#Le brief du 06 janvier 2026

La bibliothèque clandestine Anna’s Archive perd son .org

Le nom de domaine annas-archive.org a été suspendu. Cette bibliothèque clandestine est, en fait, un métamoteur de recherche pour fouiller aussi bien dans Sci-hub que dans Libgen ou Z-Lib à la recherche d’epubs piratés. Son équipe s’est récemment illustrée en revendiquant la récupération de 300 To de musique de Spotify.

Mais, comme l’a repéré TorrentFreak, le registre en charge du domaine annas-archive.org semble l’avoir placé en statut « ServerHold », ce qui le désactive dans le DNS.

Comme le soulignent nos confrères, la suspension de domaines en .org, géré par le registre d’intérêt public PIR, est plutôt rare, ce qui laisse supposer qu’elle a été prise dans le cadre d’une décision de justice. Mais le directeur marketing du registre affirme à nos confrères que « malheureusement, le PIR n’est pas en mesure de commenter la situation pour le moment ».

De son côté, l’équipe de la bibliothèque clandestine a constaté sur Reddit cette suspension de façon flegmatique en indiquant : « Nos autres domaines fonctionnent correctement, et nous en avons ajouté quelques-uns supplémentaires. Nous vous recommandons de consulter notre page Wikipédia pour connaître les derniers domaines ». Elle ajoute ne pas croire que ça puisse avoir un lien avec la récupération de millions de fichiers qu’elle a effectuée sur Spotify.

Windows : Microsoft se débarrasse de l’activation par téléphone

Plusieurs médias (dont Neowin et Tom’s Hardware) ont remarqué que l’activation par téléphone ne fonctionnait plus pour toutes les versions de Windows, de 7 à 11.

Si vous ne l’avez jamais utilisée, cette méthode permet d’activer Windows quand on se retrouve sans connexion internet. Elle était également utile à une certaine époque, chez les personnes qui modifiaient plusieurs pièces de leur PC. Windows détectait alors les modifications matérielles et il pouvait être nécessaire de procéder à une nouvelle activation, le processus étant lié à la configuration matérielle.

Selon les remontées constatées, cette méthode ne fonctionne plus. À la place, les personnes reçoivent un SMS avec un lien vers une page web. C’est bien sur celle-ci que les manipulations se feront ; mais avec une différence de taille : il est nécessaire d’entrer le compte Microsoft, ce que l’activation par téléphone n’exigeait pas.

Selon Ben Kleinberg, on tombe automatiquement sur un message vocal, qui annonce : « Le support de l’activation du produit a été déplacé en ligne. Pour le moyen le plus rapide et le plus pratique d’activer votre produit, veuillez visiter notre portail d’activation de produit en ligne à aka.ms/aoh ». On peut voir d’ailleurs sur l’adresse en question que le site est clairement pensé pour la navigation mobile. Sur ce point, Tom’s Hardware indique qu’un collaborateur a tenté l’opération sur la version iOS de Firefox, sans succès, mais que la procédure a bien fonctionné avec Safari.

La méthode ne semble plus fonctionner par aucun moyen, où que soit déclenchée la procédure. Pourtant, la documentation officielle de Microsoft indique que l’on peut activer par téléphone. Il est probable qu’elle n’ait pas été mise à jour, nous avons posé la question à Microsoft pour nous en assurer.

Les caméras « touristiques » des communes dans le viseur de la CNIL

Lorsque la CNIL parle des caméras « touristiques », il s’agit de celles utilisées par des communes pour « valoriser un territoire ». La Commission rappelle qu’elles « ne devraient pas permettre la collecte de données personnelles ».

Problème : « lors de contrôles, la CNIL a constaté qu’il était parfois possible de distinguer, sur les vidéos et photographies diffusées par les communes sur leurs sites web à des fins de promotion touristique, des personnes dans leur quotidien ainsi que des plaques d’immatriculation des véhicules dans le champ des caméras ».

La Commission explique que cela constitue un traitement de données personnelles et qu’il doit donc respecter le RGPD. Certaines communes ont fait valoir « que l’utilisation de ces caméras […] reposait sur la base légale de l’intérêt légitime ».

La CNIL n’est pas du même avis et parle d’un « traitement de données personnelles disproportionné au regard de sa finalité ». De plus, « ce type de dispositif ne permet pas aux personnes de s’opposer à cet enregistrement avant le recueil des images ». Les communes ciblées et les griefs précis ne sont pas indiqués.

Les caméras permettaient d’observer « des moments de vie personnels » comme ceux aux terrasses de bars, ou lors de manifestations sur la voie publique, mais aussi des moments « intimes » avec des caméras sur les entrées et fenêtres d’habitations par exemple. La Commission rappelle aussi qu’il existe des risques de « cambriolages, harcèlement, chantage, violences conjugales ».

La CNIL n’interdit pas les caméras touristiques, mais à condition qu’elles respectent la vie privée des personnes. Un exemple de bonnes et mauvaises pratiques est donné avec Notre-Dame à Paris :