of America (NoA) portait plainte contre James Williams, un Américain résidant en Arizona.
Il était accusé d’enfreindre la propriété intellectuelle de l’entreprise, de promouvoir des boutiques pirates, de contourner les mesures techniques de protection des jeux et de diffuser des outils de contournement, de ne pas respecter les contrats de licence de Nintendo et d’encourager des utilisateurs à enfreindre ces mêmes contrats.
« Archbox », comme il se faisait appeler en ligne, distribuait des « milliers de copies » de jeux Switch piratés au travers de plusieurs échoppes. James Williams était supposément modérateur sur un subreddit spécialisé dans le piratage de jeux. La juge Lauren King en charge du dossier a rendu l’ordonnance finale ce 23 septembre : l’accusé n’ayant pas comparu pour se défendre, le tribunal a donc rendu un jugement par défaut, sans audience publique, qui donne entièrement raison à NoA (PDF).
James Williams est donc condamné à verser 4,5 millions de dollars à l’entreprise, soit 150 000 dollars pour chacun des 30 jeux retenus dans la plainte. Il doit aussi fermer immédiatement toutes les boutiques en ligne sur lesquelles il a distribué des jeux piratés, désactiver les comptes de réseaux sociaux utilisés pour promouvoir cette activité, cesser d’aider ou d’encourager des utilisateurs à télécharger des jeux piratés, et bien sûr cesser de copier, distribuer et faire la promotion de jeux non autorisés.
Retrouvé grâce au SAV de Nintendo
Nintendo avait repéré James Williams d’une manière originale. Des documents ajoutés par Nintendo au dossier d’accusation, révélés en 2024 par Game File, lèvent un coin du voile sur les méthodes du cabinet d’avocats mandaté par NoA l’année précédente pour enquêter sur les boutiques pirates.
Les enquêteurs ont fini par repérer le petit business d’Archbox sur Reddit. Ils ont pu établir, via des messages sur les forums de la plateforme, qu’il résidait dans l’Arizona. Restait à découvrir le véritable nom et l’adresse derrière le pseudo. En février 2024, Nintendo a pu identifier Archbox comme étant James Williams. En croisant deux adresses courriel avec sa base de données, l’entreprise a retrouvé des demandes de réparation effectuées à ce nom ainsi qu’une adresse postale à Surprise, en Arizona, confirmant ainsi l’identité et la localisation du pirate.
Après avoir réparé un de ces appareils (l’histoire ne dit pas s’il s’agit d’une Switch), Nintendo a envoyé à James Williams une lettre de mise en demeure. Ce dernier a alors répondu aux avocats de l’entreprise qu’il s’engageait à se conformer et à coopérer à toute demande ou requête relevant de son contrôle. Il niait en revanche avoir porté atteinte à la propriété intellectuelle de Nintendo. L’accusé a ensuite coupé toute communication avec le groupe, et il n’a pas présenté sa défense devant le tribunal dans les délais impartis.
La lutte contre le piratage de jeux Switch ne se limite pas aux États-Unis. Début septembre, Nintendo obtenait du tribunal de La Haye (Pays-Bas) l’interdiction pour un vendeur – non identifié – de commercialiser en Europe des MIG Switch Cards et MIG Switch Dumpers sur plusieurs sites web. Ces dispositifs permettent de copier des cartouches et de lancer des copies piratées de jeux sur la première Switch, sans bidouiller la console en elle-même.
Commentaires (36)
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Abonnez-vousLe 25 septembre à 18h35
Le 25 septembre à 21h37
Le 26 septembre à 02h19
25 ans me paraissent plus appropriés déjà.
Le 26 septembre à 11h01
Le 27 septembre à 22h51
Modifié le 27 septembre à 23h31
Modifié le 28 septembre à 01h41
Par ailleurs, il y a probablement un intérêt économique à laisser un jeu "respirer" lorsqu'il est passé de mode mais pas encore rétro, pour pouvoir le ressortir au moment opportun, créer de la hype et en vendre des pleines palettes.
Enfin, Nintendo (ou Sony ou Microsoft) est un fabricant de machine et produit aussi quelques jeux, mais pour l'essentiel, ils n'ont pas de droits particuliers sur les productions des éditeurs tiers, qui sont libres des conditions de commercialisation de leurs œuvres.
Il peut y avoir, enfin, mille raisons légitimes pour lesquelles un éditeur ou même un constructeur veut ou même doit cesser la commercialisation d'un jeu : typiquement la fin des droits sur une licence (musique, personnage humain, œuvre sur laquelle le jeu est basé, marques déposées - par exemple EA ne peut plus commercialiser les vieux Fifa sans les modifier...), la fin d'un contrat entre un éditeur et un développeur, avec possiblement des changements de propriétaire entre temps, la dépendance à des accessoires qui ne sont plus produits, etc.
Le 29 septembre à 06h13
Quand on veut ressortir un jeu plus tard pour en vendre "des palettes", on fait un remake, on ressort pas le jeu tel quel. Ou on le ressort sur du hardware différent. Avoir toujours l'ancien jeu de disponible n'est pas gênant car l'expérience est différente..
Les raisons "légitimes" que tu avances sont justement le genre de débilités droit d'auteuresques qu'on aimerait voir disparaître. Avec une obligation légale de garder le jeu disponible, les contrats s'y s'adapteront.
Le 29 septembre à 11h51
Il est sain qu'à un moment donné, un développeur puisse reprendre sa liberté vis-à-vis de son éditeur, un éditeur vis-à-vis d'un constructeur, ou qu'un type qui a permis qu'on utilise son image dans un jeu puisse en reprendre le contrôle à intervalles réguliers. Tu dis "on aimerait voir disparaître", ce "on" n'engage que toi. Moi, personnellement, je ne suis pas favorable à ce qu'on enlève les protections du droit à l'image pour que tu puisses acheter ton Alexandra Ledermann sur PSP 25 ans après, ce que tu ne feras de toute façon pas.
Le 29 septembre à 12h37
Le 29 septembre à 14h27
Mais même en-dehors de ça, pour rappel, la liberté contractuelle, c'est un principe constitutionnel. Donc la loi ne peut pas non-plus fixer n'importe quelle interdiction arbitraire à cette liberté, il faut certains impératifs d'intérêt public.
L'intérêt public à pouvoir racheter ton jeu vidéo sur un store mort 25 ans après, c'est pas certain que ça soit un fondement suffisant pour imposer que les contrats développeurs/éditeurs, ou groupe de musique/développeur, ou marque déposée/éditeur, soient désormais obligatoirement à durée illimitée. Or c'est une condition sine-qua-non pour une commercialisation sans interruption d'un grand nombre de jeux.
Le 29 septembre à 14h43
Je ne crois pas qu'il soit question de re-commercialiser un titre abandonné, au contraire…
Modifié le 29 septembre à 15h18
Ce n'est pas possible de continuer à commercialiser ou à distribuer un jeu qui contient des éléments sur lesquels tu n'as plus les droits parce que le contrat qui te conférait ces droits est arrivé à expiration.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que le reste de l'œuvre cesse de t'appartenir, ni que tu n'as pas l'intention de négocier à nouveau ces droits ultérieurement pour commercialiser à nouveau l'œuvre quand ce sera rentable de le faire, ou d'en proposer une version expurgée/modifiée.
Le 29 septembre à 16h46
Inodemus :
Le 29 septembre à 18h22
Et qu'il y a plein de raisons à cela. Et que ces raisons ne devraient pas, à mon sens, te déposséder de ta propriété intellectuelle.
Le 27 septembre à 08h46
Modifié le 27 septembre à 13h35
Le 28 septembre à 13h18
Le 28 septembre à 10h59
L'éditeur ne veut pas créer un émulateur, pas de problème mais qu'il n'ai pas de recours contre ceux qui veule le faire. Comme cela on ne touche pas aux droits d'auteur des éditeurs de jeu et de logiciel.
Le 28 septembre à 14h49
Le 30 septembre à 13h57
Le 28 septembre à 10h15
Modifié le 28 septembre à 13h23
Le 28 septembre à 14h32
Modifié le 28 septembre à 15h19
(et perso j'ai trouvé que les 3/4 des quêtes annexes du remake, c'était du remplissage pour remplir...)
Le 29 septembre à 15h21
Alors que dans le remake c'est du combat temps réel full 3D dans lequel tu peux exploiter pleinement les positions respectives des personnages et ennemis dans l'environnement.
Le 29 septembre à 16h49
Le 30 septembre à 11h03
Le 28 septembre à 14h20
Le 28 septembre à 14h19
Il faut être honnête un peu: c'est pour jouer gratos.
Et pour rappel, une émulation, par définition ce n'est PAS de l'archivage.
A ce niveau de demande, demandez aussi le gasoil gratuit pour aller bosser (tout en sachant que ce sera pour aller en boite)
Modifié le 29 septembre à 06h29
Quant à ton affirmation que l'on voudrait jouer gratuit, elles n'engagent que toi. Si l'éditeur veut continuer à rendre son jeu payant il n'a qu'à continuer de le commercialiser. Personne n'a demandé un accès gratuit à un jeu payant.
Modifié le 25 septembre à 20h06
Le 25 septembre à 21h49
Mais par "comparaison", l'équipe derrière YGG a fait plus de 10 millions d'€ de bénef les deux dernières années de son existence (et je parle bien de bénéfice, pas de "CA").
Le 26 septembre à 10h57
Le 25 septembre à 21h58
Le 26 septembre à 13h01
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