#14h42 : lorsque le prêt participatif permet aux particuliers de financer les entreprises

Demain, tous banquiers ?

#14h42 : lorsque le prêt participatif permet aux particuliers de financer les entreprises

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Tout le monde ou presque connaît désormais le financement participatif, qui permet d'aider un projet par des dons. Mais saviez-vous que, depuis le 1er octobre, les particuliers peuvent prêter de l'argent aux entreprises via des plateformes, et être rémunérés pour cela ?

Depuis octobre dernier, il est possible pour un particulier de financer une entreprise en lui prêtant de l'argent, tout en étant rémunéré pour cela. Un changement réglementaire qui permet aux plateformes de financement participatif inscrites à l'ORIAS de s'ouvrir à de nouvelles possibilités, et de se poser en concurrentes potentielles des banques via une exception faite à leur monopole en la matière.

Lorsque le financement participatif remplace les banques... qui s'y associent

Mais voilà. Celles-ci ne vont-elles pas voir d'un mauvais œil une telle initiative, alors qu'elles sont de plus en plus contestées dans leur rôle de financement de « l'économie réelle » ? Ou ne vont-elles tout simplement pas plutôt tenter de se placer de manière habile afin de profiter, d'une manière ou d'une autre, de ce changement. Car s'il est bien un partenaire de plus en plus courant des plateformes de financement participatif, c'est bien le monde bancaire, comme on a encore eu l'occasion de le voir récemment avec le partenariat entre Hello Bank (groupe BNP Parisbas) et Ulule pour Hello Play. 

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle possibilité va surtout permettre aux porteurs de projets de trouver de nouvelles sources de financement auprès des particuliers, qui pouvaient déjà se prêter de l'argent entre eux avec des plateformes comme Prêt d'Union. Une tendance qui semble d'ailleurs se renforcer notamment pour ce qui concerne des cadres précis comme celui de la presse.

Le financement de la presse encouragé pour les particuliers

En effet, dans le cadre du projet de loi de modernisation du secteur, qui vient de passer en commission mixte paritaire, il pourrait être possible pour les particuliers d'investir dans une limite de 1 000 euros par an par contribuable (2 000 euros pour un couple) dans le capital d'une entreprise de presse IPG (au sens de l'article 39 bis A du code général des impôts) tout en bénéficiant d'un avantage fiscal : 

« Les contribuables domiciliés fiscalement en France au sens de l'article 4 B bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu égale à 30 % des versements effectués jusqu'au 31 décembre 2018 au titre de souscriptions en numéraire réalisées au capital de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun et définies au I de l'article 39 bis A. »

S'il ne s'agit pas ici d'un prêt mais bien d'une prise de participation, cela vise clairement à inciter chacun à financer l'information de manière directe, tout en réduisant la dépendance de ces sociétés à de gros actionnaires, notamment lorsqu'il s'agit de constituer un nouveau projet. Notez d'ailleurs qu'un statut d'entreprise solidaire de presse pourrait être créé. Celui-ci est réservé à des entreprises s'engageant sur le réinvestissement de leurs bénéfices dans leur activité, et pourra permettre à leurs investisseurs de voir leur avantage fiscal grimper à hauteur de 50 %.

De nouvelles possibilités qui vont sans doute aiguiser les appétits divers et dans lequel chacun devra réussir à s'y retrouver. Nous avons donc décidé de chercher à comprendre ce qui va changer exactement, et surtout comment les choses se passent dans la pratique, qu'il s'agisse de l'organisation des plateformes, la sélection des projets ou encore les relations avec la finance plus classique.

Pour ce nouveau numéro de la seconde saison de 14h42, notre émission conjointe avec Arrêt sur images, animée par Jean-Marc Manach, nous avons donc décidé de nous entretenir avec Vincent Ricordeau, fondateur de Kisskissbankbank (dons), Hello Merci (prêts solidaires) et, plus récemment, de Lendopolis (prêts), ainsi qu'Hubert de Vauplane, ancien banquier, aujourd'hui avocat et blogueur sur Alternatives économiques.

L'émission intégrale est réservée à nos abonnés pouvant accéder à tous nos contenus pendant une semaine. Elle sera ensuite accessible à tous via notre compte YouTube sur lequel vous pouvez nous rejoindre :

 

Bonne émission !

Commentaires (16)


Le côté “participatif” c’est qu’un participant a le gobelet, l’autre, la bouteille.

J’attends la fin pour voir s’ils vont mettre les 2 en commun !


Ca m’intéresse beaucoup ce financement participatif. Je suis au boulot je ne peux pas visionner l’émission et chez moi avec ma bande passante de #@#@ ça risque d’être difficile. Ils donnent le nom de plate-formes (fiables) dans l’émission?


C’est très compliqué ;) 

 

En fait ça dépend beaucoup de ce que tu veux faire: 



- prêt aux particuliers (ex: http://www.pret-dunion.fr )     




Télécharge le fichier complet si le streaming ne passe pas ! Ca prendra un peu de temps amis après tu visionnes tranquillement (ou prend carrément que la version audio).


Suit tomber sur ça hier :

http://www.leetchi.com/



Sur certain coté me fait penser à faire la manche 2.0 après avoir lu certain projet.


ça c’est surtout pour faire des cadeaux à un ami au sein d’un groupe. Au lieu de courir à la pèche au participations.


merci. Ce serait investir dans PME/startup.



J’en avais parlé à ma banquière qui m’avait gentillement dit que je n’étais passez riche pour faire ça…

je vais aller voir les plate-formes que tu m’as indiquées, voir les conditions etc… mais si on peut investir quelques centaines ou milliers d’euros, à voir.








NonMais a écrit :



merci. Ce serait investir dans PME/startup.



J’en avais parlé à ma banquière qui m’avait gentillement dit que je n’étais passez riche pour faire ça…

je vais aller voir les plate-formes que tu m’as indiquées, voir les conditions etc… mais si on peut investir quelques centaines de milliers d’euros, à voir.





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Pas mal cette émission, j’ai toujours eu un soucis avec le mode de financement à la Kickstarter. Et le coup de l’Oculus m’a confirmé que dans un monde capitaliste, faire un don à une entreprise est complètement con.



Donc se passer des banques pour investir dans les PME via des prises de participations/prêts, je dis oui. Mettre en vente son produit en avant première, et voir le nombre de gens qui achètent avant même de lancer son truc oui.



Mais filer des €€€ contre une gentille citation dans les crédits, lol.



L’avantage de ces méthodes c’est de pouvoir investir de petites sommes dans des projets que l’on choisit. Du coup, on cibles les régions/secteurs, etc. qui nous intéressent.



Et le fait de mentionner la prise de capital d’entreprise de presse avec les avantages fiscaux, c’est juste pour l’info ou c’est aussi un appel déguisé ?


Sur le principe oui, mais certain projet dans le lots me font penser ça.


Idem, autant je ne suis pas un requin dans l’âme, autant je ne suis pas non plus à filer du fric comme ça juste pour la beauté du geste. Alors oui pour aider une entreprise, un entrepreneur à lancer son activité mais comme je prends un risque, je veux des parts ou au pire un retour sur investissement.


Pour info, vu qu’on a déjà parlé du sujet ici (oui parce que l’on est pas la seule entreprise de presse de la terre et que parfois on pense aussi aux autres ;)) et que ça rentre dans le cadre du financement par des particuliers vers des entreprises. On a pas vocation à ouvrir le capital plus qu’actuellement, et si un jour c’est le cas, on aura pas besoin de prétexte pour en parler ouvertement.


Si qqn veut prêter à une entreprise, il en prend UNE action et réalise un prêt d’actionnaire.



&nbsp;Je ne comprends pas bien la différence entre tous ces dispositifs “participatifs” et du financement traditionnel, qu’il soit en actions ou en obligations.



Pour les petits projets, c’est le moyen de trouver des liquidités sans prêt bancaire, et sans donner de voix au chapitre à d’éventuels actionnaires, ok. Mais pour le particulier, quel intérêt par rapport à une bonne vieille SICAV, à part la possibilité de tout perdre si le projet financé s’écroule ?



En fait celui qui y gagne le plus, c’est l’intermédiaire qui se sucre au passage sans porter de risque.


J’aime bien l’image illustrant l’article :





  • dans un sens, des pièces de monnaies qui font monter des pousses, mais cela ne signifie pas que la jeune pousse la plus élevée ait grandi pour autant. Ou dit autrement, l’argent ne se mange pas, l’argent ne fait pas le succès, l’argent ne fait pas tout, etc.

  • dans un autre sens, des petites sommes (représentées par des pièces) qui s’accumulent pour faire grandir des colonnes de monnaies (représentant des “valeurs” de financement collaboratif de projets).




Ce qui est gênant avec les plateformes du type Lendopolis, c’est que le risque est entièrement assumé par les particuliers…


exactement, l’intérêt des plateformes crowdfunding est de s’assurer une rémunération (frais de gestion, service de “tiers de confiance”) sur des petites sommes dans la relation contributeurs / porteurs de projets. Et surtout, d’apporter une sorte de dilution du risque de non-remboursement (prêt) quand ce n’est pas un don motivé par un emballement de foule (les mêmes mouvements de foules qu’on voit d’ordinaire dans les opérations commerciales comme les soldes ou les ventes flash avec un sentiment d’obtenir un privilège comme dans les plateformes de ventes privées).



On appellera ça de la générosité, de la solidarité, de l’amour du risque, etc. Toujours est-il que le banquier et la plateforme web de crowdfunding se débarrasse cyniquement (mais c’est leur métier) du risque sur la foule (même si le particulier n’engage que de petites sommes et qu’il agit de son propre chef).


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