Ablation, ablitération : c’est quoi cette technique pour « débrider » les IA génératives ?
Sans foi ni poids
Illustration : Flock
Le 18 septembre à 15h02
Ablitérer un modèle de langage permet de supprimer une (plus ou moins grande) partie des protections contre des demandes qu’il juge déplacées, dangereuses ou malveillantes. Mais comment ça fonctionne exactement ? Quelles sont les conséquences ? Next vous explique.
Ablation, ablitération : c’est quoi cette technique pour « débrider » les IA génératives ?
Sans foi ni poids
Illustration : Flock
Ablitérer un modèle de langage permet de supprimer une (plus ou moins grande) partie des protections contre des demandes qu’il juge déplacées, dangereuses ou malveillantes. Mais comment ça fonctionne exactement ? Quelles sont les conséquences ? Next vous explique.
IA et algorithmes
IA
9 min
L’entraînement des IA génératives se fait en plusieurs étapes. La première consiste à lui donner des tonnes de documents et données à ingurgiter ; typiquement les modèles récents sont entrainés sur l’intégralité du web.
Cette phase permet d’ajuster les centaines de milliards de paramètres (ou poids) des neurones. Pour schématiser à l’extrême, plus il y a de paramètres, plus le modèle peut emmagasiner de connaissances, et plus il devient performant. C’est le principe de fonctionnement dans les grandes lignes des grands modèles de langage (LLM).
Fine-tuning et alignement, vous avez les bases ?
Il y a ensuite une phase de fine-tuning et d’alignement, ce sont les derniers réglages en fin de parcours. Les modèles sont soumis à des exemples de comportements acceptables et d’autres non. Il s’agit de séparer dans les prompts et les réponses l’intention et le contexte.
Par exemple, se renseigner sur le chlore et ses effets néfastes est acceptable, donner une recette pour produire un gaz mortel, non. Demander comment se protéger d’une cyberattaque est acceptable, demander un tuto pour en créer une ne l’est pas. Les mots peuvent être les mêmes, pas l’intention ; c’est ce que les IA génératives doivent distinguer.
Les modèles d’intelligence artificielle sont donc ajustés après leur entrainement, là encore via une adaptation des poids des neurones. Comme nous venons de l’expliquer, il ne s’agit pas d’apporter un refus explicite de type oui ou non, mais plutôt une sorte de vecteur qui traverse toutes les couches du modèle, comme l’expliquaient des chercheurs en 2024. Est-ce que la question et/ou la réponse sortent du cadre ? Si le risque estimé dépasse un certain seuil, alors le modèle refusera de répondre.
Lorsqu’un utilisateur pose une question à un modèle, le chemin peut ressembler à cela : le prompt est envoyé à un autre modèle ou un classificateur pour détecter les risques. Shieldstral de Mistral par exemple, peut servir de classificateur (un algorithme de machine learning qui attribue automatiquement une étiquette ou une catégorie à des données d’entrée).
Le prompt, s’il n’est pas recalé, passe ensuite dans le cœur du LLM (qui a lui-même des protections internes via son alignement), puis une nouvelle détection des risques est réalisée sur la réponse avant qu’elle soit transmise à l’utilisateur. Cela dépend du harnais de l’intelligence artificielle générative – le modèle et tout ce qui l’entoure pour son bon fonctionnement –, une notion sur laquelle nous reviendrons prochainement.
Suivant les cas, cela peut concerner la fabrication d’armes ou de substances chimiques, la santé (automutilation), la fraude, les cyberattaques, la création de malwares, etc. Mais, est-il possible de contourner les protections ?
Oui, avec trois grandes familles que nous allons détailler. La première, le jailbreak : on ne touche à rien sur le modèle, on ajuste le prompt pour ne pas éveiller des soupçons. La deuxième, l’ablitération : on modifie le modèle de manière ciblée pour qu’il perde ses inhibitions. La dernière, plus lourde, consiste à réentraîner le modèle sur des données sans notion de refus.
Contourner les refus de ChatGPT, uniquement par le prompt
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Commentaires (25)
Le 18 septembre à 15h10
Le 18 septembre à 15h42
Modifié le 18 septembre à 17h54
Je profite de l'occasion, puisqu'on parle de photo : je vais bientôt être contraint de mettre une photo sur mon profil professionnel. J'étais tenté d'utiliser des outils pour tromper l'IA (ceux qui ajoutent du bruit imperceptible, Next en avait parlé l'année dernière), pour éviter que ma photo finisse sur le net et entraîne à son tour l'IA.
Du coup :
J'avais fait des recherches sur la sécurité mais j'ai rien trouvé de probant.
Le 18 septembre à 19h16
Le 18 septembre à 19h25
Modifié le 18 septembre à 20h02
C'est juste que ça m'emmerde de le faire et changer d'employeur juste pour une photo ...
Le 19 septembre à 08h58
J’ai beau chercher, je ne vois pas, même en considérant « des raisons de sécurité » ?
Question subsidiaire : les recommandations sont « si vous avez un compte, mettez la photo » ou « ayez un compte et mettez la photo » ?
Le 19 septembre à 11h49
Toute personne a sur son image un droit exclusif et absolu et peut s'opposer à son utilisation.
Le 19 septembre à 12h30
Une photo sur une carte professionnelle par exemple afin de vérifier que c'est bien la bonne personne qui se présente me semble justifié. Ça pourrait être un cas d'intérêt légitime. Ça peut être pour accéder à des zones sécurisées ou chez des clients par exemple.
Demander à une personne qu'il y ait une photo sur son profil LinkedIn me semble contraire au RGPD en particulier parce que ce n'est pas l'employeur qui est le responsable de traitement dans ce cas là et qu'il ne maîtrise donc pas ce qui en est fait. Le fait que l'accès est public renforce la problématique.
Par contre, ton lien qui vise un cas précis d'annuaire du personnel n'est pas approprié ici.
Néanmoins, j'aimerais bien savoir ce que pense la CNIL d'un tel cas : @Arcy soumet leur le problème après avoir contesté la demande auprès de ton employeur en t'appuyant sur le RGPD et qu'il n'est pas le responsable de traitement dans le cas des photos qui sont sur ce site.
Modifié le 19 septembre à 13h10
Le badge est, quant à lui, une finalité portée par le contrat de travail et l'obligation de se plier aux exigences de sécurité de l'entreprise, notamment de l'identification du personnel dans les locaux.
Un profil Linkedin est par définition un profil personnel (bien qu'il expose sa carrière professionnelle), parce qu'on le créé rarement sous l'impulsion de son employeur.
Autre cas où j'ai dit non à titre perso, lui aussi invoqué par "raison de sécurités" (à cause des réunions visio infiltrées) : demande d'avoir la webcam ouverte. Moi c'est non, ils n'ont pas à m'obliger à le faire et à faire traiter mes données biométriques par Microsoft.
Modifié le 19 septembre à 13h40
La justification serait, comme pour le badge, liée à l'identification du personnel dans les locaux.
(après, un badge avec notre photo serait tellement plus simple mais bon)
Le 19 septembre à 13h43
Le 19 septembre à 13h48
Le 19 septembre à 20h04
Le 19 septembre à 20h53
Le 21 septembre à 08h42
Mais bien sûr, pas dans la salle de pause.
Le 21 septembre à 09h48
Y a-t-il eu une analyse d'impact relative à la protection des données ?
Avez-vous été informés de ce traitement ?
https://www.cnil.fr/fr/acces-locaux-controle-des-horaires-au-travail
Le 21 septembre à 10h02
Mais dans les cas où tout serait dans les clous, il me semble envisageable qu'un couplage entre la caméra et l'annuaire d'entreprise soit "légitime" pour sécuriser le bâtiment. Après, que ce soit proportionnel et légal, c'est une autre histoire.
Le 21 septembre à 10h25
Le 21 septembre à 10h33
On peut tout à fait envisager de faire quelque chose, puis abandonner cette idée au regard des contraintes extérieures.
Mais là, on est en train d'avoir une discussion un peu trop "méta" selon moi.
J'envisageais juste que le besoin de la boite de Arcy soit de lier les caméras de surveillance avec une source de visages connus. Autant dire que c'est d'une fiabilité toute relative. ^^
Le 21 septembre à 18h26
Car on parle souvent évidemment des projets, des horaires, du télétravail... mais toutes les petites conditions comme ça (badges, "sécurité", PC verrouillés, vidéosurveillance y compris par IA) sont rarement abordé , et quand on arrive, on se sens pas forcément la légitimité pour remettre en cause des choses qui sont des irritants, voire des nuisances au quotidien mais que tout le monde accepte comme un fait.
Le 21 septembre à 19h01
Ah mais non, il faudrait la payer…
Le 19 septembre à 13h49
Le 19 septembre à 20h34
Après, la difficulté ça va être de trouver :
1) un modèle qui fait ça correctement (comment tester que l'image générée n'est pas utilisable par une IA ?)
2) comment l'interfacer pour s'en servir (avec ComfyUI, un script pyhton, ou autre)
P.S : j'ai posé la question à Perplexity, qui me parle de Glaze, Nightshade, Fawkes ou Mist. Fawkes serait plus adaptés à des images personnelles, les autres plus pour protéger des œuvres artistiques. Mais cette "protection" ne ciblerait que certains modèles d'entrainement, donc la manip ne serait pas efficace à 100%, et certains outils permettraient de faire sauter cette protection.
Je n'ai pas creusé la question plus que ça (pas le temps en ce moment), mais si tu trouves des trucs fiables, l'info m'intéresse, notamment pour "protéger" mes photos que je peux envoyer sur le net.
Modifié le 22 septembre à 19h46
à voir s'il fonctionne pour d'autres modeles :)
ca donne ça:
à utiliser à vos risques et périls comme on dit..
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