Ulule nous parle d'Okpal, sa dernière arme dans le financement participatif

Ulule nous parle d’Okpal, sa dernière arme dans le financement participatif

Un pas mais pas plus

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Guénaël Pépin

Publié dans

Internet

28/06/2016
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Ulule nous parle d'Okpal, sa dernière arme dans le financement participatif

Le service de financement participatif Ulule a ouvert Okpal, un site de collecte d'argent en ligne, sans contreparties. Une diversification pour l'entreprise, qui doit faire face à une concurrence importante sur ce nouveau segment.

La semaine dernière, Ulule lançait Okpal, un nouveau service de collecte de fonds sans contreparties. Une nouvelle corde à l'arc du service de financement participatif français, qui entre sur le terrain de concurrents nombreux, au premier rang desquels on compte par exemple Leetchi ou Le Pot commun.

« Plus que d'entrer en concurrence avec des services existants, l'intérêt d'Okpal est de répondre à un besoin identifié chez nos utilisateurs » affirme Mathieu Maire du Poset, directeur général adjoint d'Ulule. La société, qui promeut une création de campagne en moins de deux minutes avec Okpal, propose entre autres ce service pour des créateurs de campagne refusés sur Ulule. « On a toujours identifié le fait qu'un grand nombre de projets qui nous étaient adressés n'avaient pas vocation à être portés sur une plateforme comme Ulule » qui impose de créer une campagne complète (avec objectifs précis, visuels, contreparties...) avec une portée créative ou innovante, explique-t-il encore.

La concurrence existe pourtant bel et bien, et de prime abord, Okpal présente certains défauts face à elle, comme une commission plus élevée qu'ailleurs. Ulule veut d'ailleurs rester prudent dans ses aventures, après ce premier pas en dehors des du financement participatif classique.

Simplifier les campagnes de collecte de fonds

En développement depuis novembre, le site se veut très simple : un formulaire minimaliste en page d'accueil et un processus de création en quelques pages. Il n'est pas question de présenter l'ensemble des projets déjà hébergés ou d'expliquer longuement la démarche du service. Le but est bien de faciliter la création de nouvelles campagnes. Tout juste un moteur de recherche est disponible dans un coin, pour rechercher une collecte précise.

Cela tranche avec certains concurrents, qui s'adressent autant aux créateurs de campagne qu'aux financeurs en page d'accueil. Sur Okpal, ce sont aux initiateurs des campagnes d'attirer eux-mêmes les financeurs. « C'est vraiment un service qui vise la viralité. Les gens arrivent directement sur une collecte si elle a été partagée dans leur entourage, par mail, sur les réseaux sociaux, etc. Ce n'est pas un service qui a vocation à promouvoir ses projets de façon publique » explique Mathieu Maire du Poset.

Lors de la phase de test, de la mi-avril au lancement la semaine dernière, 95 % des campagnes ont été montées par des utilisateurs d'Ulule redirigées par les équipes du site, qui accompagnent les projets. Sur le long terme, Okpal a d'ailleurs vocation à accueillir des campagnes refusées sur le site de crowdfunding... en plus des clients venus pour Okpal lui-même. Dans l'autre sens, il n'est pas prévu de transférer des projets d'Okpal vers Ulule.

Une commission plus élevée qu'ailleurs en France

En attendant, Okpal affiche une commission de 4,17 % hors taxes sur les sommes récoltées, alors que la concurrence affiche plutôt des taux allant de 2,9 % à 3,9 %. Pour Mathieu Maire du Poset, ce problème n'en est pas un.  « Les services qui annoncent moins ont le plus souvent une commission et des frais de transaction, ce qui au final revient souvent un peu plus cher que 5 % TTC » affirme le responsable d'Ulule.

Aussi, les taux affichés par les plateformes étrangères seraient plus de l'ordre de 5 %, ce qu'affiche Gofundme par exemple (en plus de la facturation par le prestataire de paiement). « Il nous a semblé que dans l'univers de concurrence international c'était le juste prix pour ce type de service en ligne avec des collectes à dimension grand public, assez différentes au final des cagnottes privées » d'où viennent des acteurs comme Leetchi.

En parlant de l'étranger, le site doit s'ouvrir à de nouvelles langues entre la fin de l'année et début 2017, alors qu'il s'affiche actuellement en français et en anglais. Cela même si la communication vise principalement la France pour le moment. « Traduire Okpal sera a priori plus simple que pour Ulule, parce que le service en lui-même est beaucoup plus simple à opérer » déclare l'entreprise. Elle n'a notamment pas à se soucier de trouver de former un service client dédié, comme elle en dispose sur Ulule. Pour référence, les deux tiers de l'activité d'Ulule est francophone.

Pas d'objectif affiché pour un nouveau produit

Dans les prochains mois, Ulule compte se concentrer sur l'amélioration de l'expérience utilisateur et la fluidité du parcours du client. Techniquement, le site dispose de bases communes avec Ulule, en pouvant entre autres reprendre les informations du compte client sur le site de financement. Il dispose d'une API commune avec le site principal, pour intégrer facilement les services de paiement déjà présents.

Malgré l'investissement, l'entreprise n'affiche pas d'objectif financier ou d'utilisateurs pour le moment. Pour l'instant, le mot d'ordre est d'offrir un nouveau service aux clients actuels d'Ulule que le service dirigeait vers la concurrence. Si le service a déjà légèrement évolué pendant la bêta, il doit donc encore s'affiner dans les prochaines semaines, au fil des retours des premiers utilisateurs depuis le lancement commercial. Un premier bilan pourrait ainsi avoir lieu à la rentrée.

Pas de plateforme de prêt et d'investissement en vue

Avec cette extension, il pouvait être à attendre qu'Ulule envisage de se lancer dans d'autres domaines. Pour mémoire, KissKissBankBank a récemment reçu un large investissement de la part d'Orange, pour l'aider à se développer à l'étranger et dans d'autres secteurs. L'entreprise vise entre autres le prêt solidaire avec hellomerci et les prêts de particuliers aux entreprises (crowdlending) avec Lendopolis. KissKissBank nous expliquait que son activité principale, le financement participatif, devrait ainsi devenir secondaire dans son chiffre d'affaires.

Interrogé à ce propos, Ulule indique ne pas suivre cette voie. « On n'a pas du tout prévu d'aller sur le prêt ou l'equity. C'est une question qu'on nous pose depuis très longtemps » affirme Mathieu Maire du Poset. « Même si tout cela fait partie de la grande famille du crowdfunding, la réalité du métier est assez différente. [Avec Okpal], on va sur un outil qui n'est pas très éloigné de ce qu'on fait, mais qui répond à une autre problématique de nos utilisateurs » poursuit-il.

Pour Ulule, les principaux acteurs du marché en sont spécialistes, et l'entreprise n'aurait vocation à leur faire concurrence, ayant déjà assez à faire dans son propre domaine. Rendez-vous donc dans les prochains mois pour voir comment évolue Okpal et les plans d'Ulule à son sujet.

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Écrit par Guénaël Pépin

Tiens, en parlant de ça :

Sommaire de l'article

Introduction

Simplifier les campagnes de collecte de fonds

Une commission plus élevée qu'ailleurs en France

Pas d'objectif affiché pour un nouveau produit

Pas de plateforme de prêt et d'investissement en vue

Commentaires (15)


garn Abonné
Le 28/06/2016 à 13h 27

Bienvenue sur arnaque.org

“Svp mon chat est malade, et l’opération coute 100000 euros. Regardez la photo de ce chaton adorable”



internet : OMG UN CHAT, JE DONNE



Et après, croiser un sdf dans le métro et lui marcher dessus <img data-src=" />





je ne doute pas du bien fondé du truc mais c’est aussi ouvert à pas mal de dérives… Surtout quand, de base, on t’explique que le service vise “la viralité” : depuis quand un truc viral est réfléchi & efficace ?



On saura jamais ou ira la thune, j’ai vu mieux. Je prèfere encore payer mes impots, tiens <img data-src=" />


Sheepux Abonné
Le 28/06/2016 à 13h 36

Houla, t’es parti loins là.



Je vois plus des projets du genre: collecte pour le cadeau de tata suzane.


«&nbsp;Donnez donnez dodo-onnez

Donnez donnez moi

Donnez donnez dodo-onnez

Dieu vous le rendra

&nbsp;

Alors laissez-moi vous dire la générosité

C’est une larme de sourire à partager

Je n’ai pas envie d’apprendre pour qui et pourquoi

Je n’ai pas de compte à rendre, écoutez-moi

Dans toute la ville on m’appelle le mendiant de l’amour

Moi je chante pour ceux qui m’aime et je serai toujours le même

Il n’y a pas de honte à être un mendiant de l’amour

Moi je chante sous vos fenêtres chaque jour

&nbsp;

Donnez donnez dodo-onnez

Donnez donnez moi&nbsp;»

&nbsp;

“Le mendiant de l’amour” Mr Enrico Macias


garn Abonné
Le 28/06/2016 à 13h 51

y a déja un paquet d’arnaques qui existent, donc oui je pense aux truc genre dons pour aider les victimes de terrorisme / catastrophes naturelles



Et malheureusement, y aura plus de vautours qui vont jouer sur l’empathie des gens (qui, eux, n’iront jamais vérifier ou vont leur thune, ils auront la conscience tranquille) que de véritables aides. Parceque ca se fait pas comme ca, avoir la thune c’est bien, la transformer en quelque chose de viable c’est autre chose





(je suis sur qu’on peut tricher avec le cadeau de tata suzane en cherchant bien <img data-src=" />)


jelus Abonné
Le 28/06/2016 à 13h 59

Service de traduction disponible entre fin 2016 et début 2017 : à minuit à la saint sylvestre ?! :-)


Le 28/06/2016 à 14h 05

J’ai quand même beaucoup de mal à voir la valeur d’un tel service sauf le côté financier bien sûr. Mais c’est là le problème, c’est bien tout ce que je vois…

Un service de collecte sans contreparties, donc sans responsabilité?


C’est une cagnotte, une caisse de communauté en quelque sorte. Par exemples, tu veux faire un cadeau commun à une personne pour son anniversaire ou son départ à la retraite - tu organises une fêtes des voisins dans ton immeuble - etc.



Ce ne sont pas des projets qui ont besoin d’une campagne de communication commerciale, ce sont plutôt des cagnottes événementielles, un moyen de faire la quête sans objectif très précis.



Est-ce que c’est véritablement utile ou pratique ? Personnellement, je ne sais pas. Peut-être que ça peut permettre de toucher plus de personnes, en complément du contact physique, des billets/chèques qu’on peut se donner de la main à la main.


Le 28/06/2016 à 14h 32

Ah, merci d’avoir précisé, en effet, je comparais ça aux autres services. Je comprends mieux l’intérêt du service.


D’après moi, les gros inconvénients d’une plateforme web de crowdfunding comme OKpal sont :





  • inscription obligatoire à une plateforme web : pour participer à une quête, autant donner un chèque ou un billet accepté par toutes les institutions bancaires (interbancarité).

  • la commission, les frais bancaires : on paie sa banque pour ça, inutile de payer un nouvel intermédiaire financier (même paypal ne fait plus payer les acheteurs)

  • il faut fournir un lien web : je verrais mal quelqu’un me demander d’aller sur site web pour que je le paie. Pour donner un contre-exemple, je vais sur le site de ma banque en ligne pour faire des virements bancaires parce que c’est simple et rapide d’ajouter un bénéficiaire et de faire un virement dans la foulée (un “coucou” <img data-src=" />&nbsp;à La Banque postale qui demande 48H pour accepter un nouveau bénéficiaire et qui demande aléatoirement l’inscription d’un code reçu par SMS pour faire un virement).




garn Abonné
Le 28/06/2016 à 14h 42

ouais enfin on est bien d’accord ca reste du financement participatif, donc visible à tous? Pas de limite / habilitation, c’est pas un doodle mais un kickstarter sans contrepartie



alors oui techniquement on peut lancer la fête des voisins et envoyer le lien à tout le monde (et se manger 5% de com’) dans la ville de Montcuq. Et ca sera visible par les gars de Monqul qui, un peu bourrés, auront mal orthographié leur ville et donné pour celle d’a coté



chuis ptete méfiant mais je pense pas que ce soit les petites campagnes qui poseront problème, quand le site vise la “viralité”, je suis pas certain que l’objectif ca soit le pot de départ de tonton fifi : c’est ouvert à tout et n’importe quoi (donc aux dérives)



garn Abonné
Le 28/06/2016 à 14h 47







joma74fr a écrit :



[*]inscription obligatoire à une plateforme web : pour participer à une quête, autant donner un chèque ou un billet accepté par toutes les institutions bancaires (interbancarité).







blanchiement d’argent. Obligatoire.







joma74fr a écrit :



[*]la commission, les frais bancaires : on paie sa banque pour ça, inutile de payer un nouvel intermédiaire financier (même paypal ne fait plus payer les acheteurs)







ouaip, mais rien n’est gratuit en ce bas monde, et rien ne rapporte autant que les parcours purement financiers (garder des liquidités et les faire fructifier avant de les rendre, prendre un % pour assurer simplement un réseau sans contreparties si ce n’est quelques assurances…. )



Normal que de plus en plus de monde essaye de s’engouffrer dans la brèche c’est autremement plus rentable, et pratiquement sans risques, qu’une activité commerciale physique









joma74fr a écrit :



[*]il faut fournir un lien web : je verrais mal quelqu’un me demander d’aller sur site web pour que je le paie. Pour donner un contre-exemple, je vais sur le site de ma banque en ligne pour faire des virements bancaires parce que c’est simple et rapide d’ajouter un bénéficiaire et de faire un virement dans la foulée (un “coucou” <img data-src=" /> à La Banque postale qui demande 48H pour accepter un nouveau bénéficiaire et qui demande aléatoirement l’inscription d’un code reçu par SMS pour faire un virement).







pour ca qu’ils “rassurent” par leur écosystème : vu qu’ils gèrent déja ulule, c’est “forcément” sécurisé d’aller payer la bas <img data-src=" />



Le 28/06/2016 à 16h 34







joma74fr a écrit :



… (un “coucou” <img data-src=" />&nbsp;à La Banque postale qui demande 48H pour accepter un nouveau bénéficiaire et qui demande aléatoirement l’inscription d’un code reçu par SMS pour faire un virement).

&nbsp;



Je crois que c’est toutes les banques qui demande 48 h c’est pareil pour moi à la Caisse d’Épargne. c’est pour que TRACFIN puisse vérifié que tu ne blanchis &nbsp;pas de l’argent .. sale



J’ai un compte au Crédit coopératif (BPCE - Banques populaires) et l’ajout d’un bénéficiaire est instantané (idem avec ING Direct).



Le délai de 48H constitue seulement une façon ubuesque pour la banque de se protéger de la fraude en ligne.&nbsp;


jelus Abonné
Le 29/06/2016 à 20h 10







joma74fr a écrit :



Pour donner un contre-exemple, je vais sur le site de ma banque en ligne pour faire des virements bancaires parce que c’est simple et rapide d’ajouter un bénéficiaire et de faire un virement dans la foulée (un “coucou” <img data-src=" />&nbsp;à La Banque postale qui demande 48H pour accepter un nouveau bénéficiaire et qui demande aléatoirement l’inscription d’un code reçu par SMS pour faire un virement).



Sans parlé des commissions bancaires pour virement vers un compte en dehors du réseau Banque Postale, du coup j’ai ouvert un compte sur une banque en ligne.



Le 30/06/2016 à 13h 02

Credit mutuel aucun problème, tu enregistre un nouveau bénéficiaire et si tu réussi les 2 étapes de sécurité tu peux faire un virement direct.



TRACFIN lui n’intervient que lorsque des mouvements “anormaux” sont signalé par le banquier ou détecté.