noyb accuse LinkedIn de vendre l’accès à des infos qu’il devrait donner gratuitement
L'abo LinkedIn Premium sabordé au nom du RGPD ?
Illustration : Flock
Le 05 mai à 11h49
L’association noyb a déposé plainte contre LinkedIn auprès de l’autorité autrichienne de protection des données. Elle constate que le réseau social refuse de communiquer gratuitement la liste des personnes ayant visité le profil d’un utilisateur au nom de l’article 15 du RGPD, alors que ces informations sont accessibles dans le cadre de l’abonnement LinkedIn Premium.
noyb accuse LinkedIn de vendre l’accès à des infos qu’il devrait donner gratuitement
L'abo LinkedIn Premium sabordé au nom du RGPD ?
Illustration : Flock
L’association noyb a déposé plainte contre LinkedIn auprès de l’autorité autrichienne de protection des données. Elle constate que le réseau social refuse de communiquer gratuitement la liste des personnes ayant visité le profil d’un utilisateur au nom de l’article 15 du RGPD, alors que ces informations sont accessibles dans le cadre de l’abonnement LinkedIn Premium.
Droit
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4 min
« 270 personnes ont consulté votre profil au cours des 90 derniers jours », affiche LinkedIn, après clic sur une notification signalant la visite d’un « recruteur » et de trois autres personnes. Problème : le réseau social ne donne que des indices succincts sur le profil des curieux en question. Pour savoir qui ils sont vraiment, la plateforme invite, ou plutôt incite, à souscrire son abonnement payant : « Développez votre carrière ou votre entreprise avec Premium. Accédez à la liste complète maintenant ».
Deux poids deux mesures ?
L’accès à ces données ne devrait-il pas être concédé gratuitement sur demande de l’utilisateur ? C’est l’hypothèse soulevée par l’association de défense de la vie privée noyb (none of your business), dans une plainte (PDF en allemand) déposée mardi 5 mai devant l’autorité autrichienne de protection des données, la DSB. Elle y invoque l’article 15 du RGPD, celui qui dispose qu’un internaute est en droit d’accéder aux données personnelles le concernant, sur demande, auprès d’un responsable de traitement.
Dans le détail, l’association explique représenter un internaute qui a tenté d’obtenir, auprès de LinkedIn, la liste des personnes ayant visité son profil. Pour ce faire, l’utilisateur a d’abord utilisé les fonctions de téléchargement des données personnelles mises à disposition par la plateforme. À défaut d’y avoir trouvé les visiteurs de son profil, il a ensuite sollicité directement le réseau social via son formulaire de contact, et se serait vu opposer une fin de non-recevoir.
Après relance, LinkedIn aurait répondu au plaignant ne pas être tenu de mettre à disposition les données relatives aux personnes ayant consulté son profil, dans la mesure où ce ne sont pas ses propres informations personnelles, mais celles d’autres membres.
Autrement dit, le réseau social ne pourrait pas communiquer ces informations dans la mesure où elles concernent d’autres utilisateurs. Mais dans le même temps, son abonnement payant permet de faire sauter cette barrière.
Pour noyb, LinkedIn entretient à ce niveau un double discours difficilement tenable. « Il est clair que si ces données sont affichées dans le cadre d’un abonnement Premium, elles devraient également être accessibles sur demande, conformément à l’article 15 du RGPD », résume l’association dans un communiqué.
L’article 15 mentionne explicitement les « destinataires »
Pour justifier cette position, elle s’appuie notamment sur l’alinéa c) du paragraphe 1 de l’article 15, qui dispose que cette obligation de correspondance englobe « les destinataires » auxquels les données personnelles ont été communiquées. Elle rappelle par ailleurs que cette lecture du règlement a été confirmée par une décision de la CJUE faisant jurisprudence.
Elle fait enfin valoir que LinkedIn offre, au niveau du profil, une option permettant de visiter de façon anonyme la page d’autres utilisateurs du réseau : ceux qui n’activent pas cette option acceptent donc, selon noyb, d’être perçus comme destinataires, ce qui écarterait donc le risque d’une atteinte aux droits et libertés d’autrui telle que prévue par le point 4 de l’article 15.
Sur la base de ces éléments, noyb demande à la CNIL autrichienne de donner suite à la demande d’accès formulée par le plaignant, mais aussi de prononcer une amende dissuasive à l’encontre de LinkedIn. « La protection des droits et libertés d’autrui peut effectivement justifier la non-divulgation de données personnelles partagées. Toutefois, si une entreprise a obtenu le consentement requis et se montre clairement disposée à mettre ces mêmes données à disposition moyennant paiement, cet argument ne tient plus », résume Martin Baumann, l’avocat de noyb.
LinkedIn et sa maison-mère, Microsoft, n’ont pour l’instant pas réagi publiquement.
Commentaires (15)
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Abonnez-vousLe 5 mai à 12h30
Modifié le 5 mai à 13h03
Le 5 mai à 14h58
Le 5 mai à 15h25
Le 5 mai à 15h54
Le 5 mai à 15h59
Mais comme je lis régulièrement le RGPD, je sais comment il est construit.
Le 5 mai à 13h05
Le 5 mai à 13h22
Le 5 mai à 13h50
Le 5 mai à 14h40
Il ira loin ce petit, c'est moi qui vous le dit.
Le 5 mai à 16h42
Je leur ai demandé de me fournir cette liste. On m'a répondu qu'il fallait activé les services personnalisés car c'est ainsi que mon consentement explicite est recueilli. Sans cette activation, Doctolib n'est que "sous-traitant" (et non responsable de traitement, si on les a activé), les professionnels de santé gérant les rdvs sont les responsables de traitement.
J'ai déposé une plainte à la CNIL depuis des mois, qui finira clôturée "on a fait les gros yeux" comme les autres.
Les services de NOYB sont accessibles aux français pour un service en France ?
Le 5 mai à 16h48
Le 5 mai à 16h54
Il faut donc demander à chacun des responsables de traitement et espérer qu'ils ont gardé l'info. Ils ont peu de raison de garder l'info longtemps après le jour du rendez-vous s'il respectent le principe de minimisation des données.
Le 5 mai à 16h54
Modifié le 6 mai à 12h15
Contrairement aux gens sur LinkedIn.
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