Publié dans ÉconomieSécurité

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Une exploitation agricole sur cinq victime d’une cyberattaque

Une table ronde de la réserve cyber de la gendarmerie consacrée aux cybermenaces pour le secteur agroalimentaire et les agriculteurs© GEND/SIRPA /GND B. LAPOINTE

« Une exploitation sur cinq a déjà été victime d’une cyberattaque, mais elles sont encore trop peu à avoir conscience du risque », rapporte Gendinfo, le site d'actualité de la gendarmerie nationale.

Cette estimation a été rendue publique à l'occasion d'une table ronde lors de la seconde édition des Assises de la réserve cyber à la direction générale de la gendarmerie nationale, à Issy-les-Moulineaux.

Intitulée « sécurité numérique et sécurité alimentaire : quelles cybermenaces pour le secteur agroalimentaire et les agriculteurs ? », elle portait notamment sur les « enjeux importants » que sont la souveraineté alimentaire et l’approvisionnement de populations « croissantes ».

Cette augmentation du nombre de cyberattaques serait en partie due à la numérisation des exploitations agricoles qui augmente avec l’agriculture dite de précision, l’automatisation de la production, les systèmes de gestion et les outils de traçabilité.

Gendinfo conclut que « si plus de la moitié des agriculteurs disent ne pas se sentir concernés, ils sont en réalité presque tous menacés, par des cybercriminels, des concurrents, des "hactivistes" (hackers activistes), voire même par des États ».

Ce pourquoi la gendarmerie a décidé de s'y intéresser : « notre rôle est d’acculturer cette population en menant des actions de sensibilisation sur le terrain, grâce à notre maillage territorial, auprès des agriculteurs mais aussi des écoles d’agriculture et des associations », explique l’adjudant Grégory, du département stratégie du ComCyberGend.

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Commentaires (5)


Kwacep Abonné
Le 07/12/2023 à 15h 05
> Intitulée « sécurité numérique et sécurité alimentaire : quelles cybermenaces pour le secteur agroalimentaire et les agriculteurs ? »

Du coup, quelles sont les principales cybermenaces ?
Aussi, vu que ce sont majoritairement de petite société, n'ayant une connaissance limité à ce sujet, ils vont souvent sur des systèmes totalement fermé, sas interopérabilité entre eux...
Myifee Abonné
Le 07/12/2023 à 16h 47
Pour bosser souvent avec ce genre d'entreprise, le gros du problème est financier :

- une marge brute faible, donc peu de budget global pour des "fonctions supports", donc l'IT est toujours obligée de découper à la hache leur roadmap, et de reporter sine die des projets pourtant critiques

- une mentalité un peu "paysanne" : on essaye de privilégier les gens sur le terrain (souvent coopérateurs) vs les autres métiers de l'entreprise, on recrute des gens du coin (avec ou sans les compétences), "un sou est un sou" qui fait qu'une machine même amortie sera usée jusqu'à la trame ...

- une certaine indépendance des métiers/lieux de production : les exploitants choisissent leur matériel, suivent à leur façon les différents travailleurs qui accèdent au matériel (le fameux téléphone dévérouillé et avec une boîte mail générique qui circule entre les intérimaires) etc etc, sans qu'il n'y ait de volonté de centraliser par l'IT ("on va quand même pas emmerder les gars qui bossent")

- ce qui nous donne au final des équipes faiblement pourvues, une dette technique (IT/OT) assez forte, et une vision plus que parcellaire sur le SI et ce qui s'y passe

Alors oui, on voit passer des campagnes d'attaques sur de l'agriculture de précision pour saturer en pesticides/traitements les plants, c'est très moderne et sexy, mais pendant ce temps-là, l'usine de traitement du lait du coin est pilotée par un NT4 branché au cul d'une box grand public, et les gars font la tournée des Emmaüs du coin pour trouver les bonnes pièces détachées pour continuer à faire tourner ces antiquités
lexiii Abonné
Le 10/12/2023 à 13h 43

Myifee

Pour bosser souvent avec ce genre d'entreprise, le gros du problème est financier :

- une marge brute faible, donc peu de budget global pour des "fonctions supports", donc l'IT est toujours obligée de découper à la hache leur roadmap, et de reporter sine die des projets pourtant critiques

- une mentalité un peu "paysanne" : on essaye de privilégier les gens sur le terrain (souvent coopérateurs) vs les autres métiers de l'entreprise, on recrute des gens du coin (avec ou sans les compétences), "un sou est un sou" qui fait qu'une machine même amortie sera usée jusqu'à la trame ...

- une certaine indépendance des métiers/lieux de production : les exploitants choisissent leur matériel, suivent à leur façon les différents travailleurs qui accèdent au matériel (le fameux téléphone dévérouillé et avec une boîte mail générique qui circule entre les intérimaires) etc etc, sans qu'il n'y ait de volonté de centraliser par l'IT ("on va quand même pas emmerder les gars qui bossent")

- ce qui nous donne au final des équipes faiblement pourvues, une dette technique (IT/OT) assez forte, et une vision plus que parcellaire sur le SI et ce qui s'y passe

Alors oui, on voit passer des campagnes d'attaques sur de l'agriculture de précision pour saturer en pesticides/traitements les plants, c'est très moderne et sexy, mais pendant ce temps-là, l'usine de traitement du lait du coin est pilotée par un NT4 branché au cul d'une box grand public, et les gars font la tournée des Emmaüs du coin pour trouver les bonnes pièces détachées pour continuer à faire tourner ces antiquités
>- une marge brute faible, donc peu de budget global pour des >"fonctions supports", donc l'IT est toujours obligée de >découper à la hache leur roadmap, et de reporter sine die des >projets pourtant critiques

Le métier d'agriculteur est un métier passion, avec des investissements financiers considérables, avec des heures qui peuvent être importantes. Ce n'est pas pour rien que les reprises des fermes familiales de père en fils sont de moins en moins nombreuses. Comme tu l'as dit peu de moyen.

A partir de là, je peux comprendre qu'un sou et un sou. Ils essaient autant que possible d'optimiser leurs rendements pour avoir quelques choses à la fin du mois.

Et du coup en recituant ce contexte qui nous est pas familier,cela peut se comprendre que la partie IT est loin d'être leurs priorités.
Le 07/12/2023 à 16h 16
> "si plus de la moitié des agriculteurs disent ne pas se sentir concernés, ils sont en réalité presque tous menacés, par des cybercriminels, des concurrents, des "hactivistes" (hackers activistes), voire même par des États"

J'adore les agriculteurs! Dans 20 ou 30 ans... il y en aura plus!
Erwan123 Abonné
Le 08/12/2023 à 04h 56
Si quelqu'un avait dit aux débuts des années 80 , époque balbutiante des ordinateurs 8 bits, que dans le futur, même les fermes de paysans allaient se faire hacker, de l'étable à la basse cour en passant par le pouailler.
Mais que les machines, devenues en plus en plus "awares", biberonnées à l'IA, notamment les trayeuses automatiques pour le lait des vaches allaient pouvoir se self-défendre contre les menaces venant d'un réseau informatique mondial, réseau connectant des dizaines de milliards d'autres machines... réseau appelé...L'Internet...

ben le pauvre aurait sûrement été pris très très au sérieux.