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En chimie, l’IA permet d’« optimiser la manière de faire de la recherche »

C'est du chimique !

En chimie, l’IA permet d’« optimiser la manière de faire de la recherche »

Les méthodes d’IA ont passé les portes des laboratoires depuis quelques années. Mais, concrètement, à quoi sert-elle quand les chimistes l’utilisent ? Next a voulu en savoir plus et a interrogé le chimiste théorique François-Xavier Coudert.

Le 06 mars à 17h14

Le machine learning ou le deep learning pour analyser des images, des vidéos, des textes ou des sons, on commence à connaître. Mais à quoi peuvent bien servir les techniques d’IA dans un laboratoire de chimie ? Qu’est-ce qu’un chimiste théorique peut bien faire d’un réseau de neurones ?

Next a discuté avec François-Xavier Coudert, chercheur au CNRS qui a travaillé, par exemple, sur l’utilisation de l’IA pour trouver de nouveaux réseaux métallo-organiques, ces matériaux poreux dont la découverte a valu aux chimistes Susumu Kitagawa, Richard Robson et Omar M. Yaghi le prix Nobel en 2025.

>> Quel est le but de s’appuyer sur l’IA quand on fait des recherches en chimie ?

Une des idées est de trouver de meilleures molécules ou de meilleurs matériaux pour des applications choisies. Typiquement, on peut vouloir séparer le CO₂ des autres gaz en sortie de cheminée d’usines. On va aller creuser dans les matériaux connus qui n’ont jamais été testés pour cette application-là.

Jusqu’ici, les gens qui développaient des matériaux avaient une application en tête. Si ça marche, ils le publient et expliquent que ce matériau fait ce qu’ils veulent super bien, sinon, ils le mettent dans un tiroir et font un autre essai. L’idée, c’est que, dans les matériaux qui ont telle propriété pour laquelle ils sont connus, il y en a peut-être qui pourraient être très bien pour d’autres applications. Et ainsi d’aller chercher des matériaux connus mais qui n’auraient pas été complètement exploités. Mais comment le savoir ? On est face à des milliers de matériaux et de molécules. C’est aussi un peu l’idée du « repurposing » (réutilisation) des médicaments : si je trouve une molécule connue mais qu’elle a un autre effet, c’est toujours plus facile à déployer que de réinventer depuis rien une nouvelle molécule.

Aller au-delà de l’« intuition chimique »

>> Les techniques d’IA permettent de modéliser, sélectionner, générer plein de choses, dans quels buts les chimistes utilisent l’IA actuellement ?

Il y a beaucoup de champs scientifiques qui utilisent l’IA parce qu’ils ont de larges volumes de données qui étaient jusque-là inexploitées, c’est le paradigme du big data. En chimie, il y a la même motivation : à force, les laboratoires académiques comme ceux de R&D ont accumulé des données et ils veulent les valoriser.

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Commentaires (3)

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Un usage utile de l'IA. Par contre, niveau pollution on en est où avec ces méthodes là ?
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Pollution due à l'IA ? Sûrement bien inférieure à ce que la chimie peut polluer...

:pastaper:
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C’est quoi cette histoire de 250.000 articles faux de A à Z sur le cancer ?
Face à un système scientifique qui incite à la publication, des organisations se sont spécialisées dans la production d’articles scientifiques complètement faux, fabriqués de A à Z. Il y en aurait plus de 250.000 dans la recherche sur le cancer
[...] en se basant sur tous les articles identifiés comme faux à la main par des experts, les spécialistes ont entraîné une IA à reconnaître ces articles fabriqués, notamment à travers des structures ou tournures de phrases qui se ressemblent d’une fausse publication à l’autre. Mais ChatGPT et consorts pourraient changer la donne, et pas en faveur des traqueurs de faussaires : « Si vous commencez à utiliser une IA pour apporter beaucoup de reformulations et de paraphrases, changer la structure et apporter plus de variabilité dans les textes, vous rendez la tâche de détection plus compliquée »