Le terrorisme, levier de la reprise en main des réseaux sociaux par les États
Theresa May, the force be with you
Le 05 juin 2017 à 08h31
4 min
Droit
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Après le dernier attentat de Londres, Theresa May a plaidé pour de nouvelles mesures destinées à endiguer le risque terroriste. Quatre domaines d’action ont été définis, dont l’un concerne spécifiquement Internet.
« Nous ne pouvons pas offrir à cette idéologie l'espace sécurisé dont elle a besoin pour se reproduire, a exprimé la Première ministre britannique. Pourtant, c’est exactement ce que font Internet et les grands fournisseurs de services en ligne. » Selon elle, « nous devons travailler avec les gouvernements démocratiques alliés pour conclure des accords internationaux sur la régulation du cyberespace afin de prévenir la propagation de l’extrémisme et des projets terroristes. Et nous devons tout faire dans notre pays pour réduire le risque terroriste en ligne » (voir le discours officiel).
Le personnage politique n’a pas été plus profondément dans le détail de ses vœux, alors que dans ce pays les conservateurs plaident pour de nouveaux tours de vis législatifs.
Facebook veut devenir un terrain hostile pour les terroristes
À peine mis en cause, et alors que l’enquête débute outre-Manche, Facebook a cru nécessaire de claironner sa volonté de faire du réseau social « un environnement hostile pour les terroristes ». Et Simon Milner, son directeur des relations publiques, de souligner les efforts du géant du Net : « en utilisant une combinaison de technologie et d’analyse humaine, nous travaillons de manière agressive pour supprimer les contenus terroristes de notre plateforme dès que nous en sommes alertés et, si nous prenons conscience d’une situation d’urgence impliquant un risque imminent pour la sécurité d’une personne, nous avisons les forces de l’ordre ».
La plateforme qui rêve de devenir demain la méga infrastructure sociale, socle d’une communauté mondiale, peut se gargariser des bons points distribués par la Commission européenne dans le cadre d'un code de conduite signé un an plus tôt avec elle et trois autres géants des nouvelles technologies. « Aujourd'hui, les entreprises suppriment deux fois plus de discours haineux illégaux qu'il y a six mois et le font plus rapidement » a ainsi jaugé à l’heure du bilan, Vĕra Jourová. La commissaire européenne chargée de la justice voit là « un pas important dans la bonne direction qui montre qu'une approche autorégulatrice peut fonctionner si tous les acteurs jouent leur rôle ».
La Commission européenne distribue les bons et mauvais points
Dans cet accord, Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft se sont déjà engagés à examiner en moins de 24 heures les signalements adressés dans les formes et épinglant des discours haineux illégaux. Ces mêmes acteurs ont indiqué qu’ils suppriment ces contenus ou en bloquent l'accès au besoin, sur le fondement des législations nationales, toutes votées en application du droit européen.
Selon les derniers résultats, publiés voilà quelques jours, « le nombre de signalements examinés dans un délai de 24 heures est passé de 40 % à 51 % au cours de la même période de six mois. Facebook est toutefois la seule entreprise à atteindre pleinement l'objectif d'examiner dans la journée la majorité des signalements reçus ».
Fait notable, ce document est d’une manipulation délicate et pour cause, la sensibilité et la perception des intermédiaires face à un contenu épinglé par la Commission et ses différents partenaires privés peuvent varier selon le temps et l’espace. L’institution bruxelloise note elle-même que son rapport n’est « pas un document légal et ne donne pas aux gouvernements le droit de faire retirer un contenu ».
La législation phare en la matière reste la directive de 2000 sur la société de l’information. Elle impose que ces intermédiaires suppriment sans attendre les contenus manifestement illicites postés dans leur infrastructure par les internautes. Mais en cas de divergence d’appréciation, le dernier mot revient toujours au juge, non à la Commission européenne ou à une quelconque autorité administrative. Puisque le risque zéro n'existe pas, le piège du terrorisme est finalement de susciter des législations où la responsabilité des hébergeurs et autres plateformes va devenir de plus en plus directe, occasionnant une nouvelle victime : la liberté d’expression, mise à mal notamment par des réflexes d’autocensure.
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Facebook veut devenir un terrain hostile pour les terroristes
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La Commission européenne distribue les bons et mauvais points
Commentaires (14)
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Abonnez-vousLe 05/06/2017 à 08h46
« en utilisant une combinaison de technologie et d’analyse humaine, nous travaillons de manière agressive pour supprimer les contenus terroristes de notre plateforme dès que nous en sommes alertés »
Ils ont oublié de préciser “sauf si c’est une vidéo virale qui nous rapporte beaucoup de revenus publicitaires”… " /> " />
Le 05/06/2017 à 08h59
Ils ont bien raison !
Rappelons que le terrorisme islamique n’existait pas avant les rezosocios.
C’est la preuve indubitable d’une corrélation, et donc d’une nécessaire causalité.
…et prenez le temps d’y penser. " />
Le 05/06/2017 à 10h31
Puisque le risque zéro n’existe pas, le piège du terrorisme est
finalement de susciter des législations où la responsabilité des
hébergeurs et autres plateformes va devenir de plus en plus directe,
occasionnant une nouvelle victime : la liberté d’expression, mise à mal
notamment par des réflexes d’autocensure.
Ça sert aussi à ça les attentats. " />
Le 05/06/2017 à 10h43
C’est tout le business du politique que d’exploiter les peurs pour l’avantage de sa caste. Le terrible problème de la pédopornographie a été utilement remplacé par le terrible problème du terrorisme. Quelle aubaine pour ces démagos :
1/ le cash est utilisé pour éviter l’appropriation par taxation/imposition de la richesse par les politiques ? Les politiques imaginent que les terroristes se financent avec du cash et espèrent donc le supprimer.
2/ Internet est utilisé comme espace de liberté les critiquant puisque les médias traditionnels ne le font plus ? Les politiques imaginent que les terroristes s’organisent par Internet et espèrent réguler, museler voire contrôler l’expression sur ce média.
Le 05/06/2017 à 14h28
Le 05/06/2017 à 15h41
Le 05/06/2017 à 19h54
Le 06/06/2017 à 05h40
Bon, si on doit fermer FesseBouc, Touiteur et les autres parce que des terroristes s’en servent, ce n’est pas un vrai problème => y’a qu’a les fermer et on n’en parle plus …
OH WAIT ! ! ! Les terro’s ne s’en servent déjà plus, ils sont passés sur autre chose …
_C’est vraiment pas de bol, on a deux longueurs de retard … au moins
_Bah c’est pas grave, ça permet de voir ce qu’il se passe sur les rézosocios, et accessoirement de manipuler le reste de la populace !
" />
Le 06/06/2017 à 06h01
Le 06/06/2017 à 08h24
A supprimer
Le 06/06/2017 à 08h29
Le 06/06/2017 à 08h33
Le 06/06/2017 à 08h59
Le 06/06/2017 à 09h22