Publié dans DroitSécurité

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Une centaine d’ONG dénonce l’expansion du fichier paneuropéen biométrique EURODAC

Un tiroir montrant de nombreuses fiches voire fichiersPhoto de Maksym Kaharlytskyi sur Unsplash

Une centaine d'ONG (dont Access Now, AlgorithmWatch, Bits of Freedom, le Chaos Computer Club, EDRi, la LDH, Privacy International, Statewatch) réclament la « fin de l'expansion » d'EURODAC (pour « European Dactyloscopy Database »). Il s’agit du « système informatique à grande échelle qui aide à la gestion des demandes d'asile européennes depuis 2003, en stockant et en traitant les empreintes digitales numérisées des demandeurs d'asile et des migrants irréguliers entrés dans un pays européen ».

Elles estiment que « les frontières (numériques) de l'Europe doivent tomber ». Elles déplorent que ce fichier paneuropéen, qui dénombre les empreintes digitales de plus de 6,5 millions de personnes (vs 2,7 millions en 2014 d'après la CNIL, qui n'a pas mis à jour sa fiche relative à son sujet depuis 2016) « est en train de se transformer en un outil de surveillance étendu et violent qui traitera les personnes en quête de protection comme des suspects de crime, y compris des enfants de six ans dont les empreintes digitales et les images faciales seront intégrées dans la base de données ».

Les ONG regrettent que, « concrètement, EURODAC collecterait un grand nombre de données personnelles (photographies, copies de documents de voyage et d’identité, etc.) sur un éventail plus large de personnes : celles qui sont réinstallées, relocalisées, débarquées à la suite d’opérations de recherche et de sauvetage et arrêtées aux frontières ou à l’intérieur des territoires nationaux ».

Elles dénoncent en outre que la refonte d’EURODAC « facilitera également sa connexion à d’autres bases de données européennes existantes sur les migrations et celles de la police, dans le cadre de l’initiative dite d'”interopérabilité” […], ce qui entraînera une augmentation du profilage racial ».

Elles s’attendent en outre à ce qu’EURODAC facilite « les refoulements illégaux et le contrôle excessif de l’aide humanitaire », et qualifient cette réforme de « violation flagrante du droit de demander une protection internationale, un amalgame effrayant entre migration et criminalité et un instrument de surveillance incontrôlable ».

Elles estiment que cette réforme « est incompatible avec les droits fondamentaux et sapera les cadres de protection et les droits des personnes en déplacement », et s'inquiètent également du fait que l’ « extrême droite anticipe déjà la prochaine étape, en demandant la collecte d’ADN ».

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Commentaires (4)


potn Abonné
Le 06/12/2023 à 18h 37
Réduire les aides à ceux qui en ont besoin ne serait-il pas une "bonne technique" pour les pousser à la délinquance ou à la criminalité ?
Modifié le 06/12/2023 à 18h38
TroudhuK Abonné
Le 07/12/2023 à 00h 26
Tu vois beaucoup d'agriculteurs délinquants et criminels ?
potn Abonné
Le 07/12/2023 à 11h 16

TroudhuK

Tu vois beaucoup d'agriculteurs délinquants et criminels ?
Je vois absolument pas le rapport : c'est pas la même population qui est visée, là...
Le 08/12/2023 à 20h 42
« extrême droite anticipe déjà la prochaine étape, en demandant la collecte d’ADN »

Le doute est levé sur le penchant politique de ses ONG ha ha.